Saint Gengoux le ratage

 

« Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité«  

4 décembre 2012 (mis à jour le 18 décembre 2012) 

Ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie 

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Constats-et-objectifs,30223.html 

En réalité, voyons un peu ce qui se passe sur le terrain… 

 

SOMMAIRE

octobre 2017

Tête de bassin versant de Saint Gengoux le National : FIN DE L’HISTOIRE

1 200 habitants au pouvoir à Saillans, dans la Drôme

pour refuser un supermarché à l’entrée du village

Révolution en Saône et Loire : les idolâtres des grandes surfaces sont chassés de la mairie de Tournus par les défenseurs des centres villes animés 

Les élus sous la coupe des supermarchés

septembre 2017

Rééquilibrer le rapport de force entre producteurs et distribution ?

août 2017

DÉNIS DE JUSTICE POUR ÉTOUFFER LE SCANDALE FRANÇAIS DE L’AMIANTE
La charcuterie industrielle : une vraie cochonnerie

Rééquilibrer le rapport de force entre producteurs et distribution ?

Des agriculteurs rachètent un Lidl pour vendre leurs produits

Les renards chassés par les furieux sous prétexte sanitaire sont un rempart contre la maladie de Lyme

Un « Plan Sécheresse » bien sec

Les prix bas inventent l’oeuf empoisonné

1 incendie dans 1 élevage industriel aux Pays-Bas : 20 000 morts

Sécheresse : la France atteint la cote d’alerte

Presque 2 planètes par an !

juillet 2017

Notre voisin l’écureuil ne nous enchantera plus de ses cabrioles.

Chauffards : 74 % des automobilistes sont opposés à la réduction de la vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes

UN DOSSIER SUR LA RUINE DES CITES SOUS LA GRANDE DISTRIBUTION ET LA CORRUPTION DES ÉLUS

L’avenir sera de courte durée

juin 2017

Après tant de destructions… 

Régie de l’eau, autonomie énergétique, zéro déchet : quand citoyens et élus se mobilisent pour les biens communs

Débroussaillage chimique au bord de la Bourbeuse

Donald Trump fait des miracles

mai 2017

Il y a quelques dizaines d’années : PROVOS, BEATNIKS, SITUATIONNISTES, HIPPIES, MILITANTS DES DROITS CIVIQUES, PACIFISTES, FÉMINISTES, HOMOSEXUELS, RÉGIONALISTES, AUTOCHTONES, ÉCOLOGISTES… Juste avant l’extinction.

Certains restaurent et revalorisent

Bien commun, l’assaut final

le film

avril 2017

Standing Rock : pour les protecteurs de l’eau, la lutte continu

Donnez cet argent à votre commerce local

Les nouvelles cités radieuses

Au bout d’un voyage de souffrance, une mort violente

La Chine perd ses rivières

Un nouveau rideau de fumée

Pour quelques hectares de plus

TOURNUS : 500 personnes manifestent contre la désertification par les supermarchés

Contre la désertification de Tournus et alentours par les supermarchés

mars 2017

Alertes écologistes sans effet depuis des dizaines d’années : en Colombie aussi

Après 50 ans d’erreurs et de saccages, la restauration de la Lemme, ruisseau du Jura

Schéma Régional de Cohérence Ecologique (RCE) : l’énigme

Sur la collusion des élus et des supermarchés, et ses conséquences désastreuses

Etalement commercial périurbain : une dénonciation officielle

A 9000 kilomètres de Saint Gengoux, les Sioux défendent aussi l’eau

L’oubli de l’histoire

La ruine des campagnes et des cités entre FNSEA et supermarchés

Le sacrifice des paysans

Une catastrophe sociale et anthropologiqueet écologique

Et le sacrifice des artisans, des commerçants, des consommateurs…

Sauvons les paysans urbains

Lettre ouverte de Tournugeois-Vivant au Groupe Leclerc

Les hypermarchés cumulent une dette de 418 milliards d’euros d’amendes

février 2017


Une prise de conscience du saccage des campagnes, des villages et des cités par les supermarchés ?

Supermarchés : la politique de la terre brûlée

Nevers, Cavaillon Albi, Perpignan, Tournus…

Piqûre de rappel : la menace des supermarchés sur l’économie locale : Saint Gengoux

The New York Times publie sur la mise à mort des cités françaises par la grande distribution

Partout le saccage

Un lait cru, sinon rien !

Corruption française

Tête de bassin versant de Saint Gengoux le National :

la menace serait-elle sous-estimée ?

Alors, les anciens s’en souviennent, il y avait des écrevisses à pied blanc

janvier 2017

Zones humides : l’imposture de la « compensation« 

St Jean de Braye semble sauvé

Le 2 février, tout va changer !

La vallée des loups, film de Jean-Michel Bertrand

Le béton progresse partout 

L’article paru dans le JSL le 8 janvier (ci-dessous : Le supermarché déménage) connaît un certain succès. Premiers commentaires

2017 annus horribilis en Saône et Loire – nouvel épisode

2017 annus horribilis en Saône et Loire 

 



Autres dossiers et anciennes publications de la rubrique Sens dessus dessous :



et l’étude sur le saccage d’une tête de bassin versant :

L‘eau perdue de Saint Gengoux le Royal : 

l’engrenage exemplaire de la dégradation du bien commun 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange



L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie

et encore…

La lettre du collectif et des associations de Bourgogne et du Bassin Rhône Méditerranée adressée en septembre 2014 aux différentes administrations compétentes en matière de protection de l’eau et de l’environnement pour la Saône et Loire et la région Bourgogne (nous attendons encore une réponse).

https://renaissancerurale71bis.wordpress.com/2015/10/17/11/

 

– Pesticides, destruction de haies, autres dégradations… Réagir 

http://renaissancesrurales.blogspot.fr/search?updated-min=2012-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2013-01-01T00:00:00-08:00&max-results=4 

– ALTERNATIVES pratiques et constructives

sur ce blog, mais accès direct :

http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/20/alternatives-pratiques/



ni centres commerciaux

Présentation succincte de l’affaire de Saint Gengoux :

 

 

 

 

 

octobre 2011

 

Tête de bassin versant de Saint Gengoux le national : 

FIN DE L’HISTOIRE

A seulement quelques encâblures de Tournus où la population a bousculé les idolâtres des supermarchés pour sauver la campagne et le centre-ville, la chance d’une restauration et d’un nouveau départ après trop de destructions déjà n’a pas été saisie. 

Trop de pertes de mémoire et de savoirs, 

trop longtemps de désinformation, 

trop peu de conscience et d’envie de se réveiller, 

trop d’incapacité à anticiper,

trop peu de solidarité, 

trop faible mobilisation

trop d’egos turgescents dressés sur leurs ergots, 

trop d’habitude de luttes invraisemblables pour un pouvoir illusoire (!), 

trop d’hypocrisie des « associations » subventionnées, 

trop de compromissions,  

trop de coulisses obscures et grouillantes…

Sans oublier l’étonnante disparition à vue des institutions chargées de la protection du patrimoine, de l’eau, de ses milieux, de la biodiversité, du climat, etc. 

A la sortie sud de la cité médiévale, la dernière portion du lit du ruisseau de Nolange qui pouvait encore être sauvée est sous les engins de chantier.

Cette ultime destruction parachève celle du début des années 1980 qui, déjà, préparait le pire. Mais, le pire avait été évité 2 fois grâce à des mobilisations prometteuses (vite sabotées). 

35 ans plus tard, 

alors que l’information avait été libérée, 

alors que les constats sur l’effondrement biologique se multiplient (*), 

alors que le dérèglement climatique devrait inspirer un changement d’orientation complet, 

alors que l’eau vient déjà à manquer partout, etc.,

cette dernière mauvaise action illustre l’inexistence pratique des lois sur l’eau et la biodiversité, et la vacuité – ou la duplicité – des discours à tous les niveaux de l’Etat.

Cette destruction ne signe pas seulement le saccage définitif de cette petite vallée, la pollution de son eau et des répercussions inestimables dans la région, le bassin, et pour longtemps. Elle témoigne d’un acharnement mortifère terrifiant.

C’est l’exact contraire des exemples récents de Tournus et de Saillans (Drôme) où des mobilisations citoyennes ont chassé les partisans d’un supermarché à l’entrée de la cité et restauré la démocratie. Un contre exemple, aussi, par rapport à Puy-Guillaume qui a réussi en se préservant des appétits de la grande distribution.

Cette déroute n’est pas sans conséquences politiques : elle affaiblit les autres résistances – au Rousset, à Tournus, partout. De ce point de vue aussi, l’aveuglement des associations a été remarquable. Une complète contradiction de plus avec les professions de foi.

(*) Un effondrement global qui résulte des destructions et des pollutions que l’on voit pratiquées ici depuis une soixantaine d’années, et de plus en plus intensément ! 

Dernière illustration médiatisée, l’effondrement des insectes que chacun a déjà pu constater :

En trente ans, près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe
http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/10/18/en-trente-ans-pres-de-80-des-insectes-auraient-disparu-en-europe_5202939_1652692.html

Ici même, il y a 1 an : Les guêpes témoins de l’effondrement ?
https://renaissancerurale71bis.wordpress.com/2016/09/11/les-guepes-temoins-de-leffondrement/


L’exemple de Saillans est présenté ci-dessous
Le site :  http://www.paysdesaillansvivant.fr/

 

Puy-Guillaume :
http://www.liberation.fr/societe/2013/02/08/puy-guillaume-les-ideaux-du-village_880490




Comme c’est curieux, cette victoire citoyenne exemplaire a eu lieu en 2014 et personne n’a pensé à nous en parler !

L’exemple de Saillans (Drôme) 

1 200 habitants au pouvoir à Saillans, dans la Drôme

pour refuser un supermarché à l’entrée du village


L’histoire commence en 2010 avec un projet de supermarché. Le maire était pour, les habitants contre. Des citoyens se sont présentés aux élections municipales. Leur liste a gagné et, depuis, la révolution participative est en marche.


« On voulait garder le cœur du village vivant », raconte Mireille. Dans ce village de 1 240 habitants on compte deux boulangeries, une charcuterie, un magasin bio, deux bars et une épicerie. « Nous avons organisé une veille citoyenne et des manifestations pour bloquer la départementale. » Une pétition a recueilli plus de 800 signatures. Il faut dire qu’à Saillans, le terrain est fertile en mobilisations citoyennes : la commune compte près de 40 associations, dont Pays de Saillans vivant, l’association contre le projet de supermarché.



Devant la fronde, les enseignes Casino-Intermarché préfèrent abandonner le projet, au grand dam du maire MoDem sortant, François Pégon. L’énergie qui se dégage de la lutte donne des ailes. Les habitants se prennent à rêver d’une autre politique.


Des réunions publiques sont organisées à l’approche des municipales de 2014. Plus de 250 participants et une formule détonante : « Pas de programme, pas de candidats, la liste c’est vous ! », une liste est constituée, avec 22 candidats pour 15 places.


Trois idées fortes rassemblent le groupe d’habitants : la transparence, « l’accès de tous à l’information », la collégialité au sein de l’équipe municipale « pour éviter que le maire et le premier adjoint s’accaparent le pouvoir » et la participation des citoyens à la gestion de la commune. « Le régime représentatif confisque la démocratie. La citoyenneté ne se résume pas à un vote tous les six ans. »


Trois semaines avant les élections, le groupe nomme une tête de liste. « On a essayé de tenir jusqu’au bout pour ne pas avoir une personne désignée ». À la réunion ce jour là, Vincent est absent, il travaille comme veilleur de nuit. La liste souhaite désacraliser la fonction d’élu.


Le soir de l’élection du premier tour, le 23 mars 2014, la victoire est écrasante, 57 % des électeurs votent pour la liste « Autrement pour Saillans… tous ensemble » avec un taux de participation record de près de 80 % pour 1 070 inscrits.


Depuis, un vent nouveau souffle sur Saillans. La mairie est comme une ruche. Christian, un habitant, la soixantaine passée, témoigne : « Je vais à la marie comme je vais chez moi, je ne dis pas “monsieur le maire”, la porte est ouverte. ». La mairie a été rebaptisée la « maison commune ». Les agents techniques – une dizaine de personnes – en ont le tournis : « Dans des villages de cette taille, normalement, on voit les conseillers municipaux deux fois par an. Ici, on les croise tous les jours ! »

 

 

 

 

La prise de conscience de la nuisibilité des supermarchés se répand

Les centres-villes se vident, « comme une maladie se propage » 

Le secrétariat d’Etat au Commerce organise des Assises pour la revitalisation des centres-villes.

« Le phénomène a commencé au milieu des années 60 avec l’apparition des grandes surfaces en périphérie, retrace pour L’Express Jean Girardon, maire du village de Mont-Saint-Vincent en Saône-et-Loire, chargé de représenter l’association des maires de France aux Assises de Bercy

Jean Girardon vient de faire paraître Sauver la démocratie. Regards sur la démocratie au XXIème siècle (L’Harmattan)

 

 

 

 

Le projet de nouveau centre commercial cause la perte de ses promoteurs 

Révolution en Saône et Loire :

les idolâtres des grandes surfaces sont chassés de la mairie de Tournus par les défenseurs des centres villes animés

Un petit rappel : la Saône et Loire est le territoire où il y a la plus grande densité de supermarchés et la plus grande perte d’artisans et de commerçants. Stérilisation des centres villes, désertification des villages, dégradation de la campagne alentour en banlieue, bétonnisation des terres agricoles, destruction des sources, des ruisseaux, de leur nappe phréatique, pollutions diverses et variées… Jusqu’à présent, rien n’arrêtait les promoteurs, leurs élus affiliés et les fonctionnaires détournés. 

Serait-ce l’amorce d’un changement ? 

Un seul tour aura donc suffi pour élire le nouveau maire de Tournus (Sâone-et-Loire). Bertrand Veau, à la tête de la liste citoyenne d’opposition, a obtenu 61,63% des voix. Juste derrière, arrive le maire sortant, Claude Roche avec 23,07% des voix. 

https://www.youtube.com/watch?v=d3l8Sd3AtNk

le site de Tournugeois Vivant qui a mené la lutte

Sur la destruction des campagnes, etc. 

Pour quelques hectares de plus ..la bétonnisation des terres agricoles…

https://www.youtube.com/watch?v=GTA-V9Diu_0

CES ÉLUS SOUS INFLUENCE DES LOBBIES

des banques, des grands trusts économiques (B.T.P. – grande distribution)

ont totalement démantelé la loi ROYER

Dans les années 1970, avec l’arrivée des grandes surfaces, de nombreux commerçants ont été ruinés, disparition d’emplois qualifiés, perte d’investissement de leur outil de travail.

Les commerçants-artisans manifestèrent nombreux pour être respectés, faire respecter leurs droits fondamentaux et obtenir une loi permettant de réguler les implantations de grande surfaces et de pouvoir participer aux autorisations, création des Commissions Départementales d’Urbanisme Commercial pour les projet à partir de 1 000 m². (…)

 

 

 

sept 2017

A Tournus, la construction d’un centre commercial menace 20 hectares de terres agricoles

La surface agricole française ne cesse de diminuer, les prix de la terre s’envolent, le béton gagne du terrain et les agriculteurs ne peuvent pas suivre. C’est le cas à Tournus, en Bourgogne : l’espace urbain s’étale de plus en plus autour de cette bourgade dotée d’un riche patrimoine historique.

et, en complément

Disparition des terres agricoles : enquête sur un business qui rapporte

Les terres agricoles sont en danger : l’équivalent d’un département disparaît tous les cinq ans. Et le prix de ces terres ne cesse d’augmenter : + 35% en dix ans, trop cher pour les jeunes agriculteurs qui n’ont plus les moyens de s’installer.

Pourquoi les prix s’envolent-il ? D’abord à cause de la puissance financière des promoteurs qui achètent des terres au prix fort pour y construire hypermarchés, autoroutes, lignes de train à grande vitesse, aéroports, stades…

 

 

 

 

DÉNIS DE JUSTICE POUR ÉTOUFFER LE SCANDALE FRANÇAIS DE L’AMIANTE

Amiante : vers un non-lieu général ?

Le scandale rebondit dans le dossier de l’amiante. Ce 15 septembre, la cour d’appel de Paris a annulé pour la deuxième fois la mise en examen de neuf responsables nationaux (…) impliqués entre 1982 et 1995 dans le Comité Permanent Amiante (CPA). (…)

Comme si le CPA (le lobby de l’amiante) existait encore, les victimes qui sont déboutées de leurs demandes de réparation et les ordonnances de non-lieu réduisent à l’impuissance toutes les tentatives pour résoudre le drame français de l’amiante. L’organisation de la prévention en est également bloquée.

Extraordinaires attendus de la Cour d’Appel

« ces responsables ne disposaient pas d’un réel pouvoir décisionnaire« …

Des responsables sans pouvoir ? Pourtant, leur pouvoir était assez réel pour contribuer à l’existence et à l’action nuisible du CPA. Celui-ci est le lobby qui a surveillé chaque dénonciation de l’amiante, censuré l’information et fait la propagande d’un « usage contrôlé » du polluantle lobby qui a « anesthésié l’Etat«  pendant la bagatelle d’une quinzaine d’années.

Comme d’habitude, voici des « responsables » revendiqués qui ont entravé l’action des lanceurs d’alerte, qui ont pleinement profité de leur position dominante et qui jouissent encore de rentes de situation et de retraites confortables pour leurs mauvais et déloyaux services, mais que leurs victimes et les familles des disparus ne peuvent atteindre.

« à l’époque, l’usage de l’amiante était admis« …

Admis par qui ? Quelle est la valeur de cet « admis » puisque, si modeste soit-il, c’est précisément le « pouvoir décisionnaire » de ces « responsables » et de leurs semblables qui permettait cela ? C’est en effet du fait de l’action de « responsables » sans responsabilité comme ceux-ci que, contre des dizaines d’années de constats et d’alertes sanitaires, l’amiante a si longtemps continué à être utilisé, à polluer et à multiplier les victimes.

