Sens dessus dessous 7 : avril 2015 septembre 2015

Au fond du trou, tout au fond !

le changement climatique en Saône et Loire : sécheresse

Le car et la route contre le train

août 2015

« Crise du porc » : les productivistes sortent du bois

juillet 2015

Cavanna, le documentaire de Denis et Nina Robert

La grande distribution écrase les campagnes, maximalise la souffrance animale et tire la bouffe vers le bas

Grèce : le totalitarisme économique ne se sent plus

juin 2015

La sixième extinction de masse est en cours

Préserver la biodiversité au vignoble : le projet Life+ BioDiVine en Bourgogne

Réaction aux naufrages des commerces de proximité face à la grande distribution

Le Pape François dans les pas des écologistes

L’effondrement biologique s’accélère (suite)

mai 2015

Paul FRANCOIS contre MONSANTO

Déni de l’eau, de ses biotopes et des inondations

septembre 2015

Blanchiment du diesel : c’est raté !

La triche industrielle : combien de victimes ?

Mais cela n’est jamais qu’une répétition…

En 1998, l’administration étasunienne EPA a déjà condamné 7 constructeurs pour les mêmes faits sur les moteurs diesel de véhicules lourds. Il s’agissait déjà de logiciels anti-tests de pollution !

Volkswagen’s current diesel disaster is not the first time the Environmental Protection Agency has discovered that a vehicle manufacturer had been cheating on their diesel emissions tests. Here’s how the U.S. government won $1 billion from diesel cheaters nearly two decades ago.

7 constructeurs reconnus coupables d’avoir…

“equipped with devices that defeat the engines’ emissions control system, resulting in the emission of illegal amounts of oxides of nitrogen.”

Caterpillar, Inc.,

Cummins Engine Company,

Detroit Diesel Corporation,

Mack Trucks, Inc.,

Navistar International Transportation Corporation,

Renault Vehicules Industriels, s.a.,

Volvo Truck Corporation.

http://jalopnik.com/how-the-epa-won-1-billion-from-diesel-cheaters-long-be-1732109485

Clean Air Act Diesel Engine Cases

The emission of pollution – including carbon monoxide, oxides of nitrogen, and hydrocarbons – from cars and trucks is regulated by the Clean Air Act. The Environmental Protection Agency (EPA) promulgates rules implementing the requirements, including test procedures used to show compliance with emission limits before engines or vehicles can be sold.

(…)

In the 1990s, EPA testing showed that the manufacturers of heavy-duty diesel engines were using computer programs to show compliance with emission limits on the EPA test but to change the fueling of the engines in actual use to reduce fuel consumption, but in way that increased emissions of oxides of nitrogen or “NOx.”

http://www.justice.gov/enrd/diesel-engines

« Triche » est un mot bien anodin pour un tel acte. C’est un crime contre le bien commun. Car…

Quelle consommation énergétique correspondante ?

Quelle exploitation, donc quelles destructions en plus ?

Quelle pollution en plus ?

Combien de malades, combien de morts en plus ?

Quelle part dans l’effondrement des populations animales constaté durant la même période ?

…et l’obsolescence programmée généralisée ?

Et les mensonges sur l’innocuité des pesticides ? 

(…) Un crime commis entre 2008 et 2015 requiert une parfaite organisation criminelle qui ne peut être limitée à un ou deux boucs émissaires, mais plutôt à plusieurs dizaines, voire des centaines de personnes. 

Volkswagen : un crime en col blanc presque parfait

ci-dessous :

Le silence des oiseaux : enquête sur la disparition des passereaux

La sixième extinction de masse est en cours

L’effondrement biologique s’accélère

Des grains empoisonnés par une coop agricole

Censures, blocages, omerta, peurs indicibles, couardise

Informer n’est pas un délit (en France, si !)

un livre contre les censures

Il y a un loup dans la loi Macron. Le projet de loi actuellement discuté à l’Assemblée nationale contient un amendement, glissé en catimini dans le texte, qui menace d’entraver le travail d’enquête des journalistes et, par conséquent, l’information éclairée du citoyen. Sous couvert de lutte contre l’espionnage industriel, le législateur instaure comme nouvelle arme de dissuasion massive contre le journalisme un « secret des affaires » dont la définition autorise ni plus ni moins une censure inédite en France.

http://informernestpasundelit.tumblr.com/

Après des dizaines d’années d’étouffement et de détournement des mouvements sociaux, le gros édredon jeté sur la société française n’a cessé de gagner en épaisseur, générant une impuissance et décitoyennisation spectaculaires.

(…) en France, nous avons un écosystème de production du journalisme qui est à des années lumières des canons démocratiques que l’on doit attendre en la matière (…) aujourd’hui, nous avons un écosystème – je le dis – pourri (…)

Fabrice Arfi

Scandales : les journalistes peuvent-ils tout vous raconter ?

Les journalistes ne sont pas les seuls à se prendre des murs ! Tous les lanceurs d’alerte le vivent au quotidien, toutes les mobilisations pour le bien commun en font l’expérience…

par exemple :

L’écologie des catacombes

La question dérangeante :

le rôle des journalistes complices est-il abordé ?

Au fond du trou, tout au fond !

56% des français refusent que la France accueille des réfugiés

Nous y sommes, et sans doute plus gravement qu’on ne croit ! « La France » est bien devenue une société froide. A savoir une société avec un niveau d’activation extraordinairement bas. Si bas que l’on devrait plutôt parler de désactivation des fonctions vitales.

Edito politique sur France Inter, 7H45 vendredi 4 septembre, à propos de la photo du corps de l’enfant syrien échoué sur une plage, et des résultats d’un sondage révélant que les français sont majoritairement contre l’accueil des réfugiés :

Pays Fermé

Ces deux éléments montrent ce que nous sommes devenus. D’abord le sondage ELABE pour BFM et il dessine un pays majoritairement renfermé et craintif : 56% des français refusent que la France accueille des réfugiés. Pour apprécier la noirceur de cette réponse, il faut simplement relire la question qui a été posée; la voilà :

« L’Union Européenne fait face à un afflux de migrants et de réfugiés, notamment en provenance de Syrie. Selon vous, la France doit-elle accueillir une part de ces migrants et réfugiés sur son territoire ?« 

Vous avez bien entendu : la France doit-elle prendre une part de cette misère ? Eh bien, c’est NON ! Il ne s’agit pas, pourtant, d’ouvrir inconsidérément les frontières ou de changer notre politique migratoire… C’était pas ça la question; il s’agit simplement de respecter une tradition dont ne cesse de s’enorgueillir le pays de Victor Hugo : donner asile à ceux qui fuient la guerre et l’oppression – comme si les syriens faisaient ce périple pour les allocs ou la CMU ! Nous sommes devenus un pays pusillanime abreuvé de discours identitaires et déclinistes. Des hommes politiques s’égosillent comme si on nous avait repris l’Alsace et la Lorraine quand un groupe de gens du voyage bloque l’A1 quelques heures, mais interpellent le gouvernement pour qu’il trouve une solution – qu’il s’empresse de trouver – pour ces agriculteurs, qui certes ont leurs raisons, mais bloquent Paris toute une journée.

La photo a été à la Une de toute la presse européenne, sauf chez nous, on l’a beaucoup dit. L’information, c’est que nous – la presse – nous ne l’avons pas mis à la Une hier, comme l’ont fait tous nos voisins. L’ambiance générale est à la peur et la presse reflète cette peur, l’intègre. Est-ce le contre-coup des attentats du 7 janvier ? L’autre face du pays neuf mois après la démonstration du 11 janvier ? On parle souvent de la lepénisation des esprits… C’est un poncif des commentaires politiques, mais, là, avec ce sondage, avec l’apathie pétocharde de la parole politique, du moins jusqu’à ces derniers jours, avec nos réflexes journalistiques émoussés, on y est presque ! C’est le tableau d’un pays fragile, faible, peu sûr de lui, un pays divisé aussi : les sympathisants d’une gauche devenue minoritaire sont favorables à l’accueil ainsi que les plus de 65 ans (…). Pour le reste, largement majoritaire, c’est non. Le parallèle avec l’Allemagne qui propose d’accueillir 800 000 réfugiés cette année est révélateur. La presse populaire d’outre-Rhin appuie cette initiative et un sondage pour la ZDF montre que 60% des allemands estiment que leur pays peut et doit offrir cet asile. Nos politiques devraient être obsédés par cette question : comment 56% des français peuvent dire NON !, non il ne faut pas accueillir de réfugiés syriens. Les responsables du parti « les républicains » peuvent se sentir particulièrement concernés. A quoi ça sert de tenir des discours de repli destinés, forcément, à endiguer la fuite des électeurs vers le FN si c’est pour se retrouver avec ce chiffre : 67% des sympathisants « les républicains » disent « NON, il ne faut pas de ça chez nous ! » ?

Thomas Legrand

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1147897

Depuis le temps que presque tout se décompose, est corrompu et s’insensibilise, nul ne peut s’en étonner. Il n’est que de voir quelle misérable chose a été produite sur le cadavre du grand mouvement alternatif des années 1960-70, et de contempler les hiérarchies mexicaines qui, sans même recevoir des claques, nous submergent de leurs âneries ! L’effondrement parallèle du vivant en est un résultat et le résultat de la globalisation capitaliste qui avait organisé la mort des mouvements sociaux – « le reflux des forces vives » comme l’a dit Jean Baudrillard.

L’apathie généralisée et les difficultés sans nombre opposées à toutes les actions pour le bien commun, ici même (1), le disent assez : « La France » est devenue frigide. Elle l’est depuis un bout de temps et, avant, beaucoup de signes l’ont annoncé. J’ai commencé à le décrire dans un article de 1988 paru dans Ecologie Infos n°392 intitulé… « « La France » est devenue une société froide » (http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=98:histoire-contemporaine-une-memoire-du-mouvement-alternatif-ou-nouvelle-gauche-7&catid=9&Itemid=470).

Des migrants syriens arrivés à Kos en Grèce racontent leur calvaire

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/des-migrants-syriens-arrives-a-kos-en-greve-racontent-leur-calvaire-605704.html

(1) amiante, pesticides, défense de l’eau, des têtes de bassin versant, des écosystèmes, etc. (comme à Saint Gengoux le National, Le Rousset, Sivens, Notre Dame des Landes… la liste est aussi longue que déprimante).

le changement climatique en Saône et Loire : sécheresse

Restrictions et appel à ne pas gaspiller l’eau… 


Pourtant, nous connaissons des sources dégradées et polluées, des rus et des ruisseaux saccagés, des zones humides et des mares détruites, un projet fou de station service-parking dans le lit d’un ruisseau, et constatons un immobilisme complet pour ne pas entraver la poursuite des destructions et autres gaspillages. 

Quelqu’un a-t-il une explication à tant d’étrangetés ? 

Lutte contre le changement climatique et politique 

Le car et la route contre le train :

libéralisation du transport par autocar

Loi Macron, désengagement massif de l’Etat : Non à la mort du train et du service public

Un projet qui ne doit rien au hasard. Il accompagne celui de réduire le service public de transport ferroviaire de voyageurs en supprimant des lignes, des dessertes, au mépris de l’aménagement du territoire, aggravant ainsi la situation des petites villes, des villes moyennes, de départements déjà fortement pénalisés par la fuite en avant dans la mise en concurrence des territoires. Ainsi les dessertes assurées par les Trains d’Equilibre du Territoire (trains Intercités, TEOZ et trains de nuit) sur 35 lignes pourraient être réduites à 12 et celles restantes pourraient ne plus desservir les gares des petites et moyennes villes. Les TGV desservant actuellement 240 gares sur l’ensemble du pays pourraient, au regard de ceux pour qui la rentabilité est devenu la seule référence, ne  plus en desservir que 40.

