Sens dessus dessous 11 : Juin – décembre 2016

décembre 2016

Quelque part, et même en Bourgogne, on restaure les ruisseaux !

Pays d’Art et d’Histoire et… grande distribution de désertification et de pollution

La guerre des communaux se poursuit

Moi, Daniel Blake

 

novembre 2016

Près de 50 % des sons enregistrés depuis les années 1960 ont disparu de la surface de la Terre

La mort vient en bagnole

La condition inhumaine

NDDL : impostures et simulacre

Comment est organisé le pourrissement : l’exemple de Bure

Le fiasco est complet (le dernier rapport sur l’effondrement biologique)

L’étiquetage du mode d’élevage

La solitude du lanceur d’alerte

En France, le viol est un phénomène massif

Y a pas qu’en Pologue

 

octobre 2016

Descente de pro-pesticides sur le marché de Saint Gengoux le national

Une coordination spécialisée anti-Center Parcs. Pourquoi ?

Bob Dylan après Dario Fo

 

septembre 2016

Déclin des passereaux : prise de conscience

Si l’on veut à toute force construire sur la campagne, au moins, que l’on fasse de l’architecture !

Collusion d’intérêts entre élus et Center Parcs ?

à vos agendas 

Et vous, « Anthropocène« , ça vous va ?

L’isolation par l’extérieur dans le bâti ancien

Renaturaion de la Corrèze à Tulle 

échanges autour de la raréfaction des insectes

VOUS AVEZ VU UNE GUÊPE CETTE ANNÉE ?

Pesticides dans les ruisseaux, dans les nappes phréatiques… pesticides partout

Vous reprendrez bien une dose de bourrage de crâne (le mythe André Gorz) ?

dans le JSL : Les enjeux de la diversité du vivant

 

août 2016

Droit au coeur du chaos, pied au plancher 

Vous avez vu une guêpe cette année ?

La dévitalisation des bourgs par les supermarchés et les lotissements

La solution pour éviter une France moche

 

juillet 2016

Dès lundi 8 août, l’humanité vivra à crédit

L’Olivier, le film de Iciar Bollain

Révolution en Saône et Loire : 

une prise de conscience des méfaits de la grande distribution ?

Une « société » capable de traiter ainsi les réfugiés a perdu la mémoire et le sens du bien commun, et n’a plus rien à espérer

Diesel et particules fines : des effets à long terme

Le crépuscule des coraux

Le crépuscule des grenouilles

Ah, les tomates des supermarchés…

Le camion de Nice n’a pas surgi du néant 

Tiens ! une zone humide préservée en Saône et Loire

Patrimoines, paysages, bien commun… Les vers sont dans le fruit

Rocard couvert d’éloges ! 

 

juin 2016

LE COÛT DE « LA GRANDE DISTRIBUTION » – Tout ce qu’on nous a fait avaler !

 

 

 

 

décembre 2016

Quelque part, et même en Bourgogne, on restaure les ruisseaux !

Un lit rectiligne, creusé et élargi, déconnecté de la végétation… L’Avant-Dheune, rivière de Côte d’Or, avait été défigurée dans les années 1950 à 1980. La truite fario en a souffert, comme le reste de la faune et de la flore… Mais aussi les humains, puisque les inondations se sont trouvées aggravées.

Autant d’arguments qui, en 2015, ont permis à Marc Labulle, président du Syndicat mixte d’aménagement des affluents rive gauche de la Dheune de convaincre deux exploitants et deux propriétaires – sur trois concernés – de laisser place à des travaux à Meursanges, en bordure des pâturages. Ces travaux visaient à redonner à la rivière son lit originel, sinueux, sur une partie où on le devinait encore, en complément d’autres actions conduites ailleurs (suppression de seuils, par exemple). Au final, le tracé de la rivière est passé de 105 à 220 mètres.

Pays d’Art et d’Histoire et grande distribution de désertification et de pollution

Extraordinaire : le président du Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus est un partisan de l’écrasement des commerces de proximité et des campagnes sous la grande distribution financiarisée et la spéculation immobilière qui l’accompagne !

Une bonne nouvelle, cependant, des élus ont pris conscience de la nuisibilité de ces projets (et des implantations déjà réalisées). L’amorce d’une évolution ?

 

 

 

La guerre des communaux se poursuit

dans l’inconscience quasi générale

L’histoire secrète de la dette

(et de l’organisation du saccage généralisé)

Le déficit, c’est quand les dépenses annuelles du budget de l’Etat sont plus importantes que les recettes. C’est un flux. La dette publique, c’est le cumul des emprunts souscrits pour financer ces déficits. C’est un stock. Quand le budget de l’Etat est en déficit, ce qui est le cas depuis 25 ans, il doit emprunter pour pouvoir rembourser ses créanciers. 

(…)

https://www.franceinter.fr/economie/l-histoire-secrete-de-la-dette 

Excellente émission pour se rafraîchir la mémoire – ou apprendre – sur différentes étapes récentes de l’assujettissement des services publics et, généralement, du bien commun à la finance spéculative ; autrement dit : de la spoliation totale en cours. 

En particulier la très importante étape de la prise de contrôle des fonds publics par la finance spéculative et, plus profondément, par l’idéologie de la prédation sans limites qui prévaut depuis Bretton Woods 1944 (suprématie du dollar sur toutes les autres monnaies).

Mais pourquoi avait-on voté en 1973 cette loi imposant à l’Etat de passer par les banques privées ou les marchés pour financer sa dette ?

http://www.atlantico.fr/decryptage/loi-1973-prets-etats-banques-privees-interdiction-banques-centrales-argent-taux-zero-jeanluc-schaffhauser-269187.html#sgbQ4AVkDsZyLLyg.99 

1 La Dette, Une Spirale Infernale (Arte 3/2/2015) 1 h 20 

ci-dessous, un aperçu sur l’un des nombreux effets de ce détournement massif…

Moi, Daniel Blake

film de Ken Loach

La machinerie de l’exploitation à outrance de la biosphère – donc des hommes – s’est subdivisée. Elle a créé des machines à exclure doublées de machines à broyer toute résistance individuelle et collective.

Que survienne un accident de la vie, une perte d’autonomie même temporaire, et le plus tranquille des citoyens peut glisser entre les mâchoires d’une bureaucratie sans fond (a). Les questionnaires, les formulaires, les procédures, les règlements abusivement appliqués à ceux qui n’ont signé aucun contrat les engageant, les tracasseries poussées jusqu’au sadisme, le tout servi par des bataillons de kapos décérébrés… le harcèlement révèle le projet totalitaire.

Le harcèlement est devenu « méthode managériale ». et pas seulement dans les « sales boites ». Il a été étendu même à l’administration d’État pour « gérer » ceux qui osent demander leurs droits, plus encore ceux qui lèvent le petit doigt pour informer et protester (les lanceurs d’alerte en savent quelque chose). Rien ne manque pour fragiliser, humilier, réduire, anéantir la fierté construite par toute une vie, démolir la personne et sa respectabilité. Au-delà de la personne, c’est la communauté sociale qui est visée, ce qui la structure et la fait résistante aux agressions, voire créative. C’est pourquoi, comme Daniel Blake, ce sont les empathiques, les solidaires, ceux qui font société (des « honnêtes » comme dit à Blake la seule employée encore vivante), qui sont frappés le plus durement. Parce qu’ils sont les plus sensibles et, surtout, parce qu’ils entretiennent et tissent les interrelations constitutives de la société, donc ce qui résiste au système prédateur qui a initié l’ensemble du programme. 

(a) Nous pouvons en avoir un avant goût avec les plus banals incidents administratifs de la vie quotidienne ; par exemple, quand la facture d’un fournisseur ne nous arrive pas et que, sans se poser la moindre question, celui-ci suspend son service sans même informer son client (Orange en est assez coutumier). Déjà se révèle le mépris de l’autre et souffle la bise totalitaire.

 

 

 

rive inquiétante de l’expression démocratique

Le contrat confiant la gestion de la distribution de l’eau potable du SIE de l’Arconce à la SAUR arrive à échéance au 1er juillet 2017. 

Face à l’incertitude sur l’avenir des syndicats intercommunaux d’alimentation en eau potable découlant de la loi NOTRe et du nouveau schéma départemental de coopération intercommunale applicable au 1er janvier 2017 (1) le comité syndical avait envisagé lors de la réunion du 27 octobre 2015 une prolongation d’un an du contrat. 

La SAUR refusant de prolonger d’un an le contrat passé avec le SIE, le 6 avril dernier le comité syndical (2) avait à se prononcer sur le choix du prochain mode de gestion (gestion directe par la collectivité ou gestion par une entreprise privée). 

Un document destiné à préparer la délibération avait été adressé aux membres du comité syndical proposant de confier, à nouveau, la gestion du service à une entreprise privée. 

A la réunion, sur proposition du président, le comité syndical, s’est prononcé à l’unanimité pour la poursuite de la gestion par une entreprise privée. Le compte rendu de la réunion indique que le comité syndical a délibéré avant de se prononcer. Pour rappel, délibérer signifie décider après débat, discussion, ce qui est l’essence de la démocratie. Sans débat la décision perd son caractère démocratique. Présent à la réunion je n’y ai entendu aucun débat; la surdité due à l’âge peut-être !!!

P.B. 

(1) notamment le regroupement possible de syndicats et le transfert de compétences communales eau et assainissement aux communautés de communes possible dès 2017.

(2) le comité syndical est constitué de délégués libres de leurs décision

Euh, vu le refus de l’information, la fermeture totale à tout dialogue, la consigne d’omerta sur toutes les affaires publiques concernant, bien sûr, le bien commun et engageant l’argent public, expérience permanente des défenseurs de l’eau et de l’environnement depuis les années 1970 au moins, la démocratie et le sens de l’intérêt général sont des notions ignorées des élus et des fonctionnaires du secteur.

ACG – collectif de Saint Gengoux le National

 

 

 

une émission sur les pratiques mafieuses de la grande distribution

grande distribution : négociations musclées

France Inter 13H20

« Aujourd’hui, ce n’est plus de la négociation, c’est un diktat.« 

« On vous dit « je veux acheter 3% ou 5% moins cher que l’année dernière », peu importe que les matières premières sur lesquelles vous travaillez augmentent, ou que vous ayez besoin d’augmenter vos investissements industriels. Il y a de moins en moins de contrepartie en échange des prix concédés au distributeur. Il n’y a plus vraiment de négociations. » 

Peu importe, aussi, ce que deviennent les producteurs et les artisans***

Voir aussi la présentation du livre de Christophe Brusset :

« Vous êtes fous d’avaler ça !« 

Du miel sans miel produit par un pays sans abeilles, mais un faux miel gorgé de pesticides ajoutés gracieusement.

Des épices épuisées revivifiées à l’arôme artificiel.

Du concentré de tomates moisies maquillé par des artistes chimistes.

Du piment finement broyé avec ses poils et ses crottes de rats.

Des lasagnes au bœuf à la viande de chevaux trafiqués du nord au sud de l’Europe (affaire Findus 2013).

Des jambons gonflés à l’eau et aux produits chimiques, « jambons » de cochons torturés dans des usines à viande – le bas du bas de gamme transformé en plus bas encore.

Des produits laitiers dilués à l’eau mais généreusement sulfités pour stabiliser.

Des suppléments de micro-plastiques d’emballages à peu près partout…

Juste un échantillonnage de ce que peut vous offrir l’agro-alimentaire distribué par les champions des prix bas pour un maximum de profits.

Les prix bas…

La grande distribution a fait main basse sur l’industrie agro-alimentaire de notre pays. Les cinq enseignes françaises sont présentes partout dans le monde, de la Chine à l’Amérique du Sud, en passant par l’Afrique. Cette réussite a été financée ces vingt dernières années par un saignement à blanc des PME françaises, et par une ponction indue du pouvoir d’achat des consommateurs, vous. (…)

ci-dessous en juin

Ensuite un reportage sur un autre sujet complémentaire et tout aussi intéressant : 

Les lanceurs d’alerte

Secrets d’info par Jacques Monin

France Inter le samedi à partir de 13H20

*** Un petit rappel historique s’impose : 


Qu’y a-t-il à l’origine de ces pratiques ?


La prise de pouvoir de la distribution financiarisée sur les producteurs. C’est ce qui a fait la toute-puissance de « la grande distribution« .


Et comment est-ce arrivé ?


3 actions majeures :  

 

mars 1960, la circulaire Fontanet

juillet 1960, le « Comité d’experts Rueff-Armand pour la suppression des obstacles à l’expansion économique« *, réunissant la technocratie néo-capitaliste et la fine fleur des banques et du patronat, recommande : 

le « respect intégral des prescriptions réglementaires et notamment de la circulaire interministérielle du 31 mars 1960 sur les refus de vente, afin de ne pas paralyser l’intervention de nouveaux distributeurs pratiquant des méthodes commerciales susceptibles d’accroître la tension concurrentielle à l’intérieur du circuit de distribution« 

 * ancêtre de la récente « Commission pour la libération de la croissance« , dite « Commission Attali »

seconde moitié des années 1960, Michel Rocard et Michel Bosquet (1) mobilisent le ban et l’arrière ban de la « deuxième gauche » (PSU, Nouvel Observateur, Le Monde…) pour réclamer l’application de la circulaire Fontanet afin d’aider Michel Leclerc (!) et Henry Hermand dans la conquête des marchés au détriment des commerces de proximité.  

A l’inverse de ce qu’elle faisait paraître (reprise des contestations et des alternatives de la nouvelle gauche, autogestion, etc.), cette « deuxième gauche » a fortement contribué à promouvoir l’étranglement des producteurs petits et grands, à déstructurer le commerce et l’artisanat, donc la vie sociale, donc les cités petites et grandes… Elle a, donc, contribué à l’essor de l’automobile individuelle, donc à l’explosion des pollutions et des destructions, donc à la crise sociale et écologique, etc.  

La pensée visionnaire de l’un de ses chouchous a le mérite de ne laisser aucune place au doute :

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer » 

Edouard Leclerc, Nouvel Observateur 1966

Les conséquences de l’accroissement de la tension concurrentielle à l’intérieur du circuit de distribution ont été catastrophiques pour la qualité et la diversité de toutes les productions (des petites fermes aux grandes fabriques), pour les innombrables familles ruinées et bouleversées, pour les métiers autonomes et « l’emploi« , pour la vie des villages, des bourgs et, même, des rues commerçantes des villes, pour les campagnes noyées sous le bitume et le béton des supermarchés, des parkings, et des voies d’accès, pour l’état des sols, des eaux, de l’atmosphère, etc. 

(1) Très intéressante émission qui confirme les enquêtes précédentes* et, plus encore, la dérive continue que rien ne semble pouvoir arrêter.

* ainsi l’excellent « La grande distribution – Enquête sur une corruption à la française » de Jean Bothorel et Philippe Sassier, Bourin éditeur 2005.

https://www.bourin-editeur.fr/fr/books/-la-grande-distribution-enqute-sur-une-corruption-la-franaise/245/ 

Mais quel dommage que l’historique de l’affaire n’ait pas été étudié, sa genèse, ses promoteurs, leur politique volontariste pour imposer l’ultra-capitalisme, et ses conséquences dramatiques qui faisaient partie des objectifs, etc. Plusieurs propos en auraient été éclairés, en particulier sur le caractère sciemment mortifère du système et l’étendue de son soutien depuis 60 ans. 

(2) Michel Bosquet est maintenant appelé André Gorz… C’est bien celui que de curieux « historiens » – des blagueurs sans doute – veulent faire passer pour un « philosophe de l’écologie« , etc.

André Gorz et la falsification de l’histoire de la nouvelle gauche écologiste
http://planetaryecology.com/la-legende-andre-gorz/

sur quelques conséquences, ci-dessous :

Comment la France a tué ses villes

et, localement, l’exemple tout chaud de Tournus (ci-dessous en juillet) : 

La grogne contre le Centre Leclerc à Tournus prend de l’ampleur

 

 

 

 

novembre 2016

Près de 50 % des sons enregistrés depuis les années 1960 ont disparu de la surface de la Terre

à la Fondation Cartier :

Le Grand orchestre des animaux de Bernie Krause

http://info.arte.tv/fr/le-grand-orchestre-des-animaux-de-bernie-krause 

THE GREAT ANIMAL ORCHESTRA: A Performance & Dialogue in Soundscape and Poetry 

https://www.youtube.com/watch?v=tsEgbo1o70g

publié dans cette rubrique en décembre 2015 :

Un silence de mort s’étend partout

Chacun peut l’observer en Bourgogne Sud où la destruction va bon train. Nous l’avons fait cet été avec Les guêpes témoins de l’effondrement ?

 

 

 

La mort vient en bagnole

à propos de :

Comment la France a tué ses villes, par Olivier Razemon, éditions Rue de l’échiquier, 208 p., 18 €.

Écoutons le diagnostic des habitants : « Le problème, c’est qu’ici, les gens vont à l’hypermarché au lieu de faire leurs courses en ville. » Dans cette phrase, il se trouve un terme en apparence anodin, mais en réalité primordial : « vont », le verbe « aller ». Donc, les gens « vont » à l’hypermarché. Mais comment y vont-ils donc ? Quel moyen de transport utilisent-ils pour se rendre dans le temple de la consommation plutôt que dans le magasin qui se trouve dans leur quartier ? La réponse, on la connaît : quand les gens « vont », en fait, ils conduisent.