« ils ne pouvaient avoir une connaissance exacte des dangers de la fibre« …

On est pleinement sans la caricature de la si commune « responsabilité«  sans responsabilité. Des « responsables » ayant participé à un lobby qui impose un usage mortifère et une censure de l’information, mais qui ne savaient pas…

Pourtant, point besoin que je ressorte la documentation des années de lutte (plus de 30 ans depuis 1977), un rapport officiel a fait la lumière sur cette question :

Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir

Rendu public le 20 octobre 2005, ce rapport du Sénat est tout à fait explicite…

a) Des connaissances de plus en plus précises et alarmantes : on en savait assez pour gérer le risque amiante en 1965

(…) rappelons que des cas d’asbestose ont été décrits chez des sujets exposés à cette fibre dès 1906. La relation quantitative liant l’exposition cumulée à l’amiante et l’accroissement du risque d’asbestose était décrite en 1930. Du reste, la première réglementation visant à réduire le risque de cette pathologie a été mise en place en Grande-Bretagne l’année suivante, en 1931. (…)

Le professeur Got a rappelé, au cours de son audition, qu’il datait « la période où l’on a à peu près tout connu du risque lié à l’amiante en [se] référant à un congrès qui s’est tenu à New York en 1965, et qui s’est concrétisé par un énorme volume de 732 pages, qui n’est pas loin d’ici, à la bibliothèque de la faculté de médecine. Tous les spécialistes mondiaux du risque amiante étaient là et chacun a expliqué ce qu’il savait des risques liés à l’amiante, avec des études épidémiologiques précises. Dans ce volume, pratiquement, il y a toute la connaissance dont on a besoin pour gérer le risque amiante. Or, on est en 1965 » (…)

II.  L’ÉTAT « ANESTHÉSIÉ » PAR LE LOBBY DE L’AMIANTE

A. LE CPA : UN LOBBY REMARQUABLEMENT EFFICACE

(…) si l’État s’est déchargé de sa responsabilité, le comité permanent amiante (CPA) s’est progressivement attribué le monopole de l’expertise sur ce dossier. (…)

En exploitant les incertitudes scientifiques, au demeurant de moins en moins nombreuses au fil du temps, le CPA a réussi à insinuer le doute sur l’importance du risque de l’exposition à l’amiante et ainsi à retarder au maximum l’interdiction de l’usage de l’amiante en France. Ses membres ont habilement soutenu la politique de « l’usage contrôlé » de l’amiante (…)

B. LA RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT

Les préjudices causés par les poussières d’amiante mettent en cause la responsabilité de l’État à un double titre : en tant qu’employeur qui voit sa responsabilité pécuniaire « socialisée » avec celle des autres employeurs par l’entremise du FIVA, mais aussi en tant qu’État contrôleur depuis les décisions du Conseil d’État du 3 mars 2004. (…)

 

 

 

 

 

encore une conséquence de la grande distribution des « prix bas« 

La charcuterie industrielle : une vraie cochonnerie

Cochonneries
Comment la charcuterie est devenue un poison

Guillaume COUDRAY

Un vent de panique souffle sur la filière cochon depuis que l’OMS l’a confirmé fin 2015 : les charcuteries sont cancérogènes, directement responsables du cancer de l’intestin. Aussi appelé « cancer colorectal », c’est le plus fréquent chez les non-fumeurs. Principal coupable : la charcuterie traitée au nitrate de potassium E252 et au nitrite de sodium E250. Les industriels jurent que ces additifs sont indispensables pour protéger le public contre certaines bactéries.


C’est un mensonge. En réalité, ils servent à accélérer la fabrication, à donner à la chair une appétissante couleur rosée, à baisser les coûts de production et à maximiser les profits.


Fruit de cinq années d’enquête dans les archives administratives et médicales, ce livre dévoile l’histoire secrète des « charcuteries modernes » optimisées par la chimie. Popularisés par quelques entrepreneurs de Chicago, les knacks et les jambons nitrés ont conquis toute la planète en évinçant les charcuteries traditionnelles, plus longues à fabriquer.


Face à ce scandale sanitaire, les charcutiers français, dépositaires d’un patrimoine gastronomique authentique, sauront-ils relever le défi d’une charcuterie honnête, sans cosmétiques et surtout sans victimes ?
 

Si l’utilisation de nitrites séduit l’industrie de la charcuterie, elle représente un vrai danger pour le consommateur 

Ce n’est pas le nitrate et le nitrite qui sont cancérogènes. Mais après avoir été injectés dans la viande, le nitrate et le nitrite se décomposent et s’associent avec des composants organiques. C’est là qu’ils donnent naissance à des molécules cancérogènes.

Pourquoi les industriels qui fabriquent du jambon et des saucisses knack utilisent abondamment les nitrates de potassium et nitrites de sodium, deux additifs aux effets graves… La charcuterie bio est-elle épargnée par ces poisons ? Quels sont les liens entre ces charcuteries pas du tout artisanales et l’explosion du cancer colo-rectal, le plus fréquent chez les non-fumeurs ? Et puis quelles sont les vraies alternatives pour déguster de la charcuterie sans danger ?

 

et n’oublions pas :

L’intelligence des cochons

http://www.dailymotion.com/video/x75d05_intelligence-animale-le-cochon-1_webcam  

http://documentaires.france5.fr/documentaires/pas-si-bete/le-cochon

 

 

 

 

A propos des Etats Généraux de l’alimentation

Rééquilibrer le rapport de force entre producteurs et distribution ?

Il serait temps de s’apercevoir qu’il n’y a pas un « rapport de force« , mais que tous les pouvoirs ont été concentrés par « la grande distribution« , qu’il s’agit d’une dictature et que beaucoup, beaucoup d’acteurs aussi surprenants qu’étrangement zélés ont travaillé à l’instaurer.

 illustration de François Laporte

Le coordinateur des Etats Généraux de l’alimentation, Olivier Allain :

Le sujet principal, « C’est tout simplement la disproportion du rapport de force entre les 4 distributeurs au regard des 5 ou 10 000 PME et des 400 000 agriculteurs. Donc, il faut rééquilibrer ce rapport de force et c’est bien le rôle de la puissance publique de faire cela. Autrement, qui le ferait ?« 

Mais qui est à l’origine de cette situation catastrophique, tant pour les producteurs que pour les consommateurs (et pour les campagnes, pour la biodiversité, pour l’animation des villages et des villes, etc.) ?

Et pourquoi ?

C’est justement « la puissance publique » dévoyée par la finance qui a créé de toutes pièces la surpuissance de « la distribution » développée par les banques. Ainsi est apparue la Circulaire Fontanet (1960) qui a renversé toute la logique commerciale en interdisant aux producteurs de choisir leurs distributeurs, servant les casseurs de prix (discounters) sur un plateau d’argent (1). La circulaire Fontanet était fille du « Plan de stabilisation Pinay-Rueff » et du « Comité d’experts Rueff-Armand pour la suppression des obstacles à l’expansion économique » (2), lesquels étaient inspirés par la globalisation capitaliste à marche forcée depuis la fin de la guerre.

Et c’est là que le Nouvel Observateur est entré en scène, Michel Rocard aussi avec son PSU vidé de tous les esprits critiques, et Michel Bosquet (futur André Gorz). Celui-ci « s’impliqua aussi aux côtés de mon père en signant avec d’autres grands journalistes (François Henri de Virieu, Alain Murcier et Alain Vergnholes du Monde) des tracts pour dénoncer les refus de vente des fournisseurs (…) » Michel Edouard Leclerc (« André Gorz : la mort d’un philosophe« ). Tous ces gens étaient fascinés par « les prix bas« , les plus bas prix, sans l’ombre d’une réflexion sur la qualité du travail et des emplois, des productions, de l’environnement et des services, sans se soucier le moins du monde des conséquences – ou sans inhibition, car, tout de même, le sacrifice des paysans, des artisans et des commerçants était clairement au programme dès le départ.

Comme on commence à le deviner, il y a eu beaucoup de volontaires pour ruiner les campagnes, l’artisanat et le commerce, et faire le lit de l’ultra-capitalisme qui a ruiné la biosphère. Car « la grande distribution » est tout simplement l’un des instruments les plus puissants qui ont servi à déstructurer les économies, l’urbanisme, les sociétés et les écosystèmes, ici et jusque dans les forêts primaires. C’était le début de la désocialisation qui a permis tout le reste.

Au départ, il s’agissait – paraît-il… – de réduire les intermédiaires pour réduire les prix. Or, depuis longtemps, les prix de l’oligopole « grande distribution » sont au moins doubles de ce qui est payé aux producteurs. S’il y avait hier des abus, ils ont été systématisés par le nouveau système exploiteur, tout en exerçant sur les producteurs un chantage croissant qui n’a cessé de réduire le prix du travail, la diversité, la qualité, la valeur de la vie et les exigences éthiques et environnementales.

Si l’on se laisse abuser par la légende qui les situe « à gauche« , on peut croire que les amoureux des « prix bas » avaient été égarés, que c’est par étourderie qu’ils avaient aidé à réduire la diversité économique et lancé la grande fabrique du chômage et de l’exclusion, de la crise écologique planétaire aussi, etc. Mais un petit détail les révèle pleinement : ils ont continué à jouer les accoucheurs du nouvel ordre mondial de la prédation; par exemple en se mobilisant aussi pour étrangler le mouvement écologiste qui tentait de donner l’alerte (3)… Pas seulement le mouvement écologiste, d’ailleurs : toutes les émergences critiques et alternatives depuis.

(1) « Il est interdit de conférer maintenir ou imposer un caractère minimal au prix des produits et prestations de service, ou aux marges commerciales (…)« . Cet oukase tombé des laboratoires du néo-capitalisme ouvrait grande la porte à toutes les contraintes imposées par les nouveaux maîtres, bien sûr sans aucune considération économique, sociale, urbanistique, culturelle, écologique, relative au coûts réels et au bien commun. Unique soucis : la rentabilité et le profit maximaux pour les distributeurs soutenus par la finance, les partis et les régimes autoritaires d’ailleurs (bientôt fournisseurs de main d’oeuvre et de ressources à prix bas – très très bas prix).

 

(2) Les versions juvéniles de la Commission Attali « pour la libération de la croissance française » (2007 – 2008)

(3) à cet égard, l’opposition précoce à l’alerte contre les emballages jetables dit tout : (http://planetaryecology.com/tir-de-barrage-contre-une-campagne-de-denonciation-du-tout-jetable/)

Le « visionnaire« * Edouard Leclerc, celui qui voulait envoyer les « 40 000 boulangers conduire un bulldozer » (Nouvel Observateur 1966), n’a cessé d’être cajolé par les media et les partis. 

* selon toutes les « têtes pensantes » de « la gauche » depuis le début des années 1960

http://www.huffingtonpost.fr/2017/08/07/etats-generaux-de-lalimentation-emmanuel-macron-recoit-les-syn_a_23068048/

Au centre des entretiens qui dureront une demi-heure chacun, la revendication pour les producteurs d’un « juste » prix face aux exigences de la distribution ou aux demandes de l’agroalimentaire. Certaines organisations comme la Coordination rurale ou la FNPL (lait) se sont émues vendredi que les syndicats agricoles ne soient pas mieux représentés dans les 14 ateliers des Etats Généraux qui doivent se tenir d’ici la fin-novembre.

En particulier, l’atelier phare numéro 6, d’où sont censées émerger les solutions pour résoudre la crise des prix, intitulé « rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs« , sera présidé « par une multinationale de l’agroalimentaire Danone et la grande distribution (Système U)! » a dénoncé la FNPL vendredi.

…Emmanuel Macron qui a été sélectionné par les survivants et les descendants de la belle équipe qui a construit la dictature de la grande distribution, avec au premier rang Michel Rocard et Henry Hermand (ci-dessous, en mars : Quand les coulisses d’Emmanuel Macron nous rappellent de bien mauvais souvenirs)

 

rappel :

(dans cette même rubrique début 2012

France Info 21 février 2012

Le paysan Pierre Priolet au bout du chemin

Pierre Priolet vient de terminer une longue marche, de la Provence à Paris. Pendant quarante jours à pied, cet agriculteur a marché de village en village, avec à chaque fois des étapes de vingt ou trente kilomètres, pour rencontrer les Français et recueillir leurs témoignages. Pierre Priolet renoue avec l’esprit de 1789, celui des cahiers de doléances. Juste avant la Révolution, des milliers de personnes avaient consigné leurs témoignages et leurs revendications, pour préparer la réunion des Etats généraux.

Depuis quarante jours, Pierre Priolet utilise la même méthode. Cet agriculteur de Provence, vous l’avez sûrement déjà entendu : il parle fort, quelquefois il s’emporte. Il accuse la grande distribution et notre système de consommation. Selon lui, les chaînes de supermarchés étranglent les producteurs. Elles exigent des prix tellement bas que beaucoup d’agriculteurs ne peuvent pas se payer correctement. A la fin de l’année 2010, Pierre Priolet a d’ailleurs arraché son propre verger, ses 13 hectares de poiriers. Il n’avait pas les moyens de continuer.

Depuis, il a élargi son combat. Il a créé un site – baptisé « consommer juste » – pour rapprocher les consommateurs et les producteurs. Il plaide pour des circuits courts, où chacun trouve son intérêt : les consommateurs peuvent acheter de bons fruits et de bons légumes à un prix raisonnable et les agriculteurs peuvent se rémunérer.

La nouvelle étape, c’est donc cette marche des doléances qui vient de s’achever. Sur le site de Pierre Priolet, vous lirez et vous entendrez des témoignages recueillis en Provence, en Bourgogne ou en Ile-de-France. L’agriculteur demande à ceux qu’il rencontre : « quelle société et quelle alimentation voulez-vous ? » Les réponses sont parfois concrètes et parfois plus politiques. Un jeune homme parle du prix du pain. Un autre dénonce les salaires fous de certains patrons. Un ancien artisan se plaint des cotisations trop élevées, qui empêchent d’embaucher, dit-il. Une femme rêve de trouver « la qualité au supermarché du coin« . Beaucoup se plaignent des « belles paroles » prononcées par les dirigeants politiques, loin de leur vie quotidienne.

Parmi ces Français, il y a sûrement des électeurs de gauche, de droite et d’autres qui ne votent pas. Mais ils ont un point commun. Ils sont persuadés qu’il faut changer de société. « Si on continue comme ça, dit l’un d’eux, on va dans le mur« .

http://www.paperblog.fr/2857314/pierre-priolet-pleurez-pour-nous/

http://www.youtube.com/watch?v=jSZjS8UQH0g

 

 

Sur une partie du système qui a conduit les paysans et quantité d’autres producteurs à la faillite :

« La face cachée des Centres Leclerc » et « Des contrats qui font plier les fournisseurs »
C’est le roi des prix bas. Mais ce succès a un revers : tous les moyens sont bons pour faire craquer les fournisseurs.


Certes, Michel-Edouard Leclerc caracole dans tous les palmarès des prix les plus bas en France. Mais derrière ce Robin des bois du consommateur se cache une véritable machine de guerre avec, en ligne de mire, le fournisseur, et comme bras armé, le Galec, la puissante centrale d’achat de l’enseigne.

Ce combat se joue en ce moment dans les minuscules salles du Galec, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), où les industriels sont reçus par des négociateurs particulièrement redoutables : des patrons d’hypers aux méthodes musclées que Sophie, une ex-acheteuse du Galec, cassant l’omerta qui règne autour de ces négociations, révèle dans nos colonnes.

« Les négociateurs connaissent parfaitement les produits et ne cèdent jamais un pouce de terrain. Alors que les autres distributeurs emploient des diplômés d’école de commerce qui appliquent des techniques apprises dans leurs manuels d’économie, chez Leclerc, les acheteurs sont des propriétaires de magasins volontaires. Ils se battent pour leur argent. »

Les Leclerc reçoivent dans des boxes d’une dizaine de mètres carrés, meublés d’une table et de quelques chaises. A une époque, les acheteurs avaient des (…)

dans Le Parisien du 7 mars 2012

http://www.leparisien.fr/informations/la-face-cachee-des-centres-leclerc-07-03-2012-1893205.php

 

 

 

 

août 2017

Des agriculteurs rachètent un Lidl pour vendre leurs produits

A Colmar, 35 agriculteurs ont repris un ancien Lidl. Depuis le mois de novembre, l’enseigne « Cœur paysan » de Colmar commercialise des produits locaux. Un concept qui plaît aux consommateurs.

« Ici c’est notre coquille, et on y met nos produits. Moi, je suis maraîcher et je vends mes tomates ici. Nous assurons des permanences à tour de rôle pour être au contact des clients. Et ça permet d’écouler nos produits au prix juste. Souvent dans les filières classiques, les prix en grande surface n’ont rien à voir avec leur valeur économique. Nos produits ont un prix et c’est ce qu’on a envie de dire avec ce magasin. Et les gens le comprennent. Les clients qui viennent chez nous ne vont plus en supermarché classique. On a un peu trop oublié que le paysan du coin est essentiel« .

 

 

 

 

Un nouveau comble de la bêtise mis en lumière 

Les renards chassés par les furieux sous prétexte sanitaire sont un rempart contre la maladie de Lyme

les belettes, les fouines, les martres, les putois, les blaireaux, les chats sauvages aussi…

Floraison d’articles sur la relation inversement proportionnelle entre les prédateurs et la maladie de lyme

La maladie de Lyme a peut-être enfin rencontré sa némésis. La présence dans les forêts de renards réduirait le nombre de tiques infectées par la bactérie Borrelia burgdorferi

(…) Des chercheurs néerlandais ont en effet montré que plus les renards sont nombreux dans les forêts, moins les tiques sont vectrices de la bactérie ; et inversement. La diminution n’est pas négligeable : dans les zones les plus peuplées en renards, les tiques infectées récoltées sur des rongeurs peuvent être jusqu’à 20 fois moins nombreuses. (…)

Les renards, une arme efficace contre la maladie de Lyme ?

Une étude publiée sur le site de The Royal Society établit un lien bénéfique entre l’activité des prédateurs de rongeurs et la densité de nymphes de tiques vectrices d’infections.

Le postulat de départ était simple : une fois éclos, les acariens présents à l’état larvaire s’attaquent aux organismes les plus faciles d’accès. Il s’agit du plus souvent de rongeurs, lesquels évoluent près du sol. Or ces animaux sont souvent porteurs d’infections transmissibles à la tique, qui contaminera alors d’autres animaux lors de ses futurs repas et ainsi de suite. En réduisant le nombre de rongeurs hôtes des infections, les prédateurs pourraient participer à la diminution du risque de leur transmission à l’homme. Pour vérifier cette théorie, les chercheurs ont donc observé 20 parcelles forestières d’un hectare aux Pays-Bas présentant des densités de prédateurs différentes. (…)

Comme on pouvait le supposer depuis longtemps, les « piégeurs » et les municipalités, les gouvernements et l’Etat aussi*, qui les subventionnent sont les premiers des « nuisibles« 

C’est donc à tout ce joli monde que l’on doit, au moins en bonne part, l’augmentation spectaculaire des tiques et de la maladie

* et son office national de la chasse et de la faune sauvage qui partage le vivant entre « nuisibles » et utiles (ceux qui servent de gibier)

Cartes nuisibles 2015-2018 réactualisées après arrêt du Conseil d’Etat : http://www.unapaf.fr/Cartes-nuisibles-2015-2018

 

…sans oublier les media régionaux qui n’ont pas peur de faire la propagande de l’imbécillité :

Il piège les nuisibles depuis cinq ans

« Toute l’année, du 1er juillet au 30 juin, le piégeage des nuisibles est possible. Il faut faire une déclaration à la mairie, qui affiche au vu de tous l’identité des piégeurs et leur numéro d’agrément national », explique Patrick Barny, 63 ans, piégeurs depuis cinq ans. Cette activité non rémunérée est devenue une passion pour lui.

Chasseur depuis 1970, il n’est devenu piégeur que depuis sa retraite. Les deux occupations ne sont pas identiques : « Piéger les animaux nuisibles, c’est rendre service à la collectivité ». Le déclic ? Quand il a vu les dégâts causés par les renards sur les lâchers de perdrix royales en cours de réintroduction.