(…)

Une fuite en avant en totale contradiction avec l’urgente nécessité de réduire les émissions de gaz à effets de serre, de réduire la pollution avec les effets nocifs sur la santé, d’engager concrètement la transition énergétique. Drôle de façon pour notre pays de préparer l’accueil de la Conférence sur le Climat en décembre 2015 !

août 2015

« Crise du porc » : les productivistes sortent du bois

On s’y attendait un peu. C’est arrivé. Après une première mobilisation de l’argent public pour soulager la pression exercée par les spéculateurs de la transformation et de la grande distribution, « la solution » est avancée : « augmenter la compétitivité » !

Bien sûr avec une chosification plus grande encore de l’animal.

Bien sûr avec une augmentation de la production de viande d’ultra basse qualité.

Bien sûr, en rivalisant plus encore sur les « prix bas » à l’exportation (pour ruiner les autres).

Un ancien ministre l’a déclaré : « Visons le marché chinois !« . Le marché chinois… Et les paysans chinois ? Et le coût énergétique du voyage longue distance ? Et l’alourdissement des subventions à la dégradation des campagnes et des produits ?

Il n’y a pas si longtemps, des éleveurs bretons se félicitaient de l’augmentation de leurs exportations subventionnées qui étaient en train de ruiner les éleveurs traditionnels et familiaux des pays de l’Est.

A croire que cette « crise » aurait été provoquée pour franchir un nouveau cap dans l’exploitation mortifère…

ci-dessous :

La grande distribution écrase les campagnes, maximalise la souffrance animale et tire la bouffe vers le bas 

un supplément dans l’étude sur la tête de bassin de Saint Gengoux :

Après confirmation des tentatives de désinformation tendant à faire prendre le contenu d’un égout pour un ruisseau,

Une mise en garde s’impose : 

Contournements et détournements 

Les rédacteurs de l’arrêt EARL Cintra devaient être de bonne volonté et animés par le soucis du bien commun. Leur texte a bien embarrassé ceux qu’un déficit d’ouverture sur le vivant – ou trop d’ouverture sur les intérêts qui lui sont nuisibles – conduit à réduire tout ce qui coule et bouge à sa plus simple expression. Bien à regret, ils doivent reconnaître – quand quelqu’un les y contraint – l’existence de ce qu’ils niaient éhontément, ainsi un ruisseau récemment enterré comme le Nolange.

La reconnaissance de la qualité de cours d’eau n’a pas été faite pour le laisser en son état dégradé par trop d’ignorance et de malfaisance. Elle implique aussi la reconnaissance du lit mineur, du lit majeur et de tout (plantes, animaux, qualité de l’eau d’amont en aval, etc.) ce qui en fait un ruisseau – c’est à dire, non pas seulement un flux d’H2O, mais une unité complexe, un écosystème. C’est une première mesure de sauvegarde en attendant la libération et la restauration.

Cependant, les rédacteurs de l’arrêt EARL Cintra n’ont pas vu que la reconnaissance qu’ils amorçaient est loin d’être suffisante. Par exemple, ce bout de phrase :

« Toute autre considération n’est pas essentielle à la définition d’un cours d’eau, notamment la richesse du milieu (…) »

est retourné comme un gant par les mal-intentionnés.

Il est tout à fait indispensable de reconnaître… à condition de préciser que cette reconnaissance concerne la totalité du cours d’eau. Donc, qu’elle comprend tout l’espace qui était nécessaire à sa vie, cela pour préserver la possibilité de la restauration de cette vie. Sinon, même après la reconnaissance officielle du ruisseau martyrisé, rien n’empêche les ex-négationnistes de poursuivre leurs projets de saccage et d’assassiner définitivement le « cours d’eau » reconnu en interdisant toute restauration (a). Enfin « protégé » sous un parking ou une station-service, ou les deux ! Après la reconnaissance juridique, l’anéantissement écologique.

Penchés sur Saint Gengoux le National, les services officiels eux-mêmes, ceux qui ont mission de protéger et de stimuler la restauration, se sont contentés de changer leur vocabulaire, escamotant tout « le ruisseau » dans le tuyau. Et d’écrire : « la buse où s’écoule le cours d’eau« . Et d’affirmer sans ciller que « le projet initial* ne prévoyait pas d’intervention sur le ruisseau, il n’était donc pas soumis à la loi sur l’eau.« 

* avant une modification de détail

Pourtant, dans toutes ses versions depuis une trentaine d’années, le projet prévoit de bétonner, bitumer et diéséliser une section entière des lits mineur et majeur en laissant l’eau de l’ex-ruisseau (morte et polluée) dans son tuyau. Presque mieux : cet endroit fait partie de la tête de bassin versant qu’il serait encore facile de restaurer (rang de Strahler égal à 2 avec une pente supérieure à 1%).

Même les fonctionnaires que nous faisons vivre pour servir le bien commun, ceux dont les collègues font la promotion de la protection et de la restauration des ruisseaux et des têtes de bassin versant (http://www.colloque-tete-de-bassin.oieau.fr/), semblent vouloir faire abstraction de l’histoire, du contexte architectural, et considérer que la ripisylve, la faune, la flore aquatique, toute la vie, même l’hydrogéomorphologie du lieu et la tête de bassin, accessoirement la nappe d’accompagnement (!), peuvent être dissociés de l’eau (et celle-ci enfermée dans du béton), anéantis sans soucis pour le village et la campagne, la région et tout l’aval.

Hier, le ruisseau n’existait plus. Il est maintenant réduit à un trait sur les plans. Un trait que, bien sûr, les cuves de gaz oil éviteraient soigneusement pour laisser intact le tuyau, désormais « ruisseau« , en total respect avec la législation par le petit bout de la lorgnette.

Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité ont encore de l’avenir !

(a) Et, c’est très curieux, les mensonges énoncés dans la demande de permis de construire (comme : « le terrain n’est pas traversé par un ruisseau »), qui frappent automatiquement de nullité la procédure, semblent ne frapper personne dans les services !







juillet 2015

Tout ça pour ça…

Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai

documentaire de Denis et Nina Robert

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=237497.html

Dommage. Les Robert seraient-ils trop jeunes – Nina, sans doute, mais son père ? Ou anti-écologistes ? Ils ont complètement gommé l’une des principales dimensions de Cavanna : son rôle dans l’alerte écologiste depuis les débuts (les années soixante). Je dis bien écologiste comme écologisme, le mouvement originel de culture communautaire et conviviale, naturellement libertaire et non-électoraliste (1).

C’est Cavanna et Choron (Georges Bernier) qui ont publié les dessins de Pierre Fournier et l’ont invité à s’exprimer. Et c’est encore Cavanna – avec Choron pas loin – qui a aidé à la création de La Gueule Ouverte. Cavanna mérite encore d’être salué pour plusieurs années de participation à Ecologie-Infos jusqu’au début des années 1990 (2).

Excepté cette grosse lacune, on a plaisir à revoir la belle équipe, celle des années soixante et du premier Charlie Hebdo disparu en 81. Tiens ! comme par hasard… En fait ce Charlie Hebdo a disparu en même temps que le mouvement écologiste alternatif des années 1960-70 : la nouvelle gauche dont Fournier était un digne représentant. Fournier qui, décidément, n’apparaît pas dans les images d’archives qui nous sont proposées.

Cependant, le doc de Denis et Nina Robert a le mérite de révéler la grande différence de nature entre la première époque et le Charlie Hebdo contrôlé par Philippe Val. On y entend Cavanna dire : « Fallait pas y aller ! » dans le coup manigancé par Val contre Choron, père du premier Charlie. Il est utilement rappelé que la magouille a été poussée jusqu’à instrumentaliser Cabu et Wolinski, et même Siné et Cavanna, pour qu’ils témoignent contre Choron pour le déposséder de sa propriété – avant qu’ils ne soient eux-mêmes bernés et se retrouvent sans rien ! Choron n’y survivra pas.

Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde… laisse un goût amer. Mais c’est inévitable.  Cavanna, l’inspirateur et le pourfendeur, « la force de la nature« , a fini « mis à part » dans l’équipe du simili-Charlie. De plus en plus défait Cavanna. Muselé ! N’était-ce pas l’un des buts de la manoeuvre ?

C’est sans doute une coïncidence. C’est en 91/92 que la belle équipe a commencé à être dissociée pour récupérer de force le titre. Juste une première étape avant la création de tensions de plus en plus grandes. 91/92… époque de l’une des offensives anti-culture alternative les plus remarquables.  

En annexe du contrat de cession de ses droits d’auteur sur le titre « Charlie Hebdo » (subtilisés à Choron pour être attribués à Philippe Val !), Cavanna avait écrit un « codicille à mon testament » où il définissait l’esprit du journal… Extraits :

Combat pour une démocratie effective (…)

Promotion d’une écologie active, totale, et non plus seulement « environnementale », considérée comme le nouveau « socialisme » en ce qu’elle prendrait en compte l’ensemble des problèmes de la vie en société sur une planète aux ressources limitées ainsi que la répartition équitable des ressources entre tous les êtres vivants (…)

« Je me suis fait avoir !« , confie Cavanna à la caméra de Denis et Nina Robert. L’affaire des « dividendes » discrètement partagés entre Val, Cabu, Maris et Portheault en 2006, et que les autres découvriront en lisant Le Monde deux ans plus tard, en est une belle illustration.  

Cavanna s’est « fait avoir« , comme l’aurait été Fournier s’il avait vécu. Comme nous tous. Comme toute la planète.

ACG

(1) donc non-capitaliste, arcadienne comme l’a baptisée l’historien des sciences Donald Worster, à l’image de la communauté des communautés : la biosphère.

(2) Les articles parus sont rassemblés dans La belle fille sur le tas d’ordures, édit. L’Archipel 1991.

Plus d’information sur cette histoire dans Fournier précurseur de l’écologie, édit. Les Cahiers dessinés 2011.

Aussi dans la présentation de ce livre : 

La grande distribution écrase les campagnes,

maximalise la souffrance animale

et tire la bouffe vers le bas

De la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National menacée d’un coup fatal (1) aux « fermes » géantes et à la ruine des éleveurs bernés par ce système, on ne cesse de dénombrer les ravages de la politique des « prix bas » jadis portée par Edouard Leclerc et la majeure partie des « intellectuels de gauche » et des politiques. Tous semblaient guidés par une haine des artisans et des petits commerçants, et l’illusion de la « hausse du pouvoir d’achat«  par la réduction générale des prix permettant l’augmentation quantitative de la consommation (2). Au programme : écrasement général des producteurs, des artisans, des petits commerçants, des animaux, des sols, des écosystèmes… et faveurs sans limite aux financiers.

Rappelons encore la philosophie de la chose qui a tant séduit « la gauche » des années 1960, 1970, 1980, etc. :

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer » Edouard Leclerc, Nouvel Observateur 1966.

Voilà qui correspondait idéalement au plan Pinay-Rueff de décembre 1958 et aux directives du « Comité d’experts pour la suppression des obstacles à l’expansion économique » de 1959, toutes orientations dictées par la globalisation capitaliste en plein essor.


Aujourd’hui, face à la crise qui n’a cessé de croître, les gouvernements (?) ne sortent du chapeau que des « aides » et aucune mesure structurelle revenant, par exemple, sur la toute puissance de la grande distribution face aux producteurs désarmés.  

Cette fois encore, rebelote : « des aides seront attribuées pour soutenir la profession« . Donc, des distributions d’argent public pour aider les éleveurs à vendre à perte à la grande distribution, afin que celle-ci poursuive sa privatisation des profits en piégeant des consommateurs dupés – qui sont aussi des contribuables payant chèrement la socialisation des coûts du système !