De nos jours, les distances ne signifient plus grand-chose. « Ce samedi, je vais faire des courses à Marseille » peut vouloir dire, aussi bien, baguenauder rue Paradis ou passer deux heures au centre commercial de Plan de campagne, à 15 kilomètres de la Canebière.

La motorisation provoque une confusion des échelles. Les adverbes et locutions « près », « à côté », « loin », ne signifient pas la même chose selon qu’on se déplace avec un moteur ou sans. « Au cœur de la grande région » ou « au centre de l’agglomération » désignent bien souvent « en pleine campagne, à 10 km des centres urbains ». Les agents immobiliers, comme tout le monde, ont pris l’habitude de communiquer en minutes, et non en kilomètres : « Votre terrain à bâtir à seulement 5 minutes des commerces. » On peut même habiter à quelques kilomètres d’une préfecture de 50.000 habitants, profiter régulièrement de tous les services générés par cette proximité (les géographes disent « aménités »), et ne jamais mettre les pieds sur la place de l’hôtel de ville.

L’hypermobilité motorisée permanente entraîne en revanche des nuisances considérables qui finissent par corroder, avilir, disloquer le territoire. Les premières études révélant les impacts de la voiture sur le milieu urbain datent des années 1960 ou 1970, souligne Frédéric Héran dans La Ville morcelée, un ouvrage consacré aux « effets de coupure en milieu urbain ». « Les choses en sont venues à ce point que tous les services urbains dépendent étroitement de la circulation automobile. Celle-ci prend à la fois aux habitants des banlieues le temps et l’espace. Il en résulte des sentiments de frustration et des accès de mauvaise humeur car, sous le beau prétexte d’augmenter la vitesse de circulation, on ne parvient en fait qu’à la ralentir, à rendre les rencontres plus difficiles en dispersant dans un vaste secteur régional les fragments épars de la cité », observait l’historien américain Lewis Mumford, spécialisé dans l’histoire de la technologie, en… 1961.

Pour comprendre à quoi ressemble une ville entièrement dominée par la voiture, on peut certes s’envoler pour Atlanta, Beyrouth ou Shanghai. On peut aussi se contenter de traverser Saint-Nazaire ou Bar-le-Duc un mardi après-midi.

http://w41k.com/119554

 

Quels centres-villes résistent?

http://www.lsa-conso.fr/quels-centres-villes-resistent,253560

 

 

Une communication de l’Agence du Bassin Rhône Méditerranée Corse

https://www.youtube.com/watch?v=21YAP8RF_sw

Rainforest – Sounds at Full Moon – 1,5 HOUR Nature Sounds #4 – Costa Rica Slow TV Soundscapes

La condition inhumaine

Opérant au hachoir ontologique la coupure nette entre l’homme et l’animal, Descartes dans le Discours de la méthode concède que l’organisation identique des organes peut laisser accroire que la bête, qui n’est à ses yeux qu’une machine, s’approche de nous notamment parce «qu’elle crie qu’on lui fait mal, et choses semblables», mais l’argument est balayé aussitôt car l’animal ne peut accéder au sens et à l’expressivité articulée ainsi que «les hommes les plus hébétés peuvent faire». L’éthologie contemporaine met désormais l’accent sur la sensibilité animale et des niveaux de socialisation qui rendent de plus en plus difficile d’accepter la désinvolture avec laquelle les hommes détruisent le règne animal ou le chosifie en matière inerte bonne à élever, tuer et consommer.

(…)

dessin de Mix & Remix

 

 

 

NDDL : imposture et simulacre

L’espoir que le ciel n’est pas vide avait été ravivé par une rapporteure publique faisant un salutaire rappel à la loi et à la logique du vivant (1). La larme à l’oeil, des foules de croyants se maudissaient déjà d’avoir été trop sceptiques vis à vis de l’institution. Ils s’apprêtaient même à reprendre le chemin des urnes.

Mais, dans un système « anti-nature«  débridé depuis des décennies, la résilience n’est que mirage. Force doit rester au saccage du bien commun !

Pillons, détruisons, ne laissons rien subsister !

Les croisés de l’Ordre du Profit ont encore fait résonner une enceinte de « l’État de droit » de leurs cris. Cri d’amour pour la domination, cri de haine pour la vie. Happés par le vertige de la mort, ils ont précipités le monde dans un chaos. Mais que leur importe ? Ils en jouissent.

Ils n’ont jamais souffert la moindre résistance. Toutes les tentatives ont été étouffées ou récupérées. Celle de l’opposition à la destruction du pays de NDDL n’a fait qu’exaspérer leur fièvre et leur entêtement.

La préservation du peu qui reste ? Infléchir leur course à « la croissance marchande » (2) ? Libérer les alternatives à leurs chères – très chères – industries dures ? Vous n’y pensez pas ! Le chaos est leur élément, et de toutes leurs forces, ils veulent l’amplifier pour se sentir encore puissants pendant qu’il en est temps :
Romain Felli: «Au lieu d’être un obstacle pour le capital, le…
liberation.fr

Le capitalisme tire parti de la crise climatique pour sauver ses profits 

La Sibérie étant démodée, la magistrate rapporteure publique ira sans doute poursuivre sa carrière exemplaire en Guyane, ou en Nouvelle Calédonie comme les gendarmes qui voulaient intervenir au Bataclan  

(http://www.profession-gendarme.com/attentat-pourquoi-ont-ils-interrompus-laction-des-gendarmes/)


(1) http://www.francetvinfo.fr/politique/notre-dame-des-landes/notre-dame-des-landes-le-rapporteur-public-demande-l-annulation-d-arretes-autorisant-les-travaux_1909699.html



(2) « La croissance marchande » vantée par Michel Rocard et le bureau du PSU en 1974 dans un courrier qu’ils croyaient confidentiel.

 

 

 

 

un peu de beauté pour reprendre des forces…

 

 

 

L’exemple de Bure

Comment est organisé le pourrissement

Interview d’un représentant du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (CEDRA) dans l’émission Carnets de Campagne :

Dans la Meuse et la Haute Marne, depuis 2005, pour appuyer la création du centre d’enfouissement, des « fonds d’accompagnement » sont distribués sur toute la région. Ils sont passés de 10 millions à 20 millions, puis à 30 millions d’euros (…)

Nous, citoyens, nous avons un problème énorme de démocratie. Le citoyen n’est pas entendu. Malgré tout ce l’on peut dire avec les enquêtes publiques, etc., on se rend compte que cela ne sert absolument à rien.

Surtout, notre fondement, et on le dit à chaque nouveau gouvernement, c’est que si on était dans une vraie démocratie, la première chose à faire serait d’arrêter ce fameux robinet qui arrose tout le monde dans le secteur : c’est l’achat du silence, voire l’achat des consciences.

Le journaliste : Mais où va cette énorme manne financière depuis, maintenant, plus de 10 ans ? 

 

Elle va partout et c’est cela, justement, le problème sur les deux départements. Il y a la volonté d’arroser le plus de monde possible, ce qui fait que tout le monde ayant la main plus ou moins volontairement dans le pot de confiture, la plupart en profitent. Cela va même jusqu’à des ravalements de façades sur des maisons particulières qui donnent droit à une prise en charge de 10/20/30 % de la facture !

(…)

le site du CEDRA (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs)

 

 

Le fiasco est complet

Après le Jour du Dépassement * établi maintenant au début du mois d’août, le dernier rapport sur l’état de la biosphère confirme l’effondrement du vivant. Vu la progression exponentielle des destructions et la furie de la domination et du profit qui ont été imposés à peu près partout et à tous les niveaux, il ne peut en être autrement.

* de la capacité de la biosphère à renouveler ce que les hommes consomment et détruisent chaque année

http://assets.wwffr.panda.org/downloads/27102016_lpr_2016_rapport_planete_vivante.pdf

Cependant, il est fâcheux que le rapport soit sous-titré « Risque et résilience dans l’Anthropocène » et que, tout au long du texte, on rencontre « l’Homme«  au singulier. De même cet « Homme«  est distingué de « la Nature« , comme si l’humanité était étrangère à la biosphère. Mais s’agit-il d’une maladresse ? Cela cache les causes culturelles et structurelles du naufrage. Aucune esquisse d’analyse là-dessus ! Ainsi, l’attention est-elle détournée du principal responsable du désastre, qui n’est, évidemment, pas l’humanité dans son ensemble (1) !

Face à une telle faillite, ne serait-ce que pour deviner comment enrayer le processus mortifère, l’important serait d’apprendre comment et pourquoi – bref, l’histoire de toute l’affaire.

Le hic, c’est que cet « Anthropocène » rejette la responsabilité sur tous, y compris les victimes (2). Donc, il détourne des questions éclairantes sur la genèse du processus. A croire que le mot et l’idée ont été pondus exprès… Tactique de l’écran de fumée ? Une grosse annonce très médiatisée pour attirer l’attention en paraissant à la pointe de la cause écologiste, mais assortie d’un message lénifiant et démobilisateur, un leurre qui accroît la confusion… Comme souvent.

Les écologistes analysent et préviennent depuis des dizaines d’années, plusieurs générations. Sans même évoquer les grands anciens, l’alarme a été donnée dans les années 1950/1960.


Il y avait, alors, un vrai sentiment d’urgence car des destructions sans précédent étaient développées partout, et les projets mirifiques présentés comme des « progrès » annonçaient des désastres encore plus grands. La disponibilité et la sensibilité étaient plus grandes qu’aujourd’hui puisque les prémices des catastrophes actuelles qui ne motivent pas grand monde avaient suffi à soulever un mouvement planétaire. Alors, tous parlaient de « prise de conscience« . Mais, ce que nous ignorions et qui expliquait la mutation dont nous ne voyions que les effets, c’est la prodigieuse mobilisation de forces pour pousser sans limites l’exploitation des hommes et de la biosphère : la globalisation néo-capitaliste.


En ces temps de guerre économique totale sous prétexte de « guerre froide« , l’alerte écologiste n’est pas passée inaperçue des stratèges à la manoeuvre. Une partie de l’appareil de la « guerre froide » a été redirigée contre les nouveaux trublions. Très vite, les écologistes ont été entourés par des gens qui disaient partager leurs inquiétudes, et ne leur vouloir que du bien. Mais ceux-là étaient venus pour tout autre chose. Comme auparavant les militants sincères des organisations syndicales et politiques *, les écologistes indifférents aux manœuvres de séduction-intimidation ont bientôt été muselés, escamotés, remplacés par des masques, rejetés et condamnés à l’impuissance et au silence. Bannis. Le capitalisme ne souffre aucune résistance.

* principalement entre l’organisation de la scission de la CGT, en 1946/47, et la grande vidange du PSU en 1964

En quelques années, c’en était fini de la mobilisation des consciences et des volontés. La finance, les lobbies adoubés, les ex-faux gauchistes révélés néo-cons, et les « gagneurs« , avaient le champ libre. Nous ne cessons d’en admirer les résultats.

Les foules n’ont rien vu de la substitution. Elles n’ont pas non plus compris pourquoi leurs espoirs étaient sans cesse bafoués par ceux qui disaient les représenter et les défendre. Elles ont longtemps continué à élire les imposteurs en espérant un retour à la cohérence. La confusion engendre toujours plus de confusion.


Le désastre n’a pas été généré par la culture du bien commun qui, naturellement, a longtemps été la mieux partagée. La situation écologique est devenue gravissime parce qu’elle l’est culturellement, philosophiquement et politiquement depuis longtemps, parce qu’il y a eu un changement de paradigme, d’habitudes et de réflexes. Avec l’élimination systématique des forces vives de la nouvelle gauche écologiste qui proposaient la restauration de la culture du bien commun pour éviter le chaos et construire une civilisation conviviale, le sens, le « bon sens« , celui inspiré par le vivant, a été perdu.


Maintenant, le risque est très grand que les foules abusées et désinformées se tournent massivement vers les Diafoirus les plus fous. C’est déjà le cas pour ceux qui sont tombés dans la violence et augmentent l’alarme des autres désorientés.


Les apprentis sorciers ont lancé et continuent d’entretenir la spirale infernale. Le leurre Anthropocène démontre leur volonté de ne rien changer sur le fond (3).

ACG

(1) « Et vous, « anthropocène« , ça vous va ? »

https://renaissancerurale71bis.wordpress.com/2016/10/28/et-vous-anthropocene-ca-vous-va/

Dans tout ce rapport de 144 pages, pas une fois capitalisme, capitalisation ou globalisation. Pas même libéralisme. Tout juste libéralisation (du commerce) : 2 fois.

 

(2) Le seul exemple, mais apocalyptique, de l’huile de palme industrielle dit où sont les responsabilités : « Huile de palme : désastre mondial« 

(3) Au lieu d’être un obstacle pour le capital, le réchauffement climatique lui permet de s’étendre à de nouveaux secteurs

« (…) Y a-t-il une réelle volonté des Etats et des sociétés d’enrayer le réchauffement climatique ? Géographe et politiste suisse Romain Felli en doute et voit plutôt se profiler, depuis des années, une logique d’adaptation qui servirait un «capitalisme climatique». Dans un essai percutant, la Grande Adaptation : climat, capitalisme et catastrophe, il met en lumière ce qu’il estime être un renoncement. (…) »

La Grande Adaptation, par Romain Felli

https://www.unige.ch/environnement/fr/home/actualites/la-grande-adaptation/

Le capitalisme tire parti de la crise climatique pour sauver ses profits

le trimestre précédent (juin – septembre 2016) :

 

 

 

septembre 2016

58 ans après la publication de Printemps silencieux

Descente de pro-pesticides sur le marché de Saint Gengoux le National

Imperturbables. 


– Malgré la gravissime et très répandue pollution des eaux par les pesticides, 


– en dépit de la reconnaissance de leurs maladies professionnelles et des maladies des populations exposées à leurs traitements chimiques, et, en général, de la multiplication des cancers,


– malgré la pollution même des vins issus de l’agriculture industrielle, 


– et malgré la responsabilité des pesticides dans le catastrophique effondrement biologique, depuis une cinquantaine d’années, 


– indifférents au sort de leurs descendants (ou inconscients ?)


des viticulteurs manifestent encore haut et très fort leur volonté de poursuivre dans la mauvaise voie.

Le système prédateur des sociétés humaines et de la biosphère a si bien manipulé, piégé et contaminé la plupart que beaucoup de ses victimes sont devenues ses défenseurs.

Lettre de Action Solidarité Rurale

A Vaux en Pré, le 7 novembre 2016

Aux membres du Conseil d’Administration

de la Cave Coopérative de Saint Gengoux- Buxy

Mesdames, Messieurs

Nous souhaitions à travers ce courrier revenir sur l’intervention musclée de certains de vos adhérents , alors que des membres de notre association faisait signer une pétition pour la limitation de l’usage des pesticides à proximité des habitations, des écoles et de la voie verte.

Déroulement des faits :

Vers 11 h, au rond-point du centre ville, un de nos adhérents fut bousculé brutalement par derrière, un individu déchira violemment la pancarte cartonnée qu’il avait disposé dans son dos. Il fut à demi-encerclé par une bonne demi-douzaine de viticulteurs poussant des vociférations à son encontre.

L’un d’eux rapprocha son front du sien pour sans doute l’intimider encore un peu plus ou le provoquer. Un couple d’amis qui passaient par là vinrent le protéger…Plusieurs personnes peuvent en témoigner.

Pendant ce temps, ses collègues hurlaient leur colère et proféraient des insultes. L’un d’entre eux, sous le prétexte de prendre connaissance du texte de présentation, finit par subtiliser à une de nos adhérentes une à deux feuilles de pétition déjà remplies

Des menaces furent proférées à l’encontre d’un membre de notre association, absent ce jour-là pour de graves raisons de santé. Trois membres de l’association qui revenaient d’un rendez-vous avec le maire de la commune continuèrent d’échanger avec le groupe de viticulteurs.

L’échange même, s’il resta vif, s’apaisa un peu et se termina vers 12h

Si nous concevons que tous ne soient pas en accords avec nos idées et réflexions, nous ne pouvons tolérer de tels agissements, en particulier les menaces graves et directes à l’égard d’un de nos amis Nous les dénonçons et les condamnons ouvertement.

Nous avons conscience que beaucoup de coopérateurs de la Cave ne se situent pas dans le registre de l’agressivité et de l’intimidation. 

Ce registre n’a d’ailleurs fait que renforcer notre détermination et les solidarités inter-associatives au niveau départemental et même national. 

Notre association se revendique de l’action non violente, elle a toujours agit dans le respect des personnes même si parfois le débat a pu être vif.

Dans ce cadre, nous continuerons donc comme nous l’avons dit sur le marché à faire signer la pétition en cours, qui soulignons le, rencontre un franc succès auprès de la population.

Elle correspond à une réelle inquiétude, une véritable prise de conscience des dangers des pesticides.