Connaître les animaux

Les renards sont en effet de gros prédateurs de gibier mais aussi de volailles de basse-cour. Comme les fouines, ils sont reconnus nuisibles et peuvent être chassés et piégés. Par contre, les blaireaux peuvent être chassés mais non piégés. Putois, martre, loir ne sont pas piégeables

L’incidence des nuisibles comme le renard est importante 

La Fédération de chasse veut mettre en place des brigades de piégeurs

Etc. 

 

 

 

 

 

Un « plan sécheresse » bien sec

Sécheresse : comment améliorer notre gestion de l’eau ?

C’est une situation de « stress hydrique des sols sans précédent » dans laquelle s’est engouffrée la France cet été. L’expression signifie que la demande en eau dépasse la quantité disponible. Un épisode de sécheresse important auquel a décidé de s’attaquer Nicolas Hulot. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a présenté ce matin en Conseil des ministres un plan d’action sur la gestion de la ressource d’eau. Il prévoit « d’encourager la sobriété des usages et réguler en amont la ressource, grâce notamment à l’innovation« . (…)

D’où l’importance d’une bonne gestion des stocks d’eau. Sur ce point, l’organisme UFC-Que Choisir déplore une politique archaïque, et développe trois chantiers majeurs :

  • Des mesures ambitieuses de prévention de la ressource

  • L’application stricte du principe préleveur – pollueur-payeur !

  • Des aides à la reconversion des pratiques agricoles

Le plan d’action du ministère arrive donc à point nommé…

  1. Pour une vraie réforme de la politique agricole de l’eau !

Las, le plan sécheresse du gouvernement n’est pas à la hauteur – quand il est positif.

Il met en cause du bout des lèvres le mode d’agriculture dominant qui est pourtant perfusé de subventions publiques. Ce plan ressemble à un recueil de vœux pieux, alors que nous avons besoin d’une politique volontariste pour faire évoluer rapidement l’agriculture, les élevages (1), les industries, les pratiques communales et particulières majoritairement responsables de la dégradation et des pénuries.

Pour comble, quand il présente une politique volontariste Nicolas Hulot invite à multiplier les stockages de l’eau… Invraisemblable ! Faut-il qu’il soit ignorant lui et ses services, ou sous l’influence du ministère de l’agriculture et des lobbies industriels, pour promouvoir cette calamité.

Car les rétentions d’eau réalisées en France sont étanches, ce qui signifie qu’elles ne contribuent pas à la réalimentation des nappes phréatiques, lesquelles devraient être au coeur de toute réflexion sur la préservation de la ressource !

Pire encore, ces réserves sont majoritairement alimentées en puisant dans les cours d’eau sans soucis du maintien de l’étiage, voire… en puisant dans les nappes phréatiques ! Le ministère de l’écologie (sic) marche sur la tête. Avec ces stockages complètement artificiels nuisibles au bon état des ressources, il s’affirme même en contradiction avec la loi sur l’eau.

Sur le sujet :

Restauration des écosystèmes, restauration des sociétés – l’exemple du Rajasthan

Sivens, le Gers et le Rajasthan

Autre carence de ce « Plan Sécheresse« , l’oubli des zones humides et des têtes de bassin versant. Les milieux les plus fragiles et les plus importants, ceux dont le bon état détermine la qualité et l’abondance de la ressource (et de la biodiversité) ne figurent pas dans les annonces.

C’est tout de même très curieux car, en bonne logique et en bon droit de l’eau (la loi sur l’eau), le bon état des milieux aquatiques est absolument prioritaire sur tout autre chose, en particulier sur tous les usages économiques, surtout quand ils abolissent tout simplement l’eau et son environnement (comme quand on veut implanter une station-service et un supermarché dans le lit d’un ruisseau !). La préservation des zones humides et des têtes de bassin versant, et la restauration de toutes celles qui ont été dégradées, devraient donc être au coeur des préoccupations.

Ce « Plan Sécheresse » est muet sur l’essentiel.

(1) Pour être éclairé sur les différences fondamentales entre l’agriculture qui préserve tout en produisant de la qualité, et le système agro-alimentaire qui détruit, spolie, pollue et empoisonne à tous les stades :

HERBE film de Matthieu Levain et Olivier Porte

extrait de ma critique cinéma :

L’herbe broutée par les vaches laitières des éleveurs que nous rencontrons tout d’abord est la vedette de ce film éclairant. Adeptes de ce que l’on nomme maintenant la filière herbagère qui allie les connaissances des anciens et celles de la bio, ces éleveurs toujours paysans promènent, avec le chien, le troupeau de la pâture à la salle de traite. Ils foulent l’herbe dont ils connaissent chaque espèce, les très bonnes pour les ruminants et le lait, le meilleur lait, et les autres qu’il faut contrôler avec doigté. Ils jardinent prairies et champs avec la connaissance des cycles des végétaux et des animaux. Ils entretiennent de belles haies riches de tous les bois, entre le taillis pour le feu et le bois d’oeuvre qui grandit pour les petits enfants. Ils ont le temps de regarder la vie qui grouille autour d’eux. Ils donnent envie de faire sa vie à la campagne.

Silos, grands bâtiments industriels, gros engins flambant neufs, animaux en stabulation, et endettement en proportion, nous découvrons ensuite une « exploitation » de l’agriculture intensive. Grosse consommatrice des gadgets profitables aux industriels et aux banquiers, c’est un maillon de cette industrie qui, en amont, produit les ravages écologiques et humains montrés par « La terre des hommes rouges » (BirdWatchers), le film présenté plus loin. De l’Amazonie, de l’Argentine, de la Chine, de tous les coins du monde dévastés par la spéculation agro-alimentaire, à ce coin de Bretagne, proviennent les aliments déversées sous le nez des vaches incarcérées. C’est la même machinerie ubuesque cornaquée par des conseillers en asservissement aux banques. (…)

 

 

 

 

LES ÉLEVAGES INDUSTRIELS ET LA « GRANDE DISTRIBUTION » DES PRIX BAS INVENTENT L’OEUF EMPOISONNÉ


Plus soucieux d’économiser des centimes que de manger des produits de qualité, les néerlandais et les allemands s’en sont mis jusque là ! 


Et, bien entendu, la merde est venue jusqu’ici, aspirée, happée par les acheteurs industriels. Comme tout le reste.

 

Des lots d’œufs contaminés au fipronil ont été livrés en France en juillet

Deux établissements de fabrication de produits à base d’œufs, dans la Vienne et en Maine-et-Loire, sont concernés, selon le ministère de l’agriculture.

Les poules responsables d’avoir pondu ça vont être exécutées par dizaines de milliers. Pas les éleveurs tortionnaires et ceux qui les ont conseillés !

le dessin est de Chapatte

 

 

 

1 incendie dans 1 élevage industriel aux Pays-Bas. 20 000 cochons morts. 20 000

Toutes les limites ont été explosées avec ces usines qui torturent les animaux en appliquant les techniques « scientifiques » de rentabilisation. Tout ça pour quoi ? Pour fabriquer du plus que bas de gamme, un produit infect à faire des obèses.

Sécheresse : la France atteint la cote d’alerte

Le manque d’eau se fait sentir avec beaucoup d’avance, par rapport aux années précédentes.


Soixante-quinze départements sont concernés par l’alerte à la sécheresse, du niveau «vigilance» à la situation de «crise». «Cet état résulte d’un déficit de pluie important au cours de l’automne et de l’hiver dernier, période de recharge habituelle des réserves en eau du sol, explique Cyrille Duchesne, météorologue à La Chaîne Météo. Au cours du printemps, les précipitations sont restées insuffisantes et le déficit pluviométrique s’est accru sur certaines régions comme le Nord-Est, l’Extrême Sud-Est et la Corse»(lire ci-contre). 

 

 

 

 

Presque 2 planètes par an !

2 août 2017, toutes les réserves renouvelables ont été épuisées et, déjà, les rejets les moins polluants ne peuvent plus être absorbés et recyclés.

Il y a seulement 20 ans, la journée du dépassement intervenait… fin septembre.

Et… en 1971, le jour du dépassement intervenait en décembre : le 21 décembre 

 affiche de la Semaine de la Terre 1971

La planète bleue dans le rouge

Le temps qu’il vous faut pour lire ces quelques mots (environ une seconde) et ce sont 287 passagers qui viennent d’embarquer à bord d’un avion, plus d’un million de kg de CO2 émis dans l’atmosphère, 41 200 kg de nourriture jetés, 10 000 kg de viande de bœuf consommés ou encore 4 900 kg de poissons pêchés… 

Ce contexte catastrophique devrait inspirer d’urgence des changements de politique à tous les niveaux. Hélas, on ne voit pas grand-chose prendre forme, hors des discours et des législations non suivis d’application. Sur le terrain, rien ne bouge dans le bon sens.

A l’échelle locale, là même où l’évolution serait la plus facile, pas davantage de réorientation ! A Saint Gengoux le National, en infraction avec toutes les règles et les lois, un supermarché de taille double de l’actuel est toujours prévu juste à côté des derniers commerces locaux, dans le lit du ruisseau historique de la cité :

Tout à côté, les projets de lotissements de loisirs au Rousset et à Poligny sont maintenus.

Dans les deux premiers cas, il s’agit de têtes de bassin versant, des lieux à préserver absolument, qui sont menacées de destruction… (1)

A l’heure des plans anti-sécheresse rappelant les bases de la bonne gestion de la ressource en eau (2), il est original que les destructions de ladite ressource continuent imperturbablement avec le soutien des administrations.

L’aveuglement et l’apathie de ceux qui savent et peuvent agir sont si grands que cela ressemble à s’y méprendre à une volonté de nuire, ou à une pulsion morbide.

Avec de telles dispositions, l’avenir sera de courte durée !

(1)

A la recherche d’aqua incognita

Promouvoir la restauration

(2)

« Les variations climatiques ne vont pas arranger » la situation de stress hydrique qui tend à se répéter et à s’intensifier en France. Comme l’illustre cet été 2017 où l’on ne compte plus à ce jour que dix départements encore indemnes de toute consigne préfectorale sur la consommation d’eau.
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030473383042-secheresse-hulot-prepare-un-plan-de-sortie-de-crise-2105410.php#3L2As8XFxrm34WCa.99

 

 

 

 

 

juillet 2017

NOTRE VOISIN L’ECUREUIL ne nous enchantera plus de ses cabrioles


Un des innombrables abrutis qui passent là, chaque jour, en excès de vitesse absolu a mis fin à notre aventure commune.


Comme à tant d’autres auparavant.

A deux pas de là, des automobilistes roulent à tombeau ouvert dans une venelle sinueuse et débouchent, sans ralentir, dans la rue principale

Forte mobilisation contre la perspective de réduire les vitesses à 80 Kmh Ralentir sur les routes, c’est non  

Une large majorité de Français, 74 %, est opposée à la réduction de la vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes, selon un sondage publié hier*. Les conducteurs ruraux sont les plus remontés… http://www.leparisien.fr/informations/ralentir-sur-les-routes-c-est-non-26-04-2015-4725003.php


Les conducteurs ruraux… une maladie mentale tellement répandue qu’il est devenu risqué de sortir sur les routes de campagne et même dans les rues et les chemins (une collision entre deux voitures sur le chemin champêtre passant devant la ferme d’une amie) !


74% semble, en effet, un pourcentage assez probable quand on le rapproche des autres constats sur l’inconscience, l’incivisme, l’irrespect du bien commun et le j’m’enfoutisme ambiants.

Indifférence aux autres, indifférence aux animaux qui peuplent encore la même planète, indifférence vis à vis de la planète entière, d’ailleurs, indifférence pour l’avenir de leurs propres gosses déjà malades des poumons… 74% ! Rien que l’un des comportements qui gangrènent tout.

Mortalité animale due aux véhicules http://fr.wikipedia.org/wiki/Mortalit%C3%A9_animale_due_aux_v%C3%A9hicules

Morts pour la route: les animaux sacrifiés sur l’autel du culte de la vitesse http://carfree.fr/index.php/2013/08/14/morts-pour-la-route-les-animaux-sacrifies-sur-lautel-du-culte-de-la-vitesse/

 

 

 

 

 

 

Un dossier sur la ruine des cités sous la grande distribution et la corruption des élus


(…) la grande nouveauté, c’est que la mort des centres-villes est devenue un sujet de débat qui intéresse les politiques. Quarante ans trop tard, mais bon… 

40 ans ? Mais le grand lancement du processus remonte aux commissions Pinay-Rueff-Armand de 1957/59 et à la circulaire Fontanet de 1960, au soutien militant apporté par la fausse gauche au commerce financiarisé dès les années 1960, etc.

  

 

 

Au Mans, «145 coiffeurs mais pas de poissonnerie»
(..) Le badaud en quête de produits plus authentiques et de commerces de bouche reste, lui, sur sa faim. C’est plutôt en s’éloignant de ce point névralgique qu’il retrouvera quelques-uns de ces petits commerces indépendants qui, il y a encore une trentaine d’années, faisaient qu’un cœur de ville ne ressemblait pas à un autre.

http://www.liberation.fr/futurs/2017/07/18/au-mans-145-coiffeurs-mais-pas-de-poissonnerie_1584716

Libraire, boucher, droguiste, le combat de l’adaptation
Pendant ce temps, les périphéries sont défigurées et perdues pour l’écosystème

http://www.liberation.fr/…/libraire-boucher-droguiste

 

mais il est des élus qui sauvent la mise… l’exception confirme la règle !
PUY-GUILLAUME, LES IDEAUX DU VILLAGE

«Les demandes d’installation de supermarchés – toutes refusées par le plan local d’urbanisme qui interdit les surfaces commerciales supérieures à 150 mètres carrés – commencent à se calmer un peu…».

(…) L’historien qui s’attaquera à ce chapitre de l’américanisation de la France aura des éléments à charge pour établir ce bilan territorial calamiteux..

Les Puy-Guillaumois ont-ils conscience qu’ils ont livré une superbe bataille, refusant à la grande distribution ce que Bothorel et Sassier appelaient la «rente de situation» ? Car le secteur ne s’est pas cantonné aux villes. Il a détricoté les campagnes de leurs équipements commerciaux au titre d’une «modernisation» dont les coûts ne sont pas évalués. Seuls quelques îlots ont résisté à la tempête. Puy-Guillaume est sorti victorieux d’un long combat. La voici symbole d’une France où la politique la plus noble réinvente le territoire.

 

 

 

 

 

L’avenir sera de courte durée.

Très courte !


Biodiversité. Nous sommes entrés dans l’ère de “l’anéantissement biologique”

Un peu plus de deux ans après leur publication alertant sur la disparition massive des espèces animales à la surface du globe, des chercheurs mexicains et américains reviennent avec de nouveaux résultats, toujours plus alarmants.
Le déclin massif et rapide qu’ils ont constaté les conduit à parler “d’anéantissement biologique”.
http://www.courrierinternational.com/…/biodiversite-nous-so…



Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines http://www.pnas.org/content/early/2017/07/05/1704949114

L’exploitation frénétique des ressources naturelles risquent de provoquer la sixième extinction de masse

Lecture de l’étude de Richard Leakey et Roger Lewin (1997) :

La Sixième extinction

Nous voici dans le pire des scenarii redoutés par les écologistes d’il y a cinquante ans – quand il était temps de changer, mais aussi quand les forces du chaos installaient la globalisation capitaliste en étouffant les alertes (nombreuses à l’époque) et les alternatives. L’ »anéantissement biologique » en est le résultat. 

L’exemple des saccages successifs du patrimoine, des eaux (sources, ruisseaux, mares, zones humides) et de la biodiversité de la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National est une démonstration à petite échelle du processus mortifère à l’oeuvre presque partout. Etendues sur la même période (depuis les années cinquante), ces destructions progressives aujourd’hui poursuivies montrent que nous sommes encore très très loin de la prise de conscience et des changements indispensables à la survie. Car, maintenant, il s’agit bien de survie.

 

lire et relire cet article très édifiant sur l’histoire contemporaine de la cité :

Saint Gengoux-le-Royal, cité médiévale…

Sites et Monuments octobre – novembre – décembre 1974 – n°68, revue de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF), pages 34, 35, 36

on le trouve ici

 

 

 

 

 

 

juin 2017

Après tant de destructions récentes et d’autres encore planifiées !!

Ne faudrait-il pas commencer par arrêter de détruire et commencer de restaurer ?

Régie de l’eau, autonomie énergétique, zéro déchet : quand citoyens et élus se mobilisent pour les biens communs

Viser l’autonomie énergétique pour un territoire où vivent 35 000 habitants, réduire la production de déchets d’un tiers en quelques années, remettre la gestion de l’eau au service des usagers : telles sont les dynamiques qui guident des maires, des élus et des citoyens de Briançon et de ses environs, dans les Hautes-Alpes. Objectifs : contribuer très concrètement à la lutte contre le réchauffement climatique et sanctuariser des biens communs hors des logiques de profits et de prédation. Avec un moyen : la constitution de régies publiques, plus transparentes dans leur gestion et moins coûteuses que les multinationales. Cette remunicipalisation est cependant menacée par des lois qui tentent de les freiner. Nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux qui, dans ce territoire des Hautes-Alpes, aspirent à un monde plus soutenable. 

(…)

Assainissement : bataille contre Suez 

Une autre bataille est en cours : l’assainissement, confié il y a dix ans à une filiale de Suez, la SEERC. « Dès la mise en place du contrat, le prix de l’assainissement dans la facture d’eau a explosé », déplore Danièle Lavin, de l’association Eau secours briançonnais. Résultat : les refus de payer les factures se multiplient… ainsi que les assignations au tribunal de ces usagers en colère par la filiale de Suez. Les usagers, eux, ne bénéficient pas du même accès à la justice : « Dans le contrat entre la collectivité et un industriel, les usagers ne sont pas partie prenante directe de ce contrat et n’ont donc pas vocation à le mettre en cause. Pour le tribunal, nous n’étions donc pas légitimes pour intenter une action ! »

(…) 

« On voulait que l’énergie soit publique, citoyenne, renouvelable et locale ! »

S’il a beaucoup été question de remunicipalisation de l’eau en France ces dernières années, ce service n’est pas le seul à pouvoir être remunicipalisé. C’est également possible pour les déchets, les transports en commun, la cantine scolaire, mais aussi – dans certaines limites – l’énergie. 

(…)

Son mandat de maire l’a amené à devenir référent, au niveau de la communauté de communes, pour la gestion et valorisation des déchets. « En me plongeant dans ce marché cédé à Veolia, j’ai vu que des factures ne correspondaient pas. J’ai demandé une étude indépendante et la conclusion était que l’on avait intérêt à repartir en régie en 2009. On arrivait à la date d’échéance du contrat avec Veolia. » Mais impossible, au vu des délais courts, d’embaucher la trentaine de personnes nécessaires au retour en régie, d’acheter matériels et camions, de trouver des locaux. C’est sans compter sur l’initiative du maire qui obtient de Veolia qu’elle prolonge d’un an le contrat au même tarif. Il prépare le passage en régie qui devient effectif en 2010.