Des « aides » pour soutenir un système insoutenable (3) !  

Pour emprunter au langage des économistes dissociés de la société et de la biosphère, le revenu des éleveurs, la souffrance animale, la dégradation des écosystèmes (les paysages) d’ici, la qualité des produits, les écosystèmes tropicaux rasés pour faire du soja pour le bétail, etc. sont des « variables d’ajustement » de ce système institutionnellement perverti.

Devant cette scandaleuse dégradation de cinquante ans, l’Olympe s’est ému et la foudre est tombée : « Les agriculteurs ne peuvent pas vivre que des aides. Il doit y avoir des prix pour les rémunérer. Je lance encore un appel à cette grande distribution pour qu’elle offre aux consommateurs la qualité et aux agriculteurs un prix«  le Président de la République, le 19 juillet.


Pour parfaire la démonstration d’impuissance devant les diktats de Sa Toute Puissance La Grande Distribution, le petit président a aussi lancé un appel aux consommateurs pour les inviter à acheter français. 



Je ne fais que payer mes factures

(…)

« J’en veux un peu à tout le monde », assure calmement l’homme qui évoque « les promesses en l’air et les combines des Leclerc, Intermarché, Carrefour qui se font « des marges de 5 € sur un kilo de jambon à 15 € », mais aussi l’attitude des industriels, les salaisonniers et charcutiers qui font venir des camions entiers de viande d’Espagne, d’Allemagne ou de Hollande. Du porc à des prix plus compétitifs. Enfin, Yves-Hervé est en colère contre l’Etat qui ne le protège pas, impuissant à mettre en place « une harmonisation sociale » des charges et salaires équivalents dans les abattoirs et les usines partout dans l’Union européenne. Yves-Hervé défend son « cochon qui est, selon lui, plus sain que celui venu d’Espagne ». Il a 7 salariés qu’il ne paye plus et il ne sait pas s’il va tenir. « Dans le Finistère, 15 % des exploitations agricoles vont disparaître d’ici fin 2015 et moi, je suis au bord du craquage sur le plan financier, physique, psychologique », reconnaît l’éleveur. (…)

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/je-ne-fais-que-payer-mes-factures-04-07-2015-4917015.php

les éleveurs bovins dénoncent le « Diktat du prix bas »

Des voix s’élèvent en ce moment de toutes parts pour faire entendre l’inquiétude et la colère face à la stratégie déployée par les Grandes Surfaces envers leurs fournisseurs.

(…)

Ce « diktat du prix bas » mène droit dans le mur, sur le plan économique, social (combien d’emplois sacrifiés ?) mais aussi qualitatif et sanitaire. C’est la sécurité alimentaire au final avec laquelle joue la poignée d’acheteurs de grandes surfaces qui étendent leur loi de la terreur économique sur toute la filière. (…)

http://www.revenuagricole.fr/focus-gestion/gestion-fiscalite-epargne/memos-gestion/gestion-elevage/14376-les-eleveurs-bovins-denoncent-le-diktat-du-prix-bas

« Si le prix du porc ne remonte pas, je mets la clé sous la porte »

Mais ces 50 centimes, la grande distribution « n’a pas la volonté de les payer. Et l’Etat ne l’oblige pas » alors que des règles, environnementales ou concernant le bien-être animal notamment, ont été imposées aux éleveurs, contraints de réaliser d’importants investissements, déplore Nicolas Leborgne en passant entre les boxes où s’ébrouent ses truies.

http://www.ladepeche.fr/article/2015/03/07/2062247-si-prix-porc-remonte-mets-cle-sous-porte-temoigne-eleveur.html

Les éleveurs bovins en colère s’invitent au siège de Leclerc

« Leclerc, qui se dit être le champion des petits prix, se goinfre sur notre dos, dénonce au Figaro, Jean-Pierre Fleury, président de la FNB (Fédération nationale bovine). En un an, le prix du kilo de la viande payé par le consommateur a augmenté de 2 % en rayon alors que dans le même temps le kilo de carcasse payé à l’éleveur a baissé de 15 % à 3,75 euros le kilo. Cela correspond à une perte de 24.000 euros en moyenne par an et par exploitation. Ce n’est plus soutenable économiquement ».

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/08/25/20002-20140825ARTFIG00301-leclerc-envahi-mardi-par-des-eleveurs-bovins.php

Sur le piège des prix bas et ses innombrables conséquences

Tous sont piégés par le système. Tous peuvent aider à en sortir.

http://www.elevage-ethique.fr/index.php?categorie=prix&article=introduction

(1)

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-lengrenage-exemplaire-de-la-degradation-du-bien-commun/
L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-seconde-partie/

(2)

Alors que sa légende est soigneusement entretenue, il n’est pas indifférent de savoir que André Gorz, alias Michel Bosquet, codirecteur du Nouvel Observateur, était au 1er rang des militants des « prix bas« , au détriment des campagnes d’ici et d’ailleurs, des animaux, des métiers, de la qualité, de la vie des villages et des quartiers commerçants, etc. Il a, tout particulièrement, fait pression pour que soit strictement appliquée la circulaire Fontanet * et que les fournisseurs ne puissent choisir leurs distributeurs. Et il ne cessera de soutenir les Leclerc et la grande distribution. Nous lui devons beaucoup… Il est donc à l’origine du soutien inconditionnel de la gauche à la grande distribution !

* « respect intégral des prescriptions réglementaires et notamment de la circulaire interministérielle du 31 mars 1960 sur les refus de vente, afin de ne pas paralyser l’intervention de nouveaux distributeurs pratiquant des méthodes commerciales susceptibles d’accroître la tension concurrentielle à l’intérieur du circuit de distribution« , recommandation du Comité Rueff-Armand sur les obstacles à l’expansion économique (21 juillet 1960)

(…) Par la circulaire Fontanet, l’Etat favorisait, en 1960, l’émergence de la grande distribution, en interdisant aux industriels les prix imposés et le refus de vente. (…)

Les « obstacles à l’expansion économique » (entendre : les moyens de protection des populations et des écosystèmes) doivent faire place nette, dit le plan de décembre 1958. « Le mécanisme des prix ne remplira son office qu’en infligeant aux agriculteurs presque en permanence un niveau de vie sensiblement inférieur à celui des autres catégories de travailleurs« .

Et cela continue… Par exemple :

Dans la grande distribution, la guerre des prix revient

Crise économique, pouvoir d’achat en berne… Les enseignes d’hypermarchés relancent de plus belle la guerre des prix bas. Une lutte sans merci entre Leclerc, Auchan et Carrefour. Pour le plus grand profit du consommateur. (…)

Une « analyse » typique de la vision pas-plus-loin-que-le-bout-du-nez qui ne prend pas en compte les coûts exorbitants de cette course effrénée.


(3) c’est le moment de se souvenir de ce film :

HERBE le film de Matthieu Levain et Olivier Porte

C’est comme le jour et la nuit. Le film balance entre deux univers. L’un a toujours les pieds sur la terre, la connaît et l’aime. L’autre est un pur produit de la culture anti-nature.

L’herbe broutée par les vaches laitières des éleveurs que nous rencontrons tout d’abord est la vedette de ce film éclairant. Adeptes de ce que l’on nomme maintenant la filière herbagère qui allie les connaissances des anciens et celles de la bio, ces éleveurs toujours paysans promènent, avec le chien, le troupeau de la pâture à la salle de traite. Ils foulent l’herbe dont ils connaissent chaque espèce, les très bonnes pour les ruminants et le lait, le meilleur lait, et les autres qu’il faut contrôler avec doigté. Ils jardinent prairies et champs avec la connaissance des cycles des végétaux et des animaux. Ils entretiennent de belles haies riches de tous les bois, entre le taillis pour le feu et le bois d’oeuvre qui grandit pour les petits enfants. Ils ont le temps de regarder la vie qui grouille autour d’eux. Ils donnent envie de faire sa vie à la campagne.

Silos, grands bâtiments industriels, gros engins flambant neufs, animaux en stabulation, et endettement en proportion, nous découvrons ensuite une « exploitation » de l’agriculture intensive. Grosse consommatrice des gadgets profitables aux industriels et aux banquiers, c’est un maillon de cette industrie qui, en amont, produit les ravages écologiques et humains montrés par « La terre des hommes rouges » (BirdWatchers), le film présenté plus loin. De l’Amazonie, de l’Argentine, de la Chine, de tous les coins du monde dévastés par la spéculation agro-alimentaire, à ce coin de Bretagne, proviennent les aliments déversées sous le nez des vaches incarcérées. C’est la même machinerie ubuesque cornaquée par des conseillers en asservissement aux banques.

En aval de l’exploitation : un lait de bien moins bonne qualité que celui produit à l’herbe, et sans doute pas exempt des molécules déversées à tous les stades en amont. Aussi quelques effluents bien connus en Bretagne, jusque sur les côtes. Sans oublier la colossale contribution de toute la filière au bouleversement climatique.

Entièrement dépendante des approvisionnements livrés par des norias de bateaux et de camions, coupée de son environnement, dans l’engrenage des investissements et des crédits à vie, assoiffée d’énergie, coupée même des animaux qui la font vivre et qui ne sont plus que des numéros, des performances de production, cette exploitation est suspendue aux crédits et aux subventions extorquées à des contribuables qui sont loin d’imaginer quel mal va faire le produit de leur travail, ici et jusqu’au delà des océans.

HERBE n’aborde pas la triste condition des animaux de l’élevage intensif. Peut-être le temps manquait-il. Il y a tant à dire. Dans ces exploitations si bien nommées où le productivisme a aboli la connaissance et l’intelligence du vivant, les vaches sont maintenues en lactation par des grossesses rapprochées. 3 mois après un vêlage, elles sont à nouveau fécondées par insémination artificielle. Et, durant la grossesse, elles sont encore traites. Si bien qu’après 5 ou 6 ans de production forcée et de souffrance quotidienne, leurs corps épuisés tiennent à peine debout (quand elles ne sont pas maltraitées, les vaches vivent quatre fois plus longtemps avant la fatidique « réforme »). En remerciement de si bons services, les exploitants les expédient à l’abattoir. Leur chair martyrisée et immangeable sera débitée en viande hachée et promotions de grandes surfaces (70% des ventes).

Et tout cela pour quoi ? Quels avantages ? Quel agrément ? Pour une entreprise fragile jusqu’à la caricature qui est à la merci de la moindre fluctuation des cours des intrants, des subventions, et de la moindre variation du climat ici et là-bas, là où sont produits les aliments au détriment des écosystèmes et des populations. A la merci du coût de l’énergie dévorée. A la merci du coût de l’eau qu’elle consomme et pollue en abondance. A la merci aussi de multiples systèmes techniques consommateurs de juteux contrats de maintenance (machinisme agricole dernier cri, gestion technique centralisée des automatismes, informatique). Quant aux hommes qui essayent de se convaincre d’avoir eu raison de suivre les injonctions des représentants de la coopérative et de la banque qui les utilisent pour se nourrir des subventions publiques, ils sont enchaînés à vie à un système artificiellement soutenu qui n’est même pas fiable à moyen terme puisqu’il détruit localement et globalement. Leur vie entièrement absorbée par un travail taylorisé, de 6H1/2 à 20H30, la tête tout aux calculs de rentabilité, ils courent d’un atelier à un autre, l’oeil sur les torrents de chiffres des écrans de contrôle. Les pauvres ne font pas envie et, s’il en était besoin, achèveraient de nous convaincre de la valeur de l’élevage sur herbe.

