Sens dessus dessous 8 : septembre 2015 janvier 2016

janvier 2016

Les lois sur l’eau et « l’environnement » vidées de leur sens et réduites à l’impuissance par un vocabulaire piégé

les politiques, les officiels, les entrepreneurs bourguignons ont choisi :

POURSUIVRE LES DESTRUCTIONS ! 

COP COP COP, COUAC !

Sous les discours, le saccage continue

Destruction, destruction, destruction partout !

Un paysagiste disparaît

A Notre Dame des Landes aussi, le rapporteur public a fait des merveilles


décembre 2015

A Notre Dame des Landes aussi, le rapporteur public a fait des merveilles

Dénis et mensonges pour poursuivre les destructions et compromettre définitivement l’avenir

Un silence de mort s’étend partout

Devenir piégeur, c’est simplet, nocif et répugnant

novembre 2015

COP21… 21 ans de réunions pour çà ! 

Vingt-trois ans de compte à rebours

COP21 : préparation d’un nouveau flop

Après le 13 novembre : Conséquence

Gastronomie vomitive

octobre 2015

Souffrance animale et arnaque sur les oeufs 

Réification scientifique

Rien ne doit subsister : encore un ancien abattu au Zimbabwe

« la marche des beurs » reprend la route

La réalité des migrations en France

Perte de conscience : un abattoir à Alès

Inondations planifiées

septembre 2015

Blanchiment du diesel : c’est raté !

Censures, blocages, omerta… Informer n’est pas un délit

Le silence des oiseaux : enquête sur la disparition des passereaux

La grande distribution écrase les campagnes, maximalise la souffrance animale et tire la bouffe vers le bas

 

 


janvier 2016


De la négation du ruisseau à sa réduction en « cours d’eau » et à son nouvel enterrement de première classe : Les lois sur l’eau et « l’environnement » vidées de leur sens et réduites à l’impuissance par un vocabulaire piégé
 

Le développement de l’affaire de St Gengoux est exemplaire des « Contournements et détournements de la législation sur l’eau« * réalisés précisément par ceux-là mêmes qui doivent faire respecter celle-ci pour sauver ce qui peut l’être encore, et l’avenir de la planète.
Quand l’alerte a été lancée, il y a 8 ans, l’existence du Ruisseau de Nolange était outrageusement niée par tous. L’étude de terrain et historique a permis cette reconnaissance (mais pas la réalité de la falsification qui aurait dû faire annuler le permis de construire).


Cependant, en jouant sur un vocabulaire juridique impropre, plus encore : sur un vocabulaire juridique réducteur changeant le vivant en un Meccano tripatouillable à merci (a), les négationnistes ont immédiatement glissé de la reconnaissance du « cours d’eau » – de l’eau seule, même morte – à la solution tuyaucratique en augmentant l’artificialisation de la tête de bassin versant avec ce projet de doublement du tuyau initial.


Ainsi, en s’attachant à la lettre de textes mal écrits (ou trop bien ?), plutôt qu’à leur raison d’être, l’esprit des textes, les promoteurs et leurs zélés suivistes avalisent la destruction du ruisseau et de la tête de bassin versant, et l’aggravent au point de compromettre l’avenir, en enterrant l’eau dans une tuyauterie plus grande sous leur chère station-service – toujours sans la moindre considération pour la nappe phréatique qui affleure à la première pluie.
Ainsi, la législation européenne et nationale a été détournée au point de servir à justifier une mise à mort définitive qui serait un coup de grâce pour tout l’écosystème, là où toutes les politiques affichées parlent d’urgente protection accompagnée d’opérations de restauration des ruisseaux enterrés et des têtes de bassin maltraitées. 
* Contournements et détournements de la législation sur l’eau, dans L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal https://renaissancerurale71.wordpress.com/



(a) « cours d’eau » au lieu de ruisseau, c’est à dire écoulement d’un fluide au lieu d’écosystème aquatique intimement relié à toute la campagne alentour et à l’aval jusqu’à la mer.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. A l’inverse, le mauvais vocabulaire, ou le vocabulaire manipulé, ampute la compréhension et permet tous les détournements  :
 « Qui a le droit d’être libre, qui se sent le droit de réclamer à la société les conditions d’existence qui lui permettront de se vouer, s’il le veut, au travail d’une libération intérieure, celui-ci a également le devoir d’exercer cette liberté car si l’esprit ne se mobilise pas contre l’inertie du langage au sein de sa propre parole, il est en risque de voir les stéréotypes verbaux pénétrer ses démarches les plus intimes, usurper ses motivations, décider pour lui – en bref, faire de lui une chose, ce qui mettrait fin à notre aventure sur cette terre« 
Yves Bonnefoy à propos de ce qu’il nomme l’aliénation du langage, « Entretiens sur la poésie 1972-1990 », chapitre « Poésie et liberté »

 





COP 21, législation sur l’eau, organismes officiels, discours, colloques, plaquettes…

Qu’en est-il vraiment ?


Face à l’effondrement de la biodiversité et au dérèglement climatique qui galopent, galopent, galopent… les politiques, les officiels, les entrepreneurs bourguignons ont choisi :

POURSUIVRE LES DESTRUCTIONS !


L’affaire de Saint Gengoux le National était déjà exemplaire à tous points de vue. Elle devient une démonstration.

Devant la révélation des destructions antérieures dommageables à la tête de bassin versant où se trouve la cité médiévale, dommageables au patrimoine architectural et historique, dommageables à la biodiversité, au climat régional et global, à l’eau… l’eau consommée par les habitants, l’eau de tout l’aval jusqu’à la Méditerranée comprise, etc., les « décideurs » – tous sans exception – affirment la volonté inébranlable de poursuivre leur oeuvre de mort. Que voyons-nous sur leurs plans ? Là où le Ruisseau de Nolange a été enterré (enfin, juste son eau morte), après sa destruction sur 1 kilomètre en 1983 (1), le projet d’un nouveau tuyau d’eaux pluviales de 400 mm, et… en réponse à l’alerte pour la biodiversité, le climat et la qualité de l’eau, un nouveau « lit mineur » en béton d’un diamètre de 1200 mm enterré à côté des cuves de carburant en immersion dans la nappe phréatique d’accompagnement !


Euh, ya une nappe phréatique dans le lit d’un ruisseau ?


Notons encore que cet endroit appartient au lit mineur et au lit majeur d’un ruisseau de tête de bassin versant, par excellence le lieu visé par toutes les mesures de protection et de restauration décidées en France et en Europe, et financièrement soutenues, depuis le début des années 2000 – pour revenir sur les erreurs catastrophiques du passé. Mieux encore ! L’endroit fait intégralement partie de la tête de bassin versant, l’un de ces commencements des rivières et des fleuves, l’un des sites précieux que tous s’accordent à classer en priorité parmi les écosystèmes à sauver – précisément – de ce genre de vandalisme d’un autre âge. 


Attitude des administrations publiques en charge d’appliquer la législation en évolution pour protéger les écosystèmes du bien commun : entre omerta et soutien indéfectible aux destructeurs.


Gageons qu’ils vont tous accéder à la postérité.



C’est là :


Le lieu choisi pour réaliser un supermarché, un parking et… une station-service

« le terrain n’est pas traversé par un ruisseau » (le permis de construire signé par tous), 

« pas de surfaces relevant de la problématique zones humides » (la DDT et le préfet)…




(1) Le lit naturel du ruisseau et le bief du Moulin de la Boutière où il avait été détourné depuis le XVIIIème siècle ont été totalement détruits, avec une ripisylve ponctuée de grands arbres, avec leur biodiversité, probablement avec l’idée de changer les prairies humides du fond de vallée en terrains à bâtir. Le projet actuel est l’aboutissement de cette idée folle.







Biodiversité : le Sénat vote une loi écornée par le lobby des chasseurs

« Après la COP21, vous avez su transcender les clivages partisans pour rapprocher les points de vue en recherchant l’intérêt général de notre avenir commun, et en mettant la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat », a déclaré, vendredi 22 janvier, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal

la France très en avance sur les enjeux de la biodiversité et du climat ! Une hallucination ? L’ignorance de ce qui se passe et de ce qui ne se passe pas sur le terrain ? Une ministre intoxiquée par les lobbies ? En tout cas, une déconnexion complète par rapport aux réalités.


Le seul amendement sur la « valeur d’usage » fait froid dans le dos. Déjà que les « valeurs intrinsèques » sont – pour le peu que nous savons aujourd’hui – ignorées de la plupart – quand la biodiversité, l’eau, les législations correspondantes, etc. sont un seul instant prises en considération par des « décideurs » inféodés aux lobbies…



http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/01/26/biodiversite-le-senat-vote-une-loi-ecornee-par-le-lobby-des-chasseurs_4853981_1652692.html



et, en plus, la fiction de la « compensation« … 

un tour de passe passe si grossier qu’il ne peut ébaudir que les ignorants (et les avocats…) 


Avec les « réserves d’actifs naturels », la loi sur la biodiversité facilite la marchandisation de la nature 

Pour faciliter la compensation des atteintes à la nature, le projet de loi sur la biodiversité discuté au Sénat propose la création de « réserves d’actifs naturels ». Cet outil qui aurait fait ses preuves aux États-Unis, selon ses défenseurs, ouvre, selon ses détracteurs, la porte à la financiarisation de la nature en cherchant à lui donner un prix.


Depuis 1976, les aménageurs sont tenus « d’Éviter et de Réduire leurs impacts sur l’environnement », et, « si possible », de les « Compenser. Un principe, dit « ERC », peu respecté et mal appliqué. Le nouveau texte entend donc « mieux définir le régime juridique de l’obligation de compensation écologique », explique l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement. Afin de remplir ces obligations, l’aménageur pourra désormais recourir à un opérateur de compensation ou contribuer au financement d’une réserve d’actifs naturels, définie comme « une opération favorable à la biodiversité » par la future loi. Par exemple, restauration d’une zone humide, sauvegarde d’une prairie sèche ou opération de reboisement. « Une petite révolution pour la biodiversité », estime l’avocat, mais « une vraie fausse bonne idée », pour Benoît Hartmann, de France nature environnement. 

(…)

  







Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu

C’est un pas de plus vers la reconnaissance des maladies professionnelles des agriculteurs. Lundi 7 mai, est entré en vigueur un décret qui reconnaît la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle et établit explicitement un lien de causalité entre cette pathologie – seconde maladie neurodégénérative en France après Alzheimer – et l’usage des pesticides.










COP COP COP, COUAC !