(…) 



 

 

 

En Franche-Comté aussi

Débroussaillage chimique au bord de la Bourbeuse

X et moi sur place l’autre soir avec ONCFS pour faire constater à la police de la nature. Puis plainte en cours par la CPEPESC. on en était déjà à 400 mètres linéaires de cours d’eau plus 300 de haies, herbes hautes, buissons isolés ou nichent par exemple le bruant des roseaux, sont impactés aussi la pie grièche écorcheur, rousserole verderolle…Site Natura 2000, ou la biodiversité est remarquable, pleins d’espèces protégées et rares…


L’agri à encore poursuivi sur un secteur voisin, bord de canal…juste pour installer son fil !


Plusieurs délits: Pollution de l’eau, non respect de la directive phyto, altération d’habitats d’espèces protégées.


L’ONCFS lance une enquête et une saisine judiciaire vers le Proc de Belfort. Notre assoc viendra en renfort pour éviter le classement des PV de la police de la nature comme cela arrive souvent. Donc nous nous portons partie civile dans cette affaire désastreuse pour la rivière « la Bourbeuse » dont je vous ai montré des jolies photos dernièrement, et ou je n’avais pas le coeur a vous montrer ce désastre écologique.


Pour le garde ONCFS, il est impossible que l’agri ne connaisse pas la réglementation étant porteur d’une autorisation d’usage de produits phyto en tant qu’exploitant agricole, et de plus sur un territoire classée Natura 2000 !

BEN OUI, MÊME LÀ OÙ LES BONNES VOLONTÉS SONT PLUS NOMBREUSES, LA DESTRUCTION VA BON TRAIN.

A ce charmant catalogue, on peut ajouter le massacre des haies… même pas à la tronçonneuse : au « broyeur » ! C’est un déchaînement – si j’ose dire. Les furieux recommencent chaque année, justement pendant les périodes de nidification ou juste avant la maturité des baies.
Les haies, destruction et renaissance, sur ce blog :
http://renaissancesrurales.blogspot.fr/…/07/blog-post.html

On dirait que c’est de pire en pire. Des années et des années d’alertes et de lutte révèlent un verrouillage complet des institutions avec la complicité de beaucoup d’associatifs (sic) dont le carriérisme exige qu’ils « siègent » en étant très accommodants. Ce système d’entrave systématique – c’en est un – est devenu si efficace que nous sommes réduits à l’impuissance comme jamais. Voyant les défenseurs du bien commun tournés en ridicule par les fonctionnaires qui devraient les soutenir, voyant les nouvelles législations rester lettre morte et ceux qui doivent les appliquer se coucher à la première intimidation, les pollueurs, dégradeurs, bétonneurs ont toutes les raisons de croire que tout leur est permis. Ils ne se gênent plus.



 

 

 

 

Donald Trump fait des miracles

En décidant de rompre avec les accords de Paris sur le climat (COP 21), il les a tous changés en écologistes !


Même ceux – très nombreux – qui ont contribué à étouffer l’alerte écologiste qui inspirait largement la nouvelle gauche des années 1960/70, et qui poursuivent l’effort aujourd’hui.


Pour découvrir les origines de cette entreprise réactionnaire au long cours :

Intelligence de l’anti-communisme – Le Congrès pour la Liberté de la Culture à Paris 1950-1975, Pierre Grémion, Fayard 1995 

Pierre Grémion défend l’organisation tentaculaire à laquelle il a contribué aux côtés du néo-libéral Michel Crozier. Quoi de mieux que les forfanteries d’un homme du système pour découvrir l’envers du décor et les noms des principaux acteurs de l’ombre ? Pierre Grémion ne peut cacher l’orientation principale de l’entreprise : effacer toute dénonciation relative à la globalisation capitaliste en cours et fermer toutes les voies alternatives. Mais, parfois, ses certitudes semblent se dissoudre et l’éloge devient aveu. On apprend ainsi qu’après le croque-mitaine communiste qui servait à justifier l’écrasement de tous les soulèvements contre l’accroissement de la prédation, c’est la nouvelle gauche qui a été la cible de l’appareil de la plus grande opération de propagande et de répression de toute l’histoire. La nouvelle gauche, dont les acteurs de l’alerte écologiste visés par des opérations de récupération, chapeautage, élimination et substitution, etc., cela dès la fin des années 1960. A défaut de comprendre ce qui nous arrivait, nous avons eu tout loisir d’en mesurer l’étrangeté. 

 

La situation catastrophique de la biosphère (donc du climat) trouve là son origine. On le voit très clairement avec l’inauguration du monstre flottant (le Meraviglia, sic) qui vient de sortir en grande pompe des chantiers de Saint Nazaire (En arrière toute ! sur : http://naufrageplanetaire.blogspot.fr/2013/03/la-tete-lenvers-partir-de-fevrier-2015_29.html). 

Dans leur très grande majorité, les pleureuses d’aujourd’hui ont pris part à ce sabotage de l’éveil écologiste et c’est pour mieux dissimuler que Trump est une résultante de leur action qu’elles surjouent. Vraiment, quelle dureté envers leur créature !

 

 

 

 

 

mai 2017

Il y a quelques dizaines d’années, déjà…

PROVOS, BEATNIKS, SITUATIONNISTES, HIPPIES, MILITANTS DES DROITS CIVIQUES, PACIFISTES, FÉMINISTES, HOMOSEXUELS, RÉGIONALISTES, AUTOCHTONES, ÉCOLOGISTES… 

Juste avant l’extinction

Les différents courants de la nouvelle gauche des années 1960/70 voulaient créer une civilisation conviviale en harmonie avec la biosphère. L’effacement systématique de ce mouvement et de tous ceux qui ont tenté d’émerger depuis (1), a autorisé la systématisation de la prédation à l’échelle planétaire – la globalisation – auxquels nous devons les effondrements climatique, biologique, écologique actuels. L’effondrement de l’empathie, de la pensée critique et de la combativité aussi. 

(1) en France, particulièrement par la « deuxième gauche », une appellation apparue vers la fin des années 70 (après « écologie politique » issue de la même source), vraisemblablement pour accroître la confusion et faciliter la récupération et le détournement des « forces vives » dont Jean Baudrillard allait bientôt constater le recul.

40 things the hippies were right about  

http://urbanmilwaukee.com/…/40-things-the-hippies-were-rig…/

La SEMAINE DE LA TERRE, l’une des rares expressions publiques de la nouvelle gauche écologiste française 

http://planetaryecology.com/1971-la-semaine-de-la-terre/

 

 

 

 

 

Quand tant d’autres ne pensent qu’à détruire,

certains restaurent et revalorisent

« En améliorant l’environnement, en rachetant les zones humides tout autour de la commune, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire pour l’écotourisme »


Aussitôt dit, aussitôt fait : neuf sentiers de randonnée ont été aménagés dans les environs et tout le petit patrimoine du village a été restauré grâce à des matériaux écologiques.

Résultat ? Eh bien les touristes sont venus ! Il a donc été possible de réaliser la quatrième étape du projet : la construction d’un gîte rural et écologique destiné à accueillir les visiteurs.

Mais ça ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Les touristes, aussi écolos soient-ils, ont besoin de se rafraîchir et de se nourrir. En 2013, le village a donc rouvert les portes de son bistro dont la gestion a été confiée à un gérant venu de l’extérieur.

Dans la foulée, le village a même eu droit à l’ouverture d’une épicerie bio alimentée par les agriculteurs de la région.

Retour de l’animation, retour des commerces, arrivée de nouveaux habitants… Il ne restait plus qu’à rouvrir l’école. Et, vu que l’éducation nationale y restait opposée, le maire a soutenu une institutrice qui souhaitait ouvrir une école Montessori. Bonne pioche : non seulement ça  a marché mais, en plus, en une année scolaire seulement, les effectifs ont déjà doublé (l’établissement accueillant désormais 20 élèves) !

la suite :

 

 

 

 

Bien commun, l’assaut final

le film

Voilà plus de 70 ans que les prédateurs fourbissent des machines de guerre de plus en plus puissantes et perfides. Cette fois, ils sont très au point.

L’eau, la santé, les gènes humains et végétaux, les connaissances anciennes et nouvelles, plus rien aujourd’hui ne semble pouvoir échapper au destin de marchandise. Face à la voracité des marchand, qu’adviendra-t-il de la notion de bien commun qui est à la base de toute vie en société ? Le marché peut-il être le garant de bien commun ? Différentes histoires, tournées au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en France, au Brésil, en Inde, et racontées à la manière de la Genèse, témoignent des conséquences de la soumission du monde aux intérêts privés.

C’est pour dénoncer cela que les écologistes se sont partout levés dans les années soixante. C’est parce qu’ils le dénonçaient qu’ils ont été infiltrés et remplacés par des hommes de paille.

« (…) le système des brevets ne peut pas s’implanter dans une culture du bien commun (…) » dit l’une des intervenantes (sans doute Vandana Shiva). C’est exactement pour cela que la nouvelle gauche écologiste a été méthodiquement étouffée. Pour que la conscience et la culture du bien commun n’entravent pas la globalisation de la prédation et la marchandisation en marche.

 

 

 

 

 

 

avril 2017

STANDING ROCK

POUR LES PROTECTEURS DE L’EAU, LA LUTTE CONTINUE
http://www.liberation.fr/planete/2017/04/23/standing-rock-c-est-la-lutte-tribale_1564744


Après des mois de lutte, la nouvelle administration Trump aura finalement eu raison de leur opposition au projet. L’oléoduc a été fini début mars, quelques semaines après l’évacuation du camp. Le pétrole y circulera à partir du 14 mai, passant sous la rivière Missouri, au risque d’en polluer les eaux dont dépendent les Sioux.

Cette défaite est, pourtant, loin de les avoir découragés. Au contraire, après des décennies de silence, la mobilisation de Standing Rock a réveillé l’activisme des Indiens américains. A travers le mouvement «Native Nations Rise» («les nations autochtones se lèvent»), ils ont décidé de reprendre la lutte pour la reconnaissance de leurs droits. Samedi prochain, pour l’anniversaire des 100 premiers jours de Donald Trump, des représentants de dizaines de tribus indiennes descendront dans la rue, lors d’une marche pour le climat qui devrait réunir des dizaines de milliers de personnes à travers le pays.

C’est un temps où notre peuple aura deux voies devant lui : une brûlée et une autre verte, décrit l’organisation environnementaliste amérindienne Honor the Earth. Nous devrons choisir laquelle prendre. Ce temps est venu. Nous avons vu l’émergence d’une société industrielle américaine largement inefficace sur nos terres.»
(…)
Bien que le siège se termine sur un échec, l’épisode de Wounded Knee fait avancer la cause indienne. En 1975, une cour fédérale déclare honteux le traitement du gouvernement américain envers la grande réserve sioux : «Une affaire plus puante et nauséabonde que ces traités indignes ne pourra très probablement jamais être trouvée dans notre histoire.» Une reconnaissance hautement symbolique.
(…)
Pour s’en sortir, une partie de la nouvelle génération d’Indiens se tourne vers la culture de ses ancêtres. Standing Rock, ces derniers mois, a été l’occasion pour beaucoup de retrouver le lien avec leurs racines. James Robideau s’est rendu, en novembre, à Standing Rock pour transmettre les enseignements du militantisme passé. Pour lui, la lutte pacifiste est cruciale : «Ce serait suicidaire de reprendre les armes. Il est important qu’on soit forts dans nos prières, qu’on utilise les enseignements, les traditions qui nous ont été transmises par les anciens.»

Amnesty condemns ‘excessive’ violence at Standing Rock, calls for Obama to act
http://mashable.com/2016/12/03/amnesty-condemns-violence-standing-rock/#8C_WYX7rXOq4

 

 

 

 

 

 

Allez au marché, cuisinez et, simplement, les 10 % que vous mettez dans les grandes surfaces donnez-les, donnez cet argent à votre commerce local !

Olivier Roellinger

émission On va déguster

Sauver la planète à coup de fourchette ?

France Inter tous les dimanches 11H/midi

sur Olivier Roellinger

https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Roellinger

 

 

 

 

 

Les nouvelles cités radieuses

Les expériences se multiplient en France, proposant une autre conception de l’habitat individuel, original et moins consommateur d’espace.

Les villes s’étendent dans un désordre pavillonnaire sans limites. Les maisons individuelles adoptent les formes standard des catalogues de promoteurs, imitations pour certaines d’un style régressif néofolklorique. Toits pentus, tuiles, crépis, balconnets, fausses poutres et faux colombages, cours bétonnées et thuyas dessinent dans toute la France un habitat monotone, sans identité. Dans ces nouveaux faux villages, chacun est enfermé chez soi, avec ses deux voitures bien rangées dans le garage, souvent loin de tout commerce. Ce qui constitue pour les pouvoirs publics un vrai casse-tête pour desservir et équiper ces cités excentrées, à moins de penser que les réserves de carburant soient éternelles.

(…)

Lutter contre l’étalement des villes en densifiant l’habitat sur des petits lots. Bâtir à des coûts serrés (100 000 euros par maison, par exemple) pour garantir des pavillons à loyer modéré. Mais aussi expérimenter des matériaux industriels comme le béton, le métal, le verre. Rechercher d’autres volumes, jouer avec la lumière, la couleur et la verdure.

 

 

à Damazan, Lot et Garonne, le Château Comtal du XVIIème siècle (à l’arrière plan) va accueillir la nouvelle Maison de Santé 

à Saint Gengoux le National, les maisons de tanneurs du XVIIème siècle ont été démolies pour faire un hospice en béton

Aux défenseurs du patrimoine, il a été répondu : on ne peut rien en faire, c’est pas aux normes.

 

 

 

 

 

C’EST AUSSI UN TOTALITARISME

élevage industriel pour mal-bouffe garantie, et…

Au bout d’un voyage de souffrance, une mort violente 


Chaque année, près d’un milliard de volailles et 37 millions de bovins, cochons, moutons, chèvres et équidés sont transportés vivants à l’intérieur de l’Union européenne et vers des pays tiers. Les animaux sont fréquemment transportés sur de très longues distances, souvent des milliers de kilomètres. Ces trajets peuvent durer plusieurs jours avant qu’ils n’atteignent leur destination finale. Demandez une révision de la réglementation pour obtenir une limite de transport à 8h maximum. 

 

 

 

 

Stop the trucks – Arrêtons les camions

 

 

 

 

 

 

Hélas il n’y a pas qu’à Saint Gengoux

La Chine perd ses rivières

Au terme d’une étude 3 ans, le ministère des ressources en eau n’a comptabilisé que 22 909 rivières. Soit 28 000 rivières en moins que l’estimation officielle précédente.

Why did 28,000 rivers in China suddenly disappear?

En une dizaine d’année, 28 000 rivières auraient complètement disparues du territoire chinois selon une étude menée conjointement entre le Ministère des Ressources en Eau et le Bureau National de la Statistique de Chine.

Ce premier recensement national de l’eau, mené sur trois ans par 800 000 géomètres de tout le pays, révèle que sur les plus de 50 000 rivières recensées dans les années 1990, seules 22 909 sont restantes aujourd’hui.

 

 

 

 

 

Un nouveau rideau de fumée


Capté dans un billet publié par le quotidien Libération du 12 avril 17 :

 « Ancien militant associatif, j’ai bien connu le discours catastrophiste de certains écologistes convaincus qu’il faut faire peur pour que l’opinion publique tienne enfin compte du changement climatique ou de l’effondrement de la biodiversité.« 



Revoilà le « catastrophisme » brandit pour décrédibiliser les lanceurs d’alerte et gommer leurs propositions. Pourquoi cette caricature empruntée aux ennemis déclarés du vivant ? Nous n’avons pas encore tout oublié ! D’habitude, depuis une petite quarantaine d’années seulement, les propagateurs du dénigrement sont des lobbyistes de telle ou telle branche du capitalisme qui s’attaquent aux alternatifs en proportion de ce que leurs commanditaires ont à cacher (a). Suivant la technique du contre-feu, les pires faiseurs de catastrophes ont entonné cette ritournelle pour mieux étouffer le mouvement social (la nouvelle gauche écologiste) qui s’opposait à leurs entreprises mortifères. La réussite de cette propagande et des manoeuvres qui l’accompagnaient a grandement facilité l’installation de la globalisation capitaliste et le développement des destructions de tous ordres.

Cette fois, c’est différent et, d’une certaine manière, plus inquiétant. Bien qu’il se voit comme un « ancien« , l’auteur est nettement plus jeune que ses prédécesseurs. Plus original encore, c’est après avoir fait « une thèse sur le principe de précaution » qu’il s’attaque aux lanceurs d’alerte en les accusant de tenir « le discours du déclin« . Au-delà du paradoxe, il semble surtout ne pas avoir une grande connaissance de l’histoire et de la culture de l’écologisme. En effet, en plus de donner l’alerte, ce mouvement a fait maintes propositions philosophiques, démocratiques et techniques, ouvrant la voie à un changement de civilisation (b). Et c’est justement pour polluer ces perspectives constructives qui soulevaient l’enthousiasme de beaucoup que les propagandistes du capitalisme ont retourné ce « catastrophisme » qui leur allait si bien.

Bien sûr, il est probable que ce relativement jeune auteur ait été abusé par la réécriture de l’histoire du mouvement social : elle a, entres autres, complètement défiguré la nouvelle gauche. Mais, quand même, pourquoi Libération* publie-t-il ce genre de désinformation ?

* qui ne manque pas de mouliner sur les fausses informations !

Le billet est signé Arnaud Gossement. il est intitulé « En Marche ou en courant ? ». Tiens tiens… Si cet « en courant » correspondait à cet « en marche« , il se confirmerait que l’auteur n’a aucune relation positive avec l’écologisme. Par ses parrains, « en marche » est directement connecté aux personnes et aux forces qui ont étouffé toute la nouvelle gauche pour faire place à la globalisation de la prédation. L’effondrement de la culture du bien commun, la confusion et les destructions sans nombre sont leur production. 

 Après le 1er tour de cette élection catastrophe :

Le vote unanime des spéculateurs boursiers, dès lundi 24 avril, a pleinement confirmé ce que l’histoire nous montrait.

 

(a) biodiversité, climat, peuples autochtones et diversité culturelle, démocratie, justice, pesticides, amiante et tous autres polluants, etc., nous en avons vu de toutes les couleurs et de toutes les lâchetés.


(b) Heureusement qu’il y a eu les « catastrophistes » Pierre Kropotkine, Alfred North Whitehead, William Morton Wheeler, Max Horkheimer et Theodor Adorno, Aldo Leopold, Rachel Carson, Claude Lévi Strauss, Jean Dorst, Murray Bookchin, Paul-Emile Victor, Henri laborit, Henri Pézerat… !

Centres-villes morts, périphéries

moches, merci qui? 

Les centres se meurent dans beaucoup de villes moyennes. La faute à 20 ans de construction frénétique de zones commerciales périphériques et un conflit, toujours présent, entre aménagement du territoire et développement (soi-disant) économique. Bientôt des « Death Malls », comme aux Etats-Unis?