Un film qui remet les idées en place et montre que les alternatives au naufrage planétaire sont là, à portée de la main. A voir, même si l’on a déjà des notions sur le sujet. Il faut voir l’épanouissement et entendre la tranquille assurance des fermiers autonomes, tandis que les exploitants, devenus petits personnels des industriels-banquiers, cherchent à se rassurer en puisant dans un discours qui ne leur appartient pas.  

ACG


la suite et d’autres présentations de films :

en exergue de l’étude sur la tête de bassin de Saint Gengoux le National, un

AVERTISSEMENT

était nécessaire :

Parce que la menace la plus immédiate concerne une section du lit majeur et mineur d’un ruisseau, l’attention de la plupart semble focalisée sur l’instant et ce lieu, oubliant l’histoire et l’ensemble auxquels ce moment et cette partie sont indissolublement liés. L’arbre cache encore la forêt. Car l’actuel projet de station-service, parking, supermarché dans le lit du Ruisseau de Nolange n’est que le dernier avatar d’une longue dégradation de la vallée de Saint Gengoux.

Même si le projet nuisible en ce lieu était déplacé là où l’impact serait bien moindre, le problème essentiel : la dégradation avancée de l’ensemble des eaux et de l’écosystème, resterait entier.

Or, c’est un problème aussi grave qu’ignoré, au regard de/du…
– la biodiversité régionale et générale,
– la qualité des eaux pour le local et tout l’aval du Bassin Rhône Méditerranée – mer comprise,
bien vivre des habitants et de l’attrait touristique,
et…
– l’adaptation au changement climatique, et de sa limitation.

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal relève de la problématique « tête de bassin versant » dont la prise de conscience est en cours.

Par exemple :

« A l’extrême amont des cours d’eau, les têtes de bassin représentent notre « capital hydrologique ». Elles constituent un milieu écologique à préserver, habitat d’une grande biodiversité et zone de reproduction de migrateurs. Elles conditionnent en quantité et en qualité les ressources en eau de l’aval mais sont insuffisamment prises en compte dans les réflexions d’aménagement en raison d’un manque de connaissance sur leur rôle.

Souvent de bonne qualité, ces zones sont cependant fragiles et peuvent très vite se dégrader en raison des activités économiques qui s’y installent. Les impacts des diverses activités humaines (agriculture, sylviculture, urbanisation, tourisme…) sont mal connus et souvent sous-estimés. La solidarité de bassin est donc essentielle, en particulier à l’amont de prises d’eau couvrant des besoins stratégiques pour l’alimentation en eau potable et dans les zones humides reconnues en terme de protection des milieux écologiques (…)

Une des conditions essentielles à la mise en œuvre d’une gestion durable des rivières est la prise de conscience générale du rôle bénéfique que jouent les têtes de bassin pour l’atteinte de l’objectif de bon état et pour le fonctionnement du milieu aquatique en général. Ce bénéfice profite collectivement à l’ensemble des acteurs de l’eau à l’échelle du bassin. (…) »

extrait du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin LOIRE-BRETAGNE 2010-2015
http://www.donnees.centre.

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

juin 2015

le totalitarisme économique ne se sent plus

Grèce : la guerre des communaux continue de plus belle

La gestion collective des biens communs qui s’était redéveloppée au Moyen-Age fut attaquée par les Etats impérialistes à partir de la fin du XVème siècle. Et la prédation, la spoliation, le renforcement de la domination et de toutes les formes de concentration des pouvoirs et des avoirs (les communaux réifiés et changés en valeurs capitalisables) n’a plus cessé :

« Pendant les trois siècles suivants, les Etats, tant sur le Continent que dans les Iles Britanniques, travaillèrent systématiquement à anéantir toutes les institutions dans lesquelles la tendance à l’entr’aide avait autrefois trouvé son expression. Les communes villageoises furent privées de leurs assemblées populaires, de leurs tribunaux et de leur administration indépendante; leurs terres furent confisquées (…) »

« L’entr’aide, un facteur de l’évolution« , Pierre Kropotkine, chapitre VII page 244, Les éditions de L’Entr’aide 1979.

Un accord sur la dette grecque aurait été trouvé… Mais quel « accord » !

Aucun examen de la façon dont la dette a été constituée, pour trier entre les conditions exorbitantes des prêts, la partie spéculative des encours, la parole non tenue de l’Euro Groupe lui-même (nov. 2012 : engagement à réviser les conditions des prêts), etc.

Aucune analyse du rôle du FMI (1), de la « zone euro » et des banques dans la constitution de cette dette.

Aucun examen des privatisations déjà réalisées qui, c’est curieux, ont largement profité aux spéculateurs de partout (Taiped)

Dette Odieuse

http://blogs.mediapart.fr/blog/lucie-couvreur/280115/parce-que-jai-envie-dy-croire-dette-odieuse

Aucun contrôle des avoirs passés à l’étranger. Les spéculateurs et les fraudeurs peuvent dormir tranquilles. Leur immunité est garantie par l’Euro Groupe.

Donc, aucune restructuration de ladite dette.

Donc, rien qui puisse résoudre le problème. Mais tout pour l’amplifier.

Par exemple, une mise sous tutelle de 50 milliards d’avoirs publics grecs (?!). L’Allemagne faisait même pression pour les placer au… Luxembourg ! Dans un « paradis de la fraude fiscale » (2) dont l’ex-premier ministre et actuel président de la Commission Européenne est accusé d’avoir pleinement participé au système.

De mieux en mieux, « Jusqu’au bout, mais sans succès, les Allemands se sont battus pour le transfert des actifs grecs vers un fonds basé au Luxembourg et dirigé par Wolfgang Schaüble lui-même » (http://www.humanite.fr/en-grece-apres-laccord-consternation-et-crise-politique-579361)

Oui ! Nouvelle preuve que les exploiteurs ne se sentent plus, le ministre des finances allemand dirige un fonds d’investissement !

Qui a dit : conflit d’intérêt ?

Qui a dit que les spéculateurs s’étaient glissés jusqu’au coeur des affaires publiques ?

Et, s’agissant du gouvernement allemand, qui ne pense à :

« l’Allemagne ne doit son rétablissement économique qu’à la plus grande annulation de dette jamais vue, en 1953. Elle devrait avoir appris depuis le Traité de Versailles de 1919 les conséquences de dettes insurmontables« , Joseph Stiglitz, L’Allemagne n’a ni bon sens ni compassion, Libération du 16 juillet.

Et, pendant ce temps, la Croix Rouge allemande mobilise pour apporter une aide humanitaire à la Grèce !

http://www.20minutes.fr/monde/1647971-20150708-crise-grecque-croix-rouge-allemande-prete-aide-humanitaire-grece

Revenons à « l’accord« …

Et le FMI maintenu dans le nouveau programme.

Les Purgon et les Diafoirus internationaux – Allemands, Néerlandais, Finlandais, en tête – ont, donc, imposé une nouvelle vague de saisies des biens communs en bafouant ouvertement « l’idée européenne » si souvent mise en avant pour dissimuler les appétits boulimiques infiltrés.

Un « accord« … enfin une nouvelle confiscation – insoutenable.

(1) le FMI qui, c’est un comble !, en reconnaissant que la dette grecque n’est pas soutenable, est moins extrémiste que les gouvernements Allemand, néerlandais, Finlandais.

(2)

« Luxleaks », le scandale qui met le Luxembourg dans l’embarras

Une fois encore, le Consortium de journalisme d’investigation (ICIJ) a frappé. Près de 80 journalistes membres d’une quarantaine de rédactions de par le monde dont The Guardian (Royaume-Uni), Die Süddeutsche Zeitung (Allemagne), l’Asahi Shimbun (Japon), Le Monde (France), Politiken (Danemark) et les chaînes de télévision CNBC (Etats-Unis) et CBC (Canada) ont épluché pendant six mois des milliers de documents secrets datés de 2002 à 2010.

Résultat : il va y avoir du grabuge au Luxembourg, paradis de la fraude fiscale. Mais aussi parmi les grandes entreprises, comme Ikea, Pepsi ou FedEx qui, avec 340 autres, ont passé des accords secrets avec le grand-duché leur permettant d’économiser des milliards de dollars d’impôts.

http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/06/luxleaks-le-scandale-qui-met-le-luxembourg-dans-l-embarras

LuxLeaks : M. Juncker de nouveau accusé

Pas simple pour Jean-Claude Juncker de tourner la page des LuxLeaks. Juste après la deuxième vague de ces révélations, qui confirment l’ampleur du système mis en place par le Luxembourg pour attirer les multinationales en ne leur faisant presque pas payer d’impôts, l’ancien premier ministre du Grand-Duché (entre 1995 et 2013), aujourd’hui président de la Commission européenne, affronte de nouvelles informations gênantes.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/12/13/luxleaks-m-juncker-de-nouveau-accuse_4540059_3214.html

Le Parlement européen refuse l’ouverture d’une commission d’enquête sur les Luxleaks

http://www.euractiv.fr/sections/euro-finances/le-parlement-europeen-refuse-louverture-dune-commission-denquete-sur-les

Grèce : Paul Krugman et Joseph Stiglitz auraient voté NON

Krugman et Stiglitz font en gros le même constat : c’est l’austérité imposée par ses créditeurs qui a plongé la Grèce dans une crise aussi profonde. Et c’est encore la même politique qu’ils lui proposent aujourd’hui. (…)

  

Killing the European Project

(…)  This goes beyond harsh into pure vindictiveness, complete destruction of national sovereignty, and no hope of relief. It is, presumably, meant to be an offer Greece can’t accept; but even so, it’s a grotesque betrayal of everything the European project was supposed to stand for.

(…) In a way, the economics have almost become secondary. But still, let’s be clear: what we’ve learned these past couple of weeks is that being a member of the eurozone means that the creditors can destroy your economy if you step out of line. This has no bearing at all on the underlying economics of austerity. It’s as true as ever that imposing harsh austerity without debt relief is a doomed policy no matter how willing the country is to accept suffering. And this in turn means that even a complete Greek capitulation would be a dead end. 

(…) The European project — a project I have always praised and supported — has just been dealt a terrible, perhaps fatal blow. And whatever you think of Syriza, or Greece, it wasn’t the Greeks who did it.

Paul Krugman

http://krugman.blogs.nytimes.com/2015/07/12/killing-the-european-project/?_r=0

Grèce : à propos de totalitarisme économique

On n’avait encore jamais vu un créancier, aussi stupide soit-il, tenter de tuer son propre débiteur, comme le FMI est en train de le faire avec les Grecs. Il doit y avoir quelque chose de plus : la construction scientifique de l’«ennemi». Et la volonté d’un sacrifice exemplaire.

«L’économie qui tue», celle dont parle le pape, nous la voyons à l’œuvre ces jours-ci, en direct, de Bruxelles. Et c’est un spectacle humiliant. Elle ne tranche pas de gorges, elle n’a pas l’odeur du sang, de la poudre et de la chair brûlée. Elle agit dans des salles climatisées, dans des couloirs feutrés, mais elle a la même férocité impudique que la guerre. La pire des guerres : celle déclarée par les riches de la globalisation aux pauvres des pays les plus fragiles. Voilà ce qu’est la métaphysique influente des plus hauts responsables de l’Union Européenne, de la BCE et, surtout, du FMI : démontrer, par tous les moyens, que ceux qui sont en bas ne pourront jamais faire entendre leurs propres raisons, contre des pseudo-recettes vouées à l’échec.

Les «tractations sur la Grèce», ces dernières semaines, sont désormais sorties des limites d’une confrontation diplomatique, certes dure, mais normale, pour revêtir les caractéristiques d’une épreuve de force. D’une sorte de jugement de Dieu à l’envers. Les précédentes étapes, déjà, avaient révélé un écart par rapport au cadre traditionnel d’une «démocratie occidentale» avec la volonté constante, de la part des responsables de l’Union, de substituer, au caractère totalement politique du vote grec et du mandat populaire confié à ce gouvernement, la logique comptable des profits et pertes, comme s’il ne s’agissait pas d’États, mais d’entreprises ou de sociétés commerciales.