Beaucoup de signes l’avaient laissé deviner. Entre autres, l’application de l’état d’urgence anti-terroriste à des défenseurs du bien commun (une perversion intéressante), mais aussi l’oubli forcené de quelques problèmes parmi les plus importants. Par exemple : la prolifération des automobiles, la délocalisation des productions et les transports les plus polluants qui vont avec, les déforestations, les désastreuses monocultures d’exportation (comme le soja et le palmier à huile), la destruction des atolls et des mangroves… et, par dessus tout, la mise à l’écart des peuples autochtones partout malmenés par les totalitarismes de l’argent. Ils sont les écologistes premiers, ceux qui alertent depuis les débuts de la mondialisation du grand saccage, aussi ceux qui peuvent encore apprendre aux autres comment exploiter sans détruire, comment cultiver la vie. Toujours bafoués, y compris à Paris où les fourbes les ont utilisés pour faire tapisserie.





Cette fois, le bluff est si énorme que même les éternels faire-valoir, les instrumentalisés consentants (ceux auxquels il reste un peu de naïveté), commencent à s’en apercevoir (par exemple Nicolas Hulot). 


Les banderoles et les lampions à peine rangés, c’est une vague de décisions judiciaires et administratives catastrophiques qui nous submerge. Et l’omerta générale, la censure de tout ce qui bouge, l’activation de la liste noire des lanceurs d’alerte et les cabales, toutes les perfidies qui contribuent au sabotage culturel, social et politique, sont à fond.   



Point presse d’ONG à la COP21 : Les populations les plus vulnérables, grandes oubliées du projet de l’Accord de Paris

http://www.mediaterre.org/actu,20151211152250,1.html








Sous les discours, le saccage continue


Ce vendredi 8 janvier le Rapporteur public donnait ses conclusions sur le recours de Total contre l’abrogation du permis de Montélimar.


Pour lui, il n’y a aucun doute, la requête de Total est recevable : comme Total a écrit qu’il ne ferait pas appel à la fracturation hydraulique, le permis de Montélimar n’aurait pas dû être abrogé.
 (…)

http://www.stopaugazdeschiste07.org/article1131.html







Destruction, destruction, destruction partout !



Au pied des tours de logements sociaux, des parcelles de jardins partagés, du maraîchage, des bacs à compost, des ruches, des ateliers de récupération, une Amap… Mais bientôt plus un brin d’herbe ! La justice vient de donner raison à la ville de Colombes (LR) qui veut utiliser les terrains occupés rue Michelet par l’Agrocité pour y installer un parking temporaire. «Il nous fallait la libération des lieux au plus tard pour le mois d’avril afin de ne pas prendre de retard sur le calendrier des travaux de rénovation urbaine des Fossés-Jean. Le tribunal en a reconnu l’urgence», se réjouit la municipalité.


Au pied des tours de logements sociaux, des parcelles de jardins partagés, du maraîchage, des bacs à compost, des ruches, des ateliers de récupération, une Amap… Mais bientôt plus un brin d’herbe ! La justice vient de donner raison à la ville de Colombes (LR) qui veut utiliser les terrains occupés rue Michelet par l’Agrocité pour y installer un parking temporaire. «Il nous fallait la libération des lieux au plus tard pour le mois d’avril afin de ne pas prendre de retard sur le calendrier des travaux de rénovation urbaine des Fossés-Jean. Le tribunal en a reconnu l’urgence», se réjouit la municipalité.


A la place de la ferme urbaine expérimentale, la mairie veut aménager 182 places de stationnement provisoires le temps de démolir la rampe d’accès au parking de la résidence 11, rue Michelet et d’aménager une nouvelle place publique et un pôle d’équipements publics. Dans son recours, l’avocat de la mairie s’appuie sur le fait que les deux conventions d’occupation et de subventions signées par la précédente municipalité (PS-EELV) et l’association AAA (l’Atelier d’architecture autogérée), responsable des lieux, ont respectivement expiré en septembre 2014 et en septembre 2015. Elle fait également valoir que la réhabilitation de ce quartier sensible, coincé en bordure de l’autoroute A86, est repoussée depuis plus de dix ans et doit désormais être achevée en 2020.

http://www.leparisien.fr/colombes-92700/colombes-la-justice-valide-le-parking-a-la-place-des-salades-05-01-2016-5423943.php#xtref=https://www.facebook.com/

 







Un paysagiste disparaît

Un homme rare aujourd’hui, car connaisseur du vivant et de sa beauté, et sachant les valoriser là où la plupart des autrA Notre Dame des Landes aussi, le rapporteur public a fait des merveilleses ne veulent que détruire 


Pascal Cribier a disparu du paysage


(…) Il disait que le jardinier n’est pas un artiste et que ce métier est au carrefour du politique, de l’économique et de l’écologique. Sur le lien avec le politique, il ne pouvait que constater un échec. «Existe-t-il par exemple un seul paysagiste qui ait décidé que les paysages devraient être envahis par des plateformes logistiques ? écrivait-il en introduction de la monographie consacrée à son œuvre (1). Existe-t-il un seul paysagiste qui ait voulu que la grande distribution fasse « exploser » ces mêmes paysages et accélère ainsi la mise à l’écart de certains quartiers ? Etaient-ils nombreux ceux qui imaginaient, il y a cinquante ans, que les villes du monde entier seraient cernées par des ronds-points ?» Pour sa part, Cribier a toujours refusé les projets où on lui demandait d’embellir ces horreurs. (…)

Itinéraires d’un jardinier

éditions Xavier Barral

 

Pascal Cribier, le prince des jardins, est mort





A Notre Dame des Landes aussi, le rapporteur public a fait des merveilles  

La décision était attendue. Le rapporteur public a rejeté, jeudi 18 juin, les 17 recours déposés par les opposants au projt d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, annoncé à une quinzaine de kilomètres au nord de Nantes (Loire-Atlantique). Le tribunal administratif de Nantes rendra son jugement le 17 juillet.

 

Une espèce protégée encombre ? Une loi sur la protection des écosystèmes et de leurs habitants ? Une Directive Européenne ? Une Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques ? Où est le problème ? La loi ? Quelle belle affaire ! Le rapporteur public est là, qui efface la difficulté d’un revers afin de laisser toute la place aux spéculateurs destructeurs profiteurs.







décembre 2015



Dans la foulée de la COP 21, après les discours et les effets d’annonce, la pulsion de destruction court toujours…

Dénis et mensonges pour poursuivre les destructions et compromettre définitivement l’avenir


On pourrait longuement épiloguer sur les incohérences et contre-vérités qui figurent dans cet article ! Pour en faire le tour, mieux vaut se reporter à l’étude sur la tête de bassin versant dont il est question ici, mais sans jamais reconnaître celle-ci :

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange


L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie


Notons tout de même la négation des inondations à répétition du fond de vallée de Saint Gengoux le National (150 hectares inondables mesurés en 1875). L’histoire municipale et départementale en a gardé d’excellents exemples. Pour la période récente, après l’inondation de 1968, le Journal Officiel aussi a bonne mémoire : 2 submersions et coulées de boues en décembre 1982 et mai 1983, et, en juin 2008, une submersion plus importante et violente que celle (prétendue centennale) de novembre 2014. 


De négation de l’histoire en négation des évidences et des urgences actuelles, remarquons encore l’élimination comme chose négligeable de la législation sur l’eau et l’environnement, et le déni total d’un système aquatique exemplaire, une de ces petites têtes de bassin versant que toutes les instances européennes, nationales, régionales appellent à protéger et à restaurer. 


N’oublions pas que « le terrain » dont parle le journal est, contrairement à ce qu’insinue « le clan Schiever« , en intégralité dans le lit du ruisseau historique de la cité médiévale et qu’il est compris dans la tête de bassin versant comme, d’ailleurs, les prés qui lui succèdent vers l’aval. 


Arrêtons-nous un instant sur l’incroyable minimisation des crues centennales. Elles font pourtant référence partout pour les plans de prévention, et quelques catastrophes récentes démontrent que cela n’est pas un luxe – surtout avec le dérèglement climatique en cours ! Ce propos est d’autant plus invraisemblable – irresponsable – que la crue de référence en Saône et Loire est celle de 1840.


Notons encore l’oubli total, par tous, de la nappe phréatique d’accompagnement qui est, elle aussi, le ruisseau. En novembre 2014, c’est surtout elle que l’on a vu monter dans le pré, reconstituant le lit dont les « aménageurs » irresponsables l’ont privé. D’ailleurs, elle se manifeste lors de chaque période pluvieuse. 

Ah ! Encore une petite observation : et – encore plus spectaculaire que le dérèglement climatique – l’effondrement de la biodiversité dans tout ça ? Encore et toujours oublié par les décideurs, les corps intermédiaires et les arbitres, tous en rupture de biosphère !


Le sinistre sort de la tête de bassin versant de Saint Gengoux le National est exemplaire du déni écologique complet de l’ensemble de l’appareil politique et administratif. En 8 années de démonstrations, pas de concertation, jamais un échange constructif, les amorces de contacts systématiquement avortées et la mystérieuse disparition des interlocuteurs, les oublis, les mensonges, les portes closes partout… tout dit la faiblesse de la position officielle (?) prise au piège de ses contradictions, entre affichage d’une politique de protection des eaux et de sauvetage des têtes de bassin versant, déclarations solennelles sur la biodiversité menacée et annonces tonitruantes sur le contrôle du dérèglement climatique, et… poursuite forcenée des destructions. Une attitude criminelle, surtout au vu de l’ampleur et de la rapidité des effondrements et dérèglements en cours.

 


Sur ce qui devrait prévaloir : 

Les têtes de bassin versant : des territoires à préserver


Plan de bassin d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’eau


Une campagne de l’Agence de Bassin Rhône Méditerranée dont dépend la tête de bassin de Saint Gengoux le National :

Eau et changement climatique : adaptons-nous !

à propos de crue centennale… c’était en 2008

le « terrain à bâtir » en novembre 2014

Pire en 1983, en 1981, en 1968, etc.



En amont de la cité, le Ruisseau de Nolange déjà saccagé



Le Ruisseau de Nolange avant les saccages.

Ce qu’il pourrait redevenir dans l’intérêt de tous aujourd’hui et demain.






COP 21,

comment,

après une si longue alerte,

en sommes-nous arrivés à l’état d’urgence ?



Commençons par nous souvenir de ce qui a précédé et entouré le Sommet de la Terre de RIO 92 :

l’une des plus grandes offensives anti-écologistes pour, une nouvelle fois, saboter toute possibilité d’éviter le pire.


C’était à la fin des années 80, au début des années 90, un nouvel essor de l’écologisme semblait se dessiner. Comme dans les années 1960 et début 1970. Cela ne pouvait pas durer. La volonté de nuire s’est vite ressaisie pour occulter encore la trop faible lumière des lucioles et poursuivre le génocide culturel déjà constaté par Pier Paolo Pasolini *.