Destruction des campagnes et des paysages, anéantissement des sols vivants, suppression de l’eau et de ses zones humides, éradication de la biodiversité, ça continue…

 

Pour quelques hectares de plus

Avec 29 millions d’hectares de terres cultivables, la France est la première puissance agricole d’Europe. Mais cette superficie ne cesse de se réduire : chaque année, dans l’Hexagone, 60 000 hectares de terres agricoles sont transformées en hypermarchés, en stades de football, en immeubles de bureaux ou en parking. A ce rythme là, deux millions d’hectares de ces terres auront disparu d’ici à 2050. Aux confins du Loiret, du département du Rhône et de la Vendée, Nicolas Vescovacci a sillonné la France pendant six mois à la rencontre de ceux qui grignotent la France des territoires. 

TOURNUS

500 personnes manifestent contre la désertification par les supermarchés

Dans la région de la plus forte concentration de grandes surfaces, là où même des villages ont été vidés de dizaines d’artisans et de commerces, là où beaucoup en réclament davantage tant ils ont été conditionnés, c’est une première ! 

Le début d’une prise de conscience ?

Contre la désertification de Tournus et alentours par les supermarchés

 

 

N’oublions pas comment a progressé la dévastation

1997 – Dans le Cantal, la ferme de Juliette Malpuech, les jolies Colombes, sera rasée pour élargir une route

Une trentaine de gendarmes, un psychiatre, le SAMU et le préfet du Cantal en personne: les autorités n’ont pas lésiné sur les moyens, hier, pour déloger Juliette Malpuech et ses fils de sa ferme des Colombes, dont la construction remonte au XVIIe siècle. A 30km d’Aurillac, dans la vallée de Vic-sur-Cère, cette paysanne de 64 ans, et Michel, l’un de ses fils cultivateurs qui vit avec elle, avaient jusqu’au dernier moment espéré. Ils ont toujours refusé l’idée que voitures et camions puissent mettre à bas des pierres édifiées il y a quatre siècle, surtout pour créer une troisième voie de dépassement. (…)

Le bâtiment est celui d’une ferme bloc, typique des montagnes du Cantal. «Pour affronter les hivers longs et rigoureux, tout s’y trouve regroupé: le logis des humains, celui des animaux mais aussi les provisions, le foin dans la grange, le grain dans le grenier, le fromage et les quartiers de porc dans la cave», explique-t-elle. Ce mardi, sur la vieille cuisinière, la marmite de soupe d’oignons et la poêle pour les côtelettes de porc assurent le déjeuner des trois fils, qui exploitent avec elle les terres environnantes. (…)

 

 

 

 

mars 2017

Alertes écologistes sans effet depuis des dizaines d’années :  

en Colombie aussi les faiseurs de catastrophes poursuivent imperturbablement leurs destructions

Coulée de boue en Colombie : des centaines de victimes

Au sud de la Colombie, une gigantesque coulée de boue a enseveli plusieurs quartiers de la ville de Mocoa dans la nuit de vendredi à samedi.
Le bilan n’en finit plus de s’alourdir : au moins 154 personnes sont mortes et plus de 220 habitants auraient disparu.

Les morts de la déforestation

Des rues recouvertes de terre, de rochers et d’amas de branches. C’est le spectacle désolant qu’offrait dimanche Mocoa, ville de 40 000 habitants de la province de Putumayo, en Colombie, après la gigantesque coulée de boue qui s’est abattue sur plusieurs de ses quartiers dans la nuit de vendredi à samedi. Dimanche encore, le millier de militaires réquisitionnés et d’autres secouristes étaient à la recherche de disparus, mais le bilan est d’ores et déjà très lourd. Au moins 200 morts, autant de blessés, et quelque 150 disparus.

La région, sise dans le bassin amazonien, a l’habitude des pluies diluviennes. Mais les arbres, racontent les habitants comme les experts, ne sont plus là pour jouer leur rôle face aux épisodes climatiques extraordinaires. L’urbanisation et l’extension des zones agricoles ont conduit à une déforestation excessive, explique aussi un responsable local au journal El Espectador, si bien que la forêt n’est plus là pour jouer son rôle de régulation des eaux, d’autant plus lorsque les pluies exceptionnelles sont amplifiées, comme actuellement, par les effets d’El Niño. L’expert avance que bien d’autres régions colombiennes sont exposées à de pareils risques. Entre 150 000 et 250 000 hectares de forêt disparaissent annuellement en Colombie, selon un rapport national publié en 2014. Et 45% de la déforestation se produit dans la région amazonienne.

Déforestation de la Colombie

D’après un rapport de la FAO, la Colombie a un taux de déboisement parmi les 5 plus élevés du monde. En 1997, la culture de la marijuana représentait 5 000 hectares, l’opium 6 500 hectares, à comparer aux 79 500 hectares de plants de coca.

Sur les 15 millions d’hectares de forêt humide détruits dans le monde dans les années 1980, 4,5% l’ont été en Colombie.

Colombie : En 2014, 45 % de la déforestation nationale a eu lieu en forêt amazonienne

Malgré les politiques de protection de l’environnement, la déforestation se poursuit de façon dramatique dans de nombreux pays, et c’est le cas de la Colombie qui voit ses arbres tomber sous le coup de l’activité humaine (16 % de déforestation en plus en 2014 par rapport à l’année 2013).

(…) Cette année 2014 la sécheresse assaille la Colombie (25 départements ont été placés en alerte rouge), et les incendies se multiplient, quant aux principaux fleuves du pays, le Cauca et le Magdalena, ils ont atteint des taux historiquement bas en cet été austral, le Magdalena a atteint un niveau de 45 cm, un record depuis plus de 40 ans.

http://www.actulatino.com/2016/02/01/colombie-en-2014-45-de-la-deforestation-nationale-a-eu-lieu-en-foret-amazonienne/#HWUzW4gz0mcJXm0p.99

Coulées de boue et glissements de terrain après coulées de boue et glissements de terrain, rien ne change. Les déforestations continuent de plus belle. Cela fait 27 ans que nous relatons toujours les mêmes faits aux Philippines, en Indonésie, dans la Cordillère des Andes, etc. 

 

 

 

 

 

 

Après 50 ans d’erreurs et de saccages, la restauration de la Lemme, ruisseau du Jura

Depuis plusieurs années, le Parc du Haut-Jura travaille à la restauration des zones humides du bassin de la Lemme. Reméandrement, comblement des drains, effacement des seuils, sans oublier les actions d’animations et de sensibilisation, un projet ambitieux associant les habitants à l’intérêt de gérer autrement les zones humides.

Urbanisation tout béton : le saccage des rivières, l’exemple de Marseille

 

 

 

 

 

Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) : 

l’énigme

Après la contribution du collectif de sauvegarde de Saint Gengoux le national à l’enquête du SRCE* de l’automne 2014. Il n’y a eu aucune suite à notre contribution. Pas l’ombre d’un contact. Pas même la communication des résultats ! 

* Schéma Régional de Cohérence Ecologique (http://www.bourgogne-franche-comte.developpement-durable.gouv.fr/le-srce-de-bourgogne-r2578.html)

Contenu du Schéma de cohérence écologique de Bourgogne 

contribution du collectif de sauvegarde de Saint Gengoux le National

Il n’y a pas eu de communication des résultats ! Pourtant, cela n’est pas le nombre des contributeurs qui y a fait obstacle :

– 34 interventions pour toute la Bourgogne

– « La Commission d’enquête constate que malgré les actions de publicité mises en œuvre et les moyens offerts au public pour s’exprimer le nombre d’interventions du public est véritablement peu important pour une population de 1 650 000 habitants. Le public n’a sans doute pas réalisé l’importance de ce document qui va notamment orienter l’utilisation des sols pendant de nombreuses années.« 

La commission relève aussi « le manque d’intérêt de la part des élus » : 2 élus ont participé pour toute la région Bourgogne !

quelques extraits énigmatiques du compte-rendu de la commission du SRCE à propos des contributions du collectif et de la CAPEN :

« La commission d’enquête reconnaît le travail réalisé par le collectif cependant cette situation ne ressort pas du niveau régional« 

« Il s’agit d’une vraie problématique de continuité écologique mais pas à l’échelle régionale« 

« Le sujet ne concerne pas directement le SRCE, mais les choix d’aménagement du territoire, donc les collectivités et le porteur du projet (le groupe financier du supermarché! NDLR)« 

« La commission d’enquête estime que ce sujet est en dehors du cadre« 

Hum, une « continuité«  est construite par la connexion d’éléments successifs. Qu’un seul vienne à manquer et il n’y a plus de « continuité« , plus de « cohérence écologique«  ! L’échelle ne change rien à l’affaire. Par définition, « l’écologie« , qui est tissée par les interrelations à tous les niveaux d’organisation, ne connaît pas de limites d’échelle – surtout pas administratives.

D’ailleurs, le SRCE se justifie, dès sa présentation, en constatant que « La fragmentation (…) constituent une des principales causes d’érosion de la biodiversité. » :

Un constat, des espaces naturels fragmentés

La fragmentation et la destruction des habitats naturels, par la modification de l’occupation du sol, constituent une des principales causes d’érosion de la biodiversité. Les continuités écologiques permettant la vie et le déplacement des espèces sont ainsi rompues, notamment par l’extension de l’urbanisation, le développement des infrastructures de transport, l’aménagement des rivières et le développement de certaines pratiques agricoles ou forestières.

Pour enrayer ce phénomène, les lois issues du Grenelle de l’environnement ont prévu la constitution d’une trame verte et bleue pour préserver, gérer et remettre en bon état les continuités écologiques tout en prenant en compte les activités humaines. Le concept de trame verte et bleue vise à révéler les territoires où les espèces animales et végétales peuvent se déplacer et ceux où la fragmentation et l’isolement des milieux naturels rendent difficile – voire impossible – les déplacements. Le vocable « trame verte » concerne les espaces terrestres, celui de « trame bleue » les espaces aquatiques et humides. 

Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE), un outil de la SRB

N’est-ce pas en contradiction avec les problèmes d’échelle imaginés par la commission ?

Si le SRCE n’est pas compétent et se désengage à l’échelle « locale« , le tout étant le produit de toutes les parties « locales« , comment les objectifs peuvent-ils être atteints ?

Comment l’élaboration d’une cohérence régionale peut-elle naître d’une fragmentation qui enclave les entités « locales » ?

Quelle articulation avec la Trame Verte et Bleue et autre Plan Biodiversité qui sont faits pour raccommoder ce qui a été dissocié ? 

Ces commentaires de la commission sur les contributions du collectif et de la CAPEN sont également en contradiction avec ce qu’elle affirme par ailleurs : « ce document (le SRCE) qui va notamment orienter l’utilisation des sols pendant de nombreuses années.« 

 

 

 

 

Sur la collusion des élus et des supermarchés, et ses conséquences désastreuses



Etalement commercial périurbain : une dénonciation officielle !

Les surfaces commerciales ont connu un développement considérable dans les périphéries urbaines et le rythme actuel des créations reste très soutenu. Le développement commercial périphérique marque profondément la physionomie des entrées de ville et des territoires périurbains des agglomérations françaises de toute taille.

Ce processus qui se poursuit apparaît paradoxal à l’époque d’une prise en compte croissante et générale des impératifs de durabilité et de préservation des espaces naturels et agricole. (…)

De plus en plus financiarisé, l’immobilier commercial poursuit un développement soutenu qui n’est pas exempt d’un risque de «bulle»

La dynamique d’un secteur en interaction avec les nouvelles pratiques de consommation,les logiques d’implantation commerciale qui conduisent à la recherche d’espaces disponibles, le caractère de plus en plus spéculatif de l’investissement commercial, enfin la concurrence entre les géants du secteur : toutes ces tendances contribuent à accroître la pression sur l’espace, notamment péri-urbain, et conduisent à s’interroger sur la façon dont les pouvoirs publics se sont donnés les moyens juridiques, en France et chez nos voisins, de concilier la liberté du commerce avec la prise en compte d’autres enjeux de nature environnementale ou sociétale (…)


Plus sur le site de Tournugeois Vivant :

le rapport complet : 

 

 

 

 

 

partout, la colonisation continue, et recule le bien commun

A 9000 kilomètres de Saint Gengoux, les Sioux défendent aussi l’eau

Native Americans Ready To Battle Trump Over Dakota Access Pipeline 

Open your eyes, America, and see that water is in danger in your own backyard”, a Sioux elder says.

et le totalitarisme du profit se dévoile

(…) Quand la police a attaqué les protecteurs de l’eau au Camp du Traité, sur le trajet du pipeline Dakota Access, des Anciennes Autochtones ont été arrêtées alors qu’elles priaient. La police du Comté de Morton les a déshabillées pour les fouiller et ont emprisonné des femmes, des hommes et des Anciens Autochtones dans des ‘chenils’ avec des numéros inscrits sur leurs bras comme dans les camps de concentration Nazis.

L’opposition au pipeline Dakota Access rejoint la lutte internationale indigène 

En confrontant les opposants au pipeline Dakota Access avec des troupes équipées militairement, les autorités américaines ont souligné l’histoire commune que partagent les tribus amérindiennes avec les peuples indigènes du monde entier. Quand l’opposition au pipeline Dakota Access a reçu le soutien de centaines de tribus amérindiennes, elle s’est transformée en une démonstration d’unité et détermination de la Nation indienne.

C’est désormais un mouvement indigène global.

Des membres de communautés du monde entier se sont unis derrière la tribu sioux de Standing Rock. Un groupe Sami de Norvège a été le dernier à arriver. Beaucoup disent que cette campagne de résistance s’inscrit dans une plus grande crise globale. Elle rejoint un combat où les terres, les ressources et les peuples indigènes sont perpétuellement menacés par les corporations. C’est un combat où les gouvernements utilisent régulièrement la force militaire et ne respectent que très rarement les traités.

Dans cette lutte incessante, les Sioux Lakota mettent en avant un programme d’action indigène qui appelle les gouvernements à reconnaître les droits uniques et inhérents des Peuples Premiers.

Alors que les peuples indigènes représentent moins 5 % de la population mondiale, ils comptent pour 15 % des pauvres de la planète. A l’exception des populations indigènes majoritaires de Bolivie et du Guatemala, les peuples indigènes sont toujours en minorité dans leur propre pays.

Ils possèdent néanmoins énormément de terres et leurs territoires tribaux se trouvent parmi les écosystèmes les plus sains de la planète. Ils sont malheureusement toujours sous la menace de l’exploitation minière, forestière ou pétrolière et du développement des barrages hydrauliques.

« Il y a une conscience très forte des peuples indigènes concernant ce qu’il est en train de se passer à Standing Rock », raconte Elsa Stamatopoulou, directrice du Programme pour les Droits des Peuples Indigènes de l’Université Columbia. « Ici, les Amérindiens luttent et se connectent au monde entier ainsi qu’à une solidarité de droits ». 

(…) On assiste en réalité à une lutte de pouvoir à propos de ressources extractives et de projets énergétiques, plus habituellement réservée aux pays en développement.

Jenni Monet,  Yes Magazine

Jenni Monet est membre de la tribu du Peuple de Laguna, du Nouveau-Mexique

https://blogs.mediapart.fr/raoul-rivages/blog/031116/l-opposition-au-pipeline-dakota-access-rejoint-la-lutte-internationale-indigene

 

 

 

 

 

 

L’oubli de l’histoire

Supermarchés, désertifications, ruines sociales et écologiques, etc., une émission décevante :

Comment faire rebattre le cœur des petites villes ?


En particulier, un invité présente « l’étalement urbain » (dégradation involontaire dont on commencerait seulement à prendre conscience) comme la grande explication de la désertification et de tout le reste – une seule explication*. Cela pourrait n’être qu’une hypothèse, un effort pour progresser dans l’appréhension du phénomène, mais la force de l’affirmation et le rejet, aussitôt formulé, de toute autre explication étaient plus que curieux. C’était comme pour rejeter sur tous – y compris les victimes – la responsabilité de la ruine des commerçants et des artisans, et la désertification qui frappe des coeurs de ville… ou pour ne pas découvrir l’histoire édifiante de la « grande distribution« . En somme, c’est la faute à pas d’chance si la paysannerie, l’artisanat, le commerce ont été méthodiquement démembrés ! 

* l’étalement urbain est plus généralement attribué aux politiques volontaristes qui ont dispersé à la périphérie des villages et des cités beaucoup des activités développées en leur sein, sur la campagne (les « zones« ), et surtout au développement de la voiture individuelle – qui, d’ailleurs, n’est pas sans rapport avec celui des supermarchés.

L’historique de la désertification est un peu plus édifiante… 

Sans le Plan Pinay-Rueff de septembre/décembre 1958, et toute la suite (et sûrement quelques étapes préalables), y aurait-il eu ruine des artisans et des commerçants, et désertification ?

Avant la désertification des villages, des bourgs et des centres-ville, il y a la prise de contrôle de larges pans de l’économie et la concentration du capital. C’est pour cela qu’il a été décidé de ruiner les petits, et même les pas si petits que ça, puisque tous les producteurs ont été mis en coupe réglée. Simple « conquête des parts de marché » !

On peut observer que cette stratégie est apparentée à celle qui a vidé les campagnes, là aussi pour prendre le contrôle total de l’économie agricole, etc. (1). Les deux sont complémentaires. D’ailleurs, les deux stratégies ont été lancées en même temps, et par les mêmes. La politique des « prix bas » a d’abord permis d’augmenter la pression exercée sur les paysans pour leur faire quitter la terre. 

A l’époque, se lève une vague de protestation chez les commerçants, les paysans, les artisans, les ouvriers… En vain. Tous les résistants à l’ultra-capitalisme sont traités par le mépris. Comme d’habitude.

Même ceux qui ne savent pas le Plan Pinay-Rueff et quelques autres joyeusetés de l’époque, auront deviné que ce programme, qui a décidé de la tournure de l’économie française jusqu’à aujourd’hui, s’inscrivait fidèlement dans le cadre de la globalisation du capitalisme et que cela dépassait le seul Etat français. 

ACG 


(1) Avant Pinay-Rueff et consorts, les prix agricoles étaient indexés par rapport aux prix industriels. Comptaient :

  • l’indice des prix industriels nécessaires aux exploitations agricoles,
  • l’indice des prix de détail (excepté ceux des produits alimentaires – déjà),
  • l’indice des salaires agricoles. 


Sous la direction des experts du néo-capitalisme, la 5ème République a supprimé cette indexation par l’ordonnance n° 58-1374 du 30 décembre 1958 (Journal Officiel du 31 décembre 1958, pp. 4145/4146).


C’est, par exemple, ce que dénonçait le député Roland Boudet, le 25 juin 1959 :

« On semble donc prêts dans certains milieux à favoriser la disparition d’un grand nombre d’exploitations. Certains économistes ont ces vues. (…) »

En raison de l’indexation des prix des produits agricoles et de la politique des prix pratiqués jusqu’ici par la Vème République, l’augmentation du revenu par tête des agriculteurs est plus faible que celle des revenus par tête des autres catégories professionnelles (La politique agricole de la Ve République, Revue Economique Année 1959 Volume 10 Numéro 5 pp. 784-792

http://www.persee.fr/doc/reco_0035-2764_1959_num_10_5_407382 

C’est ce qu’a rapporté Philippe Desbrosses : 

« Dans le secteur agricole, le mécanisme des prix devra, presque en permanence, repousser vers les activités industrielles les éléments de la main-d’œuvre en excédent. Son action à sens unique tendra à définir les revenus agricoles pour les maintenir en -dessous des revenus industriels. Ainsi le mécanisme des prix ne remplira son office dans le secteur agricole qu’en infligeant aux agriculteurs presque en permanence un niveau de vie sensiblement inférieur à celui des autres catégories de travailleurs. » 

« Le Krach alimentaire. Nous redeviendrons paysans« , Le Rocher 1988, chapitre II, page 60 « J’ai vu naître la révolution verte »

 

 

La ruine des campagnes et des cités entre FNSEA et supermarchés

Petits cours d’eau: Un réseau vital en difficulté

 

« l’Europe a été vendue aux agriculteurs comme une promesse attrayante. 