(…)

Marco Revelli

Ce texte est un éditorial du «Manifesto» du 27 juin 2015.

Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli.

La sixième extinction de masse est en cours

Jamais, selon eux, la planète n’a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné que depuis la dernière extinction de masse, il y a 66 millions d’années, celle des dinosaures.

Leur étude « montre sans aucun doute possible que nous entrons dans la sixième grande extinction de masse », a affirmé Paul Ehrlich, professeur de biologie à Stanford (1).

Les humains en feront partie

Et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront, préviennent-ils. « Si on permet que cela continue, la vie pourrait mettre plusieurs millions d’années à s’en remettre, et notre espèce même disparaîtrait probablement assez tôt », a précisé Gerardo Ceballos, de l’université autonome de Mexico.

Cette analyse s’appuie sur des observations documentées d’extinctions de vertébrés — des animaux avec squelettes internes comme des grenouilles, des reptiles et des tigres — à partir de fossiles et de bases de données. Le rythme actuel de disparition des espèces a été comparé aux « rythmes naturels de disparition des espèces avant que l’activité humaine ne domine ».

Fourchette basse

Ces derniers sont difficiles à estimer, car les experts ne savent pas exactement ce qu’il s’est produit tout au long des 4,5 milliards d’années d’existence de la Terre. Si le taux du passé fait ressortir une disparition de deux espèces de mammifères pour dix mille espèces en cent ans, alors « le taux moyen de perte d’espèces de vertébrés au siècle dernier est cent quatorze fois supérieur à ce qu’il aurait été sans activité humaine, même en tenant compte des estimations les plus optimistes en matière d’extinction », selon l’étude.

« Nous insistons sur le fait que nos calculs sous-estiment très probablement la sévérité de cette crise d’extinction, parce que notre objectif était de fixer un bas de la fourchette réaliste en ce qui concerne l’impact de l’humanité sur la biodiversité », précisent les chercheurs. Les causes de la disparition des espèces comprennent notamment le changement climatique, la pollution et la déforestation. D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature, environ 41 % des espèces d’amphibiens et 26 % des espèces de mammifères sont menacées d’extinction.




 

Récente destruction d’une mare au coeur même d’une ZNIEF* et à bout touchant avec des zones Natura 2000 du Clunisois, dans le Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus

* Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique

L’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) est un programme initié en 1982 par le ministère en charge de l’écologie et piloté par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Il correspond au recensement d’espaces naturels terrestres remarquables dans les vingt-deux régions métropolitaines ainsi que les DOM. On distingue deux catégories de zones :

– les ZNIEFF de type I, de superficie réduite, sont des espaces homogènes d’un point de vue écologique et qui abritent au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d’intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire ;

– les ZNIEFF de type II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes ; elles peuvent inclure des zones de type I et possèdent un rôle fonctionnel ainsi qu’une cohérence écologique et paysagère.

L’inventaire ZNIEFF est réalisé à l’échelle régionale par des spécialistes dont le travail est validé par le conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) nommé par le préfet de région, puis au niveau national par le Muséum national d’histoire naturelle

(1)

Accelerated modern human–induced species losses: Entering the sixth mass extinction


The oft-repeated claim that Earth’s biota is entering a sixth “mass extinction” depends on clearly demonstrating that current extinction rates are far above the “background” rates prevailing between the five previous mass extinctions. Earlier estimates of extinction rates have been criticized for using assumptions that might overestimate the severity of the extinction crisis. We assess, using extremely conservative assumptions, whether human activities are causing a mass extinction. First, we use a recent estimate of a background rate of 2 mammal extinctions per 10,000 species per 100 years (that is, 2 E/MSY), which is twice as high as widely used previous estimates. We then compare this rate with the current rate of mammal and vertebrate extinctions. The latter is conservatively low because listing a species as extinct requires meeting stringent criteria. Even under our assumptions, which would tend to minimize evidence of an incipient mass extinction, the average rate of vertebrate species loss over the last century is up to 100 times higher than the background rate. Under the 2 E/MSY background rate, the number of species that have gone extinct in the last century would have taken, depending on the vertebrate taxon, between 800 and 10,000 years to disappear. These estimates reveal an exceptionally rapid loss of biodiversity over the last few centuries, indicating that a sixth mass extinction is already under way. Averting a dramatic decay of biodiversity and the subsequent loss of ecosystem services is still possible through intensified conservation efforts, but that window of opportunity is rapidly closing.

http://advances.sciencemag.org/content/advances/1/5/e1400253.full.pdf

Il s’agit là d’une énième confirmation de l’alerte qui a été donnée il y a déjà longtemps (assortie des principales solutions). 


Comme l’indique encore cette étude, les responsabilités sont claires. Cette connaissance et cette urgence devraient inspirer un changement radical des modes de vie, au niveau personnel et collectif. Devraient


Comme le démontre le sujet précédent, il est urgentissime de dépolluer les processus de décision pour restaurer la communication entre tous. 


Tandis qu’en Saône et Loire la poursuite de la destruction des petites têtes de bassin versant reste à l’ordre du jour, voici un exemple très exotique. Cela se passe après l’embouchure de la Loire, en haut à droite, du côté de Vannes :

Bassin-versant : des cours d’eau à rénover

Poumon d’un écosystème à protéger, le conseil général et le syndicat du Loc’h et du Sal oeuvrent à leur remise en état.


Le temps presse. La directive européenne sur l’eau oblige, d’ici 2015, ses pays membres à remettre en état les cours d’eau abîmés par les remembrements ou aménagements qui ont souvent dévié le lit des petits cours d’eau.

La France et la Bretagne n’y échappent pas. Le pays d’Auray non plus. Sur le bassin-versant, les techniciens du conseil général (une quinzaine), associé au syndicat du Loc’h et du Sal et à l’office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), opèrent ces jours-ci des repérages sur le terrain.

L’objectif avoué: déterminer une méthodologie d’actions qui pourront remettre en état les petits cours d’eau qui se jettent dans le Loc’h ou le Sal. « Nous sommes à pied d’oeuvre sur les têtes de bassin-versant, explique Arnaud Cholet, technicien du conseil général. Nous identifions un par un les cours d’eau inférieurs à 1 m de large qui alimentent les zones humides en vue de les restaurer si besoin. Nombre d’entre eux sont fragilisés du fait d’un recalibrage effectué lors des remembrements de 1994. Remis en ligne droite, drainés, ces cours d’eau se sont banalisés : ils ont perdu une bonne part de leur richesse écosystémique. Leur capacité d’épuration s’est également beaucoup réduite ».

En deux journées distinctes, les techniciens de rivière ont arpenté, avec l’appui bienveillant d’agriculteurs de Plumergat (Jean-Marc Corlobé, Jean-François Le Priellec, Thierry et Pascal Le Ray), ces cours d’eau déjà identifiés par les services du syndicat du Loc’h et du Sal.

« Ici, sur cette portion du bassin-versant, ça va, jauge Arnaud Cholet. Les cours d’eau n’ont pas trop souffert des aménagements passés. On sait néanmoins que nous n’y arriverons pas globalement face à l’urgence de la directive européenne. Mais nous nous dotons des outils qui permettront de rattraper le temps perdu. Pour nous, cette directive agit comme une ligne de conduite ». Pour d’autres, c’est juste une épée de Damoclès…

Bassin-versant : des cours d’eau à rénover

Pourquoi est-il impossible de faire de même ici ?

Un flop magistral

la

Préserver la biodiversité au vignoble : le projet Life+ BioDiVine en Bourgogne

Ce projet a pour but de comprendre et renforcer les structures paysagères favorables au maintien de la biodiversité. Il se décline en un axe expérimental, de compréhension des mécanismes influençant la biodiversité à l’échelle du paysage, et un axe de gestion territoriale/du paysage viticole via la mise en place d’actions de conservation favorables à la biodiversité. L’exemple du vignoble bourguignon est présenté ici. (…)
http://www.oeno.tm.fr/extraits/wod/clst/2571x11072n11479_vRub/25715899x1x2571x11072x11455x11460x11479.html

ce joli programme s’inscrit dans ce cadre :

Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2011-2020

La stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) est la concrétisation de l’engagement français au titre de la convention sur la diversité biologique (CDB), ratifiée par la France en 1994. Le ministère chargé de l’Environnement avait alors été chargé de présenter une stratégie qui puisse être déclinée au sein de l’ensemble des services de l’État, avec un but précis, stopper la perte de biodiversité d’ici 2010, comme s’y étaient engagés tous les pays de l’Union européenne. Cette finalité a été déclinée dans la SNB pour chacune des composantes essentielles du vivant : les gènes, les espèces, les habitats, les écosystèmes et leur traduction dans une trame écologique. (…)

quelques têtes de chapitre :

Un instrument majeur de la mobilisation nationale


Face à la détérioration continue de la biodiversité et pour assurer un mieux-être humain, une nouvelle ambition internationale 


Une nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité


Agir ensemble

Tous les constats convergent pour affirmer que, face à l’érosion de la biodiversité, l’une des clefs de la réussite est la mobilisation de l’ensemble de la société. La stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020 a été conçue en ce sens. Le choix d’un processus collaboratif a été fait dès le lancement de la révision, lors d’une conférence nationale tenue en mai 2010 à Chamonix, intitulée Quelle gouvernance pour réussir ensemble ? (…)

Les citoyens sont incités à formaliser leur engagement personnel, notamment auprès des acteurs adhérents à la SNB ; ces derniers sont également encouragés à inventer des instruments de cette mobilisation. Chacun à son niveau de moyens et dans le cadre de ses compétences respectives peut contribuer ainsi à ce que l’ambition, les six orientations stratégiques et les vingt objectifs soient atteints (…)

La stratégie nationale pour la biodiversité permet, par une mobilisation du plus grand nombre, de renforcer notre capacité collective à agir, aux différents niveaux territoriaux et dans tous les secteurs d’activité. Une adhésion et un dispositif d’engagement sont mis en place pour concrétiser cette volonté. Tous les acteurs sont ainsi invités à adhérer pour valoriser et faire connaître la SNB (cf. encadré). Chacun est aussi invité à s’engager dans l’action, sur la base de principes d’action et de gouvernance actés lors de l’élaboration de la stratégie. L’engagement volontaire vise à développer des actions significatives en faveur de la biodiversité avec une amélioration progressive et proportionnée des pratiques des acteurs concernés. Ce cadre cohérent d’adhésion et d’engagement fait partie intégrante de la stratégie nationale pour la biodiversité. Pour agir et réussir ensemble. 

sic !

et puis, on y trouve encore cela :

Des pressions qui menacent la biodiversité

Malgré les engagements internationaux, européens, nationaux et locaux, la biodiversité décline fortement. Les objectifs fixés par la Convention sur la diversité biologique (CDB) à Rio de Janeiro en 1992 et celui fixé par l’Union européenne dans le cadre de son plan d’action pour la biodiversité (stopper la perte de biodiversité d’ici à 2010) n’ont pas été atteints. La crise écologique qui touche l’ensemble du territoire résulte de multiples pressions, qui parfois interagissent :


la destruction, la fragmentation et l’altération des habitats réduisent les milieux de vie disponibles pour les espèces et leurs possibilités de déplacement ; 


les pollutions de l’air, des sols, des cours d’eaux et des océans constituent une perturbation de nombreux écosystèmes et un risque pour la santé humaine 

(…)

LIFE+2009 BioDiVine
http://www.biodivine.eu/?lang=fr

…2009 ! C’est curieux, on n’a rien vu. 