* La violence du Pouvoir : le regard de Pier Paolo Pasolini


Le parti de la domination, de la réification et de la marchandisation du vivant a commencé une nouvelle offensive anti-écologiste, « anti-nature« , anti-avenir et anti-justice, comme une vingtaine d’années auparavant, déjà sous la houlette des lanceurs du néo-conservatisme.

Mais, à la différence de la première qui avait été menée en tapinois, en infiltrant le mouvement et en remplaçant ses acteurs par les faces de carême connues aujourd’hui encore, l’offensive commencée en 1990 s’est appliquée à décrédibiliser et souiller les écologistes, leur pensée et leur projet de civilisation, également à falsifier l’histoire du mouvement pour approfondir la confusion.




La magie des lucioles par Yume Cyan

http://www.journal-du-design.fr/art/la-magie-des-lucioles-par-yume-cyan-32139/



Et nous avons vu débouler Marcel Gauchet, Luc Ferry et Alain Minc (tous de la Fondation Saint Simon *, cela va de soi), l’équipe du magazine Actuel aiguillonnée par les envoyés du PS chez les Verts **, Guy Béney (encore dans Actuel et dans Libération), Corinne Lellouche (L’Echo des Savanes), Eric Conan (Esprit), Alfred Grosser, Jean-Claude Levy, Claude Allègre, et une nuée de missionnés et d’irréfléchis qui se sont déchaînés sur les lanceurs d’alerte. Parmi eux, on trouve même un Dominique Bourg affirmant un peu partout son amour de l’individualisme, de l’anthropocentrisme, en somme de la culture impérialiste, et mettant en garde contre ces « dangereux » écologistes aspirant à une civilisation pacifiée (a). Un tel discours haineux serait, hélas, assez banal si, en dépit de son apologie du livre manipulateur de Luc Ferry, son auteur ne passait maintenant pour un « penseur de l’environnement » (comme Denis de Rougemont !). Tous ces gens ont eu les faveurs des media classiques, du Figaro à Politis (encore un remarquable dossier en mars 90), tandis que les écologistes accusés de tous les maux voyaient leurs droits de réponse jetés à la poubelle. 

* Enquête sur la Fondation Saint-Simon

Les architectes du social-libéralisme

https://www.monde-diplomatique.fr/1998/09/LAURENT/4054


** l’article était une commande que Christophe Nick a accepté de signer. A-t-il compris ce qu’on lui faisait faire ?



Est-il nécessaire de le dire ? Aucun de ces accusateurs sortis du néant n’a jugé bon de consulter les écologistes mis en cause, ni de répondre à leurs demandes d’explication. Extraordinaire est l’habileté à éviter tout contact et tout débat dont ils ont fait preuve ensuite.

Lâcheté ? Honte ? Combien ont réalisé qu’ils étaient instrumentalisés par un capitalisme peu soucieux de mettre fin au saccage des sociétés et de la biosphère ?



 Géopolitique n°40, 1992




La confusion semée, un récit falsifié diffusé dans toutes les chaumières, une pantomime de luttes pour l’illusion du pouvoir entre imposteurs et égarés… et les écologistes sont redevenus inaudibles. Décrédibilisés pour longtemps. D’autant que les environnementalistes attaqués ont choisi de plier, rompant définitivement avec les écologistes pour mieux abandonner les dernières références à la culture politique de l’écologisme, rentrant pleinement dans le jeu du système dominant en confortant l’environnemental-libéralisme des partis verts. C’est vraiment là qu’ils ont permis l’accomplissement du voeu de Raymond Aron (Genève, sept. 1969) : 

– que la nouvelle gauche échoue (traduire : soit étouffée) pour que son message libertaire puisse être tranquillement souillé et dévoyé par l’ultra-libéralisme globalisé. 

Un grand oeuvre auquel Denis de Rougemont s’était attelé, justement dès 1969, en circonvenant des militants au moyen de deux factions ad hoc : Diogène et Ecoropa *. Ces gens sont de ceux qui allaient se substituer aux écologistes et décider de les museler. Comme par hasard, ce sont aussi les acteurs des partis verts qui, au début des années 90, ont préféré à nouveau resserrer les liens avec les ennemis de l’alternative écologiste.

* sortes de Fondation Saint Simon spécialement concoctées pour l’écologisme.


L’ultra-spéculation capitaliste sur le vivant avait à nouveau le champ libre. Nous en voyons les résultats.


 


Et il y a eu l’Appel d’Heidelberg organisé par un désormais célèbre cabinet en communication, le même que pour le lobby de l’amiante et quelques autres groupes de pression défenseurs de produits ultra-polluants…



dans Histoire contemporaine – Une mémoire du mouvement écologiste – 7 :

http://www.planetaryecology.com/index.php/120-histoire-contemporaine-une-memoire-du-mouvement-alternatif-ou-nouvelle-gauche-ecologiste-7

Le PS contre les Verts

Courant Alternatif n° 14, décembre 1991

La deuxième manche

le droit de réponse au magazine ACTUEL après la parution de son numéro « Les écolos fachos » en septembre 1991.




et, dans L’anti-écologisme de 1973 à nos jours :

http://www.planetaryecology.com/index.php/129-l-anti-ecologisme-de-1973-a-nos-jours


La cécité absolue d’une bande d’autruches, par André Langaney 1992


Amiante et Appel d’Heidelberg, par Henri Pézerat 1995



Et encore, à propos de COP, plus récemment, au Sommet RIO+20, en 2012 :


L’accord final de la conférence, très décrié, est déconnecté des enjeux environnementaux

par Eliane Patriarca


Depuis deux jours, le Rio Centro, où s’est achevée vendredi la Conférence des Nations unies sur le développement durable, baignait dans une atmosphère surréaliste. Tandis que chefs d’Etats et de gouvernement se succédaient à la tribune de l’assemblée plénière pour une brève allocution, beaucoup de leurs homologues avaient déjà quitté les lieux. Et les autorités brésiliennes avaient résolument choisi d’éloigner à 50 km du lieu de la Conférence officielle le sommet alternatif des peuples, où les ONG ont réuni quelque 20 000 personnes durant dix jours.


«Rio + Vain». Vingt ans après le Sommet de la Terre de 1992, qui a donné naissance aux conventions sur le climat, la biodiversité ou la désertification, l’édition 2012 a déçu. Rebaptisée «Rio + Vain» ou «Rio – 20», elle souffre d’une cruelle absence d’ambition. Dès mardi soir, sous la houlette du ministre brésilien des Affaires étrangères, les négociateurs, au travail depuis le 13 juin, avaient trouvé un accord, échappant à l’arbitrage politique des chefs d’Etat arrivés le lendemain. Vendredi, les 191 pays représentés à Rio ont ratifié le projet de déclaration finale, 49 pages intitulées «Le futur que nous voulons». «Ce futur n’est pas dans ce texte», ont rétorqué les leaders de la société civile, parties prenantes de la préparation de la conférence, mais qui ont adressé jeudi une lettre aux Nations unies pour se désolidariser d’un texte dénué «d’engagements concrets». Parmi les signataires : Marina Silva (ancienne ministre brésilienne de l’Environnement), Kumi Naidoo (patron de Greenpeace), Ignacy Sachs (l’économiste à l’origine de l’éco-développement) ou la philosophe et militante indienne Vandana Shiva. (…)

http://www.liberation.fr/terre/2012/06/22/rio-le-sommet-enterre-l-interet-general_828518




(a) Les développements philosophico-politiques qui ont accompagné cette nouvelle offensive anti-écologiste ont définitivement éclairé sur l’idéologie qui structurait la première, une vingtaine d’années auparavant. Le discours tenu par les auteurs cités (Ferry, Minc, Béney, Bourg…), et bien d’autres, correspond exactement aux cris de guerre lancés par Norman Podhoretz (1967), Irving Kristol (1968), Raymond Aron (1969), les néo-conservateurs en pointe de la civilisation anti-nature qui ont réorienté les réseaux de la Guerre Froide contre la nouvelle gauche écologiste.


Logique, d’ailleurs, puisque de futurs acteurs de la Fondation Saint Simon et des marionnettistes néo-capitalistes de plus haut vol étaient déjà affairés dans le dos de la nouvelle gauche écologiste, à la fin des années soixante.   


Au début des années 1990, comme à la jonction des années 60 et 70, comme aujourd’hui avec la COP 21, comme à chaque fois, le clivage politique premier, celui qui relativise tous les autres, s’est révélé au grand jour. D’un côté, tous les défenseurs du bien commun, acteurs de l’économie des communaux ; banalement, tous ceux qui n’ont pas rompu avec le vivant *, donc avec la culture immémoriale qu’il inspire – celle qui permet à chacun de réguler ses actions en fonction de l’intérêt général . De l’autre, tous les partisans de l’école impérialiste, celle qui « présuppose une désacralisation du monde, une réduction quantitative et mécaniste de l’univers en une masse informe d’objets hétéroclites. La raison devient un simple instrument au service des moyens et non des fins. Cette façon de voir conduit à l’aliénation spirituelle de l’homme, à sa coupure d’avec la nature, puis à l’industrialisation et à la mercantilisation du monde vivant«  (La dialectique de la raison, Theodor Adorno et Max Horkheimer). Dans ce camp, les partisans de la globalisation capitaliste, bien sûr, mais aussi beaucoup de leurs opposants prétendus : ceux qui, curieusement comme les précédents, sont toujours guidés par les théories progressistes (de la théorie des stades **) et élitistes, dominatrices vis à vis de « la nature », des autres êtres et des autres hommes (justement, les peuples autochtones). C’est pourquoi les gens de la nouvelle gauche écologiste ont – surtout en France ! – si souvent eu la surprise de découvrir de soi-disant « anti-capitalistes » – mais toujours très capitalistes quand il s’agit de pouvoir d’être et d’agir – rangés aux côtés des oligarques du système destructeur de la vie pour saboter toute alternative philosophique, politique et économique, en gommant jusqu’à la moindre représentation de la culture écologiste.


* depuis les peuples autochtones qui ont conservé la relation d’interdépendance avec la biosphère jusqu’aux écologistes qui s’efforcent de la réactiver.