Voilà une dizaine d’années que nous abordons ouvertement et publiquement le sujet dans la région

En 2006, projection de Pesticide Non Merci à Saint Gengoux

En 2008, notre association et ses adhérents rencontraient à Saint Gengoux Pierre MARTINERIE Vice président au Conseil Général chargé de l’Environnement pour des mesures concrètes quant à la limitation des pesticides, la réponse avait été qu’il nous fallait être patients,

Le 11 mars 2009 projection du Film « Nos enfants nous accuserons » à la Maison du Terroir

Rencontre débat : développer l’agriculture paysanne à Joncy avec la confédération paysanne

En 2013 Projection des films de Marie Monique ROBIN « Le Monde selon Monsanto, Notre Poison Quotidien, les Moissons du Futures » respectivement à Bonnay et Genouilly

En novembre 2013, conférence débat avec Marc DUFUMIER , agronome internationalement reconnu sur le thème « Comment la Bio peut nous sauver »

Mars 2016, projection à Saint Boil du film « Insecticide, mon amour » concernant le traitement systématique en Saône et Loire et Côte d’or contre la cicadelle.

Nous vous avons invités à plusieurs reprises en particulier :

  • En 2007, lors de la venue de Claude et Lydia BOURGUIGNON, agronomes de renommée mondiale qui mettent en avant l’importance de la préservation de la vie du sol, génératrice du Terroir si important pour le vin. Les pesticides et engins lourds et divers en sont les destructeurs.

  • Le 9 octobre 2015, lorsque nous avons diffusé la Mort est dans le Pré avec la présence d’un agriculteur conventionnel victime d’un lymphome reconnu aujourd’hui comme maladie professionnelle et d’un ouvrier viticole ne pouvant plus tolérer aucun contact avec des pesticides.

Si nous savions que la démarche n’était pas facile pour des agriculteurs conventionnels, nous pensions créer l’occasion d’un premier échange qui ne s’est hélas pas concrétisé.

En août 2014, nous vous avons écris pour de plus amples informations concernant la charte dont il était question dans un article du JSL, notre courrier est resté aujourd’hui sans réponse.

Si nous ne sommes pas viticulteurs, nous avons fait l’effort de nous documenter considérablement

(cf bibliographie jointe) et nous estimons avoir acquis un certain nombre de connaissances qui nous permettent d’assumer nos positions.

Partisans de l’échange et du dialogue, persuadés que nos intérêts peuvent être convergents : préservation de la santé des agriculteurs et de la population, valorisation du travail des paysans, qualité des produits, nous vous proposons une rencontre avec les membres du CA de la Cave 

Nous pourrions aussi réfléchir ensemble aux véritables Lois qui pourraient voir le jour pour encourager les paysans à se réapproprier leur activité, pour une juste rétribution dans le cadre d’une production de qualité, pour une véritable reconnaissance du travail paysan.

Une rencontre avec certains viticulteurs bio, pourrait être envisagée. Leurs pratiques montrent qu’on peut se passer de pesticides toxiques.

En biodynamie, les viticulteurs n’utilisent plus aucun pesticide, préservent les plantes en bonne santé et traitent les maladies avec des jus et tisanes naturelles sans atteindre la biodiversité, en préservant l’environnement, donc notre santé à tous.

Les limitations d’épandages pourraient permettre de tester ses alternatives sur les parcelles concernées.

Dans l’attente, recevez Mesdames, Messieurs, nos salutations citoyennes

Pour ASR

Alain CHALLOT Pierre RENAUDIE

PS : Ce courrier fera l’objet d’une large diffusion dans nos réseaux locaux et nationaux, aux élus locaux, ainsi que d’une communication à la presse

Principales Références Documentaires

  • Tristes Campagnes, Bernard CHARBONNEAU, 1973, édition Le Pas de coté

  • Printemps silencieux, Rachel CARSON 1962 Réédition 2014

  • Pesticides, le piège se referme, François VEILLERETTE,2003, Terre Vivante,

  • Ces Maladies créées par l’homme, Pr Dominique BELPOMME, 2005, Albin Michel

  • Dictionnaire des risques 2ème Ed Sous le direction d’Yves DUPONT, 2007 Armand Colin

  • Manger bio, c’est pas du luxe, Lylian LEGOFF, 2006, Terre vivante

  • Le Sol, La Terre, et les champs, Pour retrouver une agriculture saine, Claude et Lydia BOURGUIGNON, 2008, Sang de la Terre

  • Le Monde selon Monsanto, Marie Monique ROBIN, 2008, La découverte

  • Vous reprendrez bien un peu de pesticides, Gérard POURADIER, 2010, L’Archipel

  • Le Livre Noir de l’agriculture, comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement, Isabelle SAPORTA, 2011, Fayard

  • Famine au Sud, Malbouffe au Nord, comment la bio peut nous sauver, Marc DUFUMIER, 2012, De Boeck

  • Guérir du Cancer ou s’en protéger, Dominique BELPOMME, 2015, Fayard

  • Pesticides, non merci DVD, 2006

  • Nos enfants nous accuserons DVD 2008, Jean Paul JAUD

  • We Feed the world, DVD, Erwin Wagenhofer

  • Notre Poison Quotidien, DVD, Marie Monique ROBIN, 2011

  • La mort est dans le pré DVD Eric GUERET

  • Cash investigation 2016, dossier pesticides

  • Insecticides mon amour DVD 2016

à propos :

Les guêpes témoins de l’effondrement ?

échanges sur la raréfaction des insectes, et du reste


HALTE AUX DECHIREURS DE PETITIONS

Des faits très graves pour la démocratie se sont produits sur le marché de St GENGOUX Le National le mardi 18 octobre 2016, en fin de matinée. Un groupe de viticulteurs qui s’étaient donné le mot, s’en sont pris violemment à des militants associatifs qui faisaient signer une pétition pour le droit à la santé contre les pesticides. Les agresseurs se réclamaient de la cave coopérative, et sont reconnus comme tels. Au-delà des paroles et insultes, des actes violents ont été commis par ces producteurs de raisins: – arrachage de l’affiche annonçant la pétition pour ne plus pesticider à moins de 100 mètres des écoles, des habitations et de la Voie Verte.

– Molestation d’un militant âgé en déchirant l’affiche qu’il avait sur le dos de son blouson.
– Un des agresseurs a même déchiré complètement les feuilles de pétition portant les signatures d’une centaine de personnes, réalisées sur place en 1 heure par deux ou trois militants (es) écologistes.

Déchirer une pétition est un acte excellemment antidémocratique et même fascisant contre la centaine de personnes qui s’était exprimée. Heureusement, tout le monde, à la cave Coopérative, ne partage pas ces actes. Des militants de l’association leur ont dit qu’on faisait partie de l’Association Nationale «Phytovictimes» qui représente les viticulteurs et agriculteurs touchés par le cancer et les maladies dont la cause est la pollution chimique. Et qu’on les défendaient aussi, eux et leurs enfants contre ces maladies en luttant contre les pesticides. A noter que cette association écologiste, depuis 15 ans, a organisé un grand nombre de débats, films documentaires, ou les viticulteurs et producteurs de raisins étaient invités également à discuter des alternatives aux pesticides.

Parfois, la cave a donné la consigne de ne pas y participer…

ATTAQUES PERSONNELLES ET MENACES

J’ai écris ce texte à titre personnel, car j’ai subis des insultes où mon nom et prénom ont été cités. «  il est votre Michel CHEVALIER » ont-il crié, espérant en découdre avec moi. « Si on lui tombe dessus… » ont-ils poursuivi menaçants. Ils m’accusent de slogans « pesticides = cancer » ou « pesticides assassins« …. Jamais je n’ai dit « viticulteurs assassins » et je n’ai toujours accusé que les firmes comme Monsanto ou Bayer qui vendent cette chimie mortifère ! Il est vrai qu’à titre personnel et non anonyme, j’ai distribué gratuitement sur les marchés locaux mes dessins artistiques et révélateurs sur le thème des pesticides. Mais qui peut reprocher à un artiste de diffuser ses œuvres. On ne peut pas être pour la liberté d’expression « Tous Charlie » et se comporter comme Daech contre les dessinateurs !!! Militant anti-pesticides depuis 20 ans, bien avant mon cancer, ce n’est pas la première fois que je suis menacé et que je subi des pressions inacceptables. C’est pourquoi, cette fois, je réagis publiquement (sans en faire une affaire personnelle), pour que cela reste écrit.

Avec mes amis, nous sommes tous des militants pour la démocratie et la non-violence, qui n’avons qu’un seul but: informer les habitants et débattre avec tous! Afin que personne ne puisse dire qu’il n’était pas au courant en cas de nouveaux actes menaçants, je dépose ce texte à la gendarmerie. Je l’envoie également au Journal de S et L qui décidera, selon sa conscience, si ces actes de terreur doivent être connus ou censurés.

Michel CHEVALIER

18 octobre 2016

 

LETTRE OUVERTE

le 2 novembre 2016

à Monsieur le Président de la Cave Coopérative

de Saint-Gengoux-le-National

et à Mesdames et Messieurs les Coopérateurs

objet : intervention-commando de viticulteurs sur le marché de St-Gengoux, à mon encontre

Le mardi 18 octobre, jour de marché à St-Gengoux, je participais à une action citoyenne, à l’initiative d’une association dont je suis membre (Action Solidarité Rurale), consistant à faire signer une pétition demandant que les épandages de pesticides soient réalisés à plus de 100 m des habitations, des écoles et de la Voie Verte.

Vers 11 h, au rond-point du centre ville, je fus subitement bousculé brutalement par derrière, par un individu qui déchira violemment la pancarte cartonnée que j’avais disposée dans mon dos. Je fus aussitôt à demi-encerclé par un commando d’une bonne demi-douzaine de viticulteurs poussant des vociférations à mon encontre. Celui qui m’agressa fit preuve d’une attitude particulièrement violente, en s’approchant de moi au plus près, à tel point que son front faillit toucher le mien. Son comportement fut tellement méchant et déterminé que je m’attendis à un « coup de boule », si j’avais fait le moindre geste de défense. Ulcéré, mais déterminé à ne pas reculer, je gardai mon sang-froid. Un couple d’amis qui passaient par là vinrent me protéger…et peuvent en témoigner, ainsi que d’autres personnes présentes, dont une coopératrice de la Cave, qui milite avec moi contre l’usage abusif des pesticides.

Pendant ce temps, ses collègues hurlaient leur colère et m’insultaient à qui mieux mieux. L’un d’entre eux, sous le prétexte de prendre connaissance du texte de présentation de la pétition, faisant preuve d’une perfidie inattendue, demanda à une camarade de lui montrer les feuilles qu’elle avait déjà fait signer. Il lui en subtilisa une ou deux, et s’étant abstenu de les lui rendre, il les mit dans sa poche. Cet acte, à lui seul, est hautement condamnable dans la mesure où il a ainsi usurpé les références des signataires. Que compte t-il faire des ces noms et de ces adresses ?

Parmi le flot d’insultes gratuites et grossières, et donc irrecevables, je vous signale la pire de toutes, qui mérite réponse et réparation de votre part. Des menaces de mort (« si on lui tombe dessus… ») furent proférées à l’encontre d’un membre de notre association, absent ce jour-la pour de graves raisons de santé. Pour ma part, ayant dû quitter les lieux vers 11h20, l’altercation fut gérée ensuite, de notre côté, par trois amis de l’ASR qui revenaient d’une réunion de travail avec le maire de la commune et le premier adjoint.

J’atteste la véracité des faits que je rapporte. C’est pourquoi je pense que cette intervention de type commando, en bande organisée, avec violence, insultes, menaces et subtilisation de documents privés a été préméditée dès lors que ma présence fut signalée à des viticulteurs du cru.

J’aurais pu illico me rendre à la Gendarmerie locale pour porter plainte, ou à tout le moins déposer une main courante, tant je fus écoeuré par la violence de cette agression subite, par derrière, donc déloyale et lâche. Dans notre association, l’une des règles que nous essayons de mettre en pratique est la non-violence (en paroles et en actes) et le respect de l’Autre (écoute et comportement), surtout avec des opposants à nos idées et à nos convictions. Si l’on ne peut convaincre, cela permet au moins de nourrir et de prolonger la réflexion. Sinon, comment espérer échanges et débats sereins et fructueux, si le dialogue est vicié par des comportements violents, malsains et univoques.

Je m’en suis donc tenu à cette simple maxime : toujours réfléchir avant d’agir. En groupe, nous avons échangé nos appréciations, opinions et propositions. C’est pourquoi je vous adresse cette lettre, seulement maintenant, après réflexions partagées et décisions prises en commun.

Nous n’avons jamais dit ou écrit, comme certains des vôtres nous en accusent, que les viticulteurs sont des assassins parce qu’ils usent et abusent des épandages de pesticides. Lors de nos réunions-débats, de nos conférences avec des spécialistes, de nos projections de films traitant des sujets d’actualité (sauvegarde de l’environnement, santé publique, biodiversité…) régulièrement, mais en vain, nous vous invitons. Une fois : deux jeunes viticulteurs du CDJA vinrent nous parler de vos problèmes, que nous connaissons : sauvegarder la récolte à tout prix, avec toujours plus de rendement…pour payer les factures (produits « phytosanitaires », nouvelles machines, employés, charges patronales, etc…). La quarantaine de citoyens présents appréciât leur témoignage et la problématique à laquelle vous êtes confrontés : pression effrénée des multinationales de l’agrochimie, relayées par l’ UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes, en fait des Producteurs de Pesticides)…dont la présidente est aussi directrice du syndicat professionnel des industriels des produits phytosanitaires, et comme par hasard une ancienne dirigeante de la FNSEA !

Les assassins le sont par procuration : ce sont les dirigeants de Monsanto, Bayer, Syngenta et Cie… Ils savent que de nombreux pesticides, mortels pour certaines plantes, insectes, champignons et bactéries (c’est leur fonction) sont cancérogènes pour l’homme. Des élus, des chercheurs sont complices par omission (conflits d’intérêt, corruption…). Ce sont eux que nous combattons. Vous êtes les victimes de leur toute puissance, et vous vous trompez de cible dans votre désarroi, en déversant votre colère contre nous.

Nous n’acceptons pas pour autant ce comportement. Il ne sert à rien de plonger la tête dans le marc, comme les autruches le font dans le sable…ni de comparer le glyphosate (Roundup) et le folpel au sulfate de cuivre et à la bouillie bordelaise, pour vous défausser de façon grotesque. Tout est affaire

de proportion et de dangerosité. Nous ne nions pas que même des vins bio contiennent parfois des traces de pesticides de synthèse : les épandages ne se limitent pas aux parcelles traitées. Mais les producteurs de ces vins n’en utilisent pas.

Nous avons des amis viticulteurs ou coopérateurs, avec lesquels nous avons même vendangé, qui, conscients de la nocivité des pesticides, tentent d’en réduire l’utilisation. Nous avons approuvé et soutenu ceux qui ont naguère refusé de traiter des vignes saines, non affectées par la flavescenece dorée. Nous sommes solidaires des phyto-victimes. Lors d’une projection de « la mort est dans le pré » (106 spectateurs), un agriculteur (en fauteuil roulant) et un ouvrier viticole nous ont apporté leur témoignage émouvant des ravages causés par ces produits dangereux pour la santé, dont certaines affections – méconnues par le corps médical – ne sont même pas prises en charge par la MSA.

L’importance du sujet n’a pas échappé aux médias. Des dizaines de documentaires, réalisés après enquête à travers le monde, le prouvent. Il ne suffit pas de modifier les appellations des pesticides pour les rendre inoffensifs : leur mutation en produits phytosanitaires, et récemment en « produits phyto-pharmaceutiques » n’a pas réduit les risques. Nous ne sommes pas dupes.

En juillet dernier une « Charte » a été signée en Saône-et-Loire par le Préfet, représentant l’Etat, et l’Association des maires de Saône-et-Loire, l’Union des maires des communes rurales, la Chambre d’Agriculture, la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles, les Jeunes agriculteurs, la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne, la Fédération des caves coopératives Bourgogne-Jura et la Fédération des vignerons indépendants. Elle consiste en un engagement moral, en particulier des exploitants agricoles et viticoles, à limiter les risques lors des traitements par épandage. Ils s’engagent à adapter dates, horaires et distances en fonction de la présence de personnes vulnérables.

Or, nous considérons que nous sommes toutes et tous « vulnérables »…car on ne pense pas que le pesticide saura faire le choix approprié aux circonstances et aux personnes. Il appartient donc aux professionnels « de faire respecter dans leur rangs les bonnes pratiques qu’ils mettent en avant ».

Notre pétition ne propose, en fait, qu’une application de cette Charte, en précisant toutefois une distance qui nous semble raisonnable en regard des risques potentiels. Les comportements hostiles de certains viticulteurs laissent à penser qu’ils ignorent son existence. Or, nous ne pouvons imaginer que vos représentants professionnels aient omis de vous la transmettre. A défaut, il faudrait aussi se dire que de nombreux coopérateurs ne lisent pas non plus le JSL (Journal de Saône-et-Loire). Pour ma part, j’ai trouvé toutes ces informations dans le n° du vendredi 22 juillet 2016 (intégralité de la page 7 – avec photo des participants, dont 7 représentants des professions agricoles et viticoles).

Et ce serait d’autant plus regrettable qu’elle répond, à ce jour et en partie, aux préoccupations des populations de la région. D’ailleurs, l’accueil très favorable que nous recevons en est une preuve flagrante et tangible (environ 150 signataires ce matin-la à Saint-gengoux avant que je sois interrompu).