Sauf le refus de communiquer des « acteurs adhérents à la SNB« . 


Sauf des portes fermées, ou claquées sitôt le premier contact.  


Sauf l’amplification des destructions et la poursuite des projets fous, comme à Saint Gengoux le National et au Rousset.


Et une réduction accrue des populations.
 

Car, en dépit de tout ce déploiement, des années plus tard, ceux qui étaient invités à la « mobilisation » sont toujours confrontés à la mauvaise volonté généralisée, à l’omerta et à des énormités, comme là :  

Stupéfiante déclaration d’un agent de l’ONEMA lors d’une réunion du Comité de Rivière Grosne

Comment les petites têtes de bassin versant de Saône et Loire sont sacrifiées

ci-dessous en mars

L’exemple d’une réaction aux naufrages des commerces de proximité face à la grande distribution


dans l’émission Carnets de campagne du 25 juin 2015 (France Inter 12H30 – 12H50)


« Nous nous intéressons à la répétition des naufrages des commerces de proximité face à la grande distribution. Nous sommes à Barcelonne-du-Gers, 1400 habitants, village proche d’Aire-sur-l’Adour, 6000 habitants.


Et en 1989, l’arrivée d’une grande surface va tuer : 2 épiceries, 1 boulangerie, 2 boucheries, le marchand de vélos, le grainetier, la maison de la presse, et les stations service vont fermer à la suite (…) »  

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1119169 

Aujourd’hui, la grande surface qui avait ruiné le commerce local est repartie : une chance ! 

Et commence une renaissance.

L’histoire : 

http://www.bulbintown.com/projects/la-boucherie-du-village/accueil#notre-histoire 

La désertification des centres villes, un sujet qui touche en Lorraine

  

 


En France, dans le champ politicien (pas politique !), que l’on ne trouve qu’à l’extrême-droite des positions défendant la diversité économique et l’agrément à habiter dans des villes et des villages vivants, animés, conviviaux, créatifs… dit énormément sur l’ampleur de la dégradation que nous avons subie. 

Subie presque sans réaction !

Exemple :

« (…) Marine le Pen annoncera aujourd’hui à Lyon sa volonté d’interdire la grande distribution dans les villes de moins de 30 000 habitants. La candidate du Front national part du constat que les « grandes surfaces ont tué un million d’emplois en 20 ans » et qu’en Italie, où pareille mesure a été décrétée, de nombreux emplois ont pu être créés. 

« C’est une mesure essentielle pour relancer le petit commerce, mais pas seulement. C’est aussi une façon de recréer du lien social dans les centres-villes », insiste-t-elle. « Les gens réclament du lien, de la sécurité alimentaire, de la traçabilité, de la production française. La prise en main par la grande distribution du commerce de proximité a tué les indépendants. (…) »

Le Progrès, avril 2012

un petit rappel de l’une des réalités cachées en France (comme la destruction des têtes de bassin versant, etc.) :

Puy-Guillaume, le village qui dit non aux supermarchés

Exemple avec le village de Puy-Guillaume, dans le Puy-de-Dôme, qui dit non depuis 30 ans à l’implantation d’un supermarché sur ces terres. (…)

Et ça marche. Dans ce village de 2 600 habitants, il y a deux boulangeries, une chocolaterie, deux fleuristes, des coiffeurs ou encore cinq bistrots, ouverts tous les jours. Il y a aussi le magasin de fruits, légumes et fromages de Stéphane Gardet, qui se qualifie de « résistant. On fait des efforts : qualité, proximité, prix. On se sert chez les artisans et agriculteurs locaux, et ça passe directement du producteur au consommateur ». La première grande surface est à quinzaine de kilomètres, à Saint-Yorre. C’est pourtant de là que vient Nadine, qui a fait tous ces kilomètres pour venir acheter ses fraises chez Stéphane Gardet : « On a vu que c’était des fraises pleins-champ et des fraises françaises ». (…) 

et encore : 

Puy Guillaume : la bonne vie du village qui a résisté aux supermarchés

dans : Sens Dessus dessous été 2013 été 2014

Et encore :

Le vin en grande surface : not in my name ! 

Il était une fois une rue, ma rue, bordée de petits commerces de détail, presque une spécialité pour chaque maison, Bouchers, Volaillers, Fruits et Légumes, Fromager, Patisseries, Epicerie et tant d’autres… 


Des commerces pour lesquels, entre autres, même des gastronomes avertis se déplaçaient même de loin, malgré le caractère très populaire du quartier. 


Et puis, un jour, ils sont venus, les Zonings divers et leurs hypers embarqués, et, dans cette rue,  il ne subsiste aujourd’hui qu’une librairie et une pharmacie. Le légumier, le fromager et le volailler ont fusionné tant bien que mal et s’éteignent à petit feu. 


Presque toute notion de commerce spécialisé a disparu de la surface de ma rue.


Pour m’en rappeler, je suis désormais obligé de m’expatrier en Italie, là où certaines petites entités conservent cet esprit, où il est encore possible, en bien moins de temps et d’essence qu’on ne le pense, de faire ses courses avec un conseil et un vrai produit à la clé. (…)

 

Une action locale pour une solution globale

(…) Faire le maximum, pour Roberto Pintus, c’est faire vivre la philosophie du Slow Food au niveau local pour qu’elle rayonne progressivement toujours plus loin. Parce qu’à ses yeux, le local s’avère être la clé de beaucoup de choses dans notre société en crise et en mutation. Pour lui, Slow Food est un mouvement contestataire… Oserait-il le mot « révolutionnaire » ? (…)



La révolution des « villes lentes » gagne la France

« Les petites communes sont les moins armées face aux pièges d’un développement anarchique. Ce qui nous intéresse, c’est moins le label que la démarche. Nous avons des choix importants à faire. Cittaslow va donner un fil conducteur à notre politique d’aménagement », explique la jeune femme, élue atypique dans cet univers de viticulteurs.

Ouverture d’un parc public, rénovation de bâtiments viticoles en bureaux, retour du petit commerce, réhabilitation d’un réseau de ruelles piétonnes et cyclables, structuration d’un marché de producteurs locaux, investissement dans la petite enfance et la maison de retraite, création de jardins partagés, transformation de la station d’épuration en bassins filtrants naturels… les chantiers ne manquent pas.

La commune ne part pourtant pas de zéro. Tels des Monsieur Jourdain de l’aménagement du territoire, les Ségonzacais faisaient du « slow » sans le savoir. Et pas seulement parce que les Charentais arborent pour emblème un escargot – la cagouille -, qui est aussi le logo de Cittaslow. « Le cognac nous a donné une culture de la lenteur : la vigne, le vieillissement en fûts, cela apprend un rapport au temps particulier », pense Colette Laurichesse, l’adjointe au maire, qui a ficelé le dossier Cittaslow.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/02/la-revolution-des-villes-lentes-gagne-la-france_1419264_3244.html#Qz8I1wMkhwvzWTWA.99



Hélas ! 
Contre la désertification, des commerces en trompe l’œil dans un village



sulla cura della casa comune

Papa Francesco, in esclusiva l’enciclica sull’ambiente ‘Laudato si’, mi’ Signore’

Un’introduzione, sei capitoli e due preghiere conclusive. In quasi duecento pagine papa Francesco offre al mondo la sua attesissima enciclica « sulla cura della casa comune », con l’incipit ripreso dal cantico delle creature di san Francesco d’Assisi: « Laudato si’, mi’ Signore ». (…)

http://espresso.repubblica.it/attualita/2015/06/15/news/papa-bergoglio-e-la-lezione-di-francesco-d-assisi-in-anteprima-l-enciclica-sull-ambiente-laudato-si-mi-signore-1.216897

Laudato si’

Lettera Enciclica sulla cura della casa comune

texte intégral :

http://www.lavie.fr/medias/le-texte-integral-de-l-encyclique-laudato-sii-18-06-2015-64352_73.php

Une première lecture en diagonale…

Le Pape François dans les pas des écologistes  (1)

Il y a longtemps que des écologistes s’interrogent sur la position des différentes autorités religieuses vis à vis de la destruction du vivant. Poussés dans les oubliettes par l’imposture verte, nous n’avons pas eu le loisir d’approfondir et d’entamer un dialogue, mais nous y avions pensé.

Pierre Fournier ! Une quarantaine d’années après ton départ prématuré, un Pape salue « le mouvement écologique mondial (qui) a déjà parcouru un long chemin, digne d’appréciation, et (qui) a généré de nombreuses associations citoyennes qui ont aidé à la prise de conscience. Malheureusement, beaucoup d’efforts pour chercher des solutions concrètes à la crise environnementale échouent souvent, non seulement à cause de l’opposition des puissants, mais aussi par manque d’intérêt de la part des autres (…) ».

L’opposition des puissants… Le Vatican est bien informé.

Il en aura fallu du temps ! Le temps d’une dégradation que, dans nos pires cauchemars, nous n’imaginions pas voir durant notre vie. Le temps infini du développement de toutes les impostures politiques pour masquer la réalité derrière « la croissance« , « le plein emploi« , « la reprise » et les cours boursiers. Le temps d’un effondrement de cette compréhension des relations aux autres que nous voulions amplifier. Le temps d’un individualisme forcené et de l’extinction de la conscience collective.

Et voilà Mario Bergoglio qui devient Pape en choisissant pour nom celui de François d’Assise qui a rompu avec le dogme de la domination exercée sur les autres êtres et le vivant, mais aussi sur la plupart des hommes. Tiens ! Serait-ce un signe ?

François a tenu son engagement. Un cas d’exception parmi les responsables politiques de l’époque !

L’encyclique de François commence par un rappel émouvant d’un discours de Paul VI qui, en 1971, l’époque des premières manifestations écologistes à Paris, appelait à un changement « presque » radical de comportement parce que « les progrès scientifiques les plus extraordinaires, les prouesses techniques les plus étonnantes, la croissance économique la plus prodigieuse, si elles ne s’accompagnent d’un authentique progrès social et moral se retournent en définitive contre l’homme« .

Malgré le long chemin déjà parcouru, François souligne l’avachissement de la conscience et de la volonté, et l’absence de la culture nécessaire :

VI. LA FAIBLESSE DES RÉACTIONS

53. Ces situations provoquent les gémissements de sœur terre, qui se joignent au gémissement des abandonnés du monde, dans une clameur exigeant de nous une autre direction. Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles. Mais nous sommes appelés à être les instruments de Dieu le Père pour que notre planète soit ce qu’il a rêvé en la créant, et pour qu’elle réponde à son projet de paix, de beauté et de plénitude. Le problème est que nous n’avons pas encore la culture nécessaire pour faire face à cette crise (…)

…ou que nous ne l’avons plus, cette culture. Ce point est très surprenant car ladite culture nous accompagne depuis toujours : c’est la culture immémoriale qui nous guide pour faire le meilleur en participant à l’économie de la nature. Chose originale dans ce contexte, l’amour chrétien en fait indéniablement partie ! Jusqu’à l’invention d’une rupture entre « l’Homme » et « la Nature« , sous toutes ses formes, la culture a très largement été inspirée par le corps et par la relation aux autres et à l’ensemble – la biosphère. Les écologistes et leurs prédécesseurs ont toujours développé cette ouverture sur le vivant, cette écoute, cette empathie et cette compréhension. Elle est immédiatement accessible, pourvu que l’on sache se protéger du lavage des cerveaux permanent destiné à lui substituer la culture du profit et du déchet ; ce qui, il est vrai, est devenu plus rare depuis que le mouvement écologiste a été effacé (2).