** à propos de la théorie des stades :

La théorie des stades et ses prolongements

www.pug.fr/extract/show/955





Politis 29 03 1990







Il n’y a pas qu’à Saint Gengoux

Un silence de mort s’étend partout


Le grand orchestre de la nature est peu à peu réduit au silence


(…) J’ai enregistré plus de 15 000 sons d’espèces animales et plus de 4 500 heures d’ambiance naturelle. La triste vérité est que près de 50 % des habitats figurant dans mes archives récoltées au cours de ces quarante-cinq dernières années sont désormais si gravement dégradés que beaucoup de ces paysages sonores naturels, naguère si riches, ne peuvent plus être entendus aujourd’hui, même approximativement, sous leur forme d’origine. (…)


« https://renaissancerurale71bis.files.wordpress.com/2016/07/89fc4-rio2bdoce2bspirituo2bsanto2b2.jpg« 


Le bruit humain peut aussi affaiblir le système immunitaire des mammifères et des poissons, réduisant leur résistance à la maladie, résultat physiologique naturel des taux élevés d’hormone de stress. Dans les cas les plus graves, lorsque les seuils de tolérance sont dépassés, il peut être fatal. De nombreuses espèces de baleines et de phoques s’échouent d’elles-mêmes pour mourir.


Il y a près de cinquante ans, mes parents nous avaient emmenés, ma soeur et moi en vacances dans le parc national de Yellowstone, près d’une large vallée couverte de neige à l’abri de tout parasitage humain. Le calme était ponctué par les vocalisations des corbeaux, des geais, des pies, des alouettes hausse-col et des élans. Je me souviens encore du murmure des ruisseaux et de la brise légère qui soufflait dans la cime des conifères. Je suis retourné au même endroit en 2002. La magie avait disparu, anéantie par les bruits de moteur et le smog. (…)


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/30/l-orchestre-de-la-nature-se-tait-peu-a-peu_3150765_3244.html#Z6UeWOGVtpd6CqFf.99



Celles et ceux qui ont fait un herbier avant-hier, hier, il n’y a pas si longtemps, feront un constat équivalent s’il leur prend la fantaisie de retrouver les plantes qu’ils avaient collectées : beaucoup, sinon la plupart, se sont évanouies.


ces quarante-cinq dernières années

près de cinquante ans,

cela correspond exactement au constat de dégradation accélérée depuis une soixantaine d’années. Un véritable effondrement en tous lieux ! 

Bernie Krause : la voix du monde naturel


https://www.ted.com/talks/bernie_krause_the_voice_of_the_natural_world?language=fr









Silence de mort


Devenir piégeur, c’est simplet, nocif et répugnant


Bien qu’il ait bien vite retiré le terme « amusant »*, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a signé un article intitulé « Devenir piégeur, c’est simple, utile et amusant… » dans la rubrique « Réglementation de la chasse » de sa dernière lettre d’information. Une façon bien légère de présenter une activité aussi lourde de conséquences sur notre patrimoine naturel… L’ASPAS a envoyé une lettre dénonçant cet état d’esprit aux responsables de l’ONCFS, et rappelle la réalité.



Simple ? 


Oui, assurément ! Et même un peu « simplet ».

 

En effet, pour obtenir son agrément de piégeage, une personne doit suivre une formation de 16 heures seulement, au terme desquelles aucun examen n’est organisé, ni même un simple contrôle des connaissances !


Comme le rappelle l’ONCFS dans la fiche mise en cause, l’agrément de piégeage n’est même pas obligatoire dans certains lieux, et pour certaines espèces !




 

Utile ? 


Surtout aux loisirs des chasseurs…

 
Alors que, conformément aux textes réglementaires, les piégeurs sont censés intervenir ponctuellement pour remédier à un problème identifié, ils se présentent aujourd’hui comme les incontournables régulateurs de la faune sauvage, faute de prédateurs. Et c’est du grand n’importe quoi, car ces prédateurs sont eux-mêmes la cible des pièges !

L’objectif avéré de cette activité reste la volonté de réduire la prédation que subit le gibier des chasseurs, mécontents de voir leurs cocottes d’élevage inadaptées à la vie sauvage se faire croquer trop rapidement plutôt que succomber à leurs balles.

Le piégeage pourrait être qualifié d’ « utile » par les intéressés s’il se contentait d’intervenir aux abords immédiats des activités les plus sensibles. Malheureusement, une fois classées « nuisibles », la plupart des espèces peuvent être piégées en n’importe quel lieu, indépendamment des activités et des dégâts commis ! Et les piégeurs ne se privent pas…

 

Amusant ?  



Comment la douleur d’un être sensible peut être amusante ? Rappelons que de nombreux animaux domestiques et des espèces protégées sont également victimes de ces pièges non sélectifs, dont certains ont pour finalité de tuer l’animal capturé. Peu de raison de se réjouir d’une telle activité…

L’ASPAS agit depuis 30 ans contre ces destructions absurdes et brutales de notre patrimoine naturel pour le plaisir de quelques-uns, et elle a déjà obtenu des avancées. Elle s’insurge aujourd’hui qu’un établissement public censé participer à la conservation de ce patrimoine naturel présente et encourage une telle activité de façon aussi légère et éloignée des réalités.

À travers sa campagne « Non aux pièges tuants ! » lancée en 2012, l’ASPAS demande l’interdiction définitive de leur utilisation au ministère de l’Écologie, afin que plus aucun piège tuant ne puisse être tendu en pleine nature ou proche de nos maisons.


* Suite à de nombreuses réactions, l’ONCFS a modifié l’intitulé de son titre. Mais les rédacteurs ont bien trahi leur véritable état d’esprit, et malgré ce ravalement de façade personne n’est dupe.

http://www.lyonne.fr/yonne/actualite/pays/centre-yonne/2014/01/12/serge-bragard-piege-les-animaux-classes-nuisibles_1831881.html

https://www.youtube.com/watch?v=IcJ8bbOPv₄









novembre 2015



COP 21, sur le terrain : RIEN

Toujours rien de positif.

Autour de l’eau de St Gengoux le National, de l’eau du Rousset, et de leurs têtes de bassin versant à sauver, tout a été figé. Gageons que la situation n’est guère plus brillante ailleurs…

Après le petit monde politique local et régional, la consigne de l’omerta a parcouru tous les niveaux hiérarchiques de l’administration. Elle a, même, contaminé des milieux « associatifs« . Griefs surgis de nulle part, dos tournés, ruptures théâtrales, gel de la circulation de l’information, annulation de contrats de travail, et autres coups bas, ont été multipliés.

La conscience des choses importantes – vitales – semble s’être affaissée.

Seul le travail de fond, heureusement, tient bon :

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange
https://renaissancerurale71.wordpress.com/

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie
https://renaissancerurale71.wordpress.com/2015/08/09/leau-2/

L’eau et son environnement comme bien commun

Source Info de l’ACE Arconce :
http://www.ace-arconce.fr/source.htm

Il faut rappeler encore le message de l’Agence du Bassin Rhône Méditerranée Corse qui, dans la mauvaise volonté générale, paraît étrangement décalé, presque révolutionnaire :

https://www.youtube.com/watch?v=xXQtcYsqvLA





COP 2121 ans de réunions pour ça !

Pour le Pape François, un échec serait «triste et catastrophique», car il signifierait que les «intérêts particuliers» l’auraient emporté sur «le bien commun», via une «manipulation de l’information» sur la question du réchauffement.

«nous sommes devant une alternative que nous ne pouvons ignorer – améliorer ou détruire l’environnement». Avec des «perspectives sociales», qui touchent «les plus défavorisés», victimes d’un «processus implacable d’exclusion».

(…)

Autre accent martelé par François, le combat contre «la mondialisation de l’indifférence, qui nous fait lentement nous habituer à la souffrance de l’autre, comme si elle était normale, ou, pire encore, qui nous conduit à la résignation face aux formes extrêmes et scandaleuses de rejet et d’exclusion sociale, comme sont les nouvelles formes d’esclavage». Sans oublier «les migrants, non reconnus comme réfugiés par les conventions internationales» et «sans aucune protection légale». Une indifférence liée à l’habitude de «sacrifier aux idoles du gain et de la consommation». Mais, a-t-il prévenu, «nous ne pouvons pas rester indifférents face à cela. Nous n’en avons pas le droit».


Critiquant, enfin, les «trafics illégaux», par exemple les «diamants», «métaux rares», mais aussi «l’ivoire et le massacre des éléphants», le Pape a demandé que la 10e conférence de l’Organisation mondiale du commerce, qui va se dérouler à Nairobi, puisse assurer, dans le domaine sanitaire et social, «l’accès au traitement de base pour tous» en particulier «pour les pays les plus pauvres». Sans mentionner les traitements antisida, François a sollicité «une attention politique prioritaire, avant tout intérêt commercial et politique» pour «l’élimination du paludisme, de la tuberculose, des maladies orphelines» et des maux «négligés par la médecine tropicale».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/26/01016-20151126ARTFIG00219-pour-le-pape-francois-un-echec-de-la-cop-21-serait-catastrophique.php




Vingt-trois ans de compte à rebours


Il y a eu de l’euphorie, au début, à Rio. Il y a eu des accolades à Kyoto. Des larmes, et même du sang, à Copenhague. Des portes qui claquent à Varsovie. L’histoire de la Convention climat des Nations unies (CCNUCC), au sein de laquelle sont organisées tous les ans les Conférences des parties (COP), est ponctuée de tensions, de stagnations, de drames, que résume à elle seule l’évocation des noms des métropoles où les sommets ont eu lieu. Dans cette arène grouillante de technocrates en costards et d’ONG inquiètes sont nés beaucoup d’acronymes imbitables et de divergences insolubles. (…)


Tout avait plutôt bien commencé. En juin 1992 à Rio de Janeiro*, 120 chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent pour un Sommet de la Terre. Comme tous les dix ans depuis 1972, on y parle conséquences de la croissance démographique, des activités économiques, de l’utilisation des ressources naturelles. (…)


http://www.liberation.fr/planete/2015/11/29/vingt-trois-ans-de-compte-a-rebours_1417059




* Et, parallèlement, a été developpée l’une des plus grandes offensives anti-écologistepour, une nouvelle fois, tout saboter.









COP21 : préparation d’un nouveau flop

Agrobusiness, la pollution comme solution ?


L’agriculture, pourtant responsable d’une partie importante des émissions de gaz à effet de serre, ne sera pas intégrée dans l’accord qui doit être conclu lors de la COP21, car le sujet est trop clivant. En dépit des résultats de l’agroécologie, l’industrie chimique promeut le concept d’agriculture climato-intelligente, avec son lot d’utilisations d’engrais et d’OGM, comme réponse au dérèglement climatique.

http://www.altermondes.org/agrobusiness-la-pollution-comme-solution/


(…) le système agro-alimentaire représenterait de 44 à 57 % des émissions mondiales, selon l’ONG Grain. Ce secteur n’a pourtant pas été intégré dans les négociations internationales sur le climat. « C’est un sujet trop clivant pour les États, surtout pour ceux qui ont basé leurs économies sur les monocultures industrielles dédiées à l’exportation comme le Brésil ou les États-Unis », explique Katia Roesch, d’Agronomes et vétérinaires sans frontières.