Enfin je pense que la façon avec laquelle se sont manifestés ces viticulteurs ne peut être que contre-productive en matière de publicité pour votre coopérative, dont j’ai été plusieurs fois client comme plusieurs autres membres de l’ASR.

Néanmoins, je vous présente mes salutations citoyennes.

Régis Hagry

Une coordination spécialisée anti-Center Parcs. Pourquoi ?


Sans que les autres résistants aux projets nuisibles en soient informés, ni bien sûr consultés au préalable, est née une coordination spécifique aux ambitions de Center Parc. De Center Parc seulement.

Pourquoi saucissonner les résistances ? Surtout quand, entre elles, les différences sont de l’ordre du détail. 

Ne serait-il pas plus judicieux de rapprocher ? De rassembler ? Et, justement, de coordonner ? 


Car, justement, les points communs, ceux qui méritent d’être étudiés, travaillés, défendus ensemble, sont beaucoup plus nombreux et importants que ceux qui ne sont pas partagés. D’ailleurs, quels sont ces derniers ? On cherche… 

Par exemple, entre Le Rousset (Center Parc) et Saint Gengoux le National (grande distribution) qui, en plus sont voisins, on cherche vainement ce qui pourrait justifier une séparation des résistances. Par contre, ils partagent l’un des problèmes majeurs d’aujourd’hui – enfin, qui devrait l’être : la dégradation, donc la sauvegarde, des têtes de bassin versant.

Qu’est-ce qui a bien pu inspirer une division, aussi artificielle que contre-productive, entre les combats complémentaires ? Sûrement pas un trop grand nombre de combattants (difficile à « gérer » dans les réunions et les actions) et un excès des moyens mis à leur disposition !

L’écologie nous apprend à rechercher les interrelations, à les comprendre, donc à changer le paradigme de la lutte de chacun contre tous contre la culture du bien commun, de l’échange, de la coopération, de la mise en commun ; pas à ignorer et à casser ce qui unit.

En outre, tant qu’à brandir un oriflamme, autant en choisir un positif ! Un qui ne soit pas « anti« , mais pourpour la préservation des têtes de bassin versant, par exemple.

Bob Dylan après Dario Fo

Coïncidence étrange.


Tous deux ont pleinement participé au mouvement critique et révolutionnaire des années 1960, et la suite, celui qui a été baptisé new left, nouvelle gauche – celui qui a tenté de contrecarrer l’installation de l’ultra-capitalisme, l’impérialisme destructeur de toute vie.

https://www.youtube.com/watch?v=WLwHnNybADo

Masters of War

Vous, maîtres de la guerre
Qui fabriquez toutes ces armes,
Construisez les avions de la mort
Et fabriquez ces grosses bombes
Qui vous cachez derrière des murs,
Vous abritez derrière des bureaux
Je veux que vous sachiez
Que je vois au travers de vos masques


Vous qui n’avez jamais fait
Que construire pour démolir
Vous jouez avec le monde
Comme si c’était votre petit jouet
Vous nous procurez des armes
Et puis disparaissez de notre vue
Pour vous éloigner et vous cacher
Quand les balles sifflent 


Comme Judas autrefois
Vous mentez et trompez
Vous voulez nous faire croire
Qu’une guerre mondiale peut se gagner
Mais je vois à travers vos yeux
Et je vois à travers vos cerveaux
Comme je vois à travers les eaux
Qui s’écoulent dans nos égouts


Vous tendez la gâchette
Pour que les autres tirent
Puis vous vous retirez et regardez
Alors que le nombre de morts empire
Vous vous cachez dans vos demeures
Alors que le sang des jeunes
S’écoule de leur corps
Et se fond à la boue

(…)

http://www.bobdylan-fr.com/trad/mastersofwar.html

La façon dont sont élevés les animaux dépend de nos choix alimentaires. Les consommateurs sont le levier le plus puissant pour améliorer la vie de millions d’animaux. A condition qu’ils soient informés sur la provenance des produits dans leurs assiettes.

L’origine France, une information insuffisante

Environ 80% des animaux élevés en France sont dans des élevages intensifs. Beaucoup l’ignorent et les informations dont nous disposons sont celles que l’on trouve sur l’étiquette. Mais l’étiquetage des viandes et produits laitiers ne répond pas à la question essentielle : « comment l’animal a-t-il été élevé ? ».


S’il est utile de connaitre l’origine géographique (lieu de naissance, d’élevage et d’abattage), pour s’assurer que l’animal n’a pas subi de transports sur de longues distances, cela ne nous apprend rien sur les conditions d’élevage et d’abattage. L’origine France, dont l’industrie agroalimentaire et le gouvernement se targuent, ne contient aucun critère relatif au respect du bien-être animal au-delà de la réglementation minimale.

De même, les allégations du type Produit du terroir, 100% Naturel, De nos campagnes ou encore À l’ancienne ne vous disent rien des conditions d’élevage.

Comment pouvons-nous faire des choix plus respectueux du bien-être des animaux, si les étiquettes ne donnent pas l’information adéquate ? 

Exigez l’étiquetage du mode d’élevage sur les viandes et produits laitiers, à l’instar de ce qui existe pour les œufs.

L’introduction de l’étiquetage des œufs, avec mention « œufs de poules élevées en cage », « au sol », « plein air » ou « biologique », fut une réussite en termes de transparence pour les consommateurs et a contribué à l’augmentation des ventes d’œufs plein air. Demandez un étiquetage similaire pour les produits carnés et laitiers.

SIGNER LA PÉTITION


LA SOLITUDE DU LANCEUR D’ALERTE


ce soir, jeudi 13 octobre, Envoyé Spécial (France 2) 20H55


documentaire consacré à Raphaël Halet, l’un des deux lanceurs d’alerte de l’affaire LuxLeaks.

Le 12 décembre prochain s’ouvrira à Luxembourg le procès en appel de l’affaire #LuxLeaks. Deux #lanceursdalerte, les Français #RaphaëlHalet et #AntoineDeltour, et un journaliste, français également, #EdouardPerrin, sont poursuivis pour avoir divulgué le système de #fraudefiscale mis en place par des #multinationales avec la complicité de l’administration fiscale luxembourgeoise.


Le 26 avril, Michel Sapin, le ministre français des Finances avait affiché devant l’Assemblée nationale son soutien aux lanceurs d’alerte de l’affaire LuxLeaks, affirmant qu’il avait demandé à l’ambassade de France au Grand-Duché de proposer son aide. Une déclaration qui lui a valu l’ovation des députés, au moment même où s’ouvrait à #Luxembourg le #procès des deux lanceurs d’alerte et du journaliste qui ont révélé cette supercherie fiscale.

Mais depuis ce jour, rien ne s’est passé. Le ministre s’est offert un joli coup de com, jamais suivi d’effet. Raphaël Halet, l’un des deux lanceurs d’alerte, a interpellé publiquement Michel Sapin le 28 septembre dernier, à l’issue d’une conférence à Paris. «Nous lui avons notamment demandé pourquoi il n’avait pas répondu au courrier que nous lui avions adressé», raconte le #lanceurdalerte. Le ministre a botté en touche. (…)



Grandes manoeuvres de harcèlement, collusion public privé, participation de la justice et de la gendarmerie aux pressions exercées sur le lanceur d’alerte totalement isolé… Un aperçu des aventures vécues par tous ceux qui ont l’idée folle de défendre le bien commun contre la prédation dominante.

 

En France, le viol est un phénomène massif

Près de 100 000 viols chaque année : multiplication de « faits divers » ou réel problème de société ?

Le viol – agression sexuelle avec pénétration – est un phénomène massif, et pourtant encore peu dénoncé et peu condamné : 

parmi les dizaines de milliers de victimes, environ 1 sur 10 porte plainte, et seule 1 plainte sur 10 aboutira à une condamnation

Le viol est un crime sexiste : 

la quasi-totalité des agresseurs sont des hommes quand l’immense majorité des victimes sont des femmes et des enfants. 

Enfin, le viol est une arme de destruction des femmes comme en témoignent les conséquences nombreuses qu’il génère chez ses victimes, tant physiques que psychiques.

Cinq raisons principales expliquent cette réalité inacceptable : 

une tolérance sociale qui peut valoriser la « culture des violeurs » et laisse peser la responsabilité sur les victimes ; 

une écoute insuffisante des femmes ou enfants victimes, notamment parce que les professionnel.le.s ne sont pas assez formé.e.s pour les accueillir, les protéger et les accompagner de manière adaptée ; 

des défaillances dans le recueil et la préservation des preuves conduisant à ce que de nombreuses affaires soient classées sans suite ; 

des délais de prescription inadaptés aux violences sexuelles et aux conséquences du choc post-traumatique qui peuvent souvent retarder longuement la révélation des faits ;

la minimisation du viol du fait de sa fréquente « correctionnalisation » (le viol, un crime, est déqualifié en délit). (…)

Ce viol « massif » commence dans les têtes. Il y commence parce qu’il y manque quelque chose – souvent beaucoup. 

C’est un révélateur de l’état de la société, la manifestation d’une culture répandue, un symptôme de la prégnance de la culture de la domination et du mépris de l’autre. 

On peut oser le parallèle avec beaucoup d’autres rapports sociaux exploiteurs, dominateurs, harceleurs, méprisants, censeurs, menteurs… tous comportements violents qui, pas davantage que le viol des corps, ne soulèvent l’indignation et la réprobation générale. Un signe ! Dans la plupart des cas, les victimes restent sans soutien, seules, tandis que les moeurs dérivent encore. 


A rapprocher des constats sur le burn-out de la société française (Jean-Paul Delevoye)… en tout cas des causes de celui-ci.

« Reprenons-nous !« , de Jean-Paul Delevoye : une « démocratie d’émotions« 

http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/01/18/reprenons-nous-de-jean-paul-delevoye_1631201_3260.html

Y a pas qu’en Pologne

Sous prétexte de lutter contre les inondations, les rives des cours d’eau polonais sont bétonnées, leurs tracés modifiés et les écosystèmes associés détruits… avec l’argent de l’Union européenne

(…) sur la Zebrowka, un affluent de la Pilica, près du village de Kaszczor, les pelleteuses fonctionnent, les arbres sont coupés et la rivière dévastée. “Pourtant, c’est la période de protection de la truite, fait remarquer l’un des écologistes présents sur place. Les oeufs sont probablement au fond du fleuve, couverts de sable. Ils n’ont aucune chance face à la pelleteuse. Ils n’ont pas le droit de faire ça. Alerter le procureur ne sert à rien, j’ai essayé. Il a reconnu le caractère illégal des travaux, mais l’a considéré comme un délit mineur.” Pour “refaire” la Zebrowka, il faut presque 2 millions de zlotys [425 000 euros]. “C’est l’argent de l’Union européenne, principalement du SAPARD [un programme européen destiné à aider les nouveaux entrants dans l’Union à réformer leur agriculture]” (…)


Dans les Carpates, on a pratiquement réglé le cours du Tabor. Après avoir coupé les arbres bordant ses bords, on a recouvert ces derniers de pierres et de plaques de béton. Le même sort attend les méandres de la Lubatowka, dans la même région, où passent pourtant l’hiver les martins-pêcheurs. On a détruit les frayères de truites et de poissons rares. “On nous le signale un peu partout, mais les régions les plus menacées sont les Carpates, la Silésie et Lublin. Rien qu’en une semaine, nous avons collecté des informations sur la destruction de plus de 70 rivières, la plupart concernant le bassin de la Vistule. (…)

“Ces agissements sont contraires aux directives européennes sur l’environnement et la protection des eaux, constate Marta Wisniewska. Celles-ci interdisent la dégradation de la qualité de l’eau et des écosystèmes qui en dépendent, et obligent les membres de l’UE à améliorer l’état de leur environnement d’ici à 2015. La destruction de nos rivières à la veille de notre adhésion à l’UE témoigne de notre négligence. Elle signifie que l’argent de l’Union est dépensé contre les principes qui la régissent.”

septembre 2016

Déclin des passereaux : prise de conscience

Avec beaucoup de retard à l’allumage, l’idée a fini par germer : la pollution du trafic automobile (et celui-ci, bien sûr), et surtout les travaux brutaux des ravaleurs et des isoleurs ont détruit l’environnement favorable à nos aimables commensaux de toujours.

Gentrification, retour des éperviers, pollution ? Paris intra-muros n’abriterait plus que 5.000 à 10.000 couples de piafs, contre plus de 40.000 dans les années soixante

« Passer domesticus » n’est pas la seule espèce dont la population diminue à Paris: confrontés au même problème de nourriture, d’autres granivores, comme le serin cini, le chardonneret ou le verdier, subissent le même sort.

refuge à Paris avec protections contre les faucons (qui, sans la réactivité des habitants, auraient anéanti la population en 2006)

Le Conseil de Paris au chevet des moineaux 

http://www.leparisien.fr/paris-75005/le-conseil-de-paris-au-chevet-des-moineaux-27-09-2016-6154757.php

« Nous allons prendre en compte la disparition des oiseaux dans le plan biodiversité qui sera présenté début 2017. Nous allons notamment sensibiliser les copropriétés et bailleurs sociaux pour que des précautions soient prises lors des opérations de rénovation ou des ravalements afin d’éviter qu’ils se déroulent pendant les périodes de nidification et que des espaces soit laissés pour permettre la nidification » 

voir :

La vie est devenue sale
La mort « propre« 
dans le dossier 

« la SNCF rencontre la même disparition dans les gares » souligne un ornithologue. 

Là aussi, tout a été fait pour ! Par exemple, la rénovation de la Gare de Lyon (un chantier agressif et pénible même pour les usagers) semble avoir été conçue pour en chasser les oiseaux familiers qui l’animaient et rendaient agréables les attentes. On a même pu voir des filets tendus sous les verrières ! Un chantier mené par des brutes épaisses pour créer un espace inhospitalier, avec une signalisation déficiente là où, avant les travaux, toutes les informations étaient parfaitement lisibles, même de loin.



Evidemment, vu les sources de l’information, un zeste de déni y a été subrepticement ajouté :

« Quant au faucon crécerelle, parfois accusé d’être un prédateur majeur des moineaux, les spécialistes rappellent que le petit rapace existait déjà à Paris au XVIIIe siècle« 

Pas besoin d’être « spécialiste » (?) pour le savoir. Il suffit d’être écologiste. Car le Paris d’aujourd’hui est incomparable à celui du XVIIIème où abondaient nourriture et refuges, avec la campagne accessible à vol d’oiseau, à Montparnasse, au Gros Caillou, à la Bastille, au Roule, à Charonne – une campagne bio, une campagne généreuse très éloignée de celle d’aujourd’hui !


Ce que cette désinformation oublie de mentionner, c’est la politique d’encouragement à l’implantation de ces rapaces* qui ont fait un ravage à Paris, comme à Londres, dans des populations fragilisées et désaccoutumées de cette prédation (les moineaux ne se méfiaient même pas des rapaces). En plus des pertes spectaculaires, le stress a été considérable.

* « une connerie » a-t-il été reconnu en mairie

voir l’historique :

Menaces sur les moineaux – l’alerte et sa négation (en 2006)

à Paris, le nombre de moineaux a fortement baissé

« (…) On trouve désormais plus de Pokémons virtuels à attraper avec son téléphone portable que de petits oiseaux. »

Pourquoi les moineaux désertent-ils nos villes ? 

« En hiver, tout va bien pour les adultes, ils trouvent assez de nourriture dans les restes de fast food pour survivre. Mais pour élever leurs petits, ils ont besoin d’aliments plus protéinés comme des insectes, qu’ils ne trouvent pas en hiver », propose Frédéric Angelier. Autre option : un changement du côté des prédateurs, notamment une plus forte pression des rapaces qui recolonisent parfois les villes. Reste la pollution chimique et sonore qui imposent des contraintes sur l’organisme des petites bêtes à plumes. « C’est sans doute une conjonction de phénomènes. S’il n’y avait que le bruit, ils s’en sortiraient. Mais une conjonction du bruit, d’un climat rigoureux et d’une maladie peut affecter les populations » 

Des moineaux importants pour le bien-être

(…) Si le déclin de cette population inquiète les scientifiques, pas de quoi alerter le citoyen lambda. Pas si sûr. « Beaucoup d’études psychologiques (1) ont montré que la présence de la nature et des espaces verts ainsi que le contact avec les animaux sauvages améliore la qualité de vie urbaine. Si le nombre d’espèces diminue, ça affecte le bien-être dans les villes », poursuit le chercheur. Mais ce n’est pas tout. Car le sort du moineau pourrait bien pendre au nez des humains. Cet oiseau « est un bon indicateur de l’état de santé des populations vertébrées dans un milieu urbain. Il a des axes hormonaux, un phénomène de vieillissement des organes proches de l’humain. Il est aussi inféodé au milieu urbain, il est donc frappé de plein fouet par ses conditions. Si les moineaux souffrent de la pollution, on peut imaginer que ça se répercute à terme sur l’homme. »

Si l’on veut à toute force construire sur la campagne, au moins, que l’on fasse de l’architecture !