(…)

à suivre

(1) mercredi 17 juin, le journal Libération annonce l’encyclique écologiste du pape François :

Après le titre « Entre les écologistes et l’Eglise, un flirt tout ce qu’il y a de naturel« , le sous-titre brouille la compréhension. Il commence par abandonner « les écologistes » du titre pour introduire sur « le mouvement vert« , ce qui n’est pas la même chose ! Le second n’est pas un mouvement social mais un courant politicien dérivé très indirectement des premiers, lesquels ont toujours refusé de se commettre dans les rouages capitalistes du système de domination ; culture, philosophie politique et cohérence obligent. S’il en était besoin, le renforcement continu du capitalisme ultra et de ses politiques impérialistes, l’amplification des destructions et l’effondrement biologique démontrent la vanité des prétentions de l’imposture verte à changer la civilisation en s’intégrant au système de domination (cause première du désastre).

La suite de l’article entretient la confusion car le journaliste ne cite que des politiciens verts qui, à un moment ou un autre et pour plusieurs depuis leur apparition inopinée, ont bien servi le système dominant – « anti-nature » – auquel nous devons l’effondrement du vivant.

Le sous-titre poursuit en soulignant que les chrétiens comme les écologistes (et non « le mouvement vert« ) ont tendance « à sacraliser la nature« . L’expression « la nature » a surtout été utilisée pour marquer une différence fondamentale avec « la culture » et avec « l’homme« . C’est un langage qui conditionne à la dissociation entre l’humanité et la biosphère, le langage de la culture impérialiste anti-nature. Même si, par facilité, il arrive que les écologistes parlent de « la nature« , ils le font en y intégrant les hommes. S’ils « sacralisent » quelque chose, c’est le vivant, c’est la vie terrestre entière où tous les êtres sont utiles aux autres, où tout est interdépendance et interrelations constructrices de l’ensemble, donc nécessaires à chacun.

La confusion engendrant la confusion, le sous-titre poursuit en parlant de « positions conservatrices« … Gageons qu’il s’agit, dans l’esprit de l’auteur – parce qu’il reste sous l’influence d’une « modernité » occidentalocentriste anti-nature – d’attitudes réactionnaires, et que la conservation du vivant, dont il fait cependant partie, reste encore pour lui la marque d’un caractère rétrograde.

(2) Ni la culture ni la simple cohérence des idées. Exemple caricatural avec le journal Le Monde du 6 juin :

2°C au-delà du seuil de l’irresponsabilité

une page consacrée au saccage climatique : « Climat : 2°C de plus, la promesse d’un désastre« 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/05/rechauffement-le-seuil-limite-des-2-c-est-trop-eleve_4647811_3244.html

En particulier, on y apprend que l’objectif des 2°C qui est inscrit dans la politique de l’Union Européenne ne doit rien à une évaluation sérieuse d’une tolérance de la biosphère. Une tolérance supposée qui ignore totalement les effets de seuil et de cliquet. Il résulte seulement du souci de remettre aux calendes l’adoption des mutations indispensables. Las, la dégradation va si vite que ceux qui espéraient léguer le cadeau empoisonné à leurs enfants ont été rattrapés

Dans le même numéro du Monde, 4 pages auparavant, en contradiction complète avec le souci du climat et de la santé de la biosphère, toute une page sur l’espérance d’un développement de l’Afrique suivant le modèle qu’il est urgent d’abandonner : « L’Afrique attend encore ses trente glorieuses » !

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/05/l-afrique-attend-encore-ses-trente-glorieuses_4648071_3234.html

biblio pour la mémoire :

« Fournier, précurseur de l’écologie » par Patrick Gominet et Danielle Fournier, les Cahiers dessinés

projet de Center Parc dans la forêt du Rousset 

 

ci-dessous : 

L’effondrement biologique s’accélère (suite) 

vous avez dit effondrement ?

Enfin un éveil officiel sur la nuisibilité de l’huile de palme ? 

« Il faut replanter massivement des arbres, parce qu’il y a eu une déforestation massive qui entraîne aussi du réchauffement climatique. Il faut arrêter de manger du Nutella, par exemple, parce que c’est de l’huile de palme », a déclaré la ministre, invitée du « Petit Journal » de Canal+. « Il faut qu’ils utilisent d’autres matières premières », a-t-elle souligné, évoquant les « dégâts considérables » causés par les besoins en huile de palme.

Ségolène Royal lors d’une émission de télévision 

 

Peat swamp forest in Indonesia is burned to make way for palm oil plantations. Photograph: John Novis/AFP/Getty Images 

http://www.theguardian.com/environment/2010/jul/04/united-nations-corruption-logging 

sur l’industrie de l’huile de palme destructrice des écosystèmes denses : 

L’huile de palme industrielle : un crime contre le vivant 

http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=121:un-crime-contre-le-vivant-l-huile-de-palme-industrielle&catid=9&Itemid=470 

parmi les conséquences des déforestations : la crise climatique 

Le feu a la planete, El Niño, etc. 

http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=84:le-feu-a-la-planete-el-nino-etc&catid=9&Itemid=470 

Ecrasée depuis 1963, la Papouasie Occidentale saigne encore 

http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=116:ecrasee-depuis-1963-la-papouasie-occidentale-saigne-encore&catid=9&Itemid=470

A St Jean de Ceyrargues, le patrimoine légué par les anciens est restauré et sert à resserrer les liens

L’effondrement biologique s’accélère (suite)

L’alerte écologiste a été lancée il y a une cinquantaine d’années, dans les années soixante. Après un temps de surprise, elle a été taxée de « catastrophiste » par la propagande des lobbies qui voulaient poursuivre et amplifier les destructions profitables. Aujourd’hui, la catastrophe est là tandis que le sentiment de l’urgence s’est éteint. 

Qui observe son environnement, où qu’il se trouve, en ville comme dans les campagnes, constate l’accélération vertigineuse des processus de dégradation et éprouve leur puissance intacte. Aussi la contradiction absolue entre les discours politiques et technocratiques récupérateurs du vocabulaire écologiste et l’absence de volonté dans les faits : ils ne débouchent sur rien d’appréciable. Comme la confiture, moins le vivant est défendu et plus l’arsenal législatif et administratif pour l’environnement étale son impuissance. Textes, votes, déclarations tonitruantes, multiplication des instances en charge de la protection de quelque chose, pluies de subventions dans l’escarcelle de ceux qui ne dérangent rien, défilés de fonctionnaires, colloques et séminaires qui sonnent creux, déluge de brochures et de compte-rendus, et… la montagne n’accouche que de souris ! 

Quel que soit le sujet, depuis le terrain, l’écologiste ne voit qu’une longue dégradation générale allant s’amplifiant. Ceci expliquant cela, les relations entre environnementalistes – on n’ose dire écologistes (a), au sein même des associations, avec les administrations censées appliquer les politiques environnementales n’ont cessé de se dégrader. Pas une exception qui permette d’espérer l’amorce d’un changement. Tout est verrouillé à tous les niveaux et l’omerta est générale. 

(a) Pourtant, le vivant, le corps aussi, nous soufflent l’interdépendance et l’entretien vital des interrelations. C’est le B-A =  BA de la philosophie politique écologiste comme le pratiquaient ceux de la nouvelle gauche alternative. 

Biodiversité : disparition de la moitié de la population des papillons de prairie en seulement 20 ans

Les conclusions du rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) sont alarmantes : entre 1991 et 2011, les populations de papillons de prairie ont diminué de moitié. En cause, l’agriculture intensive et l’échec de la politique de gestion des écosystèmes de prairie.

(…)

Sur les 17 espèces de papillons étudiées à travers l’Europe, huit ont décliné dont l’Argus bleu, deux sont restées stables comme l’Aurore, et une seule a augmenté. Pour huit espèces, comme l’Hespérie du chiendent, la tendance reste « incertaine« .

D’une part, l’agriculture intensive rend les cultures uniformes et stériles à la biodiversité, sans compter l’usage, souvent important, de pesticides qui touchent les populations de papillons. D’autre part, les terres abandonnées se multiplient et laissent progressivement place aux buissons et aux forêts. Dans certaines régions du Nord-Ouest de l’Europe, les habitats des papillons sont réduits aux bords des routes et des chemins de fer, aux endroits rocheux ou humides, aux zones urbaines et aux réserves naturelles. Dans ce cadre, le rapport rappelle l’importance des terres agricoles à forte valeur naturelle cultivées de manières traditionnelle (High Nature Value Farmland ou HVM Farmland), qui représentent des habitats importants.

(…)

http://www.actu-environnement.com/ae/news/papillons-declin-rapport-AEE-habitats-19135.php4

Dramatique déclin des papillons en Europe

En vingt ans, le nombre des papillons de prairie a diminué de moitié, une tendance confirmée par les observations en France.

(…) culture intensive dans certaines régions, terrains grignotés par le maquis, usage des pesticides, artificialisation des sols… «Au nord-ouest de l’Europe, les papillons de prairie n’ont pas d’autres endroits où butiner que les bordures de route, le long des voies de chemins de fer ou les parcs» souligne l’agence. «Ce que préfèrent les papillons ce sont des plantes si possible sauvages et diversifiées», poursuit Véronique Brondeau, «en France, ils ont une préférence pour les fleurs mauves ou jaunes, lavande ou boutons d’or…» Sans oublier les haies et les zones humides indispensables au développement des chenilles.

La première cause de disparition est la modification des paysages suivie par l’usage des pesticides. «Mais il ne faut pas oublier non plus la pollution lumi­neuse» qui provoque une hécatombe sur les papillons de nuit. Mal-aimés et pourtant tout aussi indispensables que leurs collègues de jour. Et bien plus nombreux: 5200 qui s’orientent grâce à la Lune, contre 257 qui batifolent au Soleil sur le seul territoire français.

plus d’infos : 

Le cycle de vie des papillons de Provence 

Bien entendu, c’est le même constat pour les autres populations : ainsi les oiseaux… 

La spectaculaire régression des hirondelles

Au cours des trente dernières années, les effectifs d’hirondelles ont connu un déclin important. Quelles en sont les raisons ? Elles sont multiples et on cite souvent, pêle-mêle, le manque de nourriture, les périls sur les chemins migratoires, les modifications écologiques touchant les zones d’hivernage en Afrique…

Mais il existe une autre raison au déclin, peut-être la principale, et nous en sommes directement responsables ici dans les quartiers d’été des hirondelles : la disparition des sites de nidification ! Chacune des trois espèces est touchée à sa manière.

Inauguration d’une tour à hirondelles  

http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/boischaut/2014/09/10/inauguration-dune-tour-a-hirondelles_11137015.html

Parmi tant d’autres, le combat pour la sauvegarde des sources, des ruisseaux, des zones humides, des mares, etc., bref, de la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National a révélé une situation exemplaire de la dégradation générale… Il y a été réalisé une réduction drastique de la biodiversité. Une perte considérable pour toute la région, et bien au-delà.


En éliminant des populations et leurs biotopes, les destructions de l’eau et de la campagne de Saint Gengoux le National ont efficacement contribué à l’effondrement biologique général aujourd’hui constaté. De même les pollutions de l’eau depuis les sources, la pollution intense du vignoble, la destruction des prairies naturelles (elles sont régulièrement labourées et ensemencées), etc. 

Plus inquiétant encore, ce combat a révélé un aveuglement sans bornes et un blocage total de toute évolution favorable.