(…) seul un changement de modèle, combinant la disparition progressive des approches industrielles et le développement de l’agroécologie, serait à même de résoudre l’équation. Pourtant, les solutions qui se profilent, portées par l’agrobusiness au travers du concept d’agriculture climato-intelligente (ACI) semblent aller dans le sens inverse. 


Le concept d’ACI a été lancé en 2010 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il affiche un objectif consensuel : « renforcer la capacité des systèmes agricoles de contribuer à la sécurité alimentaire, en intégrant le besoin d’adaptation et le potentiel d’atténuation dans les stratégies de développement de l’agriculture durable ».


L’Alliance globale pour l’agriculture climato-intelligente (Gasca), créée en 2014 avec le soutien de l’industrie des engrais, l’a ensuite repris à son compte, attirant plus d’une vingtaine d’États membres (3) grâce à un lobbying intense qui a réussi à créer un espace de négociations parallèles. « Il y a désormais un véritable risque que des projets de l’agrobusiness soient financés par le Fonds vert pour le climat (4) au travers du concept d’ACI. Ce serait une catastrophe » (…)


(…) Début octobre, 355 organisations de la société civile dénonçaient l’absence de légitimité de l’Alliance et rejetaient le concept d’ACI, rappelant qu’elles soutenaient les petits paysans, qui représentent 90 % des agriculteurs et produisent 70 % de la nourriture sur moins du quart des terres agricoles. « Le premier problème de l’ACI est qu’elle n’est volontairement pas définie. Il n’y a aucun critère environnemental ou social et cela ouvre la porte à tout et n’importe quoi », estime Jeanne-Maureen Jorand du CCFD-Terre solidaire. Pour Teresa Anderson, l’utilisation d’engrais est l’exemple parfait d’une mauvaise solution : « L’alliance veut nous persuader qu’en augmentant la productivité par hectare, avec des engrais, on peut diminuer l’intensité des rejets de GES. Mais cette solution va au contraire aggraver la situation, car ils ne prennent pas en compte les émissions liées à la production de l’azote, ni les rejets liés à l’épandage ou la destruction des sols. Au bout d’un moment, la matière organique meurt et il faut ajouter toujours plus d’engrais. C’est un désastre ». (…)

http://www.altermondes.org/agrobusiness-la-pollution-comme-solution/


Récapitulons un peu :


les peuples autochtones : oubliés

les paysans : oubliés

la destruction des forêts tropicales (par exemple, avec l’industrie de l’huile de palme) : oubliée

la réduction des transports de marchandises : oubliée

les écologistes : exclus

« Les petits agriculteurs n’ont rien à attendre de ces négociations« , « Ceux qui peuvent agir sont ignorés »

Ibrahima Coulibaly, vice-président du Roppa, réseau paysan d’Afrique de l’Ouest, Libération du 14 novembre.



Voir, ci-dessous, plusieurs dossiers sur les origines du bouleversement climatique :

Des paradis dans l’enfer du « développement« 

La main dans la main, les colonisateurs, les militaires de la dictature, les « experts internationaux« , les spéculateurs et les escrocs ont ouvert la boîte de Pandore. Nous n’en avons vu jaillir que des désolations. D’autres suivent encore ; comme le cadeau à long terme pour toute la planète de l’excédent de carbone qui était stocké par les forêts et les tourbières. Relâché dans l’atmosphère par milliards de tonnes, il contribue généreusement à l’effet de serre, sans espoir de retour en arrière, à moins de reconstituer ce que l’on est en train de détruire (7). C’est encore les effets à court terme sur les climats avec leurs spirales de conséquences à venir : augmentation de la fréquence et de l’amplitude du phénomène El Niño, sécheresses généralisées, incendies, cyclones, etc.

Ethnocide et ecocide aux mentawaï

IGNORANT DES HOMMES ET DE L’ECONOMIE DE LA NATURE, L’ECONOMISME REDUCTEUR QUI AVANCE DISSIMULE SOUS LE DOUBLE-LANGAGE DU « DEVELOPPEMENT » DETRUIT L’ARCHITECTURE COMPLEXE DE LA VIE ET LES SAVOIRS ACQUIS PAR L’HUMANITE.

Le feu a la planete, El Niño, etc.

Qui n’est pas prisonnier de la culture dominante et comprend que la vie règle toute l’économie de la planète observe avec intérêt la corrélation qui se dessine entre la destruction croissante des forêts denses, les apparitions d’El Niño et des perturbations qui lui sont attribuées.


En Indonésie comme en Bourgogne les mêmes origines : la méconnaissance du vivant et les destructions pour le profit à court terme







Après le 13 novembre

Conséquences

Le déferlement de folie furieuse ne peut vraiment surprendre que les derniers venus et ceux qui se sont laissés distraire par la berceuse diffusée continûment depuis quelques dizaines d’années. 

La paix n’est pas un dû et, comme le vivant, c’est une chose fragile qui se nourrit de conscience et d’attentions constantes. Elle est d’abord une culture et une pratique du quotidien qui, comme la démocratie et le souci du bien commun, s’étiole là où prospèrent les capitalisations de pouvoir (comme aujourd’hui à tous les niveaux d’incompétence). Autant reconnaître que c’est, pour la plupart, une culture perdue.

Culture ? On entend beaucoup parler de « culture » en réponse au fanatisme, mais…

Cela ne devrait pas être une surprise, la culture la plus répandue, la culture qui fait aujourd’hui référence, est le socle de tout ce que nous déplorons.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de telle ou telle forme d’expression ou manière d’être – pourvu qu’elles respectent l’autre… justement ! Il s’agit du message véhiculé. C’est là l’important. Quelle que soit la forme, la distinction se fait sur le fond, sur le sens, sur ce qui influence la pensée et l’action, sur ce qui accompagne ou sur ce qui déforme les motivations.

« Qui a le droit d’être libre, qui se sent le droit de réclamer à la société les conditions d’existence qui lui permettront de se vouer, s’il le veut, au travail d’une libération intérieure, celui-ci a également le devoir d’exercer cette liberté car si l’esprit ne se mobilise pas contre l’inertie du langage au sein de sa propre parole, il est en risque de voir les stéréotypes verbaux pénétrer ses démarches les plus intimes, usurper ses motivations, décider pour lui – en bref, faire de lui une chose, ce qui mettrait fin à notre aventure sur cette terre » (Yves Bonnefoy, « Entretiens sur la poésie 1972-1990« , chapitre « Poésie et liberté »).

 

« les stéréotypes verbaux«  et la bonne vieille propagande, la colonisation des esprits, celle qui réussit à conduire « le sujet (…) dans la direction que vous désirez pour des raisons qu’il croit être siennes » (1).

Mise en pratique au quotidien, le plus souvent sans conscience, la culture qui nous a été assénée pour soutenir la conquête mondiale du capitalisme, est exactement antagoniste à celle de la paix et, généralement, du bien commun. La culture imposée les dévalorise comme elle a d’abord chosifié, réifié la nature (le vivant) jusqu’à enseigner le mépris pour toutes les vies, toujours pour conforter les différentes variantes de la domination. C’est la culture impérialiste, celle de la globalisation capitaliste, qui se traduit par des consommations nuisibles pour les autres, tous les autres vivants, et par des destructions sociales et écologiques monstrueuses. Cet engrenage culturel et structurel a produit l’exclusion, la misère, le ressentiment, le désespoir, la haine et les fanatismes, en proportion des profits réalisés (2).

En réaction, nombreuses ont été les alertes lancées pour éveiller les consciences, dénoncer l’égarement et rappeler les bases de la culture accordée au vivant, celle qui doit éclairer chaque action pour la situer dans les dynamiques de la biosphèrela culture arcadienne disent les écologistes. Simplement la culture de la paix, peut-on dire aussi. Mais, alertes spécialisées ou générales (comme la nouvelle gauche écologiste des années 1960/70 qui invitait à troquer la civilisation de la guerre à la planète contre une civilisation adaptée à la biosphère), toutes ont été méthodiquement étouffées, foulées aux pieds. Quelque soit le sujet, à quelque niveau que ce soit, chaque lanceur d’alerte l’a vécu. Et cela continue, spécialement en France où la désolidarisation n’a jamais été aussi grande (3). C’est en bonne partie pourquoi nous en sommes à constater les dégâts, aussi l’impuissance générale. Juste au stade du constat !



(1) Directives du Conseil de Sécurité Nationale, 10 juillet 1950, cité dans Final Report of the Select Committee to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities, Washington, United States Government Printing Office, 1976.

Rapporté par Frances Stonor Saunders, « Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle« , Denoël.


et, sur l’aggravation continue de la situation :

Syrie Irak Kurdistan Palestine

http://www.planetaryecology.com/index.php/180-syrie-irak-kurdistan-palestine


Guerre à la planète

http://www.planetaryecology.com/index.php/164-my-land-film-de-nabil-ayouch



(3) voir et revoir les rapports du Médiateur de la République :


à propos de la défense du bien commun :

La solitude de l’incorruptible

Détournement financier, risque sanitaire ou infraction à la loi: en France quand un salarié dénonce son entreprise, il se fait licencier

(…) Dix ans plus tôt, Francis Doussal, chef de fabrication à la Saria, premier équarrisseur français, avait tenté d’alerter sa hiérarchie sur les agissements illégaux de son entreprise. Résultat : une mutation, à 800 kilomètres de chez lui. Cette fois, il prend les grands moyens : une lettre ouverte, publiée dans la presse régionale. Il est immédiatement licencié. Devant le tribunal correctionnel de Vannes, la réalité des infractions commises par la Saria est pourtant reconnue. Elle est condamnée à de lourdes amendes. Mais les prud’hommes ne veulent rien entendre. Le code du travail ne prévoit pas la protection du salarié qui dénonce une fraude commise par son entreprise. Quel que soit le domaine ­ finances, sécurité publique, santé publique… ­, quel que soit le danger. Le «devoir de confidentialité», le «lien de subordination» invoqués par l’employeur justifient le licenciement. (…)

http://www.liberation.fr/futurs/2004/07/05/la-solitude-de-l-incorruptible_485357


Subir ou l’ouvrir, on peut choisir

http://sos-fonctionnaire-victime.com/


exemple :

L’amiante : un scandale français exemplaire

http://www.planetaryecology.com/index.php/97-amiante-un-scandale-francais-exemplaire


également l’exemple d’un mouvement social récupéré, chapeauté, détourné, étouffé, parmi tant d’autres – surtout celui-ci (!) :

« la marche des beurs » reprend la route


Dans le glissement de la «Marche pour l’égalité et contre le racisme» à cette expression, il y a le détournement politique d’un mouvement, encore dénoncé trente ans plus tard par ses fondateurs.

http://www.slate.fr/story/80627/marche-beurs-racisme-egalite


Au moins en France, l’alerte sur les difficultés faites aux lanceurs d’alerte a, elle-même, été étouffée.