Patrick Bouchain, l’architecte des bogues de Beaumont en Ardèche était l’invité de Carnets de Campagne (sur France Inter) :


précédemment, sur ce blog : A l’inverse des lotissements bouffeurs de campagne et destructeurs de vie sociale… l’exemple donné par la commune de Burdignes

La communauté de communes a entrepris des chantiers de restauration et de renaturation des cours d’eau 

Hélas, cela n’est pas celle dont fait partie Saint Gengoux le National ! Cela se passe dans le Pays de Bitche :

La communauté de communes du Pays de Bitche compte un nombre important de cours d’eau.

Et force est de constater que les aménagements urbains de ces cinquante dernières années, n’ont pas toujours servi la nature. Aujourd’hui, les élus se retrouvent contraints de mener une vraie politique de restauration et de renaturation des cours d’eau les plus fragiles, ou dont l’érosion pourrait attaquer les espaces urbains.

À l’image du Bickenbach, situé à proximité de la RD 84 sur la commune d’Erching. Effectivement, lors de crues importantes, ce cours d’eau qui semble si paisible a largement attaqué les berges jusqu’à la route ou certains arbres semblent tenir par miracle.

(…)
La communauté de communes du Pays de Bitche souhaite à présent être plus ambitieuse au travers du lancement de ce nouveau programme de restauration mais également de renaturation. Les trois objectifs principaux sont la gestion du boisement des berges, l’amélioration de la qualité des milieux aquatiques qui souffrent encore à certains endroits d’un mauvais assainissement, et la valorisation de la circulation piscicole.

Elus/Center Parcs… collusion d’intérêts ?  

Alors qu’à Saint Gengoux le National, élus et administration s’obstinent à poursuivre la destruction du patrimoine naturel, architectural, historique, qui est le véritable attrait touristique de la région (Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus !), les mêmes appuient de toutes leurs forces des projets touristiques en toc… 

le Plan de Paysages du Pays d’Art et d’Histoire :

APPEL À RASSEMBLEMENT

Réunion élus/Pierre & Vacances :

Ils veulent accélérer les projets de Center Parcs ?

Mettons-leur des bâtons dans les roues !

Rendez-vous :

Jeudi 22 septembre à 15h

devant le Conseil départemental du Jura

17 rue Rouget de Lisle à Lons-le-Saunier

Ce jour-là, les représentants des départements du Jura et de Saône-et-Loire, de la

Région et de l’État se retrouvent à Lons avec le groupe Pierre & Vacances afin

d’accélérer la mise en œuvre des projets de Center Parcs à Poligny et au Rousset

Ce rendez-vous fait suite à la rencontre du 1 er mars à Mâcon, sollicitée par des élus

impatients et prêts à se livrer à une danse du ventre pathétique afin d’attirer la soit-

disant poule aux œufs d’or.

En effet, il faut redire que Center Parcs vend d’abord des produits virtuels (de

défiscalisation) et que ces opérations spéculatives ont des conséquences bien réelles :

marchandisation et bétonnage du territoire, siphonage de ressources en eau déjà

fragilisées, création d’emplois de larbins, massification du tourisme, usage privatif

d’espaces jusque là publics et gratuits, etc. 

Une démocratie en toc

Avant même les conclusions des « études complémentaires » menées cet été, une

première constatation s’impose : la population n’a pas son mot à dire concernant l’accès

à l’eau du territoire qu’elle habite. Ce sujet crucial semble circonscrit aux salons des

Conseils départementaux et réservé aux élus et bétonneurs.

On notera que la question de l’eau a d’ailleurs été éludée par la Commission du Débat

public, pourtant censée aborder tous les enjeux importants liés à un tel projet. Fallait-il

s’assurer que la population soit mise hors jeu avant de confier les expertises aux seuls

commanditaires du projet ?

Selon le président du Conseil départemental du Jura s’adressant à l’assemblée générale

de la Chambre de commerce et d’industrie : « Rien ne s’oppose à la venue de Center

Parcs si ce n’est des manifestants professionnels. Nous avons lancé les études

nécessaires. Nous arriverons à amener les 500 m3 d’eau quotidiens nécessaire au

fonctionnement des infrastructures. Notre discours est suffisamment rassurant pour les

porteurs de projet. » (Le Progrès du 15/07/2016)

On voit bien où mène la logique du développement économique qui conduit un Clément

Pernot à choisir de « rassurer » les aménageurs et dans leur sillage les patrons du BTP

plutôt que les habitants de « son » territoire, sur un sujet aussi crucial … que l’eau. Le

capitalisme c’est : Circulez, y a rien à boire !

Un projet dévastateur

Saurons-nous jamais le coût des expertises payées par les Départements – plus prompts àdonner les chiffres des sommes « économisées » sur le dos de la solidarité sociale, qu’à

dévoiler le prix de l’assistanat dont bénéficie le système Pierre & Vacances – Center

Parcs ?

Enfin, quelle que soit la formule imaginée et le choix du syndicat des eaux susceptible

de la mettre en œuvre, le pillage de la ressource en eau n’est jamais légitime et traduit

bien l’état de dépossession et de mépris dans lesquels nous maintiennent élus et

aménageurs.

Et pour en finir avec ces études, peut nous importe qu’on accède au désastre par la

gauche ou par la droite, comment le montage de la société d’économie mixte sera

négocié, ni quelles retombées économiques il faudrait espérer : Center Parcs, on n’en

veut pas !

Une résistance bien vivante

Face à leurs délires de « Tourisme structurant » (comme on dit au Conseil régional), une

opposition multiforme et joyeuse a pris corps et se renforce : rassemblement à Poligny

suite au Débat public, assemblées ouvertes des opposants à Center Parcs dans le Jura

(contact : assembleecontrecenterparc@lists.riseup.net), coordination des sites en lutte

« Center Parcs : ni ici, ni ailleurs ! », petit théâtre des nuisances d’un futur complexe de

loisirs sur le marché, espaces et outils d’information et de débat, journée festive de

résistance à CP « Sous les pavés, la plage » en forêt de Poligny, etc.

Amplifions la résistance et retrouvons-nous

jeudi 22 septembre à 15h

devant le Conseil départemental du Jura

17 rue Rouget de Lisle à Lons-le-Saunier

Collectif jurassien d’opposant-e-s à Center Parcs

La sécheresse en Saône et Loire

Comme c’est intéressant ! 

Le bassin de la Grosne est en zone rouge. Là où, précisément, il semble impossible de faire entendre raison sur la nécessité de préserver et restaurer les petites têtes de bassin versant.

Un ruisseau à sauver d’urgence : le Nolange
http://www.sauvonsleau.fr/jcms/c_7716/un-ruisseau-a-sauver-d-urgence–le-nolange#.U7qqE6uqD_M
 

A VOS AGENDAS
24 et 25 Septembre
Fête de la Voie Verte – Participation et actions d’ASR le dimanche après-midi sur le
thème des pesticides :
– parcours pédestres ou cyclistes des anciennes gares de Saint Gengoux sur Nolange et
Buxy vers Saint Boil
– Animation festive à Saint Boil – hameau de Collonge chez Martine et Michel Chevalier
A vos pancartes, banderoles, tracts, chants, poèmes (en vers ou en prose) …

25 Septembre
Projection à Cluny du film « L’intérêt Général », organisée par ALTERNATIBA
Salon du Livre Libertaire à Cluny

Et vous, « Anthropocène« , ça vous va ?

en rapport avec les constatations alarmantes renouvelées cet été (1),

au Cap, un sommet international passé presque inaperçu

L’Anthropocène est en passe d’être caractérisé comme une nouvelle époque géologique

Selon le groupe de travail sur l’Anthropocène réuni au Cap (Afrique du Sud) cette semaine à l’occasion du 35ème Congrès international de stratigraphie, l’époque de l’Anthropocène a bel et bien commencé. Il s’agit d’une époque géologique, dont le nom a été forgé par le géochimiste néerlandais Paul Crutzen et le géologue et biochimiste américain Eugene Stoermer. Pour la première fois en 2000, dans la newsletter de l’International Geosphere-Biosphere Program (IGBP), ces deux scientifiques évoquaient une situation inédite : le fait que l’Homme soit devenu une force géologique capable de modifier le cours des fleuves, les courants des océans, le climat et l’ensemble des éléments.

A leurs yeux, cet état de fait justifiait la nécessité de changer le nom de notre époque. Non plus l’Holocène, période interglaciaire commencée il y a 11.700 ans, mais l’Anthropocène, époque de l’Homme. En 2002, Paul Crutzen, dans un nouvel article, intitulé Geology of Mankind (Géologie du genre humain), publié dans la revue Nature, popularisait le terme. Et le géochimiste Will Steffen, alors président de l’IGPB, produisait une représentation saisissante de l’Anthropocène, sous la forme des courbes dites de la Grande Accélération : un ensemble de 24 graphes présentant en vis-à-vis l’accélération de la croissance économique et le dérèglement rapide de l’ensemble des cycles naturels depuis 1750. (…)

Les écologistes, ceux qui ont été taxés de « catastrophistes » par les organisateurs de la catastrophe, avaient alerté à temps pour éviter ce qui est constaté aujourd’hui. Ils avaient aussi proposé une tout autre voie, celle du vivant et de la convivialité.

Semaine de la Terre avril-mai 1971


Anthropocène… L’Homme ? Les hommes ?


Juste un problème souligné par les écologistes depuis longtemps déjà… bien avant l’apparition de « anthropocène«  dans un article de la revue Nature en 2002 : cette appellation est parfaitement inexacte. Au pied de la lettre, elle est non-scientifique (ça la fout mal pour Nature !). Car « l‘Homme n’est pas aujourd’hui la principale force gouvernant l’état, le fonctionnement et l’évolution de la planète. (…) », comme l’affirmait Pierre Le Hir dans Le Monde du 15 01 2015 (2). 

L’Homme… Où l’on retrouve encore cette abstraction fourre-tout abondamment utilisée par ceux qui veulent se faire oublier en impliquant tous les hommes.

Or, tous les hommes ne sont pas – et de très loin – responsables de la dégradation de la biosphère. La nouvelle gauche (new left) des années soixante-soixante dix (en particulier les écologistes qui étaient pour beaucoup dans sa dynamique), les peuples autochtones et la grande masse des appauvris par la globalisation en marche, les paysans spoliés de leurs terres, de leurs vies, et les artisans, les petits commerçants, tous les ruinés, les condamnés au petit salariat ou au chômage, etc., sont englobés par l’expression anthropocène. Victimes, lanceurs d’alerte et responsables, tous mêlés ! Amalgame qui rejoint habilement la facilité de la généralisation, façon les gens les hommes sont comme ci, les hommes sont comme ça… On voudrait nous faire perdre de vue comment nous en sommes arrivés là qu’on ne s’y prendrait pas autrement. 

Cet anthropocène résulte de l’intensification des productions et des fonctionnements nuisibles à la vie ; orientations décidées par des minorités réunies dans les capitalismes d’Etat et dans la conquête ultra-capitaliste mondiale durant « la grande accélération« . Celle-ci correspond exactement à la période de l’imposition du système impérialiste sur les hommes et l’ensemble vivant, avec le néo-libéralisme – bientôt ultra – pour principal moteur. Cela a donc été organisé, planifié, soutenu par des efforts propagandistes sans précédent pour qu’il y ait rupture avec la culture du bien commun, et empêcher que les lanceurs d’alerte, les victimes et les révoltés n’entravent la réalisation du programme, qu’ils ne nuisent à l’avènement de la dictature du profit. C’est l’histoire de la Guerre Froide avec, du côté occidental, le développement d’une machine de guerre culturelle qui a laminé tous les résistances traditionnelles et les nouveaux mouvements critiques – par exemple, le Congrès pour la Liberté de la Culture dont le siège était à Paris pour mieux contrôler le peuple de 36, de la Résistance et des grandes grèves d’après-guerre, puis de 68 (à sa tête, un certain Denis de Rougemont). D’ailleurs, anthropocène ressemble à s’y méprendre à une production de ce Ministère de la Vérité.


Les responsables de la dégradation de la biosphère étant les assoiffés de pouvoir et de profits, les capitalistes de tous bords, les promoteurs de la mutation néo-capitaliste, puis néo-conservatrice, ceux qui se revendiquent de la culture anti-nature, une bonne appellation pour cette funeste période est bien plutôt capitalocène.

(1) par exemple, l’avancée inexorable du Jour du Dépassement. Ci-dessous, en juillet : dès lundi 8 août, l’humanité vivra à crédit

L’article de Pierre Le Hir est, par ailleurs, excellent. D’autant qu’il souligne que la « prise de contrôle a commencé dans les années 1950«  avec la grande accélération.


Stupidités en long, en large et en travers

L’isolation par l’extérieur dans le bâti ancien

Difficile de faire plus stupide, en effet que l’isolation par l’extérieur sur un bâti ancien (bien sûr, quand il ne s’agit pas d’un enduit ou d’un bardage traditionnels) ! Elle se traduit généralement par l’utilisation de matériaux polluants (depuis la production) et une étanchéification. Plus rien ne passe. Ni l’air, ni la vapeur d’eau. C’est totalement contre-indiqué pour les constructions traditionnelles en pierre, brique, terre, avec mortiers en terre, chaux, etc. Les malheureux qui feront cela auront quelques surprises ! 

Cette isolation est dégradante pour l’esthétique et l’histoire du bâti. Elle l’est tout autant pour la santé de la construction et de ses habitants. 

Elle est encore nuisible pour la biodiversité : pas d’anfractuosités, pas de niches, même artificielles, dans cette isolation. Donc pas d’oiseaux, pas de chauves-souris, pas d’insectes…

http://www.sppef.fr/…/le-canard-enchaine-du-17-aout-2016-u…/

http://www.lcpa-lecrotoy.com/…/un-decret-royal-met-en-peril…

des conseils 



 

Donc c’est possible ! Alors, pourquoi pas à Saint Gengoux le National ?

Renaturation de la Corrèze à Tulle

Le vaste chantier de renaturation de la Corrèze dans sa traversée de Tulle vient de débuter. Prévus jusqu’en 2019 en quatre phases, les travaux de lancement concernent actuellement la zone de l’Auzelou.

échanges autour de la raréfaction des insectes

VOUS AVEZ VU UNE GUÊPE CETTE ANNÉE ?

c’est là :

Pesticides dans les ruisseaux, dans les nappes phréatiques… pesticides partout 

La quasi-totalité des réserves d’eau françaises contaminées par les pesticides

http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2016/09/la-quasi-totalite-des-reserves-d-eau-francaises-contaminees-par-les-pesticides.html

Vous reprendrez bien une dose de bourrage de crâne (le mythe André Gorz) ?

Libération s’est fendu d’une double page pour présenter un bouquin consacré à André Gorz (alias Michel Bosquet dans les années 1960/70). Même chose dans l’Obs, dans une rubrique comiquement nommée « débats ». Pareil sur France Culture (faut pas lésiner). Même l’Humanité a glissé dans le fétichisme Gorzien (1).

L’étoile de celui qui, maintenant, est présenté comme « père de l’écologie politique » (sic) devait, probablement, pâlir un peu. Aussi, ce livre vient relancer le récit propagandiste pour occuper le terrain médiatique, et refouler encore et encore les témoignages sur le véritable rôle de ce monsieur. Car, loin de l’image fabriquée, quand il était Michel Bosquet, Gorz a été un soutien indéfectible du développement de la grande distribution (comme Michel Rocard), ce qui, déjà, cadre mal avec l’écologiste que certains veulent en faire ! Mais il y a mieux. D’extinction d’un projet de campagne contre les emballages jetables (en 1971), en censeur des écologistes de la nouvelle gauche, et en promoteur de Brice Lalonde et de quelques autres imposteurs pleinement capitalistes (encore comme Rocard), il a été l’un des plus efficaces – et des plus dissimulés – éteigneurs du mouvement écologiste. 

 

Pour ceux qui veulent en apprendre plus : 

André Gorz et la falsification de l’histoire de la nouvelle gauche écologiste
http://planetaryecology.com/la-legende-andre-gorz/

(1) André Gorz, « Pensée autonome« , Willy Gianinazzi, La Découverte

Les enjeux de la diversité du vivant

Une page de sensibilisation qui devrait être utile, vu de l’inconscience régnant dans la région. 

août 2016 

Droit au coeur du chaos, pied au plancher

Longtemps, les écologistes ont été traités de « catastrophistes« . Et la catastrophe est là, créée par ceux-là mêmes qui ont étouffé l’alerte écologiste.

Le jour du dépassement de la consommation des ressources renouvelées par la biosphère maintenant au début du mois d’août. Chaque année plus en avance.


L’effondrement général de la biodiversité et l’extinction massive des espèces.


Et la stérilisation des sols sous les engins et la chimie.


Les pollutions comme seule production durable de la civilisation capitaliste. Avec le réchauffement de l’atmosphère, il est vrai.


La croissance et la surabondance matérielles toujours au coeur des discours des « représentants » et de ceux qui aspirent à le devenir.


La croissance démographique présentée par les mêmes comme une nécessité de « la croissance« . Et les françaises devenues des pondeuses sans souci du cauchemar que vivront leurs enfants. 

45 ans après « Bagnoles ras le bol !« , (a), le système automobile toujours en expansion. Les moindres routes de campagne et les plus petites venelles de village sillonnées par des norias de bolides bodybuildés.