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-lengrenage-exemplaire-de-la-degradation-du-bien-commun/
 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-seconde-partie/




à propos des pesticides qui inondent les terres, les eaux, et jusqu’aux rues des villages…


un site :

Alerte des médecins sur les pesticides

Médecins de terrain, nous avons constaté l’augmentation des maladies chroniques chez nos patients (cancers, troubles de la fertilité, mais aussi maladies neurologiques, diabète, allergies…). Nous avons aussi constaté que les preuves de la responsabilité de substances chimiques très largement répandues dans notre environnement s’accumulaient. Bien que les pesticides ne soient pas seuls en cause, nous tenons à exprimer publiquement notre souhait que, face aux dangers de ces produits, des politiques agricoles, économiques et de santé publique soient enfin efficacement mises en œuvre.

une émission :

Pesticides, quand les victimes se rebiffent

La France est la première puissance agricole de toute l’Union Européenne. Mais c’est aussi la première consommatrice de pesticides. Elle occupe le 3e rang dans le monde dans ce domaine. 

Les écologistes ne sont plus les seuls à demander un strict contrôle de ce que l’on appelle pudiquement « les produits phytosanitaires » dans l’agriculture. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme.

L’an passé, un rapport de l’Agence Sanitaire Française soulignait les liens, désormais indubitables, entre l’exposition à ces produits et les pathologies graves qui se répandent dans le monde rural, notamment des formes très virulentes de cancer, ainsi que des maladies dégénératives telles d’Alzheimer ou Parkinson.

Ces mêmes scientifiques alertent également sur les dérèglements endocriniens que ces pesticides occasionnent.



Une centaine de médecins du Limousin lancent aujourd’hui un appel contre les pesticides…

Dans cette région, les pomiculteurs sont très consommateurs de produits chimiques pour lutter contre les nuisibles et les maladies. Ces médecins ont donc décidé d’alerter sur les dangers sanitaires et environnementaux que courent les populations par rapport à l’usage massif de ces produits. Ils réclament d’urgence des mesures de protection, notamment des riverains des cultures.





 

mai 2015

après

L’effondrement biologique s’accélère

Considérable perte d’oiseaux communs en seulement 20 ans (ci-dessous en avril)

20 ans de conneries et plus

20 ans… En matière de dégradations croissantes, on n’a que l’embarras du choix. Mais cette période de 20 années ne correspondrait-elle pas aussi à l’invasion d’une nouvelle pollution : la téléphonie mobile ?

(…) Depuis la seconde moitié des années 90, les stations de base de téléphonie mobile ont été largement implantées à travers les centre urbains. Ces stations de base ont augmenté la pollution électromagnétique « electrosmog » dans les centres urbains. Ces appareils produisent des ondes pulsées à 900 et 1800 MHz qui interfèrent avec le système nerveux des êtres vivants. Il existe plusieurs études scientifiques qui avertissent du danger pour la santé des humains et des êtres vivants que constitue ce type de rayonnement électromagnétique (Ondes radio à micro-ondes). Voir par exemple : G.J. Hyland : « Physics and biology of mobile telephony »: The Lancet, vol. 356: 1-8, 25.11.2000.

La présomption circonstancielle, d’un rapport entre le déclin des moineaux et l’introduction des pylônes de télécommunication et stations de base, est forte. Comme la disparition des moineaux domestiques des grandes villes coïncide dans le temps avec l’introduction des pylônes de téléphonie mobile, la possibilité que de tels pylônes soient  impliqués s’impose d’elle-même; cette relation requiert la mise en œuvre d’une recherche immédiate. La haute fréquence des champs des fréquences radio induit une réponse de plusieurs types de neurones du système nerveux central chez les oiseaux. A côté de cela, des études tendent à montrer des effets de ces rayonnements sur la reproduction : diminution du nombre de spermatozoïdes et plus petit développement du tube séminal chez les rats (Dasdag et al., 1999) et augmentation de mortalité des embryons de poulets (Youbicier–Simo et al., 1998). (…)

Approche d’une relation entre le déclin des moineaux et l’introduction du pylône GSM de Téléphonie

Déclin du Moineau domestique

Les populations de moineaux déclinent rapidement dans toute l’Europe occidentale, un phénomène encore inexpliqué qui inquiète d’autant plus les experts qu’il concerne une espèce très dépendante de l’homme.

Ce déclin est particulièrement net en Grande-Bretagne où le « Moineau domestique », l’espèce la plus banale qui soit, a été inscrit sur la liste rouge des espèces d’oiseaux menacées, selon le Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

« En Grande-Bretagne, c’est de l’ordre de 90% à 95% des effectifs de moineaux domestiques qui ont diminué dans tout le pays depuis 10 ou 15 ans », indique Frédéric Baroteaux, du Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux. « C’est énorme, ils ont quasiment disparu », fait-il remarquer.

Ce constat alarmant a été confirmé par certaines études dans d’autres pays, en Allemagne (50% de diminution des oiseaux à Hambourg en trente ans), en République Tchèque (60% de baisse à Prague en 20 ans), aux Pays-Bas, en Belgique, Italie, Finlande.

En France, Passer domesticus semble suivre la même pente, mais avec un décalage de quelques années par rapport à la Grande-Bretagne et aux autres pays d’Europe, précise-t-on au Muséum : la baisse a atteint 11% entre 1989 et 2003, selon le programme de Suivi temporel des oiseaux communs (STOC). Ce déclin laisse penser que c’est l’environnement immédiat du moineau, donc le notre, qui est affecté, selon les experts. (…)

appel de l’Association Phyto-Victimes 

28 Mai 2015 à 13H00: Appel à la Mobilisation, à la Cour d’Appel de LYON

C’est Quai Romain Rolland

Pour l’affaire de Paul FRANCOIS contre MONSANTO


NB Petit rappel :

Paul François, a été gravement intoxiqué par l’herbicide « Lasso » de Monsanto,il y a maintenant plus de dix ans .


Il a mis 5 ans a faire reconnaitre sa maladie comme maladie professionelle 


Il a fondé l’Association Phyto-Victimes 


Il a porté plainte contre Monsanto 


Le Tribunal de Grande Instance de Lyon a condamné Monsanto en 2012
reconnaissant la firme responsable de l’intoxication subie par Paul Francois en inhalant les vapeurs du « Lasso » , car n’ayant pas suffisamment informé des précautions nécessaires lors de l’utilisation de ce produit ni de la nature des composants qu’il contient .


Monsanto a évidemment fait appel 


Sous ce lien , un article intéressant , surtout par la position de la firme Monsanto:dont la prose montre l’état d’esprit

.http://www.sudouest.fr/2014/01/05/charente-hors-de-question-d-arreter-son-combat-contre-monsanto-1419968-706.php#article-comments

Tandis que se multiplient textes de loi, directives, séminaires, déclarations pompeuses et plaquettes sur la restauration de l’eau et de ses environnements…

Déni de l’eau, de ses biotopes et des inondations :

Il n’y a pas qu’à Saint Gengoux le National

 

Le conseil municipal de Bressey-sur-Tille en Côte d’Or veut modifier son Plan de Prévention des Risques d’Inondations pour pouvoir créer de nouveaux lotissements. Une erreur selon une association locale qui a rebaptisé le village « Bressey, les pieds dans l’eau »

La Tille est le cours d’eau qui traverse le village

 

En mai 2013,  Bressey-sur-Tille  était victime d’inondations assez conséquentes. Cette commune de 1100 habitants se trouve en grande partie en zone inondable. Le conseil municipal suggère de modifier le Plan de Prévention des Risques d’Inondations (PPRI), afin de permettre  de futures extensions de lotissements pour pouvoir agrandir et développer la commune. Le Maire de Bressey-sur-Tille évoque un risque faible.
(…)
http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/2015/05/14/polemique-autour-du-plan-de-prevention-des-risques-d-inondations-bressey-sur-tille-724595.html#xtor=EPR-521-[france3regions]-20150514-[info-titre1

dans Le Bien Public du 07 05 2013 :

La commune de Bressey-sur-Tille, située dans le canton de Dijon-2 a été, à son tour, touchée par les inondations ce mardi.

Selon nos informations, une douzaine de maisons auraient les pieds dans l’eau et quatre personnes (dont deux enfants), habitants d’une résidence secondaire, ont été évacuées. Ils sont retournés dans leur résidence principale.

A noter aussi que la cour de l’école a été inondée, que l’eau a envahi le centre du village, que des sous-sols ont été inondés et que la route de Dijon a été fermée à la circulation. (…)

http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2013/05/07/bressey-sur-tille-mysterieuses-inondations

A.D.E.BRESS

Association de Défense de l’Environnement de BRESsey sur tille

avril 2015

en parallèle avec l’effondrement culturel et relationnel,

L’effondrement biologique s’accélère

Considérable perte d’oiseaux communs en seulement 20 ans


Travaux du bâtiment menés sans discernement, destruction frénétique des nids d’hirondelles, comblement des orifices où nichent les moineaux (1), dévastation des haies pendant la période de nidification, exploitation agricole façon Terminator, pollutions chimiques généralisées, empoisonnement des jardins, destruction des sources, des ruisseaux, des mares, des petites zones humides… De la ville à la campagne, la mort rode partout et l’irresponsabilité n’a jamais été si grande. L’effondrement est d’abord un effondrement de la conscience. 

Hirondelles, tourterelles de Limoux… Où sont-elles passées ?

« Sur la place de la République, il n’y a plus d’oiseaux. Il ne reste que deux piafs, et encore ! Avant, c’était plein de moineaux, les fils électriques ployaient sous leur poids. Il y avait aussi des hirondelles, des tourterelles… » (…)

http://www.lindependant.fr/2014/06/07/hirondelles-tourterelles-ou-sont-elles-passees,1892195.php


Biodiversité – Nos oiseaux disparaissent

(…) constat du Muséum d’histoire naturel : 65 % des effectifs de nos oiseaux nicheurs de France ont disparu depuis 20 ans (…)



De moins en moins d’oiseaux dans le ciel béarnais

Moineau, bouvreuil, étourneau, alouette, tourterelle… tous ces oiseaux familiers ont vu leurs effectifs baisser du quart aux trois quarts en 40 ans. La revue « Ecology Letters » a publié en début de mois le fruit d’une étude conduite dans 25 pays européens. Elle a sidéré les ornithologues. Depuis 1980, l’Europe a perdu 420 millions d’oiseaux, soit le quart de la population. Si les espèces protégées se portent bien, les oiseaux communs trinquent. (…) 

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2014/11/15/moins-d-oiseaux-dans-le-ciel-bearnais,1219596.php

Common European birds are declining rapidly while less abundant species’ numbers are rising

Biodiversity is undergoing unprecedented global decline. Efforts to slow this rate have focused foremost on rarer species, which are at most risk of extinction. Less interest has been paid to more common species, despite their greater importance in terms of ecosystem function and service provision. How rates of decline are partitioned between common and less abundant species remains unclear. Using a 30-year data set of 144 bird species, we examined Europe-wide trends in avian abundance and biomass. Overall, avian abundance and biomass are both declining with most of this decline being attributed to more common species, while less abundant species showed an overall increase in both abundance and biomass. If overall avian declines are mainly due to reductions in a small number of common species, conservation efforts targeted at rarer species must be better matched with efforts to increase overall bird numbers, if ecological impacts of birds are to be maintained.  

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ele.12387/full

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ele.12387/full

 

(1) jusqu’au délire de l’installation de « cache-moineaux » devenu un commerce ! 

Si l’on cherche des photos de moineaux perchés sur les gouttières, comme dans les maisons de notre enfance, on tombe presque systématiquement sur l’industrialisation de la haine du vivant. Avant, seuls quelques acariâtres au seuil de l’alzheimer chassaient les oiseaux de leurs maisons. Maintenant la beaufisation est devenue banale.

Par exemple :

http://alaboheme.canalblog.com/archives/2007/10/23/6638924.html

 

l’habitation elle-même est devenue un espace hostile à la vie

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