Gastronomie vomitive


Dans les années soixante, avec la LPO, en particulier avec Antoine Reille qui était l’un de ses principaux animateurs, plusieurs de ceux qui allaient lancer le mouvement écologiste libéraient des oiseaux « protégés » sur le Marché aux Oiseaux parisien. Quelques petites dizaines d’années plus tard, après l’étouffement du mouvement social, après plusieurs partis verts qui ont renforcé le système plutôt que de le faire évoluer, on cherche vainement une amélioration.

Dans les années soixante, nous n’en étions encore qu’au commencement du déclin des oiseaux européens. Dans ce domaine comme dans tous les autres, allez! dans les seventies aussi, c’était le bon moment pour arrêter les conneries et troquer le système anti-nature contre une civilisation accordée au vivant – à la biosphère. Pas question ! se sont exclamés ensemble tous les intérêt égocentriques associés en magma nuisible d’un bord à l’autre de l’éventail politicien. Tous de même culture impérialiste ! Tous hostiles à l’arrêt des destructions écologiques. Aujourd’hui, c’est une partie de leur production qui est à l’affiche du sommet sur le climat.

En plein effondrement biologique et bouleversement climatique (1), les furieux destructeurs du vivant veulent poursuivre leurs pratiques mortifères, même et surtout celles qui sont interdites, et pètent les plombs sitôt que l’on tente d’intervenir. Dernière illustration : l’agression des courageux qui veulent rappeler l’interdiction de la capture des pinsons (oui, des pinsons et, sans doute, tous les petits oiseaux qui tombent dans les pièges !)…

De tous côtés et dans tous les domaines, nous arrive ce genre de signes négatifs qui montrent un refus obstiné de la moindre évolution.


(1)

L’effondrement biologique est là, sous notre nez

http://www.planetaryecology.com/index.php/8-l-effondrement-biologique-est-la-sous-notre-nez



Une doc 3 étoiles sur l’arriération française :


la gauche caviar, coalition anti-écologiste historique, à table

https://www.youtube.com/watch?v=MvuvRg7F-TE


Landes: la bataille de l’ortolan

https://www.youtube.com/watch?v=a-B2bqaWcI0


La révolte des chefs étoilés pour cuisiner ortolans, pinsons, grives et bécasses

http://www.sudouest-gourmand.fr/la-revolte-des-chefs-etoiles-pour-cuisiner-ortolans-pinsons-grives-et-becasses






octobre 2015



Les apiculteurs américains ont perdu 42% de leurs colonies d’abeilles en un an

Les apiculteurs américains ont perdu 42% de leurs colonies d’abeilles entre avril 2014 et avril 2015, la seconde plus grande perte sur un an

(…)

Egalement confrontée à une forte mortalité des abeilles depuis plusieurs années, l’Union Européenne a interdit trois grandes classes de pesticides néonicotinoïdes, accusés de décimer les colonies d’abeilles. Mais leur utilisation reste autorisée aux Etats-Unis. (…) 










Des oeufs provenant d’un même élevage de poules pondeuses en cages peuvent être vendus sous différentes qualités et à des prix différents (…)

(…) vendus à des prix allant du simple au double (…)


L’élevage en cage des poules pondeuses perdure en France mais pas à l’étranger : en Belgique et en Allemagne, la plupart des supermarchés ont banni les oeufs de batterie, en Italie, Coop, première enseigne de distribution a banni les oeufs de poules élevées en cage. En Autriche, les cages pour les poules pondeuses sont interdites depuis 2009. 


En France, soulignons tout de même les récents engagements de trois groupes de la grande distribution, Schiever et Colryut ont arrêté de vendre des oeufs provenant de poules élevées en cage en novembre 2014 et Monoprix ne commercialise plus d’oeufs de batterie sous sa propre marque depuis avril 2013.


D’ailleurs, 84% des français estiment que les oeufs de poules élevées en cage devraient disparaître des rayons









Réification scientifique


L’oiseau rare des Îles Salomon a été tué… par son découvreur

Fin septembre, pour la première fois d’Histoire d’Homme, le monde observait la photographie d’un martin-chasseur à moustaches des Îles Salomon. Un animal extrêmement rare aperçu pour la dernière fois en 1920. Un émerveillement qui aura tourné court alors que le chercheur à l’origine de la capture de l’animal vient tout simplement de le tuer, évoquant les impératifs de la recherche scientifique.



Le biologiste américain Chris Filardi a provoqué un tollé en tuant un oiseau rare dans les îles Solomon dans le but de ses recherches.

 

Un Martin-chasseur à moustaches mâle, espèce très rare souvent appelé « oiseau fantôme », a été tué par Chris Filardi après avoir pris une photographie de l’oiseau.


M. Filardi, directeur des Programmes du Musée américain d’histoire naturelle à New York, a retrouvé l’oiseau pendant une étude de terrain dans les îles reculées de Guadalcanal dans les îles Solomon le mois dernier.


C’était « un oiseau que je recherchais depuis près de 20 ans », a écrit M. Filardi dans un blog du 23 septembre sur le site Internet du musée. « Un des oiseaux le plus mal connu du monde était là, devant moi, comme la naissance d’une créature mythique ».


Il a confirmé que l’oiseau a été tué et collecté comme spécimen pour une étude supplémentaire (…) 


La décision de collecter un spécimen relève de la pratique standard pour les biologistes de terrain, a-t-il poursuivi. (…)


http://french.xinhuanet.com/2015-10/12/c_134707038.htm

extrait de La culture anti-nature



Certains qui se piquent d’écologie
plus précisément : d’écologie quantitative, donc non holistique, et de « protection de la nature« , comme ils disent – vont jusqu’à tuer des centaines de « spécimens » d’une espèce rare et « menacée« , par exemple une antilope de forêt du Gabon, pour analyser le bol alimentaire et peser les gonades ; l’important étant de remplir les banques de données, de satisfaire aux règles de la systématique style XIXème siècle, d’obtenir un diplôme qui ouvrira l’accès à un poste valorisé à bon salaire, surtout pas l’existence de l’autre – résolument chosifié, utilisé sans aucune empathie – et des écosystèmes, par conséquent l’existence de la biosphère.
 


Rien n’est inventé. Pour comble, c’est un militant écologiste ayant participé à Jeunes et Nature et à La Semaine de la Terre en 1971* qui, à la fin de ses études, a commis ce massacre « scientifique » sur indication de son directeur de thèse, pour devenir… « écologue » !

Toute la différence entre l’ouverture sur le vivant et l’ouverture sur la hiérarchie du système.


* donc au mouvement écologiste quand il s’est distingué de la protection de la nature pour devenir la « nouvelle gauche » alternative :
http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=104:histoire-contemporaine-une-memoire-du-mouvement-alternatif-ou-nouvelle-gauche-1&catid=9&Itemid=470








Rien ne doit subsister : 

encore un ancien abattu au Zimbabwe


Le massacre continue : un chasseur allemand abat un éléphant âgé de plus de 50 ans, « trésor national »


Trois mois après la mort de l’emblématique lion Cecil, tué d’une flèche par un dentiste américain (Walter Palmer) qui ne sera pas poursuivi malgré le caractère litigieux de la chasse, le massacre continue au Zimbabwe. Alors que 40 éléphants (photo d’illustration) ont été retrouvés tués au cyanure par les braconniers ces deux derniers mois dans le pays (lire notre article), un éléphant de plus de 50 ans, considéré comme un « trésor national », vient d’être abattu à l’extérieur du parc national de Gonarezhou (sud du pays) par un touriste allemand.


La longévité d’un éléphant d’Afrique en réserve naturelle peut varier entre 50 et 60 ans, même si des spécimens ont atteint 80 ans. Le pachyderme était « si imposant que ses défenses touchaient presque le sol », décrit le président de l’association des opérateurs de safari au Zimbabwe, Emmanuel Fundira. « Nous n’avons jamais vu un animal aussi impressionnant. Comme le lion emblématique Cecil, c’était un trésor national qui aurait dû être protégé et non tué. »


« Nous sommes écœurés. On ne peut pas tuer un animal aussi emblématique », a réagi Johnny Rodrigues, porte-parole de l’organisation de défense des animaux Zimbabwe Conservation Task Force (ZCTF).







32 ans après, 

« la marche des beurs » reprend la route

Hum… en fait, ce mouvement s’était baptisé :

Marche pour l’égalité et contre le racisme

Dans le glissement de la «Marche pour l’égalité et contre le racisme» à cette expression, il y a le détournement politique d’un mouvement, encore dénoncé trente ans plus tard par ses fondateurs.

Parce que « rien n’a changé » dans les banlieues depuis la « marche des beurs » de 1983, Arbi Rezgui, un des anciens marcheurs et une quarantaine de personnes viennent de partir du quartier des Minguettes, à Venissieux, pour rejoindre Paris. 

« Précarité », « discrimination »: « rien n’a changé » dans les banlieues depuis la « marche des beurs » de 1983, regrette Arbi Rezgui, militant anti-raciste qui a décidé de refaire le trajet vers Paris 32 ans après. Parti du quartier des Minguettes à Vénissieux (banlieue lyonnaise) ce samedi matin, il va traverser une bonne dizaine de villes avant d’arriver à Paris, le 31 octobre pour un rassemblement à 14 heures place de la Bastille.


C’est l’occasion de rappeler l’un des grands moments de la manipulation politicienne pro-globalisation capitaliste qui, comme l’a souligné Jean Baudrillard à l’époque, a vidé ce pays de ses « forces vives » jusqu’à le gangrener et le livrer totalement aux prédateurs. Là, avec ce mouvement né chez les marginalisés relégués dans les banlieues de l’exclusion, la méthode employée était ultra-classique, celle utilisée avec succès contre les mouvements critiques et alternatifs des années 1970, 1960… puis plus tard, à chaque rebond du mouvement social pour les biens communs. Infiltration, escamotage et substitution des acteurs, étouffement et médiatisation, détournement de sens, réécriture de l’histoire.










La réalité des migrations en France 

Beaucoup d’immigrés arrivent et… repartent
Le nombre d’immigrés arrivant en France a augmenté entre 2006 et 2013, mais il y a aussi eu plus de départs d’immigrés comme de Français.

http://www.lessentiel.lu/fr/news/france/story/Beaucoup-d-immigres-arrivent-et-repartent-30115888 


voir ci-dessous

Au fond du trou, tout au fond !