Les eaux partout polluées et appauvries par la destruction massive des têtes de bassin versant et la réduction drastique des zones humides, etc.


– Une cinquantaine d’années après le lancement de l’alerte écologiste, 

– presque aussi longtemps de censure des écologistes et d’altération de leur message, 

– après plus d’un doublement, de la population humaine mondiale, 

– après et pendant la multiplication des guerres du profit, 

– après des pertes si considérables que la biosphère des années soixante (dont les blessures avaient horrifié les écologistes) fait figure de paradis, il n’y a même pas l’amorce pratique d’une évolution d’un système qui, partout, se complaît dans le développement du mensonge et la destruction du vivant.


Au contraire. La culture de la prédation et de la possession, qui était largement remise en cause dans les années soixante, a quasiment effacé celle du bien commun et contaminé la majeure partie de la population. Et, sans presque provoquer de réveil (b), même ce qui semblait annoncer une évolution décisive – les conférences internationales et l’évolution de certaines législations – ne s’est traduit que par des manifestations d’impuissance et une distribution de poudre aux yeux, avec abondance de fonctionnaires apathiques abrités derrière des tas de plaquettes de propagande. Confirmation éclatante que « l’Etat de droit » est un mythe (c). Et de l’accoutumance au mensonge, à la corruption et à l’impuissance.


Presque partout, le bien commun est la proie des prédateurs affolés par la réduction des ressources. Illustrations spectaculaires avec l’eau, bien commun premier… En contradiction avec l’évolution claironnée, et avec l’appui des mêmes discoureurs, l’eau et ses écosystèmes sont toujours menacés par les projets les plus absurdes et les plus destructeurs :


– ici, un aéroport du passé (tête de bassin versant de Notre Dame des Landes), 


– là, un réservoir étanche pour détourner les eaux au profit de l’agriculture industrielle (tête de bassin versant de Sivens),


– là encore, un centre de vacances « écologiques » au détriment de l’écologie d’un pays (tête de bassin versant du Rousset, en Saône et Loire),


– et encore, une station service dans le lit mineur du ruisseau historique de la cité médiévale (si !), les cuves plongées dans la nappe phréatique (tête de bassin versant de Saint Gengoux le National, également en Saône et Loire), 

etc.

(a) 

 


 

(b) de réveil à la hauteur de l’horreur en cours !

(c) s’il en était besoin, puisque plusieurs crises sanitaires l’ont largement démontré, en particulier celle – toujours actuelle – de l’amiante

une petite chanson de circonstance :

Highway to hell

Vous avez vu une guêpe cette année ?

A Saint Gengoux le National (Saône et Loire) pas une seule au mois d’août.
Les abeilles communes ? Rares.
Les abeilles charpentières (elles étaient nombreuses auparavant) ? Quelques-unes seulement.
Les papillons ? Une pincée de Ducs de papillons de Bourgogne, quelques Piérides, c’est tout. Et beaucoup étaient de taille réduite. Mauvais signe supplémentaire.

Le soir, pas un insecte autour des lampes de la veillée. Pas un seul papillon de nuit.

une image du passé 

Même les moustiques, dont on nous avait annoncé la recrudescence après le printemps pluvieux, étaient étrangement absents.

L’été était bien silencieux dans le jardin ! Un silence de mort.

Biodiversité : disparition de la moitié de la population des papillons de prairie en seulement 20 ans

rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) : entre 1991 et 2011, les populations de papillons de prairie ont diminué de moitié. En cause, l’agriculture intensive et l’échec de la politique de gestion des écosystèmes de prairie.

(…) le rapport rappelle l’importance des terres agricoles à forte valeur naturelle cultivées de manières traditionnelle (High Nature Value Farmland ou HVM Farmland), qui représentent des habitats importants.
(…) Alors que la stratégie biodiversité de l’Union européenne reconnaît que le statut de conservation des prairies est limité, malgré les aires de protection du réseau Natura 2000 et des  HVM Farmland, le rapport plaide pour un nouveau système de financement, dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC), pour favoriser une optimisation de la gestion des prairies européennes.
http://www.actu-environnement.com/ae/news/papillons-declin-rapport-AEE-habitats-19135.php4

Natura 2000
? Dans l’affaire de la tête de bassin de Saint Gengoux le National, cette « protection » a fait la démonstration de sa soumission à tous les projets destructeurs des lobbies.

A propos, comme la destruction des haies et des espaces humides se poursuit…

« On entend de moins en moins d’oiseaux puisqu’on a arraché sans réfléchir arbres et haies qui empêchaient la terre de couler sous les averses et abritaient les couvées de merles et de mésanges. (…) »

Avant qu’on oublie… (chronique de la vie au début du siècle entre Saône et Loire) par Armandine Allonot-Turlot 1983,

La biodiversité décline fortement en Ile-de-France 

En Ile de France, ce n’est pas sur le bitume parisien que l’érosion de la biodiversité se mesure le mieux, mais dans les zones agricoles. Celles-ci couvrent la moitié de la région et ont une lourde responsabilité dans le déclin de la faune. En treize ans, l’Ile de France a perdu un cinquième de ses oiseaux ! Haies, bosquets et mares ont disparu. Les parcelles cultivées, de plus en plus étendues et de plus en plus monotones, n’ont plus rien pour les attirer, plus d’habitat refuge à leur offrir. La décimation de quantité d’insectes par les pesticides achève de les faire disparaître.

(…) 21 % la baisse de l’abondance des oiseaux dans la région depuis 2002 ; celle des papillons à 8 % depuis 2005 ; tandis que la diversité des plantes est restée stable depuis 2009.

(…) « Dans notre région, le plus alarmant est la simplification des paysages agricoles: drainés, irrigués, aplanis, car ils ne sont plus accueillants pour la nature. Et les pesticides y sont encore trop utilisés : malgré le plan “Ecophyto”, qui impose de les réduire de moitié, leur usage ne baisse qu’en milieu urbain, où les gestionnaires d’espaces verts prennent conscience du problème. Résultat : on observe une végétalisation des interstices dans les  villes. C’est une note positive, mais il faudrait se montrer plus ambitieux : casser le bitume pour laisser la biodiversité revenir »,

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/05/13/la-biodiversite-decline-fortement-en-ile-de-france_4919366_1652692.html

et, pendant ce temps-là, les élus soumis aux lobbies…

Les sénateurs étrillent la loi sur la biodiversité

(…) La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable ne s’est pas livrée à un simple toilettage, mais à un sérieux lessivage avant l’examen du texte législatif en assemblée plénière programmée du 10 au 12 mai.
(…)

La décision d’interdire les pesticides de la famille des néonicotinoïdes est abandonnée ; comme celle d’instituer une taxe sur l’huile de palme. Le droit d’entamer une procédure en justice dans le but de défendre la nature est limité à certains acteurs ; passe aussi à la trappe la volonté d’inscrire le principe de non-régression de l’environnement dans la loi ; idem pour la possibilité de classer certaines zones en « espaces de continuités écologiques » dans les plans d’urbanisme. (…)

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/10/les-senateurs-etrillent-la-loi-sur-la-biodiversite_4917028_3244.html#zRB1GmDjipBKf0iR.99

Dix ans d’observations citoyennes des papillons de nos jardins
http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/05/20/dix-ans-d-observations-citoyennes-des-papillons-de-nos-jardins_4923621_1652692.html#eljLLiD5l0dRfVPl.99

Réchauffement climatique : il rétrécit les papillons
http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/actu/d/papillon-rechauffement-climatique-il-retrecit-papillons-60039/


Il était une fois un village, au cœur de l’Amérique, où toute créature semblait être en parfaite harmonie avec l’ensemble de la nature. Il était niché au centre d’un damier de fermes prospères. (…) Au long des routes, les lauriers, les viornes, les aulnes, les hautes fougères et les fleurs sauvages enchantaient l’oeil du voyageur en presque toutes saisons. (…) les gens accouraient de fort loin à l’automne et au printemps pour observer le passage du flot des migrateurs. (…) Mais un jour, un mal étrange s’insinua dans le pays, et toute chose commença à changer. (…) de mystérieuses maladies décimèrent les couvées, le gros bétail et les moutons dépérirent et crevèrent. Partout s’étendit l’ombre de la mort. Dans les fermes, beaucoup de gens s’alitèrent et, au village, des maladies nouvelles déconcertèrent le médecin. (…) Ce fut un printemps sans voix. Là où le lever du soleil avait été salué chaque matin par le choeur bruyant des grives, des colombes, des geais, des roitelets et de cent autres chanteurs, plus un son ne se fit entendre (…)

Ce village n’existe pas. Aucun pays n’a souffert toutes ces catastrophes. Mais chacun de ces maux s’est abattu quelque part, et certaines localités en ont subi plusieurs. (…) Pourquoi les voix du printemps se sont-elles tues ?

Printemps silencieux, Rachel L. Carson 1962 (Fable pour nos fils). 

La dévitalisation des bourgs par les supermarchés et les lotissements

« (…) Il y a surproduction de surfaces commerciales de tous types, qui croissent à un rythme plus rapide que la consommation elle-même. Entre 2007 et 2012, le nombre de mètres carrés de commerces augmentait de 60%, la consommation de 36% seulement, constate M Madry (directeur de l’institut pour la ville et le commerce). Outre la concurrence entre enseignes pour gagner des parts de marché, il y a une compétition entre territoires, aggravée par une certaine indiscipline des élus ». 

Promoteurs et maires ont en effet leur part de responsabilité que ne vient plus réguler l’action de l’Etat. (…)

Le risque, c’est qu’en construisant de nouveaux logements, on vide les anciens, comme l’a vécu la ville de Saint Gaudens (Haute Garonne) où, entre 2002 et 2008, a été autorisée l’édification de 1148 logements, au détriment du centre ancien, vidé, paupérisé, qui compte désormais 1000 logements vides et n’a pas gagné un habitant. (…).

La revitalisation des centres passerait, alors, par le blocage des projets, logements, ou commerces, en périphérie. »

Le maire de Sierck les Bains (Moselle) rêve d’un centre vivant et touristique

« (…) La compétition entre communes est sans pitié, chaque maire décidant de créer son lotissement – quitte à ce que le tiers des parcelles reste invendu… – ou son centre commercial, convaincu que le neuf attirera de nouveaux habitants. En dépit des grandes surfaces implantées à perte de vue, presque en plein champ, et des immenses centres commerciaux collés à la frontière, Sierck a la chance d’abriter encore quelques commerces, mais peu à peu ils quittent le centre-ville. (…)

 

Les architectes pensent avoir la solution pour éviter une France moche

Zones commerciales hideuses, pavillons standardisés et centres bourgs désertés… la France s’enlaidit et les architectes pensent pouvoir y remédier.

Cette «France moche», celle des zones commerciales, des successions de ronds-points, des banlieues pavillonnaires sans âme, etc. on en parle depuis quelques années déjà. Arrivée à la tête de l’ordre des architectes voilà trois ans, Catherine Jacquot estime que c’est à cette profession de mener la croisade contre ces constructions qui défigure le pays. Elle appelle de ses vœux la «qualité architecturale pour tous» et souligne qu’actuellement seules 30% des constructions du pays sont confiées à des architectes. Une architecture plus présente serait selon elle un atout pour mieux vivre et aussi pour rester une destination touristique attrayante.


Le constat

A défaut d’empirer, le phénomène de la France moche empile des strates d’erreurs de différentes époques. (…)


Puis les années 60-70 ont vu la multiplication des «maisons individuelles simplistes et sans qualité», des «maisons-types de 80 m² avec trois ou quatre fenêtres où la cuisine n’est même pas toujours éclairée».

Et depuis bien des années, l’urbanisme a été conçu en accordant un rôle central à la voiture pour se déplacer d’une maille à l’autre: habitations, commerces, bureaux… «Des quartiers entiers ont été construits sur d’anciens terrains agricoles sans se soucier de relier les nouvelles constructions à l’existant», explique-t-elle. Des lotissements accessibles uniquement en voiture et qui se terminent souvent en impasse. Un modèle qui a mené à l’étalement urbain et à la désertification des centres bourgs. Mais ce modèle commence à être sérieusement remis en cause: «la surface de terrain consommé est trop importante et ces ghettos dont on ne peut sortir à pied présentent des coûts d’infrastructures et écologiques trop importants». (…)


La densification, passage obligé?

A en croire Catherine Jacquot le modèle du pavillon situé au milieu de sa parcelle de terrain, c’est terminé. «La densification est incontournable, mais elle doit être modérée.» Selon elle, de multiples formes d’urbanisation sont possibles et la maison individuelle a sa place dans la densification. Elle imagine notamment des superpositions de logements sur un ou deux étages, des maisons accolées deux à deux, des ensembles mêlant bureaux, commerces et logements, etc. «Si on veut conserver des services et des commerces dans les bourgs, il faut accepter que le lieu soit vivant.» Une formule qui permettrait aussi de limiter les déplacements et la facture énergétique. (…)

Rappels

en avril :

La terre en morceaux ARTE Documentaire 2015 d’Ariane Doublet

La France des ronds-points, des lotissements et des zones d’activité dévore l’équivalent d’un département de terre fertile tous les 7 ans. La terre devient rare, la terre devient chère. Promoteurs, jeunes agriculteurs, hypermarchés se la disputent. Le film met en évidence la logique folle qui change en profondeur le paysage et l’agriculture.

juillet 2016

dès lundi 8 août, l’humanité vivra à crédit

Dès lundi, l’humanité vit à crédit: d’après les calculs de l’ONG Global Footprint Network, nous aurons consommé la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an.

L’ONG souligne également que ce moment survient de plus en plus tôt chaque année.

Ressources en eau, empreinte carbone, etc.

Le lundi 8 août marque pour la Terre le « jour du dépassement » (ou « earth overshoot day » en anglais).

Pour ses calculs, Global Footprint prend notamment en compte l’empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l’élevage, les cultures, la construction et l’utilisation d’eau.

Avancée inexorable de la date

En 2015, le « jour du dépassement » était survenu le 13 août.

La date « avance inexorablement depuis les années 1970 », relèvent les ONG.

En 1970, il n’était survenu que le 23 décembre. Depuis, sa date n’a cessé d’avancer : 3 novembre en 1980, 13 octobre en 1990, 4 octobre en 2000, 3 septembre en 2005, 28 août en 2010.

Nous aurions besoin de 1,6 planète…

« Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,6 planète » par an, relèvent Global Footprint et le WWF.

« Vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment », soulignent-elles.

Niveaux records de GES en 2015

Selon le rapport annuel sur l’état du climat, « State of the Climate », un document rendu public mardi auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records en 2015.

La communauté internationale s’est engagée à la Conférence de Paris sur le climat, en décembre dernier, à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de juguler le réchauffement climatique.

D’après Global Footprint, en 2030, si les émissions mondiales de CO2 ne diminuent pas, l’humanité aura englouti son « budget écologique » dès le 28 juin.

L’Olivier
film de Iciar Bollain

à laquelle nous devons l’excellent Même la pluie*


Malgré l’opposition du père, un spectaculaire olivier vieux de deux millénaires est vendu par les fils pour prendre part à la fièvre spéculative des années 2000. Avec l’argent du trafic, les fils ne parviendront qu’à graisser la patte de l’élu local et à participer à la ruine de l’immobilier. 

Le père, qui défendait l’appartenance de l’arbre à l’histoire, à la Terre, au continuum du travail des générations, au bien commun, reste inconsolable.

L’arbre échoue comme emblème écolo d’une multinationale coupable de destructions et d’exactions tout autour de la planète.


Film sensible qui montre l’impuissance et le désarroi de tous face au totalitarisme impudent et méprisant du capitalisme mondialisé.

* présentation sur Naufrage Planétaire :

Révolution en Saône et Loire

une prise de conscience des méfaits de la grande distribution ?

Tournus, superbe cité à la longue histoire passionnante, a été vidée de beaucoup de ses artisans et commerçants par le blitz des grandes surfaces à sa périphérie et dans tout le secteur. Et… un nouveau projet, soutenu comme les précédents par la plupart des élus et les administrations, menace ce qui reste de la vie de la cité et des alentours. Comment ne pas penser aux autres cités de Saône et Loire vidées de leur substance par la multiplication des supermarchés* ?

* Depuis plusieurs années, la Saône et Loire détient le triste record des grandes surfaces et, pourtant, la conquête et le saccage continuent. Comme à Saint Gengoux le National qui a déjà perdu presque tous ses artisans et commerçants en 30 ans.

 

La grogne contre le Centre Leclerc à Tournus prend de l’ampleur

En plus des traditionnels opposants à la mairie de Tournus et à certains de ses projets, de nouveaux élus et commerçants, de tous bords confondus, ont fait savoir ce mardi qu’ils mettraient tout en œuvre pour lutter contre l’implantation d’un centre commercial au nord de Tournus.

http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2016/07/05/la-grogne-contre-le-centre-leclerc-a-tournus-prend-de-l-ampleur

Zone nord de Tournus : les contestataires s’organisent

« La municipalité a présenté son projet économique de la « zone nord » de Tournus. Un centre commercial Leclerc, accompagné de nombreux autres commerces, devrait y voir le jour. Son objectif est d’attirer une clientèle dans un rayon de 15 km. Le tissu commerçant du Tournugeois ressent une vive inquiétude quant aux conséquences sur ses établissements, ses emplois, et sur l’avenir du centre-ville.

