Même en faisant ce qu’il ne faut pas faire, pourrait nettement mieux faire !

Que de surprises ! Car, comme de bien entendu, même si l’action du collectif de sauvegarde de Saint Gengoux semble avoir inspiré plusieurs avancées, personne n’a pris contact avec nous, ni pour avis, ni pour information. Ainsi va la démocratie française que le monde entier nous envie.



Or, le chantier en cours démontre pleinement la justesse des démonstrations faites par le collectif (1). 

 

à droite de la photo, on peut admirer des éléments de la buse où coulera l’eau morte des ruisseaux de Saint Gengoux

 

Nous notons avec une petite satisfaction que « au niveau de la plateforme le ruisseau retrouvera l’air libre et son écoulement naturel » (la plateforme doit être le Pré A l’Agasse bouleversé par l’implantation du supermarché et du parking). Evidemment, il ne s’agira que d’un simulacre de ruisseau privé de son lit majeur, donc sans la diversité biologique qui pouvait être restaurée à ce niveau et, plus encore, en amont. L’eau de cet « écoulement naturel » sera celle – morte – des ruisseaux dévastés dans le haut de la tête de bassin, plus celle de Manon – morte également et toujours polluée par la décharge brute non curée en haut du Vallon.


De même, le « diagnostic faune et flore mené sur l’ensemble du Ruisseau de Nolange depuis la route de Culles les Roches » (sans doute depuis les Champs de Nolange ?) qui « vise à faire retrouver le lit naturel au ruisseau en amont de la cité » n’est pas fait pour nous déplaire. 

Mais, au fait, et le Ruisseau du Vernay dont l’eau était très prisée des Jouvenceaux qui lui attribuaient des vertus thérapeutiques ? Lui aussi a été saccagé, réduit à un fossé au bord de la Route du Creusot, lui aussi a été busé à l’occasion de la construction du remblais de la DDE (!) réalisé exactement dans le lit des ruisseaux… Va-t-il bénéficier d’un peu d’attention ?


Mais la confusion perdure entre le « cours d’eau » juridique (même morte et contenue dans une buse, son eau garde la qualité juridique de « cours d’eau » : Arrêt EARL Cintra) et le ruisseau vivant, avec ses végétaux, ses animaux, ses éléments nutritifs pour l’aval, ses ripisylves, etc


La réouverture par ci et la réhabilitation en amont ne font pas oublier qu’un ruisseau enterré dans une buse, même de 1200mm, n’est pas un ruisseau. Et que la restauration par tronçon n’existe pas. C’est mieux que la station-service aux cuves plongées dans la nappe phréatique qui était initialement prévue, mais cela devrait inclure un programme complet de restauration de la continuité des ruisseaux de cette tête de bassin, depuis les sources jusqu’à la Grosne. Comme souligné maintes fois, cela aurait une certaine importance du nord au sud, jusqu’à la Méditerranée, surtout avec le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité qui s’affirment ! 

Il est clairement dit que, dans la Rue des Tanneries, « la canalisation eaux pluviales (…) d’un diamètre de 1200mm permettra notamment de conduire le Ruisseau de Nolange et la Source de Manon« . Invraisemblable ! Réflexion de tuyaucrate déconnecté de l’eau et de la vie. On ne parle pas juridique là (2) ! Le Ruisseau de Nolange, qui déjà résulte de la réunion du Ruisseau du Vernay et d’autres rus, n’est plus un « ruisseau » dès qu’il est détruit, à plus forte raison conduit dans une buse. En cela, ce chantier viole une nouvelle foi la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques. En effet, c’est l’ONEMA, elle-même, qui a informé le Comité de Rivière des conditions du respect de la LEMA :

« le projet initial ne prévoyait pas d’intervention sur le ruisseau, il n’était donc pas soumis à la loi sur l’eau.« , déclaration de l’ONEMA rapportée dans le compte rendu officiel du Comité de Rivière du 9 mars 2015 (page 14 : http://www.eptb-saone-doubs.).

Car toute intervention sur l’ancienne buse où l’eau a le statut juridique de « cours d’eau » entraîne l’application pleine et entière de la Loi sur l’Eau. Donc de la restauration du ruisseau à l’air libre.


Pour quand la réouverture de bout en bout de la cité et la restauration de la continuité écologique ?

(2) rappelons encore qu’un cours d’eau enterré sur plus d’une dizaine de mètres meurt. C’est, par définition, un fameux obstacle à la continuité écologique ! A St Gengoux, plusieurs centaines de mètres sont busés. La Loi sur l’Eau serait muette pour une rupture de cette étendue ?

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