56% des français refusent que la France accueille des réfugiés








Perte de conscience : 

un abattoir à Alès (France)












Inondations planifiées




(…) En 1867, une poche d’eau creva dans la montagne. En quelques heures, l’inondation envahit l’école. L’eau monta dans les classes presque jusqu’au plafond (…) ».
Extrait de
« Trois siècles d’enseignement libre » par J.D.M. Dutroncy, bulletin La Paroisse, juillet 1938.
L’école était, alors, dans le couvent des Ursulines, actuel Foyer Rural, rue des Tanneries de Saint Gengoux le National (71).


Dans la même rue, encore en 1983, des habitants ont été piégés par la montée des eaux du Nolange.

A plus grande échelle et avec un relief plus fort, c’est ce qui vient de se produire sur la Côte d’Azur.

Curieusement, dans les deux endroits et en beaucoup d’autres lieux, ce ne sont pas les expériences et les avertissements qui manquent :
« (…)
Considérant que ce danger de grande crue n’est pas un danger illusoire et que la population de Saint Gengoux le National, a parfaitement conservé le souvenir de la crue de 1867, où les eaux se sont élevées à plus d’un mètre sur la route et ont envahi les maisons voisines (…) »
Il s’agit d’un
extrait des c.r. du Conseil Municipal de St Gengoux le National daté du 11 septembre 1902

 

Pourtant rien n’y fait, ni les avis autorisés, ni la logique du bien commun, ni les avancées de la législation (1). 


L’urbanisation n’a cessé d’être développée avec un mépris croissant pour le savoir des anciens, pour l’eau et l’environnement, pour la vie (flore et faune) et les paysages, tant sur la Côte que dans la cité médiévale de Bourgogne où l’on constate qu’il n’y a même pas d’inventivité architecturale, pas l’ombre d’une construction sur pilotis pour épargner l’écosystème et s’adapter aux reliefs propices aux forts ruissellements (2) :

– gros remblais en travers des ruisseaux (3),

– bitumisation, imperméabilisation des sols, minéralisation et stérilisation à tout va avec des voies routières jusqu’aux portes des maisons,

– enterrement du ruisseau principal et mise en égout,

– destruction du ruisseau et de son environnement dans la campagne…



Comme un besoin d’anéantir maintenant lourdement souligné par le projet d’une station-service-parking dans le talweg et la nappe phréatique d’accompagnement qui, s’il était réalisé, ruinerait définitivement l’eau et la vallée. Et souillerait l’aval du Bassin Rhône Méditerranée.

 




(1) Quoique… les curieuses carences de la législation française laissent toute la place aux manoeuvres de contournements des bétonneurs et à leurs chantiers dévastateurs  (voir :
Contournements et détournements de la législation sur l’eau, dans L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal

(2) 

(3) Même un remblai de la DDE (le premier, sans doute pour montrer l’exemple) qui, dépendante encore du Ministère de l’Environnement, était censée protéger les ruisseaux !










septembre 2015






Le silence des oiseaux : enquête sur la disparition des passereaux

ARTE 



Imaginez un monde privé de chant d’oiseaux… Les passereaux se font de plus en plus rare à travers le monde. Quelles sont les raisons de ce terrible déclin ? A découvrir les jeudi 17 et vendredi 18 septembre à 19 heures sur ARTE. Un document de Susan Rynard.

La population de passereaux décline de manière alarmante à travers le monde. Aux côtés de scientifiques, d’écologistes et d’amateurs passionnés, le film décrypte les raisons de ce phénomène, ce qu’il signifie, et ce que nous pouvons faire pour l’enrayer. Car ces oiseaux jouent un rôle essentiel pour la vie de notre planète.

Depuis des milliers d’années, ils dispersent les graines, pollinisent les plantes, protègent les feuilles et les récoltes. Les oiseaux représentent aussi pour l’humanité le plus vieux baromètre de l’état de santé de notre écosystème. Ils nous alertent sur un changement de saison, l’arrivée d’une tempête et l’augmentation du niveau de pollution dans la chaîne alimentaire. Et ils sont aujourd’hui en train de disparaître. Selon certaines statistiques, nous pourrions avoir perdu près de la moitié des passereaux qui emplissaient encore le ciel il y a 40 ans.


jeudi 17 septembre à 19h00 (43 min)

vendredi 18 septembre à 19h00 (44 min)


Parmi les causes, la destruction des écosystèmes (par exemple : les ruisseaux et les têtes de bassin versant) et l’empoisonnement des campagnes et des villages par les pesticides – exactement comme à Saint Gengoux le National depuis les années cinquante.


ci-dessous :

L’effondrement biologique s’accélère (suite)

L’effondrement biologique continue










Un bateau de migrant a coulé le 20 avril au large de l’île de Rhodes, en Grèce. Trois migrants, dont un enfant, ont péri, et 93 personnes ont pu être sauvées au cours d’une impressionnante opération de secours à quelques mètres du rivage.

Argiris Mantikos/AFP/Getty Images


Depuis le début de l’année, l’Onu estime que 35.000 migrants ont tenté de traverser la mer Méditerranée pour fuir la pauvreté, la misère, les violences et les guerres. La plupart sont partis des côtes libyennes. 1800 d’entre eux sont morts. Face à ce drame, les pays européens réagissent bien mal. Si les moyens de l’opération Triton sont triplés, ils avaient auparavent été divisés par 3. Mais plus que les moyens, c’est la volonté politique qui pèche, comme le dénonce la LDH : « Une fois de plus, l’Union européenne se refuse à traiter la question des migrants et des réfugiés sous un autre angle que celui d’une forteresse qui serait assiégée par des hordes d’étrangers, tout en versant de chaudes larmes sur ces pauvres victimes des passeurs. En se contentant de mesures quantitatives, même si elles sont utiles, en ne changeant pas de politique migratoire, en refusant de mettre en œuvre les moyens nécessaires à l’accueil des réfugiés, en donnant le pitoyable spectacle d’un manque de solidarité et de pays cherchant à en faire moins que le voisin, l’UE adresse au monde un terrible message : continuez à mourir chez vous ou en mer, l’UE sera là pour assurer le service mortuaire. Les Européens peuvent avoir honte de leurs gouvernements, les Français en particulier. »









La grande distribution écrase les campagnes, maximalise la souffrance animale et tire la bouffe vers le bas


De la tête de bassin de Saint Gengoux le National menacée d’un coup fatal (1) aux « fermes » géantes et à la ruine des éleveurs bernés par ce système, on ne cesse de dénombrer les ravages de la politique des « prix bas » jadis portée par Edouard Leclerc et la majeure partie des « intellectuels de gauche » et des politiques. Tous semblaient guidés par une haine des artisans et des petits commerçants, et l’illusion de la « hausse du pouvoir d’achat » par la réduction générale des prix permettant l’augmentation quantitative de la consommation (2). Au programme, écrasement général des producteurs, des artisans, des petits commerçants, des animaux, des sols, des écosystèmes… et faveurs sans limite aux financiers.


Rappelons encore la philosophie de la chose qui a tant séduit « la gauche » des années 1960, 1970, 1980, etc. :

« Il ne s’agit pas d’attaquer la boulangerie, mais l’ensemble des fabrications artisanales et qui veulent le rester à tout prix… Quant aux 40 000 boulangers, pourquoi voulez-vous les retenir dans un travail qui peut être mieux fait à l’échelle industrielle, mieux vaut libérer les énergies humaines pour d’autres conquêtes… Le bâtiment et la route manquent d’hommes. Je crois qu’on sortirait les boulangers de leur pétrin en leur apprenant, par exemple, à conduire un bulldozer » Edouard Leclerc, Nouvel Observateur 1966.

Voilà qui correspondait idéalement au plan Pinay-Rueff de décembre 1958 et aux directives du « Comité d’experts pour la suppression des obstacles à l’expansion économique » de 1959, toutes orientations dictées par la globalisation capitaliste en plein essor.


Aujourd’hui, face à la crise qui n’a cessé de croître, les gouvernements (?) ne sortent du chapeau que des « aides » et aucune mesure structurelle revenant, par exemple, sur la toute puissance de la grande distribution face aux producteurs désarmés.


Cette fois encore, rebelote : « des aides seront attribuées pour soutenir la profession ». Donc, des distributions d’argent public pour aider les éleveurs à vendre à perte à la grande distribution, afin que celle-ci poursuive sa privatisation des profits en piégeant des consommateurs dupés – qui sont aussi des contribuables payant chèrement la socialisation des coûts du système !


Des « aides » pour soutenir un système insoutenable (3) !


Pour emprunter au langage des économistes dissociés de la société et de la biosphère, le revenu des éleveurs, la souffrance animale, la dégradation des écosystèmes (les paysages) d’ici, la qualité des produits, les écosystèmes tropicaux rasés pour faire du soja pour le bétail, etc. sont des « variables d’ajustement » de ce système institutionnellement perverti.


Devant cette scandaleuse dégradation de cinquante ans, l’Olympe s’est ému et la foudre est tombée : « Les agriculteurs ne peuvent pas vivre que des aides. Il doit y avoir des prix pour les rémunérer. Je lance encore un appel à cette grande distribution pour qu’elle offre aux consommateurs la qualité et aux agriculteurs un prix » le Président de la République, le 19 juillet.


Pour parfaire la démonstration d’impuissance devant les diktats de Sa Toute Puissance La Grande Distribution, le petit président a aussi lancé un appel aux consommateurs pour les inviter à acheter français.  



Je ne fais que payer mes factures

(…)

« J’en veux un peu à tout le monde », assure calmement l’homme qui évoque « les promesses en l’air et les combines des Leclerc, Intermarché, Carrefour qui se font « des marges de 5 € sur un kilo de jambon à 15 € », mais aussi l’attitude des industriels, les salaisonniers et charcutiers qui font venir des camions entiers de viande d’Espagne, d’Allemagne ou de Hollande. Du porc à des prix plus compétitifs. Enfin, Yves-Hervé est en colère contre l’Etat qui ne le protège pas, impuissant à mettre en place « une harmonisation sociale » des charges et salaires équivalents dans les abattoirs et les usines partout dans l’Union européenne. Yves-Hervé défend son « cochon qui est, selon lui, plus sain que celui venu d’Espagne ». Il a 7 salariés qu’il ne paye plus et il ne sait pas s’il va tenir. « Dans le Finistère, 15 % des exploitations agricoles vont disparaître d’ici fin 2015 et moi, je suis au bord du craquage sur le plan financier, physique, psychologique », reconnaît l’éleveur. (…)

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/je-ne-fais-que-payer-mes-factures-04-07-2015-4917015.php 


les éleveurs bovins dénoncent le « Diktat du prix bas »

Des voix s’élèvent en ce moment de toutes parts pour faire entendre l’inquiétude et la colère face à la stratégie déployée par les Grandes Surfaces envers leurs fournisseurs.