La création d’un comité de défense d’un « Tournugeois vivant » a été annoncée le 20 Juin 2016, à l’issue de la présentation du projet stratégique de la municipalité.

http://www.info-chalon.com/articles/saone-et-loire/2016/07/05/23368/zone-nord-de-tournus-les-contestataires-s-organisent/

l’association

tournugeois vivant

Pour une région riche en variété culturelle et commerciale où on vit bien

http://tournugeoisvivant.de-tournus.com/

réfugiés syriens bloqués à la frontière macédonienne

carte d’identité d’une réfugiée somalienne retrouvée sur une plage de Lesbos

photos : Giorgos Moufatis

Une « société » capable de traiter ainsi les réfugiés a perdu la mémoire et le sens du bien commun, et n’a plus rien à espérer

Pollution aux gaz d’échappement de moteur diesel

des effets sur les fœtus sur 2 générations

les femmes enceintes exposées ont plus de risques d’avoir des bébés de faibles poids, entraînant aussi des risques de développer certaines pathologies comme le syndrome métabolique (…)


l’exposition maternelle chronique aux gaz d’échappement de moteur diesel muni de filtre à particules (comme pour les voitures vendues en Europe) pendant la gestation entraîne des effets délétères sur la croissance et le métabolisme des fœtus en première et deuxième génération (…)

A l’heure actuelle, les pics de pollution aux particules fines sont de plus en plus fréquents et intenses, en raison du nombre élevé de véhicules diesel dans le parc automobile européen. Ces particules fines (diamètre>100 nanomètres) sont soumises à réglementation (seuils d’information et d’alerte) mais il n’existe pas encore de réglementation pour les nanoparticules (diamètre (…)

http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/Pollution-aux-gaz-d-echappement-de-moteur-diesel-des-effets-sur-les-faetus-sur-2-generations

Quid des particules fines répandues par l’agriculture industrielle ?

La dégradation des coraux est d’une ampleur et d’une durée inédites

Il y a déjà eu des épisodes mondiaux de blanchissement des récifs coralliens, liés en particulier au phénomène El Niño, dont l’intensité et la fréquence sont influencées par le changement climatique. Le premier date de 1997-1998 et avait causé la mort de 16% des récifs dans le monde, surtout dans l’océan Indien. Le deuxième, de moindre ampleur, a eu lieu en 2010. Le troisième, en cours, affecte 38% des récifs, surtout dans le Pacifique. Il est d’une ampleur, d’une intensité et d’une durée inédites.

(…)

Près de 70 % des polypes récifaux sont menacés d’extinction d’ici cinquante ans. Et avec eux, tout un écosystème riche et protecteur

 




Le crépuscule des grenouilles

Les grenouilles existent depuis plus de 250 millions d’années et n’ont cessé d’évoluer pour former certaines des créatures les plus fabuleuses et les plus singulières qu’on puisse observer sur la Terre.

Aujourd’hui, elles font face à l’extinction – une des plus massives depuis la disparition des dinosaures. Cette crise environnementale sévit partout, de l’Australie jusqu’aux Amériques. Des écosystèmes commencent à se dégrader, et d’importants remèdes disparaissent.

Cette émission se penche sur les causes de ce désastre et révèle l’existence d’un nouveau champignon, le chytride, qui serait le principal coupable et contre lequel les scientifiques n’ont encore trouvé aucune arme.


Au milieu de l’hécatombe mondiale qui frappe les grenouilles depuis 20 ans, surgit finalement une bonne nouvelle… sauf qu’on ne sait pas vraiment si elle va servir. Le coupable derrière cette hécatombe est un champignon, Batrachochytrium dendrobatidis, qui a déjà fait disparaître des dizaines d’espèces de batraciens.

Or, une équipe de l’Université de Floride du Sud vient d’annoncer dans Nature qu’en laboratoire, certaines grenouilles deviennent plus résistantes au champignon si elles y sont souvent exposées — on parle d’un taux de survie de 20 %.

En théorie, on pourrait vacciner des grenouilles en captivité avant de les relâcher dans la nature, mais l’effort requis pourrait être gigantesque. De plus, certains experts se montrent sceptiques : à peu près toutes les espèces de grenouilles de la planète ont d’ores et déjà été exposées à cet ennemi, et on n’a pas encore remarqué de hausse de la résistance.

S’agit-il d’un de ces effets qui apparaît en laboratoire et disparaît sur le terrain, lorsque confronté à d’autres facteurs? Une porte est peut-être ouverte pour le sauvetage des grenouilles, mais celles-ci devront attendre…

https://www.emissionreplay.fr/le-crepuscule-de-la-grenouille/episode-de-8-octobre-2014-186879

http://www.alerte-amphibien.fr/maladies-amphibiens.html

http://batraciens.net/disparition_amphibiens.php

Ah, les tomates des supermarchés…

Comparaison nutritive entre les tomates issues de semences paysannes et celles des semences hybrides F1

Les fruits de la dévitalisation
Le camion de Nice n’a pas surgi du néant

Un monstre mécanique lancé dans la foule, à travers les chairs, les sensibilités et les intelligences. Au-delà des victimes directes, une multitude d’autres victimes, un foisonnement de liens, d’interrelations, de dynamiques collectives rompu.

Comme le travail obstiné des autres monstres mécaniques qui broient les tissus vivants les plus denses – forêts primaires, forêts secondaires, mangroves, prairies naturelles, barrières coralliennes, atolls, bocages… êtres vivants, communautés, ensembles indissociables et sociétés humaines, indistinctement.

Comme d’autres monstres qui ont déferlé en Palestine, dans Le Golfe, en Irak, en Syrie…

Les monstres mécaniques qui, partout, dévorent les vies et l’espoir renvoient au système qui les a produits.

En quelques minutes d’horreur, le drame de Nice semble condenser la violence de la globalisation capitaliste – la dictature du profit rapide contre le sens du bien commun. Comme le camion, ce système s’est frayé un chemin en fauchant les vies à l’aveuglette, les métiers et les économies locales, les communautés, les sociétés, les écosystèmes.

Le système de l’exploitation forcenée des peuples et de la biosphère, système mortifère, s’il en est, n’a pu s‘imposer qu’en organisant d’abord le « reflux des forces vives » (Baudrillard). Rupture de la transmission des expériences et de la culture du bien commun, rupture des interrelations qui tissaient les communautés et les solidarités, et constituaient le potentiel du renouvellement social, culture du chacun pour soi et de l’immédiateté, partout la déstructuration a été soigneusement cultivée sur un lit de désinformations, de falsifications, de mensonges professés, de conditionnements, de forfaitures et de corruptions, pour lisser la diversité et « conquérir l’esprit des hommes » (objectif affiché des penseurs de la globalisation capitaliste). Est-il besoin de traduire ? L’étude des stratégies de cette conquête et l’expérience de ses différentes mises en pratique confirment pleinement le projet d’une colonisation planétaire, et même d’une domestication des hommes et de la biosphère.

La pensée critique presque anéantie et, surtout, muselée, les perspectives d’accomplissement personnel et collectif ont été réduites à la brigue et au gain facile à n’importe quel prix. L’engagement citoyen a été découragé, tous les comportements nuisibles au bien commun encouragés et valorisés.

Enivrée par ses succès, affolée par les profits projetés, la caste des prédateurs a perdu tout sens de la mesure des destructions qu’elle commet. Car elle n’a pas fait que désenchanter le monde, elle l’a dévitalisé – sociétés comme écosystèmes. Comme les forêts primaires remplacées par des monocultures noyées de pesticides, elle a réduit la diversité culturelle, économique et sociale, et laminé les résistances pour déréguler toujours plus (le harcèlement et l’ostracisme réservés aux lanceurs d’alerte renseignent sur l’uniformisation et la stérilisation à l’oeuvre). Car, bien entendu, le bien commun est le premier butin convoité par les prédateurs, et sa culture immémoriale est le principal obstacle sur leur chemin. C’est bien pourquoi, dès la fin des années 1960, ils se sont appliqués à étouffer la nouvelle gauche écologiste et à lui substituer des faux-semblants. La disparition des forces vives et des projets alternatifs sous l’ultra-prédation capitaliste a créé le vide où se sont épanouies la désespérance et la démobilisation.


Le creusement du fossé entre les organisateurs et les profiteurs du désastre, et leurs victimes, a multiplié les exclus et démultiplié les ruptures et les antagonismes, parachevant l’anéantissement des capacités régulatrices, au point que les sources de résilience ont été asséchées. Dégâts collatéraux ? Ils faisaient partie du projet de globalisation dont l’objectif est de
permettre une prédation maximale – à mort – en faisant place nette aux hiérarchies du pouvoir confisqué et capitalisé. La guerre des communaux fait toujours rage. Maintenant, il n’y a plus un secteur d’activité, il n’y a plus un lieu où l’on ne craigne une nouvelle razzia sur le service public, un nouveau diktat d’un lobby puissamment soutenu par les institutions qui devraient le marquer à la culotte, une nouvelle concurrence déloyale, une nouvelle pollution, ou le surgissement des tronçonneuses, des bulldozers et des toupies de béton. 

Après une soixantaine d’années d’ultra-capitalisme, c’est tout le vivant qui est en grand péril.

A force d’abus et d’impudences a été créé le terreau le plus favorable au développement des désarrois, des ressentiments, des simplismes, des haines et des fanatismes (a), c’est à dire les conditions les plus propices à l’apparition d’un tueur halluciné au bout de l’avenue ou devant la terrasse du café.

ACG


(a) « 
(…) A la crise écologique s’est ajoutée une crise sociale grave.
20 ans après le printemps 68, le couvercle est retombé plus lourd sur la gueule de la société, sur la gueule de chacun.
On n’ose plus. On s’touche plus. On s’aime Pas. On s’fait peur. Rien
ne bouge. « La France«  est devenue une société froide. (…)« 
Ecologie Infos n° 392, 1989.

Tiens ! une zone humide préservée en Saône et Loire

(…) Pour Georges Bos (sous-préfet) : « Il y a un travail national au niveau de la politique concernant les zones humides et leurs préservations. Je suis venu voir les travaux qui seront engagés et comment on pourra aider dans ce projet. » La zone humide bénéficie depuis le 1er janvier 2015 d’un bail emphytéotique de 30 ans qui court jusqu’en 2044. Il a été signé avec la com-com et le conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne (CENB). Cette zone humide s’étend sur 19 ha et 79 ares sur un ensemble de parcelles en matière de terres, prés et landes.


(…) L’office de tourisme de Louhans se chargeant de la communication touristique pour faire connaître ce bel endroit où la nature est reine. Cette zone humide est un attrait touristique indéniable avec le moulin de Montjay, les zones humides étant pour le sous-préfet « une spécificité du territoire bressan qu’il faut préserver. »

http://www.lejsl.com/edition-bresse/2016/07/04/la-zone-humide-va-etre-amenagee

Patrimoines, paysages, bien commun

Après la découverte de l’article de J.-P. Thorreton* sur les prémisses du saccage de Saint Gengoux le National, voici des analyses sur les causes structurelles d’un désastre assez général

* A Saint Gengoux, les saccages ont succédé à… une mobilisation pour le patrimoine et le bien commun ! (ci-dessous) (a)

 

les vers sont dans le fruit

Pourquoi cette frénésie de destructions du bien commun ?

Pourquoi le bien commun est-il si souvent sacrifié aux intérêts étrangers à l’écosystème et à la société ?

Pourquoi les processus de décision institutionnalisés privilégient-ils ces intérêts ?

Pourquoi la défense du bien commun est-elle un parcours du combattant ?

Pourquoi la défense du bien commun conduit-elle presque systématiquement à la marginalisation du lanceur d’alerte ?

Pourquoi l’oubli et l’incompréhension du bien commun ?

Pourquoi cette déculturation ?

Pourquoi n’y a-t-il pas de recours contre les détournements et les saccages ?

…encore l’exception française :

le seul pays à avoir confié la compétence d’urbanisme au niveau le plus incompétent et le plus soumis à pressions : les maires

un essai :

(…)

L’incurie des élus

(…) Libérés depuis vingt ans d’une lourde tutelle administrative, les élus locaux auraient pu contenir l’invasion de tôle et d’enseignes barbares. Au lieu de cela, ils l’ont appelée de leurs vœux. Il faut le voir trottiner aux basques du préfet, l’élu, quand il fricote l’implantation d’une ZAC.

Cette engeance, parfaitement démocratique, ne conçoit le progrès qu’en terme de taxe professionnelle et d’extension de zones. Ses représentants les plus hardis, lorsqu’ils déclament leur credo, modulent sans peine des accents définitifs : « Une ville, cela s’administre comme on dirige une entreprise ! » (…)

extrait de Le paysage, les ploucs et moi, Nicolas Chaudun, éditions du Rocher 2002

Saint Gengoux le National, ici coulait un ruisseau jusqu’en 1983.

Les quatre arbres à gauche sont les vestiges de sa ripisylve.

un colloque

(L’élu et le paysage : Comprendre et mesurer les valeurs économiques du paysage, Grande Arche 2014)

François Tacquard :

(…) En territoire rural, le paysage est le résultat d’éléments biologiques, agricoles, forestiers… Lorsque le paysage rural subit des modifications, c’est pour longtemps.

La communauté de communes que je préside, en territoire rural, est confrontée à un mitage des fonds de vallée et à des friches industrielles, à une avancée des bois et des friches qui contribue à la fermeture des paysages. L’explosion urbaine est mal maîtrisée et contribue à boucher les fonds de vallée. En 1994, un plan de paysage a été lancé pour inverser ces tendances, reconquérir les paysages et lancer une forte dynamique agricole dans la vallée. 40 emplois agricoles ont été créés à cette occasion. Depuis 1996, les mesures agro-environnementales globales ont fait leurs preuves, elles ont permis l’installation d’agriculteurs, la réouverture de 1000 ha de paysage, mais le mitage a continué. Les POS et PLU Grenelle n’aident pas.

Au passage, je souligne que je n’ai pas trouvé de guide ou de mémento à destination des aménageurs de l’espace rural leur donnant des pistes méthodologiques pour agir.

Je distingue plusieurs types de valeurs économiques du paysage :

1. La valeur résidentielle : les villages les mieux restaurés et tenus sont les plus recherchés, la demande foncière y est plus importante. Une réflexion est en cours au niveau du PLU intercommunal,

2. La valeur pour l’économie agricole et touristique : un paysage « beau » est un paysage dans lequel une gestion de qualité a été mise en place, pour un coût modique,

3. La valeur pour l’économie « moderne » : nous avons créé des zones d’activité ex-nihilo, mais les entreprises ne s’y installent pas. A contrario, il existe de nombreuses friches industrielles dans les vallées vosgiennes. Nous avons transformé 200 000 m² de ces friches, au coût de 300€/m². Les aménagements mis en place sont modestes mais respectueux du patrimoine.

Aujourd’hui, une centaine de PME sont venues s’installer dans ces anciennes friches. Nous ne faisons pas là de « paysagisme », mais une gestion de qualité et une gestion stratégique des paysages. Je prône la méthode des éco-paysages : l’agriculture doit respecter le terroir, il faut nous projeter sur 50, 100 ans. Les premiers consommateurs de ces paysages sont les habitants.

En zone rurale, la valeur résidentielle est la première des valeurs économiques du paysage.

Michel Blain :

Le volet paysager du permis de construire n’est pas opposable, ne faudrait-il pas rendre ce volet paysager plus contraignant ?

François Tacquard :

(…) en France, nous sommes le seul pays à avoir confié la compétence d’urbanisme au niveau le plus incompétent et le plus soumis à pressions : les maires. Laisser la compétence de l’attribution des permis de construire aux communes est aberrant : il n’y a aucune compétence en urbanisme et en paysage au niveau des communes. L’échelle de la commune

n’est pas adaptée, c’est donc bien au niveau des intercommunalités que cela doit se jouer. Pour s’occuper d’urbanisme, il faut aux décideurs une certaine distance, qui correspond selon moi à un territoire regroupant au minimum 15 000 habitants. (…)

……………………………………………………………………………………………………….

C’est un élu qui dit cela, un homme qui a toute l’expérience voulue par apprécier toutes les dimensions du problème :

François Tacquard est agronome,

Directeur d’un Bureau d’étude en aménagement du territoire et développement rural,

Président de la communauté de communes de la Vallée de Saint-Amarin (Région Alsace, 15 communes, 13 000 habitants)

……………………………………………………………………………………………………

Extrait de

Le paysage, composante majeure de la dynamique économique locale

Saint Gengoux le National, un ruisseau à écrevisses sans ripisylve, piétiné par les troupeaux, mort.

Un autre colloque : 

 PAYSAGES DE L’APRÈS-PÉTROLE

(…) L’opération pilotée par la communauté de communes a été réalisée avec l’aide de vingt-cinq associations qui rassemblent des centaines de bénévoles. Les acteurs locaux ont été sollicités et se sont organisés. « Le fait que des mouvements et des solidarités se mettent en place en dehors d’une initiative venant des élus contribue à la bonne marche du projet car les dynamiques en question ont une vie propre. »

(…) Pour nombre d’habitants et de nouveaux élus, la vie à la campagne signifie la possibilité de construire n’importe où pour jouir d’un maximum d’espace. Une nouvelle conception du développement urbain appelle un travail particulier avec les nouvelles équipes communales afin de bien partager la cohérence du projet.