Pendant beaucoup d’années, des générations, dans les années 60 70 80, les agriculteurs ont bénéficié de la construction européenne (…) »  

Ils ont bénéficié ? Ah oui ? Mais de quels « agriculteurs » parle-t-on ?

Et qui dit ça ?

Jérôme Fourquet de l’ifop sur France Inter Journal de 13H, mardi 28 février 17


OK pour la promesse. Mais le bénéfice… 

1955 : 2,3 millions de paysans


Il reste 500 000 exploitants, dont bien peu de paysans

Les « obstacles à l’expansion économique » (entendre : les moyens de protection des populations et des écosystèmes) doivent faire place nette. « Le mécanisme des prix ne remplira son office qu’en infligeant aux agriculteurs presque en permanence un niveau de vie sensiblement inférieur à celui des autres catégories de travailleurs«  

Plan de stabilisation Pinay-Rueff

Comité d’experts pour la suppression des obstacles à l’expansion économique septembre/décembre 1958 


Dans l’application de ce programme du néo-capitalisme en plein effort de mondialisation, les banques (comme le Crédit Agricole), les partis politiques, la FNSEA, les coopératives agricoles ont joué un rôle majeur. Un peu plus tard, également le lobby des supermarchés en plein essor. 


Et les « bénéficiaires » évoqués par Jérôme Fourquet n’ont été que la minorité qui a profité de la ruine de leurs voisins. Ceux qui pleurent aujourd’hui en oubliant leur part de responsabilité dans ce naufrage.



une étude sur ce sujet éclairant : 

Le sacrifice des paysans

Une catastrophe sociale et anthropologique… et écologique 

par Pierre Bitoun et Yves Dupont


ce livre montre comment, depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s’est étendu à l’ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie.

  1. Agriculture : les raisons de la colère

le secteur agricole est l’un des principaux laboratoires d’expérimentation des logiques technomarchandes d’artificialisation et de remodelage des milieux, des animaux et des hommes. (…)

C’est sous l’égide du couple FNSEA-JA, que se poursuivent la liquidation des paysans et le formatage de l’agriculteur productiviste. Depuis l’après-guerre, c’est lui qui a piloté le tri entre les paysans qui devaient rester ou partir, lui qui a poussé les agriculteurs à s’endetter, à se spécialiser, à recourir aux intrants chimiques, lui encore qui, avec l’Etat, l’UE et les firmes privées d’amont et d’aval, a cogéré une politique agricole de concentration de la production autour d’une minorité d’agriculteurs. Et malgré l’échec de cette politique à tous niveaux (écologique, sanitaire, social, spatial, économique et financier, etc.), la FNSEA, présidée jusqu’à son récent décès par l’agrobusinessman Xavier Beulin qui dirigeait aussi la multinationale Avril, continue à promouvoir l’industrialisation autour des fermes-usines tout en tenant un discours lénifiant sur la nécessaire diversité des formes d’agriculture.

(…) en agriculture comme dans l’ensemble de la société, la prise de conscience du caractère illimité et «dévorateur» du capitalisme productiviste est encore loin d’être parvenue à maturation. Aussi, lorsque, le 5 mars, se refermeront les portes du Salon de l’agriculture, nul ne devra s’étonner que climat en péril, hommes au travail ou au chômage et bêtes dans les abattoirs soient traités de si brutale façon.

(…) les auteurs analysent le mouvement historique au sein duquel s’est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années, des « Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses ». Puis ils expliquent comment le long travail d’« ensauvagement des paysans » a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales.


De ce véritable ethnocide, qui a empêché l’alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n’avons pas fini, tous, de payer le prix.

 

Et le sacrifice des artisans, des commerçants, des consommateurs…


Ce productivisme forcené qui a été lancé, en France dès les premiers pas de la 5ème République, était accompagné par un autre programme tout aussi destructeur : le développement des supermarchés. Les mesures facilitant celui-ci apparaissent dans le Plan Pinay-Rueff de 1958 et se traduisent, dès 1960, par la circulaire Fontanet qui donne tout pouvoir au commerce financiarisé.

Le plus surprenant de l’histoire est que « la gauche » y a cru et a appuyé ce développement de toutes ses forces (entre autres le PSU vidangé et relooké par Rocard, Le Nouvel-Observateur et Le Monde, tous trois à la pointe du combat). Le grand argument était que le forcing pour obtenir des « prix bas » allait donner du « pouvoir d’achat » aux classes populaires ! Ruiner une partie de la population et faire disparaître des métiers, des savoir-faire, des niches économiques, pour remplir des gondoles avec des illusions et stimuler la consommation superflue, c’était la grande idée (1). Cela a surtout donné du chômage (avec la ruine des producteurs et des commerçants), le délitement des relations sociales, la quasi obligation de posséder une bagnole (excellent pour les bétonneurs de la campagne et pour la croissance !), une réduction drastique de la diversité de l’offre, la mal-bouffe et la pollution alimentaire, l’épidémie d’obésité et des maladies de dégénérescence, l’inondation des emballages perdus sur toute la planète… sans oublier les délocalisations et la ruine des autres, là-bas, plus loin, avec leurs cultures et leurs écosystèmes.

Mais s’agissait-il encore de la gauche ? Ce qui est arrivé au premier PSU et à France Observateur répond à la question.

Nous pouvons encore ajouter que le sabotage systématique des mouvements sociaux alternatifs – dont la nouvelle gauche écologiste par les mêmes – a, ensuite, définitivement interdit le développement de la civilisation alternative dont nous aurions bien besoin aujourd’hui. Mieux encore, en réduisant à la confidentialité la culture du bien commun et ses différentes expressions, ces différents saccages des forces vives n’ont laissé place qu’aux extrémismes qui, maintenant, font geindre même les promoteurs de désastre.

(1) d’où la parole donnée au généralissime Edouard Leclerc dans Le Nouvel Observateur : 

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer« 

 

 

 

 

Destruction frénétique aux abords des villages et jusque dans le coeur des villes


Sauvons les paysans urbains

« Quand j’étais petit, je faisais les foins avec mon père sur la colline en face. On avait des vaches à l’époque », se souvient Louis-Pierre Perraud (aucun lien de parenté avec l’auteur de cet article) en désignant le plateau de Saint-Rambert couvert d’immeubles, dans le 9e arrondissement de Lyon.

« En quelques décennies, toutes les fermes ont disparu, remplacées par des habitations, des rues, un centre commercial… Toutes sauf la mienne ! Aujourd’hui, je n’ai plus de bétail, mais j’élève encore quelques moutons, des lapins et des poules », explique celui que tout le monde dans le quartier appelle Pierrot. À 55 ans, il est le dernier agriculteur de Lyon.

 

 

 

 

le regard sur les supermarchés évolue en Saône-et-Loire

Une lettre ouverte de Tournugeois-Vivant au Groupe Leclerc

Monsieur,

Au mois de juin dernier vous avez eu l’obligeance de m’accorder un long entretien en compagnie de mon collègue Philippe Béligné maire de La Truchère. Nous avons pu ainsi mieux comprendre votre projet et vous exprimer les réserves majeures qu’il a suscitées par son principe dès que nous en avons eu connaissance il y a bientôt un an.

A l’issue de cet entretien nous vous avons demandé dans quelle mesure vous tiendriez compte des réactions suscitées par votre projet pour persévérer ou non dans sa mise en œuvre. Vous nous avez répondu en substance que vous seriez amené à y renoncer s’il rencontrait trop d’oppositions.

C’est pourquoi je reviens vers vous : Monsieur Roche continue-t-il de vous dire que « le projet se fera, qu’on le veuille ou non », parce qu’il l’a décidé? Mon appréciation aujourd’hui est tout autre : le projet commercial du Pôle Nord suscite en tournugeois une opposition nombreuse, multiforme, résolue et définitive. En cohérence avec vos propos de juin dernier il me semble que vous devriez chercher pour vos opérations un territoire plus consentant. Faute de quoi vous aurez à affronter ces oppositions bien déterminées à nous épargner le « grand ravage » du tissu commercial du Tournugeois.

Pour une confrontation des points de vue avec le plus d’efficacité possible, j’adopte pour ce courrier la forme d’une lettre ouverte permettant à l’ensemble des parties intéressées de disposer des mêmes informations et appréciations en vue d’un débat franc et ouvert, cartes sur table.

Qui est opposé à votre projet?
Les associations qui se sont peu à peu déterminées contre le Pôle Nord commercial regroupent environ 1000 adhérents résidant très majoritairement sur le territoire de la zone de chalandise revendiquée par votre projet. La capacité de mobilisation de ces personnes est importante.


De nombreux élus de toutes tendances politiques affichent également leur détermination à faire barrage à votre projet : conseillers municipaux de la majorité et de l’opposition de Tournus, conseillers communautaires du Mâconnais Tournugeois, quasi unanimité du conseil communautaire Entre Saône et Grosne, parlementaires de droite et de gauche…

Quelle est, quelle sera la forme de l’opposition si vous persévérez dans ce projet?
La première action a consisté à comprendre et informer. Elle se poursuivra naturellement.Deux recours ont déjà été émis à l’encontre de la toute première délibération municipale sensée ouvrir à l’urbanisation le secteur « En Baraban ».
Actions juridiques, incitations politiques, s’il le faut actions plus symboliques voire spectaculaires en défense de notre territoire contre sa contamination par la prolifération commerciale périurbaine: soyez assuré que les énergies existent et sont solidaires en vue d’une mobilisation dans la durée.

Pourquoi cette opposition?
Ce que cette opposition n’est pas, pour commencer:

– elle n’est pas, n’en déplaise à Monsieur Roche, la grogne de ceux qui s’opposent par principe au progrès! (progrès décrété par lui seul): la diversité des opposants dément une telle caricature.


– elle n’est pas une opposition politique au maire de Tournus : certains de ses soutiens y participent.


– elle n’est pas un rejet de toute hypothèse d’aménagement du site « en Baraban »: nombreux sont ceux -et j’en suis!- qui estiment que l’accessibilité autoroutière privilégiée, la position stratégique de porte d’entrée du tournugeois doivent inciter à une confrontation d’idées sur la vocation la plus cohérente pour ce site. La compétence économique de la communauté de communes confère à cette instance un rôle central pour ouvrir de façon réellement concertée la réflexion sur le sujet, en lien avec l’élaboration du PLUI et du SCOT.

A quoi sommes-nous alors définitivement opposés?
A une implantation commerciale sur ce site.
Pour deux raisons:
– la prolifération périurbaine, héritage des années 80 et suivantes, est excessive en France, et nous voulons protéger notre territoire qui mérite mieux que cette banalisation rétrograde.


– la revitalisation commerciale du centre-bourg de Tournus ne peut d’aucune manière réussir si cette concurrence frontale lui est opposée. Les arguments qui tentent d’accréditer le contraire sont de pure mauvaise foi.


Monsieur Yves Dauge, rapporteur d’une étude parlementaire sur la revitalisation des centres-villes patrimoniaux, a mentionné à Tournus tout dernièrement sa recommandation d’un moratoire des implantations commerciales périurbaines nouvelles pour toute ville souhaitant conforter l’activité commerciale de son centre-ville. C’est du simple bon sens et nous sommes résolus à l’imposer contre les arguties lénifiantes.

Pouvez-vous rendre votre projet plus acceptable?
Clairement non puisque c’est le principe même d’une implantation commerciale superflue et nuisible en périphérie que nous dénonçons.

Vous n’avez pas ménagé vos efforts pour tenter d’ajuster les annonces en bon communicant: parlant d’abord d’hypermarché, avec des surfaces assez impressionnantes, puis de supermarché (« il n’a jamais été question d’hypermarché, c’est de la désinformation », a pu dire Monsieur Roche…), puis maintenant de « Très Grand Supermarché », délicieuse variation sémantique!

La liste des activités évoquées pour susciter une adhésion est allée de Celio, Hugo Boss et autres annonces se voulant alléchantes par Monsieur Roche, vers une liste de boutiques toutes concurrentes des activités déjà présentes à Tournus. Vous êtesempêtré dans la promesse intenable d’une complémentarité non concurrente du centre-ville.


Nous savons que les annonces du moment ne sont nullement contraignantes pour la réalité du développement que vous entreprendriez si la voie de l’autorisation était dégagée.

Mais les créations d’emploi?…
Les chiffres que vous avancez sont invérifiables et non engageants; il est de large notoriété que les emplois créés dans la grande distribution et spécialement dans l’enseigne que vous défendez sont précaires et peu rémunérateurs; qu’un euro dépensé dans vos établissements paie moins de main d’oeuvre qu’un euro dépensé dans des commerces de centre-ville. Vous le savez, une grande enquête d’impact sur l’emploi a été entreprise par Tournugeois Vivant auprès de l’ensemble du tissu commercial existant en tournugeois, conduisant à l’identification de 250 emplois menacés par l’ouverture éventuelle de votre centre.

Coups de com…
Vous avez récemment ouvert un site internet pour accréditer doucement l’idée que votre projet, curieusement paré du nom marketing de « Espace Grand Rivage » (immédiatement devenu pour nous « Grands Ravages » va effectivement se réaliser. J’ai été fort surpris d’identifier parmi les « acteurs partenaires du projet » la communauté de communes Mâconnais Tournugeois. Monsieur Roche, fraichement élu à la présidence avait sans doute cru que son élection à l’arraché (et suivie dès la première séance suivante par une mise en minorité) lui donnait tout pouvoir pour engager notre EPCI à son insu, comme bon lui semble, sans la moindre évocation du sujet. Erreur prestement corrigée puisque la mention de la comcom a disparu le lendemain de mon message d’étonnement. Dont acte.

Nouveaux développements…
Des média nationaux de grande audience nous sollicitent maintenant pour des « sujets » qu’ils veulent diffuser très prochainement. Ils s’intéressent à la mobilisation multiforme de notre territoire contre un projet spéculatif imposé.Nous sommes agréablement surpris de la sympathie que rencontrent nos démarches. Je doute qu’une telle publicité, qui pourrait s’amplifier, soit bénéfique pour votre enseigne et pour le maire de Tournus

Espérant vous avoir apporté un éclairage utile à vos prises de décision, je me tiens bien volontiers à votre disposition pour poursuivre contradictoirement ce débat..

Je vous prie d’agréer mes salutations respectueuses.

Pierre-Michel Delpeuch

Tournugeois Vivant 

Pour une région riche en variété culturelle et commerciale où on vit bien

 

 

Les hypermarchés cumulent une dette de 418 milliards d’euros d’amendes non réclamées par l’État pour leurs extensions illégales. 


Durant des décennies, la grande distribution a grignoté des milliers de mètres carrés de terrains sans autorisation. Les extensions sauvages des hypermarchés ont maillé le territoire au détriment des commerçants indépendants, avec la complicité des municipalités et l’exonération de l’État. Un véritable « hypers-gate » qui pourrait rapporter la bagatelle de 418 milliards d’euros d’amendes dans les caisses publiques. C’est ce que révèle l’enquête menée par l’association En Toute Franchise (ETF) créée en 1994 pour défendre la préservation du cadre de vie et des commerçants-artisans.

Communiqué de En Toute Franchise :
Alors que la Directive Européenne 2006-123 du 12 décembre 2006 prévoit :
8 « raisons impérieuses d’intérêt général« , des raisons reconnues comme
telles par la jurisprudence de la Cour de justice, qui incluent les
justifications suivantes: 

l’ordre public, 

la sécurité publique, 

la santé publique, 

la préservation de l’équilibre financier du système de sécurité
sociale, 

la protection des consommateurs, des destinataires de services et
des travailleurs, 

la loyauté des transactions commerciales, 

la lutte contre la fraude, 

la protection de l’environnement et de l’environnement urbain, 

la santé des animaux, 

la propriété intellectuelle, 

la conservation du patrimoine national historique et artistique, 

des objectifs de politique sociale et des objectifs de politique culturelle;

Pourquoi l’état français ne poursuit pas les fraudes de la grande
distribution (418 milliards d’euros) et a-t-il retiré la qualité et l’intérêt à agir des associations de l’environnement face aux autorisations des G.M.S. ?

www.en-toutefranchise.com

 

 

 

 

 

février 2017


Une prise de conscience du saccage des campagnes, des villages et des cités par les supermarchés ?

The New York Times publie sur la mise à mort des cités françaises par la grande distribution

As France’s Towns Wither, Fears of a Decline in ‘Frenchness’

Measuring change, and decay, is not easy in France, where beauty is just around the corner and life can seem unchanged over decades. But the decline evident in Albi is replicated in hundreds of other places. France is losing the core of its historic provincial towns — dense hubs of urbanity deep in the countryside where judges judged, Balzac set his novels, prefects issued edicts and citizens shopped for 50 cheeses. (…)

 

 

 

Supermarchés : la politique de la terre brûlée

Près d’un commerce sur dix en centre-ville est fermé en France. Comment revitaliser ces centres urbains ?

L’exemple de Nevers : dans la préfecture de la Nièvre, 21% des pas-de-porte sont fermés en centre-ville.

(…) son palais ducal et sa cathédrale romane, plutôt une jolie ville de 35 000 habitants. Malgré ce riche patrimoine, les magasins vides, les panneaux à vendre, à louer ou en liquidation totale se succèdent dans certaines rues. « On est quand même mercredi, c’est le jour des enfants, il n’y a pas grand monde dans les rues » se désole Martine. Cette fonctionnaire de 59 ans née à Nevers regrette un choix limité de boutiques. Beaucoup sont parties dans la zone commerciale implantée en périphérie de la ville.

(…) la zone commerciale continue à s’étendre alors que les boutiques se meurent en centre-ville

A Cavaillon, quand la galerie marchande remplace le bistrot du village

Conséquence de cette périurbanisation grandissante : Cavaillon se vide, le centre-ville se paupérise et de plus en plus d’habitants n’y vont plus, évoquant des problèmes de stationnement et un sentiment d’insécurité.

le cas d’une autre cité vidée de ses commerces et de sa vie sociale par les supermarchés implantés en périphérie :  

 

Albi, centre ville en perdition

https://albicentreville.wordpress.com/ 

 

le cas de Perpignan

article paru sur Le Bourricot.fr

 

Le commerce de centre ville… et… les  « faux culs » d’élus !

A Perpignan, dans les Pyrénées Orientales, mais partout en France, du moindre village à la grande ville,on assiste à la mort commerciale des centre villes qui entraine la mort sociale, et a l’ expansion folle en périphérie d’ « hangars commerciaux » appelés Hypers, Supers ou Centre commerciaux, aux noms pompeux et de construction hideuses de tôles entourés de parkings géants.