(…)

Ce « diktat du prix bas » mène droit dans le mur, sur le plan économique, social (combien d’emplois sacrifiés ?) mais aussi qualitatif et sanitaire. C’est la sécurité alimentaire au final avec laquelle joue la poignée d’acheteurs de grandes surfaces qui étendent leur loi de la terreur économique sur toute la filière. (…)

http://www.revenuagricole.fr/focus-gestion/gestion-fiscalite-epargne/memos-gestion/gestion-elevage/14376-les-eleveurs-bovins-denoncent-le-diktat-du-prix-bas 

 

« Si le prix du porc ne remonte pas, je mets la clé sous la porte »

(…) Mais ces 50 centimes, la grande distribution « n’a pas la volonté de les payer. Et l’Etat ne l’oblige pas » alors que des règles, environnementales ou concernant le bien-être animal notamment, ont été imposées aux éleveurs, contraints de réaliser d’importants investissements, déplore Nicolas Leborgne en passant entre les boxes où s’ébrouent ses truies. (…)

http://www.ladepeche.fr/article/2015/03/07/2062247-si-prix-porc-remonte-mets-cle-sous-porte-temoigne-eleveur.html 


https://renaissancerurale71bis.files.wordpress.com/2016/03/c6c1c-000_par2003112836183.jpg« 


Les éleveurs bovins en colère s’invitent au siège de Leclerc

« Leclerc, qui se dit être le champion des petits prix, se goinfre sur notre dos, dénonce au Figaro, Jean-Pierre Fleury, président de la FNB (Fédération nationale bovine). En un an, le prix du kilo de la viande payé par le consommateur a augmenté de 2 % en rayon alors que dans le même temps le kilo de carcasse payé à l’éleveur a baissé de 15 % à 3,75 euros le kilo. Cela correspond à une perte de 24.000 euros en moyenne par an et par exploitation. Ce n’est plus soutenable économiquement ».

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/08/25/20002-20140825ARTFIG00301-leclerc-envahi-mardi-par-des-eleveurs-bovins.php 

 

Sur le piège des prix bas et ses innombrables conséquences

Tous sont piégés par le système. Tous peuvent aider à en sortir.

http://www.elevage-ethique.fr/index.php?categorie=prix&article=introduction 

 

(1)

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – première partie : le Ruisseau de Nolange

 http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-lengrenage-exemplaire-de-la-degradation-du-bien-commun/ 

L’eau perdue de Saint Gengoux le Royal – seconde partie

http://renaissancerurale71.wordpress.com/2014/10/18/leau-perdue-de-saint-gengoux-le-royal-seconde-partie/ 

 

(2)

Alors que sa légende est soigneusement entretenue, il n’est pas indifférent de savoir que André Gorz, alias Michel Bosquet, codirecteur du Nouvel Observateur, était au 1er rang des militants des « prix bas », au détriment de l’environnement, des animaux, des métiers, de la qualité, de la vie des villages et des quartiers commerçants, etc. Il a, tout particulièrement, fait pression pour que soit strictement appliquée la circulaire Fontanet * et que les fournisseurs ne puissent choisir leurs distributeurs. Et il ne cessera de soutenir les Leclerc et la grande distribution. Nous lui devons beaucoup… Il est donc à l’origine du soutien inconditionnel de « la gauche » à la grande distribution !


* « respect intégral des prescriptions réglementaires et notamment de la circulaire interministérielle du 31 mars 1960 sur les refus de vente, afin de ne pas paralyser l’intervention de nouveaux distributeurs pratiquant des méthodes commerciales susceptibles d’accroître la tension concurrentielle à l’intérieur du circuit de distribution », recommandation du Comité Rueff-Armand sur les obstacles à l’expansion économique (21 juillet 1960)

(…) Par la circulaire Fontanet, l’Etat favorisait, en 1960, l’émergence de la grande distribution, en interdisant aux industriels les prix imposés et le refus de vente. (…)

http://www.alternatives-economiques.fr/l-etat-et-les-grandes-surfaces—action-et-reaction_fr_art_159_16960.html 


Les « obstacles à l’expansion économique » (entendre : les moyens de protection des populations et des écosystèmes) doivent faire place nette, dit le plan de décembre 1958. « Le mécanisme des prix ne remplira son office qu’en infligeant aux agriculteurs presque en permanence un niveau de vie sensiblement inférieur à celui des autres catégories de travailleurs ».


Et cela continue… Par exemple :

Dans la grande distribution, la guerre des prix revient

Crise économique, pouvoir d’achat en berne… Les enseignes d’hypermarchés relancent de plus belle la guerre des prix bas. Une lutte sans merci entre Leclerc, Auchan et Carrefour. Pour le plus grand profit du consommateur. (…)

Une « analyse » typique de la vision pas-plus-loin-que-le-bout-du-nez qui ne prend pas en compte les coûts exorbitants de cette course effrénée.


(3) c’est le moment de se souvenir de ce film :

HERBE

le film de Matthieu Levain et Olivier Porte


C’est comme le jour et la nuit. Le film balance entre deux univers. L’un a toujours les pieds sur la terre, la connaît et l’aime. L’autre est un pur produit de la culture anti-nature.


L’herbe broutée par les vaches laitières des éleveurs que nous rencontrons tout d’abord est la vedette de ce film éclairant. Adeptes de ce que l’on nomme maintenant la filière herbagère qui allie les connaissances des anciens et celles de la bio, ces éleveurs toujours paysans promènent, avec le chien, le troupeau de la pâture à la salle de traite. Ils foulent l’herbe dont ils connaissent chaque espèce, les très bonnes pour les ruminants et le lait, le meilleur lait, et les autres qu’il faut contrôler avec doigté. Ils jardinent prairies et champs avec la connaissance des cycles des végétaux et des animaux. Ils entretiennent de belles haies riches de tous les bois, entre le taillis pour le feu et le bois d’oeuvre qui grandit pour les petits enfants. Ils ont le temps de regarder la vie qui grouille autour d’eux. Ils donnent envie de faire sa vie à la campagne.


Silos, grands bâtiments industriels, gros engins flambant neufs, animaux en stabulation, et endettement en proportion, nous découvrons ensuite une « exploitation » de l’agriculture intensive. Grosse consommatrice des gadgets profitables aux industriels et aux banquiers, c’est un maillon de cette industrie qui, en amont, produit les ravages écologiques et humains montrés par « La terre des hommes rouges » (BirdWatchers), le film présenté plus loin. De l’Amazonie, de l’Argentine, de la Chine, de tous les coins du monde dévastés par la spéculation agro-alimentaire, à ce coin de Bretagne, proviennent les aliments déversées sous le nez des vaches incarcérées. C’est la même machinerie ubuesque cornaquée par des conseillers en asservissement aux banques.


En aval de l’exploitation : un lait de bien moins bonne qualité que celui produit à l’herbe, et sans doute pas exempt des molécules déversées à tous les stades en amont. Aussi quelques effluents bien connus en Bretagne, jusque sur les côtes. Sans oublier la colossale contribution de toute la filière au bouleversement climatique.

Entièrement dépendante des approvisionnements livrés par des norias de bateaux et de camions, coupée de son environnement, dans l’engrenage des investissements et des crédits à vie, assoiffée d’énergie, coupée même des animaux qui la font vivre et qui ne sont plus que des numéros, des performances de production, cette exploitation est suspendue aux crédits et aux subventions extorquées à des contribuables qui sont loin d’imaginer quel mal va faire le produit de leur travail, ici et jusqu’au delà des océans.


HERBE n’aborde pas la triste condition des animaux de l’élevage intensif. Peut-être le temps manquait-il. Il y a tant à dire. Dans ces exploitations si bien nommées où le productivisme a aboli la connaissance et l’intelligence du vivant, les vaches sont maintenues en lactation par des grossesses rapprochées. 3 mois après un vêlage, elles sont à nouveau fécondées par insémination artificielle. Et, durant la grossesse, elles sont encore traites. Si bien qu’après 5 ou 6 ans de production forcée et de souffrance quotidienne, leurs corps épuisés tiennent à peine debout (quand elles ne sont pas maltraitées, les vaches vivent quatre fois plus longtemps avant la fatidique « réforme »). En remerciement de si bons services, les exploitants les expédient à l’abattoir. Leur chair martyrisée et immangeable sera débitée en viande hachée et promotions de grandes surfaces (70% des ventes).


Et tout cela pour quoi ? Quels avantages ? Quel agrément ? Pour une entreprise fragile jusqu’à la caricature qui est à la merci de la moindre fluctuation des cours des intrants, des subventions, et de la moindre variation du climat ici et là-bas, là où sont produits les aliments au détriment des écosystèmes et des populations. A la merci du coût de l’énergie dévorée. A la merci du coût de l’eau qu’elle consomme et pollue en abondance. A la merci aussi de multiples systèmes techniques consommateurs de juteux contrats de maintenance (machinisme agricole dernier cri, gestion technique centralisée des automatismes, informatique). Quant aux hommes qui essayent de se convaincre d’avoir eu raison de suivre les injonctions des représentants de la coopérative et de la banque qui les utilisent pour se nourrir des subventions publiques, ils sont enchaînés à vie à un système artificiellement soutenu qui n’est même pas fiable à moyen terme puisqu’il détruit localement et globalement. Leur vie entièrement absorbée par un travail taylorisé, de 6H1/2 à 20H30, la tête tout aux calculs de rentabilité, ils courent d’un atelier à un autre, l’oeil sur les torrents de chiffres des écrans de contrôle. Les pauvres ne font pas envie et, s’il en était besoin, achèveraient de nous convaincre de la valeur de l’élevage sur herbe.


Un film qui remet les idées en place et montre que les alternatives au naufrage planétaire sont là, à portée de la main. A voir, même si l’on a déjà des notions sur le sujet. Il faut voir l’épanouissement et entendre la tranquille assurance des fermiers autonomes, tandis que les exploitants, devenus petits personnels des industriels-banquiers, cherchent à se rassurer en puisant dans un discours qui ne leur appartient pas.


ACG


la suite et d’autres présentations de films :

http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=127:cinema-troubadours-2eme-partie&catid=9&Itemid=470″http://www.planetaryecology.com/index.php?option=com_content&view=article&id=127:cinema-troubadours-2eme-partie&catid=9&Itemid=470

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