Les arguments des élus communautaires sont entendus car cette gestion économe de l’espace est rationnelle à plusieurs titres : techniquement, une rue dense est moins onéreuse pour la collectivité ; patrimonialement, elle rend plus lisible l’image du territoire ; en matière de gestion globale de l’espace, elle favorise enfin un éco-paysage de qualité. (…)

(…) Parler des paysages de l’après-pétrole sous-entend pour certains une approche énergétique portant essentiellement sur les économies d’énergies et sur les ressources alternatives au tout-pétrole. À travers l’exemple de la Vallée de Saint-Amarin, un autre visage des paysages de l’après-pétrole s’esquisse : « L’après-pétrole consiste aussi à réparer ce que l’ère du pétrole a fabriqué de négatif dans les territoires » tels que le mitage urbain, l’agriculture qui appauvrit les sols, la mobilité gaspilleuse de terres et d’énergie… Avec

l’après-pétrole, il s’agit de « regagner de la qualité urbaine dans les endroits abîmés » et de retrouver pour les nouveaux projets une relation cohérente et vivante avec l’identité et les ressources propres de chaque territoire. (…)

(…) Le projet est parti de la question de l’eau : au début des années 1990, la Drôme était une rivière non baignable à 95%. Aménagée et gérée depuis quinze ans, elle est devenue une rivière baignable à 95%. Les habitants

se détournaient de leur rivière il y a trente ans : aujourd’hui, elle fait la fierté et le plaisir des habitants de la vallée comme des villes voisines. La rivière a repris un usage, source de bien-être. De là un changement de regard pour la population : une ressource naturelle a émergé, un lieu paysager de première importance a été reconnu comme tel.

Dans les enquêtes sur la qualité du cadre de vie, 90 % des habitants confirment désormais leur attachement aux paysages et au patrimoine qui est le leur, et le soin qu’ils en ont. (…)

(…) Né de cette politique de l’eau, le projet Biovallée en a élargi l’ambition en visant plus généralement l’état des sols, la qualité de l’air, l’accès au soleil et la biodiversité, autant de biens communs sur lesquels les autorités

politiques et la population peuvent fonder une production de biens et de services de qualité pour tous les habitants. En préservant l’eau, en veillant à la qualité de la nourriture, en produisant des éco-matériaux et des énergies renouvelables, en veillant aux modes de déplacement comme à la qualité des relations culturelles, sociales et économiques, nous avons été amenés à produire une qualité de l’espace, une qualité du paysage (…)

Intégrer le paysage dans les politiques publiques

La question du paysage reste singulièrement sous-estimée dans la décision comme dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il y a là un immense paradoxe, qu’il faudra arriver à dépasser. Le paysage où l’on vit est une réalité en proximité essentielle avec le quotidien de chacun. Or, pour améliorer le cadre de vie, on a des outils normatifs qui sont généralement inaccessibles au peuple et passent à côté des vrais enjeux car ils parlent très peu de la beauté d’une vue, de l’odeur de la végétation, de la profondeur du silence… (…)

A l’évidence, il est temps d’inclure le cadre de la vie dans le champ de la décision démocratique. C’est là que la question du paysage devient éminemment politique. Quand on lit un paysage, on voit ce qui a été fait, ce qui a été décidé et l’accumulation de ce qui a ou n’a pas été fait dans la durée.

ACTES DU COLLOQUE PAYSAGES DE L’APRÈS-PÉTROLE

Solutions paysagères pour territoires en transition

20 novembre 2014

Saint Gengoux le National, le faubourg des Tanneries détruit avec son ruisseau

(a) Sites et Monuments octobre – novembre – décembre 1974 – n°68, revue de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), pages 34, 35, 36

Après « Rocard couvert d’éloges !« 

Des curiosités se sont manifestées, curiosités faciles à satisfaire…

C‘est quand, en février 74, Rocard a répondu à des écologistes de la nouvelle gauche en croyant avoir affaire aux entristes déjà dans la place, que nous avons commencé à découvrir la stratégie du Cheval de Troie dont tous les résistants à la civilisation impérialiste étaient la cible. Plus tard, beaucoup plus tard, nous apprendrons qu’elle était menée par les stratèges de la globalisation capitaliste depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Précision d’importance : la gauche – la vraie – en avait été victime bien avant que « la caste dirigeante » (dixit Bernard Charbonneau) ne se penche sur le cas des écologistes. La maladresse de Rocard et de son staff a, donc, marqué le début de la longue découverte de la mystification qui, aujourd’hui encore, égare la plupart.

« Le soutien des groupes de gauche n’avait pas pour but leur destruction ni même leur contrôle, mais plutôt le maintien d’une discrète proximité afin de contrôler la pensée de tels groupes, de leur fournir une soupape de sécurité et, in extremis, d’exercer un veto final sur leur publicité et peut-être leurs actions, si jamais ils devenaient trop radicaux« , Frances Stonor Saunders (« Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle« , page 109) à propos de la fonction de l’International Organizations Division (IOD) créée, au sein de la CIA, par Tom Braden en 1950. C’est exactement le traitement auquel nous, écologistes du premier mouvement, avons eu droit – et beaucoup d’autres.

Avant Guy Hocquenghem en 1985, Jean Baudrillard l’avait constaté : « Si le socialisme (s’est) installé sans coup férir, ce n’est pas tant qu’il a vaincu la droite, c’est que tout l’espace a été balayé devant lui par le reflux des forces vives » – « le socialisme » de l’ouverture aux capitaux spéculatifs, s’entend. Celui que préparait Rocard et quelques autres (troisième voie, deuxième gauche, Fondation St Simon…). C’est la disparition métaphorique des lucioles de Pier Paolo Pasolini* !

* laquelle était due exactement à la même offensive portée contre la société italienne également.

En dépit du prodigieux affaiblissement de la société française qui est désormais bien incapable de menacer l’ordre dominant (!), en dépit des effondrements sociaux et biologiques successifs, l’effort ne s’est jamais relâché.

La pensée d’ YVES BONNEFOY restera

« Qui a le droit d’être libre, qui se sent le droit de réclamer à la société les conditions d’existence qui lui permettront de se vouer, s’il le veut, au travail d’une libération intérieure, celui-ci a également le devoir d’exercer cette liberté car si l’esprit ne se mobilise pas contre l’inertie du langage au sein de sa propre parole, il est en risque de voir les stéréotypes verbaux pénétrer ses démarches les plus intimes, usurper ses motivations, décider pour lui – en bref, faire de lui une chose, ce qui mettrait fin à notre aventure sur cette terre« 
à propos de ce qu’il nomme l’aliénation du langage, « Entretiens sur la poésie 1972-1990« , chapitre « Poésie et liberté« 

Quel dommage que nous n’ayons pas su quand on nous abreuvait de stéréotypes mensongers : « gauche« , « autogestion« , « socialiste« … tout ce qui emplissait la bouche des démagogues occupés à tuer la pensée critique qui menaçait leur « croissance marchande » chérie (cf la lettre de Michel Rocard, ci-dessous) !

ROCARD COUVERT D’ELOGES…*


En 1974, les acteurs de la nouvelle gauche écologiste pensaient plutôt à lui réserver un autre sort. Juste un exemple…


A l’époque où son PSU se prétendait « gauche révolutionnaire » et « autogestionnaire » : 

« Les 6 heures pour l’autogestion » à la Mutualité, le lundi 14 janvier 1974, à la tribune, Rocard accuse le gouvernement français d’avoir « négligé le nucléaire » (il restera toujours favorable au nucléaire civil)*.


Le 6 février 1974, dans une lettre répondant à ceux qui avaient cru que le PSU était relativement proche d’eux et s’étaient étonnés de tels propos, Michel Rocard :
« Nous sommes je crois chers camarades d’accord sur l’essentiel d’une perspective commune utile à la croissance marchande (…) » (1)…

La « croissance marchande » comme objectif de la nouvelle gauche – le mouvement des années 60/70 ?!  Cette « croissance marchande« , c’était la promesse de nouvelles destructions massives comme celles qui avaient soulevé l’indignation et fait naître les beatniks, les provos, les situationnistes, les hippies, le mouvement écologiste, les kabouters, etc. Peu probable qu’il nous charrie. Nous n’étions pas intimes et l’humour n’était pas le genre de la maison. C’était donc du premier degré, le vrai visage derrière le masque… Mais pourquoi nous le montrait-il ? Etait-il possible qu’il se trompe d’interlocuteurs ? 

Ce dérapage annonçait la suite du programme, celui, néo-libéral, dont le pouvoir « socialiste » des années 80 allait permettre l’épanouissement et qui, donc, était préparé de longue date. Nous découvrions enfin la supercherie, mais trop tard. Beaucoup trop tard.

Comme le dévoile ce compliment désormais courant : « Il a réconcilié le socialisme et l’économie de marché« , Rocard était depuis très longtemps l’un des meilleurs amis des lobbies, un accoucheur de la globalisation capitaliste. Il est l’un de ceux auxquels nous devons Tout ce qu’on nous a fait avaler (ci-dessous).

(1) (…) La réponse faite par B. Jaumont (PSU) à Galtié et à Samuel (Amis de la Terre) est explicite : elle traduit à la fois l’option de la croissance (économie) et celle du nucléaire (énergie) options peu compatibles, on l’admettra, avec une prétention au socialisme autogestionnaire, de par leurs liens avec une décision centralisée, réponse faite par ailleurs sur fond de tonalité pour le moins caricatural avec cette accusation de « retour à l’âge de pierre« , parlant du rejet du nucléaire. »
Rocard, l’autogestion et le nucléaire
A Contre Courant syndical et politique, n° 208, octobre 2009, page 7
http://www.acontrecourant.org/wp-content/uploads/2010/02/acc-208.pdf


* Voilà qui permet de faire le point sur l’état de la pensée critique, aussi sur la puissance de la propagande et du conditionnement… Tout aussi remarquable : les éloges déversés par les sectateurs du capitalisme parasite des écosystèmes et des sociétés disent involontairement la vérité du personnage et de son action. 

se tromper d’interlocuteurs… En tout cas, cela

. . .

Loin, très loin du récit fabriqué destiné à berner le bon peuple, génération après génération

Camarades !



juin 2016 

 

Le coût de la « grande distribution »

 

Pourquoi les règles élémentaires de la bonne vie et même de la survie sont bafouées ?

Pourquoi l’instinct de conservation lui-même est impuissant ?

Pourquoi les meilleures démonstrations sont vaines ?  

Pourquoi le pire ne peut être évité ?

Pourquoi des lois et des services officiels à ce point inefficaces ?

Comment tous les dés sont pipés ? 

Quelles forces sont à l’oeuvre ?

Quelles est l’ampleur des conséquences ?

Tout ce qu’on nous a fait avaler !

Du miel sans miel produit par un pays sans abeilles, mais un faux miel gorgé de pesticides ajoutés gracieusement.

Des épices épuisées revivifiées à l’arôme artificiel.

Du concentré de tomates moisies maquillé par des artistes chimistes.

Du piment finement broyé avec ses poils et ses crottes de rats.

Des lasagnes au bœuf à la viande de chevaux trafiqués du nord au sud de l’Europe (affaire Findus 2013).

Des jambons gonflés à l’eau et aux produits chimiques, « jambons » de cochons torturés dans des usines à viande – le bas du bas de gamme transformé en plus bas encore.

Des produits laitiers dilués à l’eau mais généreusement sulfités pour stabiliser.

Des suppléments de micro-plastiques d’emballages à peu près partout…

Juste un échantillonnage de ce que peut vous offrir l’agro-alimentaire distribué par les champions des prix bas pour un maximum de profits.

Les prix bas…

La grande distribution a fait main basse sur l’industrie agro-alimentaire de notre pays. Les cinq enseignes françaises sont présentes partout dans le monde, de la Chine à l’Amérique du Sud, en passant par l’Afrique. Cette réussite a été financée ces vingt dernières années par un saignement à blanc des PME françaises, et par une ponction indue du pouvoir d’achat des consommateurs, vous.

Le rapport de force est si déséquilibré qu’une petite ou moyenne entreprise ne pèse rien face aux mastodontes de la distribution. Les centrales d’achat leur imposent systématiquement des conditions abusives qu’elles doivent accepter avec le sourire. Ces contraintes mènent de nombreuses entreprises à la faillite ou, comme cela a été le cas pour nous, les poussent à délocaliser. Certains groupes de distribution se sont même fait une spécialité de racheter des petites sociétés qu’ils avaient auparavant acculées à la ruine.

Aujourd’hui, en France, il n’y a quasiment plus d’épiceries indépendantes, presque plus de boucheries, guère davantage de boulangeries (1). Les PME agroalimentaires n’ont qu’un seul débouché possible : vendre à la grande distribution. Pour cela, elles doivent commencer par passer à la caisse. On leur imposera de payer des budgets de référencement, des participations publicitaires ou autres prestations fictives. Une fois le produit en rayon, il lui faudra encore payer pour garder sa place, payer pour participer à des « opérations de promotion » , type « anniversaire de l’enseigne », bref verser les fameuses marges arrière qui représentent une grosse part du prix du produit.

Le problème, c’est que rien n’interdit à un super-marché de facturer à son fournisseur ces »prestations » ou des pénalités abusives. Et ils ne s’en privent pas, croyez-moi.

(…)

Les grandes surfaces, avec leur boulimie de marges arrière, font sciemment monter les prix tout en faisant croire à leurs clients qu’elles se battent pour faire face aux méchants industriels. Mais sachez qu’aujourd’hui les marges arrières peuvent représenter plus de 60 % du prix final que paye le consommateur, la moyenne dans l’alimentaire étant autour de 35 %. (…)

extraits de Vous êtes fous d’avaler ça !, de Christophe Brusset, Flammarion 2015.

Un livre indispensable pour en découvrir encore plus sur le monde du mensonge et de la falsification généralisés qui nous étouffe et nous empoisonne tout en détruisant la biosphère.

ACG

(1) Ah, les boulangeries ! Les boulangeries et la stratégie hégémonique de la grande distribution… Rappelons-nous le discours qui éblouissait les « intellectuels de gauche » du jeune Nouvel Observateur :

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer« . C’est du Edouard Leclerc cuvée 1966, et cela a été publié par le Nouvel Observateur (rapporté dans La grande distribution. Enquête sur une corruption à la française).

André Gorz, qui alors signait Michel Bosquet, s’est démené comme un beau diable pour soutenir l’expansion de cette lumineuse intelligence économique. Avec des collaborateurs nombreux, il a aussi veillé de très près à ce que les écologistes de la nouvelle gauche ne gênent en rien ses amis de la grande distribution et de la conquête des nouveaux marchés – celui de l’emballage jetable, par exemple (au début de l’année 1972, les écologistes furent stoppés net dans l’élan d’une campagne de sensibilisation dénonçant les dangers du jetable). Car, comme beaucoup d’autres utilités au service de la domination, Gorz-Bosquet n’avait fait mine d’être aux côtés des écologistes de la nouvelle gauche que mieux les contrôler et tuer dans l’oeuf toute résistance à la généralisation du laisser-faire capitaliste. Une stratégie mise au point dans les laboratoires de la guerre économique dès la fin de la seconde guerre mondiale.

Les dégâts du jetable que nous annoncions ? On en voit une partie sur les côtes et jusqu’au milieu du Pacifique. Une autre partie est déjà dans les organismes vivants. Toute la biosphère en a été changée en poubelle.

 projet pour un tract (1971)

Les dégâts de la promotion de la grande distribution ? L’amplification de la ruine des producteurs, paysans, artisans, petites entreprises du bon produit. Les délocalisations systématiques vers le moins cher, le plus dégradé, le plus nuisible à tous les niveaux. La désertification des campagnes et des rues commerçantes, et le chômage comme volant de régulation sociale. Le nivellement de la qualité si bas qu’on ne peut plus parler de qualité mais de son contraire. L’explosion des maladies dégénératives boostées par les produits trafiqués. Le gaspillage d’énergie, la pollution locale, la pollution mondiale, la pollution de bout en bout. Comme une réplique du système politique qui a porté la grande distribution jusqu’à la position de pouvoir absolu où elle se trouve maintenant.

Une action et un site :

En toute franchise contre les abus de la grande distribution

Un autre livre :

« La grande distribution. Enquête sur une corruption à la française« , Jean Bothorel et Philippe Sassier, Bourin éditeur 2005.

« (…) Aujourd’hui 20 000 communes n’ont plus aucun commerce de proximité, plus aucun pompiste. Les maires sont souvent obligés de subventionner avec l’argent des contribuables, les derniers commerçants qui résistent ou les candidats à l’installation. Ce que le consommateur perd d’une main, le contribuable le perd de l’autre. Certes, on ne peut pas rendre la grande distribution responsable de la grande migration des campagnes vers les villes, mais la brutalité de ses méthodes couplées au laxisme des Pouvoirs Publics, des maires, a grandement contribué à ce qu’on appelle la désertification de la France (…) ».

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s