TOUS, je dis bien TOUS les Politiques aux affaires municipales, cantonales, nationales sont coupables de ce phénomène qui a ruiné la France, tout en prétendant rendre plus riche les clients.   TOUS sauf  UN  !

Un seul, mais courageux, et comme le ferait dire Frédéric Dard à San Antonio, » sévèrement burné « . il s’est toujours opposé à ce type de commerce.

(…)

Dans le département des Pyrénées Orientales, la mesure a été particulièrement salée. Ce n’est pas seulement la ville centre Perpignan qui en souffre mais bien la totalité du département et toutes municipalités de toute couleur politique qui soit.

-auchan- 

Perpignan aurait très bien pu changer de nom et s’appeler Auchan-Ville sans que cela ne choque personne. A présent Leclerc,  Carrefour, et les immanquables formats plus proches Inter-marché et Lidl se partagent le gâteau. Car il faut bien parler de gâteau, tous les produits sont touchés, et ce qui en 1970 a creusé sa place sur le simple registre alimentaire à tout conquis depuis. Les fringues, les chaussures, l’électroménager, la Voiture, le bricolage, tout ce qui peut se vendre se trouve dans ces « centres commerciaux, qui prétendent même maintenant s’appeler « centres de vie » sous entendant que la Vie c’est eux.

Les élus devant ce « problème » face a leurs électeurs commerçants et leurs électeurs clients, ont deux procédés. Le mensonge ou la démagogie.

N’a t’on pas assisté il y a quelque temps à l’organisation d’un référendum municipal a Argelés sur Mer pour savoir si la population souhaitait l’installation d’un hyper-marché.  Bigre les élus (socialistes) ont présenté cet acte comme une réelle démocratie a la grecque. Si c’est a la grecque qu’est cette démocratie, on voit ou en sont les Hellènes.  D’autres élus, plus fourbes, n’hésitent pas a affirmer « cela ne se fera pas » allant même jusqu’à préciser  » vous pouvez compter sur moi » puis quelque temps plus tard, cela se fait, mais c’est la faute a … ou a … enfin c’est pas sa faute.

(…)

 

 

Le même mal frappe Tournus :

Tournugeois Vivant

 

Piqûre de rappel : la menace des supermarchés sur l’économie locale

sur RenaissanceRurale71bis :

Cette alerte a été lancée par le collectif de sauvegarde de la cité et de sa tête de bassin versant à la fin de l’année 2013.

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle calamité pour les oiseaux

Déjà accablés par les pesticides, le trafic automobile, les ravalements et l’hystérie du « propre » contre la vie, les oiseaux sont maintenant victimes du réchauffement climatique

 

 

 

 

Partout le saccage

Notre Dame des Landes, Sivens, St Gengoux le National, Le Rousset… BURE

Le bois Lejuc, une forêt de 220 hectares sous laquelle doit être creusé, à 500 mètres sous terre, ce cimetière atomique, est devenu le « bois à défendre »

Le 28 février pourrait marquer un tournant dans le conflit. Le tribunal de grande instance de Nancy doit trancher sur la légalité, contestée par des habitants, de la cession du bois Lejuc à l’Andra par la commune de Mandres-en-Barrois, en échange d’une autre parcelle forestière. La rapporteuse publique a conclu en faveur de l’annulation de cette cession, décidée au cours d’un vote précipité du conseil municipal à bulletins secrets. (…)

 

 

 

 

Un lait cru, sinon rien !

Aujourd’hui, l’essentiel des laitières que l’on trouve dans les élevages ont été génétiquement profilées pour satisfaire aux besoins de l’industrie agroalimentaire. Gavées entre autres de granulés énergétiques, ces « formules 1 » produisent une telle quantité de lait – jusqu’à 10 tonnes par an – qu’elles enchaînent les mammites, des inflammations du pis.

Livre d’utilité publique : La vache qui pleure

« Les vaches jusqu’alors respectées dans leur cycle naturel et leur capacité laitière, en moyenne 500l par an soit 17 l de lait par jour, devinrent des robots à pisser le lait, la race prim’holstein à taches noires battant toutes les autre races çà plate couture. Celle-là même que le public parisien se presse en troupeau pour l’admirer au salon de l’agriculture. Elle représente actuellement 70% du cheptel français. Vouées entièrement à la lactation, certaines d’entre elles produisent jusqu’à 60l de lait par jour avec les artifices de la génétique et des hormones.

Dans notre société normée et aseptisée, le lait cru chez qui l’on ne voit plus qu’un vecteur de bactéries potentiellement pathogènes, en oubliant sa vertueuse flore microbienne, a été banni de la restauration collective scolaire et hospitalière. Pourtant en 2002 a commencé une étude en France, Allemagne, Autriche, Suisse et Finlande, baptisée PATURE et observant 1133 enfants fermiers et ruraux non fermiers depuis leur naissance jusqu’à leur 12ème année. Les premières conclusions démontrent que la consommation régulière de lait cru et l’exposition à la diversité du milieu microbien de la ferme jouent un rôle protecteur chez l’enfant à naître et durant sa croissance, le protégeant des maladies allergiques, notamment de l’asthme.

 

 

 

 

 

Corruption française

Les révélations sur les pratiques d’un candidat aux plus hautes fonctions de l’exemplarité républicaine mettent une nouvelle fois en lumière une dégénérescence culturelle et une dissociation sociale qui ne cessent de progresser. Toute personne qui s’implique dans la défense ou la promotion du bien commun est continuellement confrontée à cette gangrène et aux verrouillages hiérarchiques qui la protègent. Qui veut faire circuler l’information pour que tous soient en mesure de choisir se heurte partout à la capitalisation de pouvoirs confisqués (première forme du capitalisme), et à sa reproduction à l’infini ; même là où on avait tenté de la prévenir. C’est là, dans l’opacité des machinations des uns contre tous, dans la culture qui les suscite, que tout commence – tout ce qui explique et génère l’effondrement global.

La France, grâce à une opacité bien organisée, est un pays de petite vertu, lorsqu’il s’agit de corruption. En Europe, elle se place dans le peloton de tête des pays où la corruption prospère le mieux.

 

 

 

 

 

Tête de bassin versant de Saint Gengoux le National :

la menace serait-elle sous-estimée ?

Premier résultat de 9 années d’alerte et d’information, la moitié du projet commercial qui menaçait le Ruisseau de Nolange, la survie de sa tête de bassin versant et toutes les eaux de l’aval a été abandonnée. Mais pas la construction d’un supermarché et de son parking au même endroit !

C’est, au moins partiellement, la reconnaissance des lits mineur et majeur du ruisseau et de sa nappe phréatique d’accompagnement qui a, enfin, imposé l’abandon de la station-service. Par contre, rien n’indique encore une prise de conscience de l’existence de la tête de bassin versant qui comprend la presque totalité de la cité, dont le lieu convoité par la grande distribution, à deux pas du centre-bourg pour ruiner définitivement le commerce local : le Pré à l’Agasse. 

Il reste beaucoup à faire pour stimuler un éveil vis à vis de ce qui a déjà été détruit, mais peut être restauré, et de l’espace humide qui subsiste, de sa biodiversité, etc. 

Comment justifier le maintien de l’autre moitié du projet initial, qui est aussi une installation destructrice et polluante ? Car il est bien connu que les gaz d’échappement et les fuites d’hydrocarbures d’un parking à fort trafic polluent tout l’environnement, à commencer par le sol et les eaux. C’est un site très polluant que l’on n’installe plus à proximité de l’eau (ruissellement de surface et nappe). Et, bien entendu, pas à côté d’un ruisseau et dans sa zone d’expansion des crues. 

De toute évidence, les conséquences pour tout l’environnement, pour l’artisanat et le commerce de la région, pour le tourisme (!), pour la qualité de vie… sont très sous-estimées ; voire parfaitement ignorées (ci-dessous : Alors, les anciens s’en souviennent, il y avait des écrevisses à pied blanc). 

également ci-dessous :

Le 2 février, tout va changer !

en particulier la documentation jointe

Alors, les anciens s’en souviennent, il y avait des écrevisses à pied blanc


Un professionnel du tourisme a lancé une alerte stimulante. Il s’interroge :

« Et si sa culture, sa gastronomie, ses vins et ses paysages diversifiés ne suffisaient plus à la France pour séduire ? »
« Tourisme en péril : redonner à la France la capacité de séduire » par Jérôme Tourbier (JC Lattès)
« (…) La France a pour la première fois quitté le podium des nations touristiques en termes de recettes. Nous sommes passés de la troisième à la quatrième place.
Le seul pays du Top 20 mondial avec la Thaïlande à connaître une baisse de revenu liée au tourisme.

Nous perdons du terrain par rapport à nos voisins européens et par rapport aux États-Unis. Un touriste dépense trois fois plus en Allemagne qu’en France.

Depuis quinze ans, notre offre est peu en rapport avec les attentes des nouveaux voyageurs. C’est la qualité de nos capacités d’accueil qui est en cause. Il faut investir et former. Si nous retrouvons le niveau de croissance du tourisme mondial, l’industrie touristique apporterait un point au PIB de la nation, des milliers d’emplois pour les jeunes.

Il y a, en effet, beaucoup à dire ! Et il y a encore plus que ne le soupçonne Jérôme Tourbier.

« Redonner à la France la capacité de séduire » est déjà un combat d’arrière-garde ! Le geste en est d’autant plus méritoire. Hélas, la destruction est déjà très avancée, plus avancée que l’auteur ne le croit, tandis que la conscience ne s’éveille pas encore.

Bien sûr, l’accueil (!) et la qualité des équipements, la propreté, des plats qui ne sortent pas de pochettes réchauffées, etc. Mais aussi les paysages, le patrimoine, l’ambiance… L’auteur évoque la diversité des paysages. La diversité, parlons-en ! Jérôme Tourbier ne semble pas avoir conscience de l’effondrement de la diversité biologique et de ce qu’elle signifie. En France même, les insectes, les oiseaux, les populations du sol, les amphibiens, les mammifères, les populations aquatiques, etc. sont en grande régression (1). Rien de comparable avec ce qui bougeait encore partout dans les années cinquante-soixante.

Par rapport au temps où, en effet, on pouvait s’extasier devant les beaux paysages de la France, les campagnes ont été vidées. Elles ont été vidées de leurs paysans, ceux qui travaillaient avec l’écosystème, sacrifiés par la concentration capitaliste décidée dès le début de la Cinquième République (c’était le grand enjeu du coup d’État gaulliste) :

Plan Pinay-Ruef, 1958

Comité Rueff-Armand sur les obstacles à l’expansion économique, juillet 1960 (suppression des « obstacles à l’expansion économique« ).

Comme c’est bien dit ! Pour la France, c’est là qu’a vraiment débuté la déstructuration culturelle, économique, sociale, écologique, etc. Tout déstructurer, supprimer les résistances, prévenir les contestations, casser tous les liens pour laisser libre cours aux prédateurs du bien commun… C’est à ce moment que l’on peut dater le début de la fin.

Alors, les anciens s’en souviennent, il y avait des écrevisses à pied blanc à Saint Gengoux le National.

Les campagnes ont été vidées de leurs hommes, et remplies de machines, de béton, de bitume et de poisons (surtout en France). Les animaux, les végétaux, les sols, les zones humides, les têtes de bassin versant, le patrimoine architectural et l’urbanisme… rien n’a été épargné par la guerre pour le profit. On peut maintenant se promener sans voir un mammifère libre, sans presque voir d’oiseaux et de papillons. Les populations ont, au moins, diminué de moitié en 25-30 ans !

L’Europe a perdu plus de 400 millions d’oiseaux d’espèces communes en 30 ans
http://www.lemonde.fr/planete/
 

Europe’s birds are disappearing

La Terre a perdu la moitié de ses populations d’espèces sauvages en 40 ans

Bien sûr, les campagnes ont aussi été vidées de leur diversité végétale. Impossible de refaire l’herbier d’il y a 40 ans ! Et, souvent, le silence a succédé à l’orchestre des animaux :

« En cinquante ans, je n’ai pas rencontré de différences partout où je vais. Mais cinquante pour cent des sons dans mes archives proviennent d’endroits où les habitats n’existent plus. En une période de temps très courte… » Avant d’ajouter, dans un français teinté d’accent américain, et en pesant sur les syllabes : « C’est la fin des haricots.« 

Le grand orchestre des animaux
https://www.franceculture.fr/o

L’effondrement est global. Rien n’y échappe, et chaque perte amplifie le processus.

Les alertes se succèdent depuis des dizaines d’années sans ralentir le processus de destruction – excepté sur les côtes, mais même la Loi Littoral est menacée :

La plupart des paysages français chers à Jérôme Tourbier, l’auteur de Tourisme en péril, qui est probablement un peu trop jeune pour avoir pris conscience de la différence avec ce qui a précédé, ces beaux paysages ont largement été défaits.

« Les paysages français s’uniformisent, deviennent tous pareils car à l’entrée de chaque ville, les communes adoptent tous la même politique qui est : d’avoir une zone commerciale regroupant un vaste supermarché avec autour des magasins spécialisés appartenant à des enseignes connues type Intersport, Gemo, la boucherie, Buffalo grill, Jardiland, Boulanger, But,Mc Donald, Quick, Lidl, Cache cache, Bonobo…

Ce modèle d’activités est en déclin et nuit terriblement à la qualité de vie des citoyens.Quel est l’intérêt d’aller à Savenay ou Pontchâteau ou Trignac ou St Herblain ou Vannes ou Béthune ou Douai ou Aix en Provence ou Loches… si l’entrée des villes est à chaque fois identique !

Des paysages uniques et variés , ça c’était avant, et c’est ce qui faisait la richesse et le prestige de la France. Aujourd’hui, on assiste à une américanisation, à un stéréotype de paysages reproduit à l’infini. Pourquoi s’obstiner à reproduire le même schéma ?! « 

pétition contre la construction d’un centre commercial à La Hirtais – Pontchâteau 44160

La Saône et Loire était riche de ses paysans, artisans, commerçants, de ses productions diversifiées en chaque lieu, de ses paysages animés, de ses eaux à truites et écrevisses, de ses cités et villages préservés. Aujourd’hui, on lit partout l’histoire du saccage des 60 dernières années.

Les cités de Chalon sur Saône et Mâcon sont devenues deux cancers étendus sur la campagne. Deux horreurs qui font oublier ce qui subsiste à l’intérieur des murs ! Même dans un secteur labellisé « Pays d’Art et d’Histoire« , les abords de deux cités de grande histoire, Cluny et Tournus, sont défigurés.

Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus

un Plan de Paysages a été élaboré, puis abandonné sous les pressions :

A Tournus comme à Pontchâteau, la vie de cette belle cité est menacée par de nouvelles implantations de grandes surfaces tueuses de commerces locaux :

A Saint Gengoux le National, dans les années 1970, en plusieurs années d’actions, un premier collectif d’habitants n’a pas pu sauver de la destruction un faubourg renaissance (les Tanneries). La même triste histoire s’est reproduite dans les années 1980-90 malgré la résistance de l’association Villa Vallis : un pâté de maisons médiévales a été détruit intra-muros, au coeur de la zone protégée, puis d’importants remblais ont été construits en travers de 3 ruisseaux. Récemment, il a fallu 9 années d’alerte et d’information, développées dans un climat d’hostilité totale, pour empêcher la construction d’une station-service dans le lit du ruisseau, ses cuves d’hydrocarbures plongées dans la nappe phréatique. Le traitement réservé au ruisseau auprès duquel a été construite la cité médiévale – le Nolange – montre l’étendue de la rupture avec l’histoire, le patrimoine et le travail des anciens. Mais tout n’est pas encore gagné : un supermarché, avec son parking et ses gaz d’échappement, risque d’être construit demain au même emplacement, juste à l’entrée de la cité, au milieu de ce qui avait été un paysage remarquable jusqu’au début des années 1980.

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/
L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

Presque partout le saccage continue ! Pourtant, cela n’est pas faute d’avoir identifié les coupables et la plupart des conséquences :

« En cassant les prix sur quelques rares mais symbo­liques produits, les grandes surfaces se sont enrichies en ruinant les pompes à essence, les commerces de bouche, les drogueries, les quincailleries, des milliers de commerces indépendants spécialisés ou de proximité, des milliers d’artisans, et même des milliers de producteurs et fournisseurs. Les résultats sont objectivement inacceptables. Avec, en plus, des prix supérieurs à ceux de nos voisins eu­ropéens!« 

Et encore :

La Grande Distribution. Enquête sur une corruption à la française, par Jean Bothorel et Philippe SassierFrançois Bourin éditeur, 2005.

Comment la France est devenue moche par Xavier de Jarcy et Vincent Remy

http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php

 

 

Le retour de la France moche : merci la loi Macron

En catimini, les décrets d’application de la loi Macron actuellement en discussion rêvent d’une libéralisation des règles d’implantations des panneaux publicitaires dans les petites villes et villages. Bienvenue au pays de la laideur et de la grande distribution triomphantes !

Pourquoi la France est devenue moche ?…

Et cela n’est pas, non plus, faute de connaître les solutions :

« Michel Charasse, tel Astérix en son village gaulois. Cette figure de la République, maire pendant trente-trois ans et sénateur, avait l’énergie d’un Don Quichotte et s’est battu contre les moulins non imaginaires d’une terrible machine à broyer la sociabilité urbaine : la grande distribution. Monuments de la schizophrénie nationale, les supermarchés se sont employés, avec la complicité des politiques, à gommer des territoires tout ce qui fabriquait de la diversité et ce qu’on appelle aujourd’hui de l’authenticité. Déversant dans les provinces les plus reculées des produits désaisonnalisés, essentiellement industriels, au simple motif d’un pouvoir d’achat qui a coûté la vie à des milliers de PME et des artisans, ils ont planté des hangars hideux aux périphéries des bourgs et villes, étalé leurs parkings et leurs enseignes criardes. Ils envahissent les boîtes aux lettres de publicités intempestives et la presse régionale, gavée d’annonces, évite de les épingler.« 

Puy-Guillaume, les idéaux du village par Gilles FUMEY

(1) une alerte de l’été dernier :

Les guêpes témoins de l’effondrement

dessin de Konk

janvier 2017



Zones humides : l’imposture de la « compensation« 

 

A St Jean de Braye, près d’Orléans, une zone humide de 9 hectares a failli être « compensée » par une mare de 1500 m2.


Les géniaux écologistes ? Le préfet, Décathlon et la mairie. Comme ailleurs.

Mais le Collectif pour un Site Préservé entre Loire et Forêt Orléans a gagné un recours au tribunal administratif. L’arrêté préfectoral d’autorisation d’aménagement est annulé depuis le 31 janvier.



Le 2 février, tout va changer !

Jeudi 2 février est un grand jour, plus précisément une Journée Mondiale pour une cause qui nous tient à coeur, ici et partout ailleurs. Toute une journée. Une journée entière ! 

Sûrement qu’une Journée Mondiale soutenue par des tas d’institutions nationales et internationales va faire évoluer la situation dans les têtes – les têtes de bassin versant – de Saint Gengoux le National, au Rousset, dans le Chalonnais, en Bresse… D’autant que parmi elles – ces institutions, il y en a pas mal qui semblent avoir été piégées par le béton coulé par les supermarchés.

Car… Car c’est la Journée Mondiale des zones humides.


Vont-elles se libérer, se réveiller, se manifester, agir, nous répondre, engager le dialogue, « coopérer » avec « ceux du terrain qui leur sont si utiles« , comme certaines nous l’avaient dit il y a déjà plusieurs années ? Sûrement. C’est la Journée Mondiale, quand même !

Que chacun se prépare. Il ne faut pas que nous soyons débordés par les sollicitations qui vont affluer.

Courage. Encore un effort !

pour le collectif

ACG


Zones humides, zones utiles : agissons !

https://www.youtube.com/watch?v=rVStFHRfOnc&feature=youtu.be

 

Remise à ciel ouvert du ruisseau du Trégou à Luc-la-Primaube

 

Ramsar et la journée mondiale des zones humides

http://www.zones-humides.eaufrance.fr/agir/ramsar-et-la-journee-mondiale-des-zones-humides

Journée mondiale des zones humides 2014 : l’agriculture à l’honneur
http://www.eaurmc.fr/actualites-de-lagence-de-leau/detail-de-lactualite/article/journee-mondiale-des-zones-humides-2014-lagriculture-a-lhonneur.html?no_cache=1&cHash=24a71e4c02cbb5f21fb672061a00e46d

Le 2 février 2017, la Journée mondiale des zones humides (JMZH) sera officiellement lancée sur le marais de Brouage en Charente-Maritime.

http://www.onema.fr/journee-mondiale-des-zones-humides-2017

Une renaissance qui réjouit tout le monde

Remise à jour du Nebelbach à Seefled (Suisse)

La vallée des loups

film de Jean-Michel Bertrand 

Pas une « zone d’activités« . Pas une route. Pas un panneau publicitaire. Pas un 4×4. Pas même un quad. Pas un bruit parasite qui couvre les chants des oiseaux et des insectes. La laideur et les pollutions se sont tant étendues qu’on a peine à croire que de tels paysages existent encore. Et si peuplés ! Car, bien avant la découverte des loups, le sympathique Jean-Michel Bertrand (parfois un peu trop visible) nous offre beaucoup de rencontres avec les habitants de la montagne. La promenade, magnifique, rappelle aux anciens les campagnes de leur enfance. Les plus jeunes devraient apprendre ce qu’est un écosystème de chez nous quand il n’est pas saccagé par les épandeurs de béton et de bitume, les machines, les piégeurs de « nuisibles » et les poisons. Même s’il n’y avait pas les loups, le voyage resterait riche en émotions et en enseignements.

Le béton progresse partout 

Les terres européennes disparaissent sous le béton à grande vitesse 

Et l’avenir n’est pas vert d’après une étude publiée par la revue américaine PNAS. D’ici 2030 l’équivalent de la surface agricole française va céder la place à l’urbanisation. Et pourtant, les agriculteurs et les amoureux de la nature se battent.

Le béton est coulé sur les zones humides… Pendant des siècles, on ne les a pas défendu, on les a détesté, ces lieux réputés pour accueillir les sorciers et les feux follets. Et puis, on a compris à quel point elles étaient riches et nécessaires à la vie, la flore, la faune (…)

 

A Saint Gengoux le National, la surface perdue pour les jardins, l’élevage, l’agriculture, les zones humides, et construite, a doublé en 30 ans (début 1980 / fin des années 2000). Et, en quelques années, la surface bâtie a encore augmenté de 1/3. 

Combien à Tournus dans la même période ? Combien dans toute la Saône et Loire où, désormais, les paysage saccagés abondent ?

comme dans :

La terre en morceaux

 

 documentaire d’Ariane Doublet paru en juin 2015

 

 

 

Perte des savoirs et des pratiques du bien commun, simplisme, démocratie détournée, cupidité et courte vue, corruptions… comment tout est foutu en l’air


Ne pas rater la forfanterie burlesque des deux élus responsables du saccage de leur campagne, et leurs figures longues d’une aune quand un autre, un paysan, prend la parole pour dire toute la stupidité de cette politique (à partir de la 27ème minute pour introduire sur la dénonciation faite par le responsable de la SAFER).

La France des ronds-points et des zones d’activité dévore l’équivalent d’un département de terre fertile tous les 7 ans. La terre devient rare, la terre devient chère. Promoteurs, jeunes agriculteurs, hypermarchés se la disputent. Le film met en évidence la logique folle qui change en profondeur le paysage et l’agriculture.

 

Ariane Doublet signe un film saisissant sur la disparition des terres agricoles

La course à l’agrandissement, que mènent en tête les plus gros exploitants agricoles, les projets de zones commerciales engagés par des élus désireux de rendre leur commune attrayante ou à la recherche d’une meilleure autonomie financière, ou encore la vente de terrains devenus constructibles par des agriculteurs proches de la retraite. Le tout aboutit à une « logique folle qui change le paysage et l’agriculture » et fait disparaître la terre fertile pourtant « à la base de tout », comme le clame un agriculteur dans le film, qui voit une partie des terres qu’il cultivait effacées par des bulldozers. 

(…) Dix ans au cours desquels ce petit coin, sis en pays de Caux, dont la réalisatrice a fait son terreau cinématographique (Les Terriens en 2000, Les Bêtes en 2001, Les Sucriers de Colleville en 2003, La Pluie et le beau temps en 2011), s’est morcelé en lotissements, zones d’activité et ronds-points d’où s’élève sur l’un d’eux, non sans une ironie cruelle, la statue d’une fermière et de sa vache laitière.

 

BF
(…) L’usage des plans fixes permet de saisir les changements d’attitudes de chacun, le confrontant principalement à son propre discours.
Une scène hilarante si elle n’était pas pathétique : le maire, le maçon et l’agriculteur (on croirait à un titre de Rohmer).

L’évidence est toujours là, les réflexions sur le territoire et sur les prises de décisions qui influencent la transformation du territoire restent à appliquer si ce n’est à produire.


On le comprend bien face à la « 
bonne foi » du maire qui apparaît à l’écran, à la carte de découpage des zones de PLU que son adjoint a l’urbanisme (dont on attend la déclaration de conflits d’intérêts) et lui regardent avec un amour qui se transforme en désarroi lorsque l’agriculteur prend la parole. Il y a un manque patent de réflexions croisant territoire et local ; un déni de la réalité des transformations réalisées et en cours qui conduit au statu quo qu’on souhaiterait voir voler en éclat. (…)

WPWBO
(…) Suis-je si pessimiste ? Réfléchissez : durant tout ce film, je n’ai vu aucun papillon et un seul ver de terre…

(…) La tronche du maire qui voit son si beau discours de départ exploser en mille morceaux devant le parler vrai de son adjoint, mérite à elle seule le visionnage de ce documentaire. (…)

Frankin Idées noires

L’article paru dans le JSL le 8 janvier (ci-dessous : Le supermarché déménage) connaît un certain succès. Premiers commentaires

(…) l’article du « Journal de Saône et Loire », ou le maire de Saint-Gengoux se félicite de « l’unite du village » dans la destruction de son patrimoine, et la phrase terrible (involontairement terrible, si c’était du Brecht on dirait c’est sarcastique mais là c’est de la bêtise profonde) du journaliste qui écrit que « la question des potentiels risques environnementaux sera réglée en tribunal administratif« . Il faudrait demander au maire et au journaliste si la police a suffisamment de moyens pour contraindre la nature a suivre les ordres du tribunal administratif ! On dirait de la littérature de l’administration soviétique de la meilleure époque…

LF

Aussi une réaction un peu paradoxale… Mais nous avons résolu de tout publier :

Monsieur le Maire,

Je tiens à vous féliciter très chaleureusement pour la victoire que vous avez obtenue en réussissant votre pari depuis 10 ans d’implanter le nouveau supermarché là où Schiever le souhaitait.

Il a fallu beaucoup d’obstination de votre part mais grâce au Ciel, Dieu soit loué, vous avez triomphé.

Oui, vous avez triomphé contre les obscurantistes ennemis du développement urbain, de la croissance et de l’emploi. Je suis soulagée qu’enfin ces trois axes du bonheur jouvenceau voient enfin le jour grâce à votre détermination.

Comme vous, je trouve que ces écologistes, vermisseaux obtus – tellement idiots qu’ils ne comprennent pas que le bien commun c’est uniquement l’addition des intérêts individuels – soient enfin écrasés. Ils ne vont pas s’en remettre ces imbéciles.

Que vive enfin la nouvelle zone commerciale à l’entrée de Saint-Gengoux. Bravo.

Puis-je faire une modeste remarque ? Ce serait bien qu’il y ait d’autres commerces de l’autre côté de la route de Burnand ? En effet comme il y a un grand lotissement qui est construit et qui va se continuer pour accueillir les personnes âgées du village, qui ne peuvent plus monter les escaliers des maisons médiévales, ce serait bien disais-je qu’un magasin de meubles, un magasin « foire-fouille », voire de chaussures soient construits (d’autres idées ne me viennent pas en tête pour l’instant). Cela rendrait cet endroit attractif pour les villages alentour et cela continuerait à donner du travail aux entreprises méritantes de la localité. Et toutes les ménagères des maisons voisines pourraient emmener leur caddie à pied, ce qui serait un plus contre la pollution automobile et un grand agrément pour elles.

Vous allez me dire mais on ne va pas quand même buser tout le Nolange ? Je vous arrête, mais si !, c’est une affaire de volonté. Ce Nolange est minus et n’a aucun intérêt : en plus il fait des dégâts dans votre bourg, le traître, c’est çà la nature, toujours prête à nous amener des catastrophes « naturelles » mais je suis bien sûre que l’intelligence humaine pourra y mettre définitivement le holà. Les ruisseaux, les prairies, .. c’est archaïque, tout cela ne rapporte rien à la population. Il faut se mettre à la hauteur des justes revendications des citoyens qui aspirent à avoir les mêmes services qu’en ville. Ce n’est pas parce que nous habitons à la campagne que nous sommes des ploucs.

Le village médiéval à mon idée devait devenir un musée en plein air et n’avoir que des boutiques pour touristes (si vous le jugez bon toutefois). Le bourg moderne est beaucoup plus intéressant que ces vieilles pierres qui n’attirent que les bobos en mal de culture.    J’espère aussi que la station-service pourra être construite à côté de BI1, le bien nommé. En effet je préférerais faire sans autre déplacement le plein en même temps que mes courses chinoises. Je crains que le Tribunal administratif vous refuse ce droit le plus strict : c’est une entrave inadmissible au commerce de la grande distribution, d’autant qu’il n’y a guère de justification à cet état de fait : l’eau coule dessous ? La belle affaire ! il faut vraiment être vicieux pour y voir une raison suffisante en 2017 alors que nous avons tous l’eau courante potable au robinet. Les ruisseaux sont acceptables à la rigueur s’ils ne dérangent pas les humains, sinon OUST. Non mais, qui est-ce qui commande ?

Je ne vivrai sans doute pas assez longtemps pour admirer la transformation de Saint-Gengoux qui ne fait que commencer pour la satisfaction de tous. Mais peut-être que si, si l’on ne met plus de bâtons dans les roues de la modernité à la municipalité. Ce serait mon rêve d’habiter si près d’une future si belle bourgade, déjà d’ailleurs bien entretenue à l’heure actuelle : pas de ces horribles mauvaises herbes qui font sale, tout est bien bétonné, bitumé, les nouvelles maisonnettes sont pimpantes. Tout cela est bien propre et cela me plaît.

J’admire énormément Donald Trump et je trouve qu’il a beaucoup de courage d’aller contre les gourous modernes qui veulent moins de croissance, préserver «  l’environnement » (alors que l’environnement c’est fait pour être construit, la campagne c’est un vide à combler, cf les center parcs), et d’autres choses aussi bêtes. Le fils de Trump, grand chasseur, va peut-être prendre la responsabilité des Parcs nationaux américains. C’est à creuser cette belle idée : associer les entreprises à l’urbanisation, les chasseurs à la protection des forêts (c’est déjà fait avant l’ère Trump !) etc. On gagnerait en efficacité.

Je suis très sincère dans mes propos, je me laisse peut-être emporter par trop d’enthousiasme, mais c’est ma nature que d’admirer les projets porteurs et le travail fait nickel. J’espère que l’avenir sera radieux pour tous ceux qui, comme vous et moi, savent où est le Bien.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, avec mon admiration, mes très respectueuses salutations




Une fois de plus, le constat est terrifiant : les institutions et les associations qui se présentent en défenseurs de l’eau, des têtes de bassin versant, de la biodiversité, du patrimoine historique, etc., ont été impuissantes face à la menace (même les media « alternatifs« ). Après un premier élan d’intérêt et quelques velléités, elles ont paru se recroqueviller devant les prédateurs. Toutes ont fait naufrage dans le Ruisseau de Nolange.

L’enseignement de cette affaire n’est que trop limpide : exposée à la boulimie des prédateurs, la vie reste presque sans défenseurs – sans défenseurs déterminés. L’anéantissement des forces vives, souligné par Jean Baudrillard et quelques autres dès le début des années 1980, a porté ses fruits empoisonnés.

N’y aura-t-il jamais un sursaut ?

Alain-Claude

Ils ont prétendu qu’aucun ruisseau ne passait par l’endroit où ils voulaient construire à la fois un supermarché, un parking et une station-service. Pour éviter l’application des lois sur l’eau et l’environnement, ils l’ont même écrit dans le document du permis de construire.

Bien obligés de reconnaître qu’ils avaient menti, ils ont essayé de faire avaler que l’eau qui coule dans la buse enterrée sur au moins 1 km c’est le ruisseau avec son « milieu aquatique » (comme dit la loi) ! Sur cette base, ils ont prétendu que, du moment que le tuyau n’allait pas être déplacé par l’installation des cuves d’essence et de gaz-oil (ce qui était faux aussi), le ruisseau était bel et bien protégé !

L’air de rien, le maire vient d’annoncer que la station ne serait pas déplacée dans le lit du ruisseau. Les voici totalement désavoués pour la moitié la plus catastrophique du projet initial, cette station-service qui interdisait la remise à jour du ruisseau et la restauration de la tête de bassin, et devait saloper de ses gaz d’échappement et de ses fuites la nappe phréatique, le Nolange, le Chirot et la Nourue, la Grosne, la Saône, etc.

Les voici condamnés à manger leurs chapeaux. Qui ? La société Maxi, le maire de Saint-Gengoux le National, ses adjoints, la préfecture… A quand le banquet ?

AL

2017 annus horribilis en Saône et Loire – nouvel épisode

Coup de théâtre étouffé :

« (…) la station-service ne suivra pas la grande surface (…) Elle reste au même endroit (…) », c’est à dire dans la zone industrielle et hors d’eau. Les défenseurs de Saint Gengoux le national et de son environnement en démontrent la logique depuis le début. Un minimum d’attention et de dialogue aurait facilité les choses, et fait faire des économies à tout le monde.

Le commentaire est étonnamment pauvre pour un tel événement. En effet, il s’agit tout de même de l’abandon de la moitié du projet ! Il est vrai que balancer une station d’hydrocarbures dans la nappe phréatique d’accompagnement du ruisseau, celle que l’on voit remonter à chaque pluie, qui est aussi le ruisseau, c’était un peu gros !

Rien n’est dit des « arguments » définitifs qui ont été généreusement répandus pour ridiculiser la défense du patrimoine de la cité médiévale, de l’eau et de la tête de bassin versant. Cela a commencé avec la négation de l’existence du ruisseau historique de la cité, puis a suivi un chantage éhonté et une campagne de dénigrement systématique :

« le terrain n’est pas traversé par un ruisseau« , dossier technique de la demande de permis de construire signée par le maire soutenu par tous les élus,

– la station-service ne peut être dissociée du supermarché,

– si la station ne peut être installée les cuves dans l’eau du ruisseau, elle sera déménagée ailleurs, loin de Saint Gengoux, 


– « les écolos » veulent priver les habitants de leur station-service, 

etc.

Une autre petit phrase du maire étonne : « Le préfet était à peu près certain de perdre« . Le préfet ? Que vient-il faire en défense de l’installation d’une station-service dans une zone humide, aux côtés du promoteur, lui qui a charge de faire respecter le bien commun, en particulier l’eau, et d’appliquer la loi sur l’eau et les milieux aquatiques et la ribambelle de directives qui tombent de partout pour protéger les ruisseaux et leurs têtes de bassin, comme ici ?   

le collectif de sauvegarde

2017 annus horribilis en Saône et Loire

Tous les voeux des destructeurs de l’eau, de la campagne, du climat, du patrimoine architectural et des économies locales seront réalisés, comme l’annonce joliment le Journal de Saône et Loire :

Dans le Pays d’Art et d’Histoire (sic), les centres bourgs seront donc plus ruinés encore qu’ils ne le sont déjà, et Saint Gengoux le National pourra s’enorgueillir de la première station-service les pieds dans l’eau d’Europe…

où prospèrent les « agences de l’eau« , les « établissement publics de bassin« , les « offices nationaux de l’eau et des milieux humides« , les « directions de l’environnement« , les « schémas de cohérence écologique« , les « trames vertes et bleues« , les… 

Il y en a tellement qui se disputent la palme de l’inertie autour des mares et des ruisseaux saccagés que leurs noms sont inconnus des citoyens qui payent pour les subventionner.

même où une législation française et européenne toute neuve interdit de porter atteinte à ce qui va être détruit à Saint Gengoux le National.

où, pour le climat, pour la biodiversité, pour sauver les terres agricoles du bitume et du béton, et l’activité artisanale et commerciale des villes et villages, les appels solennels, les conférences et les serments se multiplient à tous les niveaux.

C’est, après beaucoup de destructions scandaleuses depuis une cinquantaine d’années, le coup de grâce pour cette tête de bassin versant de la rivière Grosne. Vous savez, tête de bassin versant désigne la partie la plus précieuse et sensible des rivières et des fleuves. Celle qui doit être la mieux protégée. C’est pourquoi les têtes de bassin versant sont l’objet de plus en plus d’attentions – sauf dans la région.  

Bientôt une nouvelle source durable de pollution pour le Bassin Rhône Méditerranée. 

Et enfin la célébrité pour Saint Gengoux le National ! Nul doute que des touristes viendront de partout pour voir.

en résistance au délire qui frappe aussi Tournus :

Tournugeois Vivant

Force est de remarquer que cette avalanche de nouvelles destructions témoigne d’une crise culturelle et morale des institutions censées s’y opposer. Elle sanctionne, aussi, la faiblesse extrême des résistances depuis trop longtemps. Les effondrements écologiques et sociétaux suivent l’effondrement premier, philosophique et politique, lequel a été organisé de main de maître par les promoteurs de la globalisation capitaliste.

Que faut-il donc pour qu’il y ait réveil et mobilisation ? A ce rythme, il n’y aura bientôt plus rien à sauver.

le collectif de sauvegarde de la tête de bassin

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